Project Description

Lors d’un séjour à Vienne, j’ai choisi de passer un ou deux jours dans la campagne afin de visiter quelques sites d’importances et d’échapper pendant quelques heures à l’agitation de capitale autrichienne. Ainsi, j’ai eu le loisir de visiter la région de Wachau dans la vallée du Danube, ainsi que le site tristement célèbre de Mayerling. Vous trouverez donc ci-dessous le résumé de deux journées de voyage dans la campagne viennoise à l’aide de différents tours organisés.

Wachau et Melk

Aujourd’hui, c’est une jolie ballade dans la Vallée du Danube qui m’attend. Avec d’autres touristes, nous quittons Vienne au petit matin, traversons pendant un peu plus d’une heure la campagne autrichienne, passons à côté de la ville de Krems an der Donau, située au confluent des rivières du Danube (Donau), pour arriver finalement à Spitz. Nous embarquons alors sur un petit bateau et notre traversée de la vallée de Wachau depuis son l’extrémité orientale commence alors.

Nous naviguons ainsi sur les eaux du Danube et parcourons une distance d’environ 18 km sur une route fluviale des plus pittoresque avant d’arriver à Melk un peu avant midi. Ce trajet est magnifique et on peut apprécier calmement la traversée, malgré le nombre important de touristes présents. Personnellement, je me suis installé à l’avant du bateau et profite de l’air frais et du paysage magnifique environnant, caractérisé par des vignobles à perte de vue, de vertes pentes boisées, quelques charmants villages viticoles, de mystérieux châteaux perchés dans les hauteurs, ainsi que d’imposantes forteresses tout aussi impressionnantes. Ce mélange harmonieux de beauté naturelle et culturelle de la Wachau a donné à la région sa place méritée au sein du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Après avoir mis pied à terre à l’embarcadère de Melk, un bus nous amène directement devant l’entrée de l’Abbaye de Melk que nous allons visiter. Juste avant cela, nous avons une petite heure pour nous restaurer. J’en profite alors pour manger rapidement un sandwich acheté à Vienne et partir à la découverte de l’extérieur du complexe que l’on peut visiter tout à fait gratuitement. Et pour une abbaye bénédictine située un promontoire rocheux surplombant le Danube, le lieu est clairement impressionnant : on se croirait presque à Versailles, la rivière en moins! D’abord établie au 11e siècle puis reconstruite au 18e siècle, l’Abbaye de Melk abrite des moines depuis plus de 900 ans et son architecture est aujourd’hui un exemple remarquable du style baroque autrichien.

Un peu plus tard, je rejoins mon groupe pour une visite de l’intérieur des lieux. Nous sommes accompagnés d’un guide de l’Abbaye et commençons notre visite par le nouveau musée abbatial installé dans les anciennes salles impériales, le plus moderne en Autriche. L’exposition est intitulée « Un voyage du passé au présent – l’Abbaye de Melk hier et aujourd’hui » et est mise en scène dans différentes pièces grâce à diverses moyens tels que l’architecture, les sons & lumières ou encore l’utilisation de divers médias.

Outre les salles impériales, la visite de l’abbaye comprend la salle de marbre et la bibliothèque, chef-d’œuvres de l’architecture baroque avec les fameuses fresques de Paul Troger, ainsi que la terrasse avec une vue magnifique sur le Danube et sur la façade occidentale de l’église abbatiale. Cette dernière, sans aucune doute le lieu le plus important et le plus impressionnant du monastère, marque la fin de notre visite. Ici, des artistes comme Jakob Prandtauer, Johann Michael Rottmayr, Paul Troger, Antonio Beduzzi, Lorenzo Mattielli et Peter Widerin créèrent, avec l’aide de beaucoup d’autres, une œuvre d’art somptueuse qui est incontestablement l’un des exemples typiques de l’art baroque en Autriche.

Après notre sortie de l’Abbaye, nous rejoignons notre bus et rentrons à Vienne pour arriver à la capitale en fin de journée. La visite de l’Abbaye était sans aucun doute ce que j’ai préféré durant cette journée et malgré l’aspect très touristique et encadré, on peut tout de même apprécier le style et l’architecture du site religieux, sans oublier sa somptueuse bibliothèque (où les photos et vidéos sont interdites) et son église, magnifique et d’une taille impressionnante!

Mayerling, Heiligenkreuz et la « Seegrotte »

Nouvelle journée, nouvelle visite de la campagne autrichienne depuis Vienne que nous quittons en début de matinée. Pour commencer, nous traversons la vallée romantique d’Helenental jusqu’à l’ancien pavillon de chasse de Mayerling, en passant par la ville romaine de Baden, célèbre pour ses thermes.

Le château de Mayerling, devenu par la suite pavillon de chasse, est aujourd’hui un monastère de l’Ordre du Carmel. Rodolphe d’Autriche, fils unique de l’empereur François-Joseph Ier d’Autriche et de l’impératrice Élisabeth, dite « Sissi », et héritier de la couronne austro-hongroise, acquiert le château en 1886 et le transforme en pavillon de chasse où il est retrouvé mort avec sa maîtresse, la jeune baronne Marie Vetsera, le 30 janvier 1889. Le mystère demeure encore aujourd’hui et les causes exactes de leur mort ne sont pas clairement établies. Certains parlent d’un double suicide, d’autres mentionnent une conspiration pour éliminer le prince héritier dont la mentalité et les idées pouvaient bouleverser la monarchie austro-hongroise.

Depuis, le pavillon est devenu un musée et une sorte d’attraction touristique en Autriche. Bien que les photos soient autorisés, la masse de touristes présente et les étroites pièces ont rendus la prise de vue quasiment impossible… Ce qui ne m’a pas empêché d’admirer les différentes salles du pavillon et notamment la statue de la Vierge dans la chapelle de la Vierge de l’église, représentée avec le visage de l’impératrice Élisabeth et un poignard dans le cœur. Des messes sont encore célébrées aujourd’hui en mémoire du prince héritier Rodolphe.

Après la visite du pavillon, nous reprenons la route en direction de Heiligenkreuz et de son abbaye cistercienne fondée en 1133. Depuis sa création, l’office divin et la vie monastique n’y furent jamais une seule fois interrompus, ce qui fait d’elle la deuxième communauté cistercienne vivante au monde après celle de Rein, également en Autriche. L’abbaye, qui conserve la tradition du chant grégorien, reçut la visite du pape Benoît XVI le 9 septembre 2007, lors de son voyage en Autriche. A notre arrivée, nous partons sans perdre de temps à la découverte de l’église de l’abbaye, suivi par un tour dans le cloître médiéval qui abrite les vestiges du dernier Babenberg.

Il y a beaucoup moins de monde ici qu’à Mayerling et cela doit se voit sur les photos, non? Quoi qu’il en soit, il est agréable de se promener tout autour du cloître, simplement décoré, sans être bousculé toutes les trois secondes par quelqu’un. Mention spéciale pour les vitraux, magnifiques et tous différents d’un mur à l’autre!

Avant notre retour en direction de Vienne, nous parcourons une dizaines de kilomètres afin de profiter d’une balade reposante en bateau sur le plus grand lac souterrain d’Europe, Hinterbrühl. C’est une violente catastrophe qui a permit la création de l’un des sites naturels les plus impressionnants du monde. En 1912, après une explosion dans la mine de plâtre d’alors, plus de 20 millions de litres d’eau se déversèrent avec furie dan les couloirs et galeries souterraines de la mine. Cette percée des eaux est à l’origine de la formation de l’immense lac souterrain qui est aujourd’hui le plus grand d’Europe. Des années encore après la catastrophe, la mine désaffectée resta fermée jusqu’à ce qu’une équipe de spéléologues internationaux découvre, dans les années 30, ce spectacle souterrain unique, désormais ouvert toute l’année au public.

Photos tirées du site officiel Seegrotte.at

Après une visite des galeries et une mini-croisière des plus rafraichissantes sur le lac souterrain de la grotte, le retour à la surface et à son climat pour le moins estival est pénible. Toutefois, le temps de rejoindre notre bus climatisé et nous sommes de retour à une température relativement normale pour profiter de notre retour sur Vienne. La visite de la grotte était intéressante et permet de se faire une idée sur les conditions de vie des mineurs à l’époque et la petite « ballade fluviale » dans l’obscurité était plaisante, même si on n’y voyait effectivement pas grand chose!