Project Description

Capitale de la Bulgarie et ville plusieurs fois millénaires, Sofia a une histoire riche et mouvementée. Elle a accueilli Thraces, Romains, Byzantins, Magyars et Ottomans…. En retour, elle fut choyée (Constantin le Grand l’appelait dit-on « Ma Rome »), on la dota de beaux édifices et sa renommée a traversé les frontières. Antiquité, Moyen Âge, grands musées en archéologie, ethnographie, beaux arts, géologie, histoire militaire et naturelle… Sofia est une ville toute faite pour les amateurs de patrimoine. « Grandit, mais ne vieillit pas » est sa devise.

VÉRITABLE CARREFOUR DE CIVILISATIONS

Encore un pays qui ne figure pas sur toutes les listes de destinations de voyage ! Comme indiqué ci-dessus, la Bulgarie possède une histoire passionnante dont je vais pouvoir découvrir quelques facettes au travers de quelques jours de voyage.

En route avec un vol direct depuis Zurich, j’atterris très tard le soir à Sofia (vol pas cher oblige et les horaires ne sont pas les plus arrangeant, mais on a rien sans rien). Visiblement, on m’attend dans le hall des arrivées à cette heure tardive : une personne porte un écriteau avec mon nom. Il s’agit de mon chauffeur qui m’emmène directement à mon hôtel (service compris). En effet, le Suite Hotel Sofia est quelque peu excentré, mais rien qui ne puisse être atteint par bus dont l’arrêt se trouve juste devant l’hôtel. Toutefois, le service de navette depuis l’aéroport est le bienvenue car je doute avoir réussi à atteindre l’hôtel seul, de nuit et sans connaissances aucunes des environs… A quand bien même, un taxi aurait également pu faire l’affaire, mais il convient d’être très prudent avec ces derniers : toujours les « commander » depuis la borne prévue à cet effet dans le hall d’arrivée de l’aéroport et ne suivre personne vous abordant dans l’aéroport et vous proposant des prix soit-disant attractifs !

  • Hôtel très récent, neuf à tous les points de vue.
  • Chambres spacieuses (!) et lumineuses, plateau/bouilloire.
  • Connexion Wifi gratuite.
  • Personnel aimable et professionnel.
  • Quartier excentré, un peu glauque de nuit.
  • Moquette dans la chambre, étrange pour un hôtel récent.
  • Petit-déjeuner un peu cher (CHF 12.-).

hotelsofia

Il est tard, donc je vais me coucher car quelques jours de visites chargés m’attendent ! En effet, je prévois non seulement de visiter la capitale, Sofia, mais également de vadrouiller dans le pays pour y voir quelques attractions comme Plovdiv, le monastère de Rila ou encore Koprivshtitsa. Pour ces excursions, je vais faire appel à l’agence Traventuria, basée à Sofia. L’agence fait la promotion du voyage responsable et possède des objectifs environnementaux, économiques et sociaux. Proposant également un bon nombre d’excursions dans toute la Bulgarie, j’ai utilisé leur service à plusieurs reprises et en ai été globalement très satisfait. Certains des tours ne sont carrément pas bon marché, mais pour le service proposé, je pense que ça vaut la peine ! Plus vous êtes nombreux, moins cela coûte cher par personne, ce qui explique facilement pourquoi les voyageurs solitaires comme moi doivent mettre une main plus conséquente au porte-monnaie.

Première journée de visite. J’ai réservé un tour de ville et des alentours. Simon, mon guide du jour que je reverrai d’ailleurs à plusieurs reprises durant mon séjour en Bulgarie vient me chercher directement à l’hôtel vers 9h et m’emmène visiter l’église de Boyana.

Cette église est un site à ne pas manquer lors d’une visite à Sofia. Nous arrivons alors que le petit parc dans lequel se trouve l’église ouvre à peine. Le temps de faire le tour du bâtiment pendant que mon guide me raconte l’histoire du lieu. Située au pied de la montagne Vitocha, l’église est l’un des rares monuments du Moyen Âge bulgare, date du 10-11e siècle et est construite sur un étage. Des rajouts et des réaménagements ont été faites par la suite dont une extension sous le Second Royaume Bulgare (environ 100 ans après sa construction) et une autre 600 ans plus tard. L’église ouvre et nous entrons à l’intérieur. Pas de photos ici, même sans flash (d’ailleurs, je n’ai aucune photo « potable » de l’extérieur, honte à moi). Une climatisation tourne constamment pour maintenir une température basse, il y fait donc très frais. En effet, les fresques sont fragiles et l’air frais conserve bien mieux ces dernières.

Le portraits des patrons de l’église, le roi Kaloyan et sa reine Dessislava, souverains de la région de Sredetz (ancien nom de Sofia), sont dessinés en fresque sur le mur nord de l’église. C’est d’ailleurs bien grâce à ses fresques que l’église de Boyana est si précieuse. En effet, ces dernières sont considérées comme l’une des premières traces de la Renaissance en Europe. On peut y voir les portraits du roi Constantin Assen et la reine Irina, petite fille du roi Ivan Assen II et fille de l’empereur byzantin Théodor Laskaris. Les fresques sont d’une finition saisissante. On y voit tous les détails de l’accoutrement royal et même les traits des visages. Les historiens supposent qu’elles aient été dessinées « nature », les sujets étant présents sur place. Les fresques comptent au total 240 dessins, tout en sachant qu’il s’agit de la couche de peinture visible, car une couche antérieure a été découverte. Les fresques de Boyana sont datées pour la plupart de l’an 1259.

Dans la coupole de l’église est dessiné de façon impressionnante le visage de Jésus Christ. En dessous sont dessinés des anges et les 4 évangélistes Jean, Marc, Luc et Mathieu. Sont également dessinées des scènes des Grandes célébrations chrétiennes et la Semaine des passions. Parmi les représentations de saints figurent 10 militaires. Dans l’autel est dessinée Sainte Marie avec le Christ, entourée d’archanges. Pour une description complète des fresques, vous pouvez visiter la version en anglais du site officiel de l’église de Boyana.

L’intérieur de l’église est très joli et les fresques remarquablement bien conservées, et c’est sans compter sur les explications très complètes de Simon. Nous redescendons ensuite vers la ville pour un petit tour du centre-ville. Nous commençons par la visite de la cathédrale orthodoxe Alexandre Nevski.

C’est le plus grand temple orthodoxe en Bulgarie et l’un des monuments incontournables du patrimoine bulgare. La cathédrale Nevski est celle du patriarche de l’église bulgare, et la place qui l’entoure porte le même nom. « Alexandre Nevski » est appelé temple-mémorial, car il commémore la libération de la Bulgarie de l’empire ottoman en 1878 (guerre russo-turque de 1877-1878) et notamment le sang versé par les libérés et les libérateurs. La décision pour sa construction est prise aussitôt la fin de la guerre et l’établissement des institutions bulgares en 1879. La cathédrale aurait dû être construite à Véliko Tarnovo, mais après le choix de Sofia pour nouvelle capitale de la Bulgarie, l’emplacement changea en conséquence. Pour patron de ce grand temple fut choisi le knyaz russe Alexandre Nevski, illustre pour son victoire sur l’Ordre teuton et sanctifié par l’église russe. Alexandre Nevski était le saint patron de l’empereur russe Alexandre II et le choix de cette nomination était une expression de reconnaissance des Bulgares à l’égard de la Russie, représentée par son empereur.

Le temple est construit à l’aide de donations populaires, suite à un appel du knyaz bulgare Alexander. La première pierre fut solennellement posée еn 1882, mais le chantier ne démarra qu’en 1904 et fut terminé en 1913. L’endroit le plus haut de Sofia (552m d’altitude à l’époque) fut choisi comme lieu de construction. Avec une superficie de 3170 m² à la date de sa construction, l’édifice devient la première et la plus grande cathédrale en activité sur la péninsule des Balkans. En 1924, elle est classée comme monument du patrimoine et elle devient en 1953 le siège du patriarche bulgare.

Pas de photos à l’intérieur, bien que cela ne soit pas vraiment clair si c’est autorisé ou non. L’intérieur est magnifique et vaut le déplacement. On peut se rendre compte qu’avec les années, les bougies constamment allumées ont contribué à noircir les murs et plafond. D’ailleurs, j’ai remarqué cela dans presque toutes les églises bulgares visitées. Nous marchons ensuite depuis la cathédrale vers le centre de Sofia. Sur notre chemin, nous passons à côté du théâtre national Ivan Vazoz.

C’est entre quelques banques et un grand hôtel de luxe que vous apercevrez ce bâtiment de couleur rouge. Ce théâtre porte le nom du plus grand des écrivains bulgare, Ivan Vazov, connu surtout pour son œuvre majeure, le roman « Sous le joug« , et fut inauguré en 1907. Aujourd’hui, il est la scène rêvée de tout acteur bulgare et les plus grands noms du théâtre s’y produisent. Le rouge est omniprésent ! Sa grande salle avec ses fauteuils en velours est ses balcons coquets marquent un style de la fin de 19e siècle. Le théâtre brûla entièrement dans un terrible incendie survenu en 1923, lors d’une célébration. Le feu se déclara sur la scène et ravagea rapidement la salle principale et tout le théâtre. Il fallait donc le reconstruire depuis les fondations. Le nouvel édifice vit le jour 6 ans plus tard, en 1929. En face du théâtre est aménagé un jardin publique avec ses fontaines aux jets d’eau et ses grands arbres. C’est aussi le terrain réservé au joueurs d’échec qui parfois y passent des après-midi entières, en compagnie des curieux qui suivent le jeu attentivement. Des expositions de photographies sont souvent organisées dans ses allées.

Nous continuons notre chemin dans le centre-ville.

Nous passons devant quelques grands édifices (voir galerie ci-dessus) puis, un peu plus loin, nous entrons dans l’arrière-cour du bâtiment de la Présidence et de l’hôtel de Sheraton, dans lequel se trouve l’église rotonde Saint Georges.

Ce rare survivant du Moyen Âge bulgare est à la base une église romaine datant du 4e siècle, entourée de vestiges romains et portant le nom de Saint Georges. Elle se remarque par son style architectural simple et épuré. A l’intérieur, on peut voir les quelques fresques ayant réussi à traverser les siècles tourmentés de l’histoire des Balkans.

Nous repartons en direction de notre voiture tout en passant devant d’autres bâtiments du centre-ville avant de nous rendre au musée national d’histoire de Sofia, quelque peu éloigné.

HORAIRES

Avril à octobre : Ouvert de 09:00 à 18:00.
Novembre à mars : Ouvert de 09:00 à 17:30.

TARIFS

Adulte : 10 leva (6.20 CHF)
Billet combiné comprenant la visite de l’église de Boyana : 12 leva (7.45 CHF).

Le musée national d’histoire est le plus grand musée de Bulgarie. Il fut créé en 1973 avec pour objectif de conserver le meilleur du patrimoine des terres bulgares de la préhistoire jusqu’à nos jours. Ses fonds abritent plus de 650’000 objets ! Sa première grande exposition eut lieu en 1984, programmée dans le cadre des célébrations des 1300 ans de la création de l’État bulgare (681). A cette époque et jusqu’à l’an 2000, le musée se trouvait dans le bâtiment de l’actuel Palais de justice de Sofia. Il fut transféré ensuite dans l’ancienne résidence de Todor Jivkov, le premier secrétaire et chef d’État de la Bulgarie communiste, à Boyana, au pied de de la montagne Vitocha. Au rez-de-chaussée sont organisées les expositions du néolithique au 19e siècle. A l’étage sont exposés des habits ethnographiques, des tapis, des chambres et pièces d’habitation de la période du Renouveau bulgare.

Ce musée est vraiment sympa. Nous y avons passé deux bonne heures très intéressantes et mon guide m’a offert un café et une pâtisserie à la cafétéria du musée. Cela lui a valu une reconnaissance toute particulière et un bon pourboire en fin de tour. Tient, d’ailleurs il est environ 14h et le dît tour arrive à son terme. Mon guide me propose d’aller manger avec lui dans une petite taverne et c’est avec plaisir que j’accepte. Nous avons très bien mangé et pour pas cher, par contre, je ne me souviens pas du nom ou de l’adresse de l’endroit, seconde honte à moi. Mon guide me ramène ensuite en fin d’après-midi à l’hôtel. Après une bonne douche, je vais manger au restaurant de l’hôtel et admire la vue depuis sa terrasse. A nouveau, c’était excellent et le prix très abordable.

Je vais me coucher tôt car la première des journées de visite en dehors de la capitale commence demain !

BILAN DE MON VOYAGE À SOFIA

Comme je m’y attendais, Sofia est certes une capitale, mais on en fait le tour en une journée. Les quelques bâtiments qui valent la peine d’être visités sont presque tous à distance de marche les uns des autres. Pour peu que vous ayez la chance d’avoir un guide extrêmement sympathique pour faire un tour de la ville, on voit ce qu’il y a à voir rapidement et simplement. Si je retourne à Sofia, ce sera uniquement comme point de départ pour partir à l’aventure dans la campagne bulgare. Si, comme moi, vous êtes principalement venus pour voir du pays, vous ne resterez certainement qu’une journée dans la capitale et je pense que c’est amplement suffisant.