Project Description

À l’intérieur des terres andalouses, Cordoue associe histoire et modernité à la perfection. Cette ville millénaire inscrite au patrimoine de l’humanité est l’héritage vivant des différentes cultures qui s’y sont installées au cours de son histoire. Une promenade dans la vieille ville de Cordoue permet de découvrir son superbe labyrinthe de ruelles, places et patios blanchis à la chaux et articulés autour de la mosquée-cathédrale, témoin de l’importance de la ville au Moyen Âge et véritable symbole de la capitale.

LA VILLE DES TROIS CULTURES

Pour cette journée à Cordoue, je suis accompagné de quelques amis rencontrés durant mon séjour linguistique à Grenade. Une partie d’entre nous prennent le bus et l’autre une voiture de location (c’est nous). Nous quittons Grenade peu après 9h pour arriver vers 11h à Cordoue. Un jour à Cordoue me semble plus que suffisant pour faire le tour des principaux monuments de la ville.

A notre arrivée, nous trouvons une place de parc non loin de la rivière Guadalquivir et remontons celle-ci pour arriver au Pont romain. L’ensemble formé par la Mosquée-Cathédrale, le Guadalquivir, et le Pont Romain constituent l’une des vues les plus exquises de Cordoue. Érigé premièrement au Ier siècle, ce pont de 16 arcs a été remodelé plusieurs fois au cours de l’histoire, l’intervention la plus récente datant de 1876. A droite, on peut voir la tour de la Calahorra, une porte fortifiée édifiée durant la deuxième moitié du 12e siècle par les Almohades pour protéger le pont romain de Cordoue. Cette tour fut déclarée Monument Historique en 1931 et restaurée en 1951.

Nous avons rendez-vous avec d’autres personnes de l’école de langue devant l’Alcazar, mais prenons tout de même quelques instants pour admirer la vue depuis le pont et faire quelques photos. La journée promet d’être ensoleillée, que demander de plus ? Une fois au bout du pont, nous faisons face la Puerta del Puenta, ou Porte du Pont.

Elle est située sur le site d’anciennes portes romaine et maure qui reliaient la ville au vieux pont sur la rivière Guadalquivir. La construction d’une nouvelle porte, plus large et plus moderne a été décidée par le gouverneur de la ville Alonso Gonzalez de Arteagale, le 15 février 1572. L’architecte en fut Hernán Ruiz III. La structure possède un passage central, entouré par deux colonnes doriques de chaque côté et surmonté par un entablement de style classique. Nous franchissons la porte et poursuivons notre chemin dans la vieille-ville.

Nous arrivons finalement devant l’Alcazar et retrouvons ceux (ou plutôt celles) qui ont prit le bus et qui viennent juste d’arriver. Parfait, nous pouvons donc directement enchainer la visite de L’Alcazar de Cordoue.

A la fois forteresse et palais aux murs solides, le lieu recèle une grande partie de l’évolution architectonique cordouane. Des vestiges romains et wisigoths cohabitent avec ceux d’origine arabe sur un majestueux emplacement qui fut le lieu préféré des différents gouvernants de la ville. Lorsque Cordoue est conquise par Ferdinand III le Saint en 1236, le bâtiment, faisant partie de l’ancien Palais Califal, était entièrement dévasté. Alphonse X le Sage commença sa restauration poursuivie pendant le règne d’Alphonse XI.

La construction est presque rectangulaire, avec de longs murs de pierres taillées et flanqué de quatre tours aux angles (celles des Lions, de l’Hommage, de l’Inquisition et des Colombes). À l’intérieur, les différentes dépendances se distribuent autour de patios aux belles fleurs exotiques, aux herbes aromatiques et à la végétation luxuriante. Les orangers en particulier sont tout simplement magnifique !

Des deux patios, le Mudéjar attire davantage l’attention par sa beauté et son dallage en marbre. Le murmure de l’eau, qui coule dans les canaux et bassins, rafraîchit l’ambiance et détend le visiteur fatigué. Les vastes jardins entourant l’ensemble donnent une idée de la monumentalité et splendeur du lieu. C’est clairement ma partie préférée de l’Alcazar.

Avant de poursuivons notre visite à l’intérieur, nous entrons dans une cour avec un jardin doté d’un bassin et entouré d’orangers.

Nous entrons maintenant à l’intérieur de la partie rénovée de l’Alcazar et visitons les différentes pièces et couloirs. Toutes ont pour plafond des voûtes gothiques en pierre et sont décorés très simplement avec tableaux et tapisseries ici et là.

De toutes les salles, une petite chapelle baroque se détache: le Salon des Mosaïques où sont exposées des mosaïques romaines provenant du sous-sol de la Corredera. Sous cette salle se trouvent les bains d’inspiration arabe, divisés en trois salles voûtées aux lucarnes en forme d’étoile. Ces dernières communiquent avec la chaudière située sous la tour de l’Hommage.

Avant de quitter l’Alcazar, nous grimpons sur une des quatre tours et marchons sur une petite partie des remparts. Depuis ces derniers, une magnifique vue à la fois des jardins de l’Alcazar et de la vieille-ville, incluant la mosquée-cathédrale.

Après cette visite, il est temps de se restaurer. Après quelques minutes de recherche, nous décidons d’aller manger dans une tapéria locale. Malheureusement, pas de photos ni le nom de l’endroit, mais les tapas sont excellents et en quantité suffisante. Après ce repas, direction la mosquée-cathédrale !

La Mosquée Cathédrale de Cordoue (Patrimoine de l´Humanité 1984) est le monument le plus important de tout l’Occident islamique et l’un des plus surprenant du monde. Dans son histoire se résume l’évolution complète du style omeyyade en Espagne, en plus des styles gothique, renaissance et baroque de la construction chrétienne. Nous entrons dans le Patio des Orangers et allons acheter nos tickets.

Le lieu occupé aujourd’hui par la Mosquée Cathédrale semble avoir été, depuis les temps anciens, dédié au culte des différentes divinités. Sous la domination wisigothe, on y construisit sur le même site la basilique de San Vicente, sur laquelle on a bâti plus tard – moyennant l’achat d’une partie du terrain – la mosquée initiale. Pendant un certain temps, chrétiens et musulmans se sont partagés cette basilique de forme rectangulaire. Quand la population musulmane augmenta, la basilique fut achetée dans sa totalité par Abderraman I et détruite pour construire définitivement la première Mosquée Alhama ou mosquée principale de la ville. De nos jours quelques éléments constructifs du bâtiment wisigoth sont intégrés dans la première section de Abderraman I.

La grande Mosquée a deux zones différenciées, le patio ou sahn et son porche où se dresse le minaret (sous la tour renaissance) – seul apport de Abd al Rahman III – et la salle de prière ou haram. L’espace intérieur s’ordonne en une harmonie de colonnes et d’arcades bicolores d’un grand effet chromatique. L’enceinte se divise en cinq zones, chacune d’entre elles correspondant aux différents agrandissements réalisés.

Même à 8 EUR l’entrée – ce qui n’est pas forcément très bon marché – une cathédrale dans une mosquée est quelque chose à voir ! Chacun des deux monuments est extraordinaire de part ses dimensions et la richesse de ses ornements, impossible donc de rester de marbre (qu’on peut d’ailleurs voir partout et sous différentes formes). Quel plaisir de se promener au sein de cette forêt de colonnades polychrome, un site tout simplement exceptionnel !

Une fois notre visite du lieu terminée, nous allons boire un verre sur une terrasse avant de nous promener dans la Juderia (le quartier juif), puis en direction de la station de bus à travers places et jardins. C’est vers la fin de la journée que nos deux groupes se séparent pour le retour à Grenade, après une superbe journée à Cordoue !