Project Description

Fondée au 11e siècle pour protéger les territoires espagnols contre les Maures, Ávila, berceau de sainte Thérèse et lieu de sépulture du Grand Inquisiteur Torquemada, a conservé son austérité médiévale. On retrouve cette pureté dans les lignes de dsa cathédrale gothique et ses fortifications qui, avec leurs 88 tours de plan semi-circulaire et leurs 9 portes monumentales, sont les plus complètes d’Espagne. Un vrai bon dans le passé pour celles et ceux qui, comme moi, adore l’époque médiévale !

AU SEIN D’UNE CITÉ MÉDIÉVALE FORTIFIÉE

Je quitte Madrid au petit matin pour visiter la cité d’Ávila, puis Ségovie en fin de matinée/début d’après-midi. Ces deux villes étaient mentionnés dans pas mal de guides touristiques comme « excursion fortement recommandé », aussi je ne me suis pas fais prier ! Pour cette balade d’une journée, j’ai fais appel à l’agence Julia Travel à Madrid, car je n’ai pas eu assez de temps pour préparer moi-même un itinéraire de visite.

A notre arrivée à Ávila, nous nous dirigeons donc vers la Basilique romane de los Santos Hermanos Mártires, Vicente, Sabina y Cristeta, plus simplement appelée Basilique de San Vicente. Nous visitons alors l’édifice avec Jorge, notre guide pour la journée.

L’église est construite en grès, extrait des environs de La Colilla. Elle serait l’œuvre de Giral Fruchal, l’architecte qui introduisit le style de l’architecture gothique en Espagne depuis la France. D’après la légende, les martyrs chrétiens Vicente, Sabina et Cristeta ont été persécutés durant le règne de l’empereur romain Dioclétien; leurs corps furent enterrés dans la roche où fut construisit plus tard une basilique. En 1062, leurs reliques ont été transportées dans le monastère de San Pedro de Arlanza à Burgos, mais en 1175, on les remit à leur emplacement initial à Ávila et la construction d’une nouvelle basilique commença à cet endroit. Le chantier fut constamment ralenti ou arrêté et ne put s’achever qu’au 14e siècle grâce au soutien d’Alphonse X de Castille et Sanche IV de Castille.

À l’intérieur, la principale attraction est le cénotaphe des Santos Hermanos Mártires en pierre polychrome, l’un des plus beaux exemples de sculpture romane. A notre sortie de la basilique, nous nous retrouvons nez-à-nez avec l’une des 9 portes de la cité, celle de San Vicente, et la célèbre Muraille d’Ávila, enceinte militaire romane parfaitement conservée qui entoure le noyau ancien de la cité.

La Porte de San Vicente a la même structure que celle de l’Alcázar, une des autres portes. Les restaurations effectuées sur San Vicente ont été des plus discrètes, ce qui lui donne une apparence plus authentique et conforme à son aspect original. On ne connait pas précisément la chronologie de la construction de l’enceinte. Cette dernière fait aujourd’hui 2’516 mètres de long et est composée de 2’500 créneaux, 88 tours et 9 portes. La hauteur moyenne des murs est de 12 mètres et leur épaisseur moyenne est de 3 mètres, ce qui assurait à la cité une protection importante contre l’envahisseur.

Le tracé de l’enceinte profite des escarpements rocheux et de la dénivellation de la vallée de la rivière Adaja, sans talus ni contreforts. Bien que toute l’enceinte soit parcourue par un chemin de ronde, seules les parties situées près de la porte de l’Alcázar et celle del Peso de la Harina (accessible par des escaliers de pierre) peuvent être visitées par les touristes.

Nous passons donc cette immense porte de pierre et nous dirigeons vers la Plaza Mayor (grand place) via quelques rues piétonnes.

Également connue sous le nom de « place du marché », elle en accueille quelques fois par semaine, mais malheureusement pas lors de notre visite. La place était peu animée, sans doute car il était encore tôt et que les quelques restaurants et boutiques de l’endroit étaient à peine en train d’ouvrir, mais nous ne faisons que passer. En effet, nous nous dirigeons vers le couvent de Sainte Thérèse d’Ávila. Avant d’y arriver, nous passons devant El Torreón de los Guzmanes, une tour de style renaissance espagnol.

Quelques minutes plus tard, nous voici devant le couvent susmentionné. Inauguré en 1636, il fut construit sur le site de la naissance de Sainte Thérèse d’Ávila par l’architecte Fray Alonso de San José. Notre guide nous explique alors une partie de l’histoire de la Sainte ainsi que celle du bâtiment. La très belle façade baroque de l’édifice est le premier élément que l’on peut observer. On peut notamment y voir les armoiries de la famille de Sainte Thérèse.

L’intérieur en forme de croix latine est tout aussi magnifique. On y trouve notamment des peintures du maître Gregorio Fernández et de très beaux vitraux. Une salle adjacente contient quantité d’objets peu connu des visiteurs, mais d’une très grande valeur (dernière photo ci-dessous).

Tout en revenant en direction de notre bus, nous nous arrêtons quelques minutes à côté de la cathédrale d’Ávila. Faute de pouvoir en visiter l’intérieur, nous admirons les quelques façades extérieures. La cathédrale fut conçue à la fois comme temple et forteresse : en effet, son abside fait partie intégrante de la Muraille d’Ávila. L’édifice est entouré de différentes maisons et palais seigneuriaux, lesquels devaient assurer la défense des portes proches. La Cathédrale d’Ávila est considérée comme la première cathédrale gothique d’Espagne.

Avant de quitter Ávila pour Ségovie, nous faisons une arrêt sur un des points de vue entourant la cité, Los Cuatro (les Quatres). Je pense que c’est une excellente manière de finir cette visite, car la vue sur la ville et surtout une grande partie de sa muraille est simplement magnifique !