Project Description

Barcelone, capitale de la Catalogne, est une ville méditerranéenne et cosmopolite possédant des vestiges romains, des quartiers médiévaux et les plus beaux monuments du Modernisme, ainsi que des éléments avant-gardistes du 20e siècle. L’UNESCO a d’ailleurs classé au patrimoine mondial les constructions les plus remarquables des architectes catalans Antoni Gaudí et Lluís Doménech i Montaner. D’origine romaine, des siècles d’histoire et un dynamisme économique singulier ont légué à Barcelone un extraordinaire héritage culturel, qui trouve son expression dans un patrimoine historique et artistique très riche et dans l’essor de courants artistiques novateurs. Le visiteur profitera d’une programme culturel très fourni qui le guidera à travers les musées, les expositions, les sculptures en plein air, ainsi que d’une offre variée dans les domaines de la musique, du théâtre et de la danse!

Ces dernières années, j’ai eu l’occasion de visiter la ville à plusieurs reprises et pour de brefs séjours à chaque fois. J’en ai également profité pour passer un peu de temps en dehors des ses murs et partir à la découverte des quelques charmantes villes voisines. Mais tout comme Madrid, Barcelone est très facilement atteignable depuis les airs depuis la Suisse et je compte bien profiter d’un bel été prochain pour y retourner car mine de rien, j’ai encore énormément de chose à voir!

  • Auberge de jeunesse bien placée, à 10 minutes à pied de la Plaza Catalunya et à proximité directe de la station de métro Urquinaona.
  • Lit individuel en dortoir incluant rideau, prise électrique, lampe de chevet et casier sécurisé (le cadenas peut être acheté sur place).
  • Ouvert 24h/24, sécurité des lieux, bon wifi, cuisine disponible.
  • Salle de bain commune laissée dans un triste état en soirée, mieux vaut s’y rendre juste après le nettoyage ou très tôt le matin.
  • Quelques suppléments non-inclus comme les draps et les linges.
  • Légèrement bruyant avec la fenêtre ouverte, prévoyez des boules Quies car il y a du trafic jour et nuit!

Barcelone, un véritable musée à ciel ouvert

Démarrons cette courte visite de Barcelone par un lever aux aurores, puis par un petit tour du côté de la cathédrale principale de la ville, située à l’emplacement même d’une ancienne basilique paléochrétienne. Sa construction commença durant la période romane, mais ne s’acheva qu’en plein gothique, qui est aujourd’hui le style prédominant de l’édifice (mon préféré avec le style Renaissance). L’extérieur est très sobre, mais toutefois orné de magnifique contreforts verticaux. La porte de San Ivo est un exemple du gothique dit « catalan » et les nefs intérieures, qui sont pratiquement à la même hauteur, donnent la sensation d’être dans une seule et même enceinte. Les chapelles latérales sont couvertes d’une galerie supérieure conférant à l’ensemble une plus grande luminosité et une sensation d’ampleur que j’ai beaucoup apprécié! Vous devez vous dire que toutes les églises sont pareilles, mais je trouve que chacune possède un petit quelque chose qui lui est propre et j’ai beau être non-croyant, je suis admiratif de ces bâtiments parfois plusieurs fois centenaires et construites alors sans aucune forme de technologie moderne!

Après une visite des lieux, je profite du timide soleil levant pour me promener dans le quartier gothique encore désert, connu sous le nom de « El Barri Gòtic ». Il s’agit du centre de l’ancienne ville romaine dont on peut encore aujourd’hui voir des vestiges, comme par exemple ceux du temple romain d’Auguste ou de l’ancien mur d’enceinte. De ce fait, le noyau d’origine de la Barcelone romaine et médiévale est encore le cœur de la Barcelone d’aujourd’hui, un parfait mélange de style et d’époque. Dans son labyrinthe de ruelles et de places, je découvre toute la richesse de l’histoire et du présent de la ville. Ici, dans le quartier gothique, on trouve les palais de la mairie et de la Generalitat, la cathédrale et les autres églises gothiques telles que celle de Santa Maria del Pi ou celle de Sant Just et Sant Pastor. Dans ce même quartier, la plaça del Rei montre avec orgueil l’ensemble que formaient les dépendances royales de la couronne catalano-aragonaise. Dans le sous-sol de cette même place, je vous recommande de suivre le parcours touristique dans les impressionnantes ruines archéologiques de la Barcelone romaine, à la fois intéressant et divertissant.

Après de longues minutes de marche, je passe du quartier gothique à celui de la Ribera. Nombreux sont les artistes qui ont voulu y installer leurs ateliers pour hériter du passé de l’endroit où vivaient jadis les artisans. De nombreux noms de rues rappellent d’ailleurs ces vieux métiers que sont vitrier, chapelier, argentier, etc. Dès le 13e siècle, Barcelone s’est étendu au delà de ses murailles, et c’est de ce besoin qu’est né ce qui n’était qu’un faubourg, et qui au fil du temps est devenu le quartier des marchands et des familles parmi les plus riches de Barcelone. La carrer Montcada, actuel noyau des galeries d’art et d’importants musées tels que le Museu Picasso, constituent le centre de cette riche Barcelone dans lequel je flâne avec intérêt pendant une heure ou deux.

Les palais médiévaux qui s’y trouvent rappellent très bien le passé de la ville. De nos jours, entre les anciennes pierres de la Ribera, les restaurants, les bars nocturnes et les boutiques de mode font luire la couleur d’un quartier ancien à la beauté retrouvée. Également située dans le quartier de la Ribera, la magnifique cathédrale Sainte-Marie de la Mer représente le chef-d’œuvre du gothique catalan. Mettant en exergue ce style architectural particulier, l’intérieur de l’édifice m’enchante littéralement et cela ne m’étonne guère de savoir qu’elle est aussi visitée que la cathédrale de Barcelone!

Je marche, j’explore, je découvre et je finis par débarquer au cœur du Parc de la Ciutadella, véritable poumon urbain de 18 hectares situé au beau milieu de Barcelone. Loin d’être un simple parc comme un autre, il fut créé par l’architecte Josep Fontseré dans le cadre de l’Exposition universelle de 1888. De nos jours, on peut toujours admirer les vestiges de l’exposition dans les édifices tels que le Château des trois dragons (Castel del Tres Dragons), les élégantes serres Umbracle et Hivernacle, ou encore la cascade et le lac, œuvres de Fontseré lui-même et mon coup de cœur dans cet agréable bout de verdure!

L’endroit est très calme et une ballade de bon matin sans croiser des hordes de touristes à chaque croisement est une expérience des plus agréables! Sachez également que le parc voit affluer les étudiants et autres jeunes locaux lors des chaudes journées d’été et qu’on ne distingue presque plus les brins d’herbe au milieu des linges qui recouvrent tout l’endroit. En quittant le parc l’une de ces 10 sorties, je tombe rapidement sur l’Arc de Triomphe qui fut érigé comme porte d’entrée à l’Exposition universelle de 1888. Il s’agit d’un monument de forme et de proportions classiques (quoi qu’énorme!), mais aux finitions sculptées et décorées, et symbolisant l’allégorie du respect de Barcelone envers les nations et les provinces participant à l’Exposition. La combinaison de l’utilisation de la brique et de l’ensemble de frises entourant l’arc en fait une pièce singulièrement jolie et élégante que l’on prend volontiers en photo, comme j’en ai eu l’occasion!

Un trajet en métro m’emmène alors vers un édifice on-ne-peut-plus connu de Barcelone et probablement celui qui détient le nombre record de visites annuelles: la Basílica de la Sagrada Familia. Le projet de Gaudí était le suivant (accrochez-vous): une église aux grandes dimensions avec un plan basilical à cinq nefs avec un transept à trois nefs, composant une structure en forme de croix latine. Cette église devait être accompagnée de clochers, dont le plus haut devait représenter Jésus. Ce grand clocher devait être entouré de quatre autres clochers, qui devaient symboliser les quatre évangélistes, et derrière eux ainsi qu’au-dessus de l’abside, un autre clocher devait s’élever, consacré à la mère de Dieu. Quatre tours supplémentaires devaient couronner la façade de la Gloire, celle de la Nativité et celle de la Passion, qui dans leur ensemble devaient symboliser les douze apôtres. Vous l’avez compris, Gaudi avait de la suite dans les idées et était plutôt ambitieux, et on ne peut que regretter qu’il décède avant de terminer son œuvre… Actuellement, on peut visiter deux des trois façades construites, les nefs, l’abside et le musée qui permettent d’appréhender le passé, le présent et le futur de l’édifice à travers des maquettes, des photographies, des plans, des objets décoratifs et des systèmes audiovisuels.

Pour résumer, il s’agit selon moi d’une visite à faire absolument. Exception faite du prix d’entrée quelque peu cher (mais n’oubliez pas que l’avancement de la cathédrale dépend des entrées et des dons), on découvre un intérieur à nul autre pareil, un sanctuaire unique au monde où la décoration pourrait faire penser aux plus imaginatifs d’entre nous à l’intérieur d’un vaisseau spatial. Heureusement, les vitraux colorés, les fresques mystiques et la pléthore de symboles religieux sont là pour nous rappeler que nous sommes bien sur Terre, dans un des édifices les plus originaux du monde. Pour la visite, achetez vos tickets coupe-file à l’avance sur Internet. C’est un conseil, sauf si faire entre 2 et 3 heures de queue ne vous dérange pas, mais j’en doute. Et si vous pensiez venir tôt pour éviter la queue, oubliez vite cette idée: vous allez vous retrouver avec des centaines de personnes qui auront eu la même idée que vous!

Et puisque nous en sommes à admirer les merveilles architecturales de Gaudí, ne pas se rendre au Park Güell à quelques minutes de là serait une grossière erreur! En effet, s’il existe une œuvre de l’artiste où la nature et l’architecture atteignent une surprenante symbiose, c’est sans aucun doute ici. Ce qui au départ était un projet de ville-jardin à l’anglaise devint finalement le parc public le plus singulier de Barcelone. Le Park Güell résulte ainsi de la création d’un projet immobilier ambitieux lancé par Eusebi Güell, mécène de Gaudí. La propriété au terrain irrégulier possédait 15 hectares et l’on devait y construire un ensemble de 40 maisons individuelles. Au final, deux maisons furent construites, dont l’une fut occupée par Gaudí lui-même, qui est aujourd’hui devenue sa Maison-Musée. De 1900 à 1914, l’architecte s’attela aux travaux d’aménagement du Park Güell, projetant ses investigations d’urbanisme dans la construction de chemins, porches et viaducs pleinement intégrés dans la nature de Barcelone.

L’imagination débordante et si personnelle de l’œuvre de Gaudí est évidente dans les différents éléments qui me surprennent aujourd’hui en tant que visiteur du parc découvrant quelques-unes des merveilles de Barcelone. Les pavillons d’entrée du parc, initialement destinés à la conciergerie, abritent actuellement le Centre d’Interprétation du Park Güell. L’escalier, avec son célèbre gecko de couleurs, donne accès à la salle hypostyle, un espace impressionnant constitué par 86 colonnes qui soutiennent le poids important de la grande place du dessus. Le banc ondulé qui parcourt le périmètre de la place est l’œuvre de Jujol, l’un des collaborateurs de Gaudí. Cet endroit s’apparente pour moi à une une sorte de « conte de fée vivant » où chaque tuile, fresque, colonne et mosaïque qui compose l’endroit semble être doté d’une conscience, en plus d’être interprétable de différentes manières selon l’imagination de chacun… Tient, serait-ce des maisons en pain d’épices que j’aperçois au pied de l’escalier? Je me demande si Hansel et Gretel sont passés par ici…

Toujours dans la série « Gaudí », mais plus orienté « centre-ville », la Casa Batlló située sur le Passeig de Gràcia constitue également un arrêt obligatoire! Inscrit au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, il s’agit d’un mythe de l’art, de l’architecture et du Modernisme, plus encore qu’un simple édifice se démarquant des autres par son style et ses couleurs. Je parle ici de la Casa Batlló, où la lumière, la couleur et la forme se conjuguent avec le bois, le fer, le verre, la céramique et le grès, de la manière la plus fantastique et la plus surprenante qui soit et qui caractérise d’ailleurs les autres œuvres de Gaudí. Même si l’entrée est quelque peu élevée, n’hésitez pas à y faire un tour et suivez avec un audioguide le parcours à travers vingt points d’explication. Et cela commence dès le splendide vestibule et l’escalier principal des plus impressionnants!

On découvre alors les multiples détails difficiles à percevoir au premier coup d’œil, les métaphores et représentations de la nature, en particulier du monde marin, qui sont autant d’éléments d’inspiration et qui stimuleront sens et émotions. Et si vous préférez, vous pouvez louer l’innovateur guide vidéo à réalité augmentée, un fleuron de technologie qui vous transportera dans un monde magique caché à la vue des simples visiteurs. Vous visiterez l’étage noble légendaire, ancienne résidence de la famille Batlló, les greniers qui servaient de débarras et de lavoirs, le toit, les cheminées mythiques et le fantastique puits de lumière, ancien escalier de voisins privilégiés.

Bref, un endroit magique au sein duquel vous vous évaderez dans un monde imaginaire idyllique coloré et lumineux, un monde dont seul Gaudì avait le secret!

Au milieu du Passeig de Gràcia, on peut également découvrir trouverez la Casa Milà o La Pedrera, une union entre la fantaisie et le fonctionnel qui convertissent cette œuvre architecturale en une visite indispensable. C’est ici que Antoni Gaudí culmina sa carrière en concevant un édifice moderne et adapté aux nouvelles nécessités sociales, sans jamais oublier sa source d’inspiration principale : la nature et les formes organiques. Père Milà commanda à Gaudí la construction de la Casa Milà, un immeuble d’appartements et cela donna l’occasion à l’artiste de donner corps à l’une de ses œuvres les plus complexes, entre 1906 et 1912.

C’est un édifice du modernisme surprenant que l’architecte fit construire et qui occupe tout un angle du Passeig de Gràcia du quartier de l’Eixample. Il est organisé autour de deux cours intérieures qui fournissent de l’aération et de la lumière aux appartements. Les formes courbes et sinueuses de la plus communément appelée La Pedrera s’imposent, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. La façade de la Casa Milà, c’est la mer en mouvement où les vagues jouent avec les algues en fer forgé qui servent de grilles aux balcons. Les grands blocs de pierre sont une espèce de peau qui recouvre le squelette d’un édifice libéré des murs de charge.

La Pedrera, c’est-à-dire la carrière, est de fait le surnom moqueur que les habitants de Barcelone lui donnèrent, même s’ils restaient bouche bée devant les formes modernes créées par l’architecte. Déclarée Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO en 1984, la Casa Milà permet la visite de trois espaces : des greniers de rêves, structurés sur la base d’arcs caténaires en pierre locale; le toit, où les cheminées rappellent les silhouettes de guerriers dans les dunes du désert et enfin, un appartement d’époque que je me verrai bien habiter!

Après un rapide passage sur La Rambla, la célèbre avenue de Barcelone bondée de stands à souvenirs, glaces et crêpes, entourées de nombreux restaurants et magasins, et en tout temps recouvertes par des dizaines d’agaçants vendeurs à la sauvette, je découvre alors une immense structure d’acier recouvrant la Boqueria, un marché couvert dont l’origine remonte à un lieu de réunion de vendeurs ambulants, et ma future visite. Aujourd’hui, le complexe opère tout autant à but mercantile que touristique dans un cadre moderne et captivant et offre aux locaux et visiteurs un spectacle plein de couleur et de vie. D’ailleurs, le marché est en faite la métaphore de la vie de Barcelone, une sorte de fleuve humain calme et fluide ou agité et incontrôlable, qui fait le plaisir des contemplateurs et des consommateurs en tout genre. C’est la version « Barcelone » du marché San Miguel de Madrid!

L’histoire du lieu remonte au début du 13e sur la Rambla où, à l’emplacement actuel marché, des vendeurs ambulants venaient vendre leur viande. C’est le marquis de Campo Sagrado, capitaine général de Catalogne, qui mis au point en 1836 la réglementation de ce qui avait été jusqu’alors un marché ambulant, dans une zone qui était devenue un grand terrain vague. Avec le temps, le marché de la Boqueria de Barcelone s’est transformé en un grand marché moderne: on y a installé un éclairage au gaz et on a achevé sa couverture métallique en 1914. Cette dernière, en plus de protéger les denrées alimentaires, les vendeurs et les acheteurs, lui donne son caractère. Actuellement, ce sont les troisième et quatrième générations de vendeurs qui montrent avec orgueil le plus ancien et plus complet marché d’alimentation de Barcelone, offrant légumes, viandes, poissons ainsi que des milliers d’autres produits dans des stands d’un grand charme et à la présentation imaginative. Le marché de la Boqueria, c’est tout un espace de vie, d’histoire et d’architecture d’une indiscutable valeur. A ne pas rater!

Un autre itinéraire, que j’ai d’ailleurs effectué durant une nouvelle journée, va m’emmener à la découverte d’une partie bien différente de la ville. Tout commence sur Plaza de España (ou Place d’Espagne), l’une des plus importantes à Barcelone. Josep Maria Puig Cadafalch a été choisi pour concevoir la place, qui a été construite pour l’Exposition Internationale de 1929, tenue au pied de Montjuïc. C’est une place animée qui est située juste à l’extérieur du centre-ville, où se croisent beaucoup de routes principales de Barcelone telles que Gran Via, Parallel, Avinguda Reina Maria Cristina, Carrer Tarragona et Carrer Creu de la Coberta.

Le principal site à voir aux environs est le Palau Nacional, le Musée d’art catalan qui s’élève royalement sur le côté de Montjuïc. Il est stupéfiant et il n’y a pas de meilleur moment, paraît-il que de le voir lorsqu’il est allumé la nuit avec la Fontaine Magique de Montjuïc devant lui. La Fontaine Magique est un spectacle lumineux et musical autour des fontaines. Vous pourrez voir aussi un des meilleurs musées de la Catalogne, le Museu Nacional d’Art de Catalunya (MNAC), conçu par Josep Amargós. On trouve également la vieille arène de corrida (combat de taureaux) de Barcelone, construite en 1900 dans le style de Renaissance Maure, qui a maintenant été transformée en un complexe de shopping et de loisirs. Au cours de la transformation, l’aspect extérieur de l’arène à été conservé, ce qui en fait un centre commercial au style hors du commun. À l’entrée du côté de l’Avinguda Maria Cristina, deux grandes tours montent la garde sur le lieu de l’Exposition. Ce sont des répliques du Campanile de Saint-Marc à Venise (vous aviez remarqué?). Après un tour des environs, je me dirige vers le sommet de la colline de Montjuïc.

Barcelone a vécu un été magique qu’elle n’oubliera jamais. Avec la célébration des Jeux olympiques de 1992, la ville est devenue pendant quelques jours la capitale du monde, quelques jours qui resteront à jamais dans la mémoire collective. L’anneau olympique de Montjuïc, où je marche à présent, fut le centre névralgique de la fête. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus qu’un lieu de souvenir des émotions vécues, car elle rassemble une série d’installations utilisées quotidiennement par les habitants de la ville et qui sont l’objet d’admiration de ses visiteurs. Toutefois, cela reste un endroit où peu de visiteurs s’arrêtent: vous serez donc au calme à toute heure de la journée, mais si vous n’êtes à Barcelone que pour un ou deux jours, cet endroit n’a que très peu d’intérêt et peut-être remplacé par le Mirador de Montjuïc, à quelques centaines de mètres de là.

À côté de la présence imposante du stade olympique Lluís Companys et du Palau Sant Jordi, on remarquera la force de la tour de communications construite par l’ingénieur et architecte valencien Santiago Calatrava. Il s’agit d’une tour d’acier de 136 mètres de haut avec une forme structurelle qui ne se base pas sur un tronc vertical mais incliné. Sa silhouette rappelle le corps d’un athlète et sa base est couverte de « trencadis », une référence claire à l’une des caractéristiques de construction de Gaudí. De plus, l’orientation de la tour en fait un cadran solaire lorsqu’elle projette l’ombre de l’aiguille centrale sur la place d’Europa voisine.  Les piscines Bernat Picornell sont un point de rencontre habituel des Barcelonais qui veulent rester en forme et juste à côté se trouve l’université du sport, le siège de l’INEFC (Institut national d’Éducation physique de Catalogne), œuvre de Ricard Bofill qui révèle le goût de l’architecte pour les formes classiques, les colonnes et frises triangulaires.

Une attraction qui vaut, selon moi, beaucoup plus la peine est le Village espagnol ou « El Poble Espanyol ». Également situé sur la colline de Montjuïc, c’est une des plus grandes attractions de la ville de par l’ensemble unique qu’il propose: architecture, art contemporain, artisanat, commerce et gastronomie dans un environnement agréable, sans voitures, idéal pour toute la famille! Construit en 1929 à l’occasion de l’Exposition internationale, c’est un village avec des copies de 177 édifices de différentes régions espagnoles. Dans un même ensemble se trouvent le quartier andalou typique et des exemples d’architecture monastique romane, entre autres.

L’ensemble est aussi un centre de shopping unique, ouverte 365 jours par an, où travaillent 20 artisans tous les jours qu’on peut voir en direct élaborer des pièces uniques en céramique, en verre, en cuir, des bijoux, etc. Un autre attrait du Poble Espanyol est le musée Fran Daurel qui accueille environ 300 œuvres d’auteurs clé de l’art contemporain comme Picasso, Dalí ou Miró. La visite du musée est déjà inclue dans l’entrée du Poble Espanyol qui est d’ailleurs payante. Enfin, une ample offre de bars et restaurants permet au visiteur de découvrir la variété et la richesse de la gastronomie espagnole. Et s’il fait beau, faite comme moi et installez-vous confortablement sur une de ses agréables terrasses pour siroter une boisson rafraichissante!

En route maintenant vers le Mirador de l’Alcalde, un « balcon panoramique » qui offre une magnifique vue panoramique à 180° sur le port et la ville tout simplement spectaculaire. De là, on peut jouer à identifier les édifices les plus emblématiques de Barcelone, comme s’il s’agissait d’une énorme maquette (ce que j’adore faire à ce genre d’endroit). C’est l’endroit idéal pour découvrir la ville car ici et là, on peut voir ses édifices les plus hauts et les plus connus dépassant au beau milieu de l’urbanisme dense, alors que la mer, avec le port et les plages, la contemple avec admiration et respect. L’ensemble de terrasses à différents niveaux est composé d’un attrayant regroupement de jardins et de fontaines ornementales.

Une curieuse mosaïque à base de fragments de verre recyclé orne le sol des différentes plateformes qui constituent le mirador. Dans la partie supérieure, la fontaine créée par Carles Buigas rafraîchit le lieu. Il y a aussi deux sculptures remarquables : L’Homenatge a Barcelona du sculpteur Josep Maria Subirachs, et la populaire Sardana, œuvre de Josep Cañas. Cette dernière semble danser éternellement pour donner la bienvenue aux visiteurs de cette partie de Montjuïc. On peut continuer à profiter de la vue depuis le téléphérique de Montjuïc, qui a un arrêt ici et au château, situé un peu plus haut que le mirador.

Malgré mes quelques visites de la ville, il me manque encore de nombreux édifices à voir et activités à faire. Mais comme on ne peut pas tout faire en une fois, il faut faire des choix! Tout comme je choisi de voyager principalement en Europe, alors qu’il y a quantité d’autres pays fort fort lointain que j’aimerais beaucoup voir de mes propres yeux: je trouve l’Europe accessible et « rassurante » pour qui veut voyager rapidement et facilement, mais comme j’en suis bientôt venu à bout (comprenez que j’ai bientôt vu ce que je souhaite voir en Europe), je pourrais m’élancer corps et âme à la découverte de nouveaux horizons!