Project Description

Cádiz est la capitale de la province du même nom appartenant à la Communauté autonome d’Andalousie, dans l’extrême sud-ouest de l’Europe continentale. La ville est connue pour sa longue et influente histoire. En effet, c’est l’une des plus anciennes villes d’Europe de l’Ouest avec des vestiges archéologiques remontant à plus de 3 100 ans. C’est lors de mon séjour linguistique à Grenade que j’ai décidé de me rendre à Cadix pour admirer les merveilles de cette cité également connue pour ses plages, ses festivals locaux et l’importance du patrimoine historique dont elle dispose.

A L’AUTRE BOUT DE L’ANDALOUSIE

Pour la découverte de cette ville, je suis accompagné d’une amie japonaise que j’ai rencontré durant mon séjour linguistique à Grenade, Nozomi. Étant elle aussi intéressée à visiter Cádiz, nous avons décidé de prendre un bus quittant Grenade le vendredi après-midi pour arriver en soirée à Cádiz (5 heures de bus !), dormir une nuit sur place, puis passer la journée suivante à visiter la ville avant de reprendre un bus pour Grenade en fin d’après-midi. Nous avons utilisé les services de la compagnie ALSA et malgré le prix quelque peu cher du voyage aller-retour, tout s’est très bien passé. Le bus était relativement confortable, mais je dois avouer que le trajet était très long, surtout pour à peine plus d’un jour sur place ! Quoi qu’il en soit, nous arrivons en soirée à Cádiz, nous enregistrons à notre hôtel et allons manger un morceau avant une bonne nuit de sommeil.

Au réveil, nous prenons notre petit-déjeuner et nous dirigeons vers le port via la Plaza de San Francisco. Nous avons récupéré une carte de la ville à l’hôtel et elle nous rendra bien service tout au long de la journée. Nous rejoignons la promenade Alameda de Apodaca qui offre une jolie vue de la mer et la côte. Il n’y a pas grand monde dans la rue, hormis quelques promeneurs et l’air marin est rafraichissant.

En arrivant au bout de la jetée, nous réalisons que le port que nous voulions voir n’est en faite qu’un port de commerce avec ses grues et containers et non pas un port de plaisance, qui lui se trouve plus au sud. Du coup, nous continuons notre chemin et arrivons après quelques minutes sur la Place d’Espagne. Le soleil se lève lentement et éclaire à peine le Monument a la Cortes, une œuvre de l’architecte Modesto Lopez Otero et du sculpteur Aniceto Marinas, au centre de la place.

Cette dernière est une conséquence de l’agrandissement de la Plazuela del Carbon après la démolition de la muraille, des travaux entamés dans le cadre de la commémoration et du centenaire de la constitution espagnole de 1812. Nous en faisons le tour et admirons quelques instants le monument. Toujours à l’aide de notre carte, nous continuons vers la Plaza de San Juan de Dios et de l’hôtel de ville.

La construction de cette place a commencé au 15ème siècle sur les terres gagnées sur la mer. Avec la démolition des murs la ville en 1906, la place a augmenté en taille et une statue de l’homme politique Cádiz Segismundo Moret a été dévoilé. Surplombant la place, la mairie de la vieille ville de Cadix. C’est ici que le drapeau de l’Andalousie a été hissé pour la première fois en 1936. Nous empruntons alors quelques petites ruelles en direction du sud. Nous arrivons plus tard devant les remparts et une des entrées de la ville, Las Puertas de Tierra.

Cette ou plutôt ces portes en pierre auraient été fondées au 16e siècle bien que beaucoup de l’œuvre originale aurait aujourd’hui disparu. Dès le 20e siècle, il fut nécessaire de remodeler l’entrée de la vieille ville pour accueillir la circulation moderne. La place et les portes que l’on peut voir aujourd’hui sont le résultat de cette transformation.

Nous longeons ensuite le bord de mer, apercevant au loin une des nombreuses plages de la cité. De nombreux blocs de béton reposent le long du rivage, certains ordonnés en murets et d’autres en vrac au bord de l’eau.

Plus loin se trouve le théâtre romain, mais comme ce dernier est fermé, nous ne ne pouvons pas le visiter. Nous nous dirigeons donc vers la Cathédrale, sans aucun doute un des monuments les plus célèbres de la ville.

Sa construction commença en 1722 sous la direction de l’architecte Vicente Acero y Arebo, puis plus tard de Gaspar Cayon, de Torcuato Cayon, de Miguel de Olivares et de Manuel de Machuca. Les travaux furent arrêtés entre 1796 et 1832. Commencée en style baroque avec les fondations et les premières élévations de murs, elle culmine en un style néoclassique à l’intérieur comme à l’extérieur. Durant l’arrêt des travaux, on destine la chapelle à d’autres usages : ateliers, hangars, fabriques mais aussi mortuaire durant l’épidémie. Un incendie dans la chapelle de San Firmo, utilisée à ce moment-là pour stocker du bois, servira de prétexte pour terminer les travaux. Avant la fin de ceux-ci, le temple fut consacré en 1838 par l’évêque Fray Domingo de Silos Moreno.

Une fois à l’intérieur, nous nous équipons d’un audio-guide et découvrons le magnifique édifice. Au cours de notre visite, nous descendons dans les cryptes où sont enterrés le compositeur Manuel de Falla et le poète José María Pemán, tous deux nés à Cádiz. L’endroit est de toute beauté et les explications de l’audio-guide sont très complètes. Ce que je préfére reste encore la crypte et surtout la réverbération incroyable des sons lorsqu’on se trouve au cœur du lieu. Chaque bruit de pas et autre son est amplifié et résonne, grâce à la forme du dôme en pierre, c’est assez incroyable ! Qui plus est, l’éclairage donne à l’endroit un air des plus mystiques avec quelques bougies (électriques) et tableaux ici et là.

Après la visite de la cathédrale, nous rejoignons à nouveau le bord de mer pour une petite promenade, puis revenons sur nos pas pour aller manger quelque chose dans le centre de la vieille-ville. Il est environ 11h30 et nous savons que nous aurons peu de chance de trouver une table si nous arrivons dans un restaurant après 12h, surtout un samedi !

Nous suivons les recommandations de TripAdvisor et allons donc manger au restaurant « La Taperia de Columela ». Et les conseils étaient avisés : la nourriture était excellente, les portions généreuse et le tout n’était franchement pas cher, entre 2 et 3 euros le tapa ! Nous avons de la chance, car nous arrivons juste à temps pour avoir une des dernières tables libres le long du couloir. Un aperçu de notre repas ci-dessous : tartare de saumon avec avocat, croquettes de légumes et légumes fris avec sauce Salmorejo, sans compter une sorte d’aubergine frite et le riz du jour, une paella (pas de photos car trop mauvaise qualité). Un repas totalement végétarien et tout simplement délicieux !

Nous repartons en promenade dans les rues de la ville. Nous passons devant un bon nombre d’édifices et de places, à commencer par les Halles, le marché central. Ce dernier compte pas moins de 169 stands : 57 de fruits et légumes, 54 de poissons et de fruits de mer, 44 de viandes, 7 d’épicerie, 4 de boulangerie et pâtisserie, 1 d’olives, 1 de sacs et de papier, 1 d’articles pour la pêche et finalement un café situé au premier étage du bâtiment central. Un énorme complexe où l’on peut même déguster des produits tant de la cuisine gaditane que de la cuisine nationale et internationale.

Toujours en promenade dans les rues en direction du nord de la ville, nous passons à côté de l’Oratoire de San Felipe Neri, la Casa de las Cadenas et l’Hôpital de Femmes avant de retrouver le bord de mer et une autre très belle vue :

Nous nous dirigeons maintenant vers le château de Saint-Sébastien, une ancienne fortification militaire construite en 1706 et située à l’extrémité d’une route menant à la plage de Caleta. Malheureusement, je suis un peu déçu car il ne s’agit que d’une grande ruine composée de quelques vieux bâtiments. Nous en faisons rapidement le tour et je ne peux vous conseiller que de passer votre chemin. Seule la vue sur la plage de Caleta depuis le ponton qui mène au château vaut éventuellement la peine.

Au retour, à quelques mètres du ponton, des sculpteurs sur sable travaillent sur une scène très connue du grand public, les Simpsons dans leur canapé. Pas mal, non ? Il manque juste Maggie, mais la sculpture est tout de même très jolie. Je glisse une petite pièce dans le chapeau pour encourager ces messieurs et nous continuons vers la plage de Caleta.

Située dans le centre historique de la ville, elle nous offre un demi-kilomètre de sable blanc tout en baignant dans une atmosphère marine. Le grand bâtiment blanc sur la plage n’est autre que les anciens bains de La Palma, inauguré en 1926. Ce bâtiment avait pour fonction de remplacer les traditionnels établissements de bains baptisés Baños del Real, une infrastructure en bois qui existait déjà au début du 19e siècle. Nous nous promenons un moment sur la plage et continuons ensuite vers le Château de Santa Catalina.

Ce dernier est, tout comme Saint Sébastien, une fortification militaire et est situé à l’autre extrémité de la plage de Caleta. Il a été construit en 1598 suite à la mise à sac de Cádiz par les anglais deux ans plus tôt. Récemment rénové, il est ainsi beaucoup plus plaisant à visiter que Saint Sébastien et il propose en plus quelques expositions intéressantes.

Nous repartons du château, toujours vers le nord et toujours avec la mer à nos côtés. Nous visitons brièvement le parc Genoves fondé en 1892 par le maire de Cádiz Eduardo Genoves. C’est un magnifique espace vert avec fontaines, cascades, espaces de concerts, un café et plusieurs espèces botaniques dont certaines d’une grande rareté. L’ensemble sculptural «enfant sous les parapluies» (niño bajo el paraguas) ramené de Paris fut installé plus tard avec les monuments dédiés à la duchesse de la Victoria et à Joses Celestino Multi. Nous poursuivons notre route sur la sympathique promenade Carlos III dont les jardins constituent une véritable connexion entre le Parc Genoves et l’Alameda de Apodaca, une autre promenade par laquelle nous avons commencé cette journée. Le tout forme ainsi un long jardin continu qui relie de même les jardins de Canalejas à travers la Place d’Espagne, en contournant le quartier historique de Cádiz.

Et voilà, nous sommes revenus à notre point de départ après un énorme tour de ville. Comme nous avons encore pas mal de temps avant de retourner vers l’arrêt de bus pour notre retour à Grenade, nous cherchons un endroit où nous reposer. Ce faisant, nous passons par la Plaza de Mina, une des places les plus emblématiques de Cadix et par la Plaza San Antonio, autrefois considérée comme la place principale de Cadix. Entourée par un certain nombre de manoirs construits dans l’architecture néo-classique ou de style gothique élisabéthain, la place accueille également l’église de San Antonio construite en 1669. Nous dégustons une glace et finissons par trouver une petite tetería (salon de thé). C’est finalement vers la fin de la journée que nous passons à notre hôtel pour récupérer nos sacs et repartons pour un trajet de 5 heures en bus pour Grenade après une superbe journée à Cádiz, tant culturelle que gastronomique !