Project Description

Bien avant mon arrivée en Bulgarie, je m’étais renseigné sur la possibilité de visiter le célèbre monastère de Rila, un des joyaux du patrimoine bulgare. Il se trouve à quelques 120 km de Sofia, au sein du massif forestier de Rila. Il a le statut administratif de lieu habité, le seul à l’avoir parmi tous les monastères et représente le site touristique le plus visité en Bulgarie, en plus d’être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Un lieu incontournable pour le visiteur de passage !

Pour cette excursion, j’ai choisi de faire appel à l’agence Traventuria, basée à Sofia. L’agence fait la promotion du voyage responsable et possède des objectifs environnementaux, économiques et sociaux. Proposant également un bon nombre d’excursions dans toute la Bulgarie, j’ai utilisé leur service à plusieurs reprises et en ai été globalement très satisfait. J’ai beaucoup apprécié l’amabilité de mon chauffeur et guide Simon (le même que pour Plovdiv) et ses explications ont grandement facilité ma compréhension de l’endroit.

INCARNATION DU PASSÉ NATIONAL BULGARE

Suite à la visite du village de Melnik en fin de matinée, mon chauffeur et guide Simon m’emmène à présent vers le monastère de Rila. Nous nous arrêtons juste avant le monastère pour manger un morceau dans une petite mais sympatrique gargote. La truite (d’élevage, malheureusement) était bonne et le service également. Quelques explications sur le monastère s’imposent avant notre arrivée.

Entouré des rivières Rilska et Drushliavitsa, il se dresse à 1’147 m d’ altitude. Il fut fondé durant la première moitié du 10e siècle. Son histoire est liée au premier ermite bulgare, Saint Jean de Rila, qui a vécu dans la région et consacra sa vie au jeûne et à la prière. Il choisit une grotte comme demeure et premier emplacement du monastère. Après son décès en 946, Saint Jean de Rila fut enterré à proximité de la grotte où il vécut en anachorète. Le roi Peter, qui régna de 927 à 969, fit transporter les reliques du miraculeux de Rila à Sredets (Sofia). C’est probablement à ce moment que Jean de Rila fut canonisé. Ses reliques furent retournées au monastère de Rila en 1469.

Au fil des siècles, le monastère est devenu le centre spirituel littéraire et culturel de la Bulgarie. A la Renaissance nationale bulgare (18e – 19e siècles), le monastère a contribué à la création d’une cinquantaine de couvents dans les principaux villages bulgares. Les prêtres les plus instruits y ouvraient des écoles, enseignaient et envoyaient des pèlerins au monastère. Devenu musée national en 1961, le monastère a intégré la Réserve nationale historique en 1976 et a été inscrit dans le patrimoine culturel mondial de l’UNESCO en 1983. L’État lui rend finalement son statut monastique en 1991. Voici une petite vidéo sur le lieu :

Si la vidéo ne se démarre pas, actualisez (F5) la page.

Après quelques minutes de trajet au sein d’une forêt dense, nous arrivons devant le complexe du monastère.

Nous entrons dans la cour d’environ 3’200 m² par l’une des deux portes principales, Samokov. Et là, c’est l’émerveillement ! L’impression de grandeur et la splendeur du lieu est frappante. L’église est magnifique, avec ses fresques que je vais m’empresser d’admirer. Les bâtiments monacaux sont tout aussi impressionnants, dans un style plus épuré et dominé par une belle couleur blanche.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le monastère est tout sauf petit. En effet, il occupe une superficie totale de 8’800 m² et est constitué de 4 parties correspondant chacune aux 4 directions géographiques. Ces dernières furent construites en 1817-1819 mais ravagées peu après par un grand incendie. Les parties est, ouest et nord furent reconstruites en 1834 et sont celles qu’on peut admirer aujourd’hui. En 1847 fut rajoutée la partie sud. Les 4 sections du monastère disposent de plus de 300 cellules de moines et 4 parois. Dans les parties nord et est sont aménagées des pièces qui portent les noms des villes ayant effectués des dons au monastère, comme Koprivshtitza, Samokov, Tchirpan, etc.

Le monastère de Rila tel que nous le connaissons aujourd’hui existe depuis le 19e siècle. Seule la nouvelle section de l’aile est date du 20e siècle. Érigée au 14e siècle, plus précisément en 1335, la tour de Hrelyu constitue le bâtiment le plus ancien.

D’une hauteur de 24 m et dotée de cinq étages, elle était à la fois la forteresse du monastère et la demeure des moines en temps de désordre et de trouble. L’étage le plus élevé abrite la chapelle de la Transfiguration du Christ. Une partie des fresques murales du 14e siècle est visible à travers les vitraux de la chapelle.

Érigée entre 1834 et 1837, l’église principale de la Nativité remplace un édifice antérieur. Coiffée de cinq coupoles aveugles, elle est constituée de deux chapelles latérales et de trois niches d’autels. L’iconostase centrale de bois doré sculpté est l’œuvre des maîtres de Samokov et de Bansko.

Bien que de nombreux artistes du pinceau et du burin aient participé aux magnifiques peintures murales qui ornent l’intérieur, seul Zahari Zograf a laissé son nom. Outre les reliques du fondateur du monastère, Saint Jean de Rila, l’église abrite l’icône miraculeuse de la Vierge d’Osenovitsa datant du 12e siècle, l’iconostase de Saint Jean de Rila du 18e siècle, ainsi que de nombreux autres iconostases et icônes du 19e siècle.

Juste avant la visite du musée de Rila, mon guide récupère une clé auprès de la réceptionniste. Cette dernière va nous permettre d’ouvrir une des 300 cellules de moine que l’on va pouvoir visiter. La vie d’un moine est simple et tel est l’endroit où il vit. La cellule est composée de deux pièces : une pièce principale où le moine vit et prie et une petite chambre proche de l’entrée, équipée d’une modeste cuisine. Cette chambre est réservée à l’apprenti du moine, dont les tâches se résument à la préparation des repas et au ménage.

A présent, nous nous dirigeons vers le musée. Créé à la fin du 19e siècle, ce dernier présente des objets relatifs à l’origine et l’histoire du monastère au fil des siècles. Des œuvres représentatives de l’art bulgare et étranger du 14e-19e siècles y sont également exposées. Le plus bel élément est la splendide croix de Rila, œuvre du père Raphaël (Rafail). Après des années de travail acharné, Raphaël a achevé son chef d’œuvre en 1802 et y aurait perdu la vue. Agrémentée d’une sculpture miniature en bois, la croix est décorée de 36 scènes bibliques, réparties également sur les deux côtés, et de plus de 600 figurines miniatures. Le Musée ethnographique et les salons de réception de l’aile nord renferment des tissus et costumes nationaux originaires de différentes régions ainsi que des poteries offertes par des villages et pèlerins. L’entrée est payante et les photos ne sont malheureusement pas autorisées.

Le monastère de Rila poursuit encore son activité monastique. Deux zones distinctes de stationnement sont aménagées pour les voitures et les autobus et un hébergement est proposé. Dans la librairie, le petit magasin de la tour de Hrelyu et aux alentours du monastère, les visiteurs peuvent acheter icônes, albums, cartes postales, souvenirs et artisanat traditionnel bulgare. Je n’achète finalement rien, si ce n’est quelques cartes postales. Après cela, nous repartons vers Sofia en fin de journée.

BILAN DE MON VOYAGE AU MONASTÈRE DE RILA

Une superbe visite, à la fois architecturale, spirituelle, culturelle, et naturelle. Le monastère de Rila est un incontournable si vous êtes de passage en Bulgarie ! Je rappelle que j’ai effectué ce tour en « voyage organisé », mais vous n’êtes même pas obligé de vous adresser à une agence pour cela. En effet, des bus effectuent maintenant des aller-retours depuis Sofia. Si vous avez l’intention de rester quelques jours dans le coin, n’hésitez pas en plus du monastère à visiter la ville de Rila, les sept lacs de la région et le parc national, également inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.