Project Description

Aux pieds de la Sierra Nevada, entre le Darro et le Genil, se dresse l’une des villes les plus intéressantes de l’Andalousie orientale. À son impressionnant héritage Al-Andalus s’ajoutent ses joyaux d’architecture Renaissance et ses installations les plus modernes, représentatives du 21e siècle. Dernière ville reconquise par les Rois Catholiques en 1492, Grenade est baignée d’arômes arabes inimitables. Sa gastronomie, son artisanat et son urbanisme sont définitivement marqués par son glorieux passé. Fontaines, miradors et cármenes, ces maisons entourées de jardins caractéristiques de la ville, contribuent à en dessiner les secrets, inoubliables. C’est à juste titre que l’un de ses anciens quartiers, l’Albaicín, est inscrit au patrimoine de l’humanité tout comme l’Alhambra et le Generalife. Immense centre culturel durant de longs siècles, aussi bien sous les gouvernements arabe que chrétien, la ville bénéficie aujourd’hui d’un agenda culturel et de loisirs enviable.

Cycles et festivals de cinéma, musique et théâtre se complètent d’expositions permanentes et itinérantes qui réunissent tous les domaines du savoir. Les anciens palais Renaissance accueillent séminaires, conférences et colloques, tandis que les infrastructures les plus novatrices sont préparées pour recevoir les plus grands événements. Grenade dispose d’une grande variété de logements, parmi lesquels figurent des monuments historiques comme des « cármenes » au coeur de l’Albaicín ou des « casas-cueva » (maisons-grotte) dans le Sacromonte. Son excellent réseau de transports, son agréable climat et les nombreuses possibilités de plage et de montagne, font de Grenade une destination unique qu’il faut voir une moins une fois dans sa vie!

Après une introduction pareille, vous devez vous attendre à un article énorme et fourmillant de détails… Même pas. Désolé, mais il m’est impossible de décrire dans cet article une ou plusieurs journées typiques de visites à Grenade et pour cause: j’en ai fais énormément! Je m’explique: j’ai résidé pendant 3 mois au cœur de la capitale andalouse dans le cadre d’un séjour linguistique. Joignant ainsi l’utile à l’agréable, j’ai appris à m’exprimer en espagnol et j’ai découvert, à un tout autre rythme de celui des touristes, différents aspects de la culture andalouse qui m’étaient alors inconnus. En 3 mois, vous imaginez bien que j’ai eu le temps de découvrir beaucoup de choses, mais je l’ai fais dans un tout autre état d’esprit que lorsque je voyage selon mes habitudes. Ici, j’ai eu l’impression de me fondre rapidement dans la masse des locaux et ce, malgré mon niveau absolument basique d’espagnol à mes débuts. Rapidement, ce n’est plus mon guide touristique et mon appareil-photo qui m’accompagnaient lors de mes marches de découvertes, mais mes livres de cours et de la lecture sur l’Andalousie, que je prenais ensuite plaisir à dévorer sur un banc dominant un point de vue ou au cœur d’une place animée.

Ainsi, vous n’aurez ni une ribambelle de pages de résumé, ni une pléthore de photos, mais seulement un court texte sur quelques-uns des endroits de Grenade que j’ai particulièrement apprécié ou qui m’ont marqué d’une manière ou d’une autre. Déçu? J’en suis navré, mais j’ai fais tellement de choses sur un coup de tête et avec des camarades de classes, sans appareil-photo ni carnet de voyage qu’au final, impossible de rédiger quelque chose qui me conviendrait… De ces 3 mois, il me reste des souvenirs bien présents et de nouvelles amitiés de part le monde et je pense que c’est déjà très bien! En résumé, c’est donc un aperçu que je vous invite à découvrir à présent, et qui pourra d’ailleurs toujours être complété par la suite si je retourne un jour à Grenade! Vous ne trouverez pas la célébrissime Alhambra dans cet article et c’est normal, car cette merveille architecturale possède son propre article que vous pouvez rejoindre en cliquant sur l’image ci-dessous. Bonne lecture!

Cathédrale de l’Incarnation

La cathédrale de Grenade a pris tout son sens depuis le projet de ville impériale de Charles Quint.  Construite à la place de la grande mosquée en 1501 à la demande des Rois Catholiques, l’empereur a souhaité poursuivre les actions entreprises en 1492 par ses grands-parents maternels. Il s’agit du plus grand symbole du christianisme et l’édifice fait partie d’un impressionnant ensemble monumental que l’on peut admirer par exemple depuis la Plaza de las Pasiegas. Là sont visibles la façade principale de l’édifice, ainsi que son clocher et les portes de San Jerónimo et del Perdón. Depuis la Placeta de Siloé tout proche, c’est la tour de l’Horloge et la porte de l’Ecce Homo qui s’offrent aux visiteurs. Son emplacement centrale en fait un monument incontournable et le point de départ parfait une promenade pittoresque de la ville.

La Chapelle des Rois Catholiques fut, quant à elle, conçue en tant que lieu d’enterrement étroitement lié à la cathédrale mais sans se fondre dans son architecture. Outre le fait qu’elle soit la plus grande en Espagne, elle apprécie sa simplicité et sa richesse grâce aux généreux dons de la reine. La Chapelle Royale abrite aujourd’hui les dépouilles mortelles de Ferdinand II d’Aragon et d’Isabelle Ire de Castille (qui reposaient initialement au couvent de San Francisco de l’Alhambra), ainsi que celles de Jeanne Ire, de Philippe Ier de Castille et de l’infant Miguel. Sous les tombes, une petite crypte très austère renferme les cercueils royaux en plomb, identifiés par les initiales de chaque nom sur le couvercle. Une visite à ne pas rater!

Monastère de Saint Jérôme (San Jerónimo)

A deux pas de la résidence où je vivais durant mon séjour à Grenade se trouve le monastère de Saint Jerôme, fondé par les Rois Catholiques à Santa Fe. En 1492, il fut mis sous la dévotion de Santa Catalina et transféré immédiatement à Grenade. Le bâtiment a été commencé en 1496 et fut terminé sous la direction de Siloé en 1547. Pour sa construction, les Rois Catholiques ont donnés toutes les pierres arabes de la Porte d’Elvira (Puerta de Elvira). Le Monastère disposait alors d’une décoration riche, mais il fut pillé, puis transformé par la suite en caserne. Il fut restauré il y a quelques années grâce à la collaboration de l’Université de Grenade avec l’Ordre Jerónima et malgré son éloignement du centre historique, c’est une jolie visite à faire dans cette partie de la ville.

J’ai donc profité de visiter l’endroit sous toutes les coutures et je dois dire que je ne fut pas déçu. Les patios, les jardins et les cloîtres sont magnifiques, mais la merveille du monastère reste l’église, savamment décorée de fresques, peintures, vitraux et bas-reliefs qui donnent à l’endroit une ambiance quasi-divine… Et c’est plutôt de circonstance dans un lieu saint! La façade même de l’église possède également une décoration artistique admirable – œuvre de Siloé –, avec le blason des Rois Catholiques, le tout décoré avec des animaux fantastiques. Pas forcément à côté des circuits touristiques habituels, mais si vous vous êtes éloigné à ce point du centre historique, ce serait bête de ne pas visiter le monastère!

Carmen de Los Martines

Profitant d’une belle journée ensoleillée, je me suis rendu dans les hauteurs de la ville, à deux pas de l’Alhambra afin de visiter « Carmen de los Mártires », qui doit son origine à l’ermitage, puis au couvent des carmélites déchaussées qui y fut construit en 1492. Il s’agit sans doute du carmen (nom des villas andalouses, dont les jardins fleuris ne sont séparés des rues que par de légers grillages, permettant ainsi leur observation) le plus monumental de la ville, non seulement par ses dimensions et la qualité de ses jardins, mais encore par la conservation d’éléments d’origine au milieu d’un style caractéristique du 19e siècle. Si vous êtes encore en mode « découverte » après votre visite de l’Alhambra, alors n’hésitez pas à aller faire un tour du côté de Los Mártires. Si la météo est favorable, vous aurez une superbe vue sur la ville et pourrez également profiter du calme de l’endroit!

Un récent projet de restauration permet aujourd’hui d’y admirer plusieurs styles de jardins: entre autres, le jardin français, le jardin anglais, la zone romantique du lac, la huerta, le bois et le labyrinthe. J’y ai finalement passé une bonne demi-journée et je n’ai croisé que deux couples de touristes, pas un de plus! Quel étonnement car malgré sa proximité avec le site de l’Alhambra, le jardin reste quelque peu méconnu des touristes. Au final, tant mieux car on peut ainsi profiter d’une tranquillité appréciable dans un regroupement de jardin à deux pas de l’un des édifices les plus visités au monde!

Albaicín de Grenade

Petites ruelles étroites, petites maisons blanchies à la chaux, petites places au caractère populaire, intime et chaleureux, et parfums de jasmin enivrant: pas de doute, nous sommes bien au cœur de l’Albaicín de Grenade, le vieux quartier des nasrides. Il n’est pas étonnant que l’UNESCO ait classé ce site au Patrimoine Mondial de l’humanité en 1994. La Puerta Elvira, au centre de Grenade, constitue un joli accès par lequel on longe les murailles de l’Alcazaba Cadima pour arriver sur la charmante Plaza Larga. Attention, la pente est plutôt raide! On peut aussi commencer sa visite par le Centre d’interprétation de la maison de Zafra pour ensuite se promener, se perdre dans les ruelles.

L’Albaicin (également écrit Albayzin ou Albaycin) respire l’essence d’un quartier qui évoque aussi bien l’architecture mauresque que celle d’autres vieilles villes de la Méditerranée. Son charme réside notamment dans ses cármenes, des maisons typiques dotées d’un potager et d’un jardin qui peuplent le quartier. Ici, de magnifiques vues et visites vous attendent : le mirador de San Cristobal, à côté de l’église du même nom, l’ancienne mosquée qui a conservé son patio (aujourd’hui église San Salvador), le mirador San Nicolas et sa vue somptueuse sur l’Alhambra et la Sierra Nevada en arrière plan, et en redescendant sur Grenade, aux abords de la Plaza Nueva, l’église de Santa Ana, qui possède l’une des façades mudéjares les plus spectaculaires de la ville!

Sacromonte

Le Sacromonte est le quartier le plus distinctif de Grenade, mondialement connu pour ses logements dans des grottes et ses vues imprenables, ainsi que pour être considéré comme le berceau du flamenco. Ses traditions festives se distingue dans les spectacles qui ont lieu au quotidien dans les zambras (grottes aménagées), ainsi que dans les performances spontanées pouvant avoir lieu à tout moment dans les bars et terrasses du quartier. Sa physionomie singulière est également admirable, avec ses versants parsemés de figuiers de barbarie et ses petites maisons blanches qui rougissent au soleil du crépuscule sont une belle invitation à la promenade au cœur de ses ruelles, où on se laisse emporter par le charme unique du quartier.

L’abbaye du Sacromonte est, quant à elle, l’un des monuments les plus importants de la ville, et ce tant sur le plan historique et que sur le plan religieux. Située sur le mont de Valparaíso, l’abbaye joue un grand rôle dans la célébration des moments importants dans le calendrier des fêtes de la ville, comme le pèlerinage le premier weekend de février en l’honneur du patron de la ville, San Cecilio, ou la procession du Cristo de los gitanos, la plus célèbre de la Semaine sainte de Grenade. Dans l’ensemble du bâtiment, on retrouve notamment les Grottes Saintes, le séminaire, les livres de plomb et les reliques des disciples de l’apôtre Santiago (Saint Jacques). Elle offre également de somptueuses vues sur l’Alhambra, sur l’Albaicín, sur la rivière du Darro et sur le quartier pittoresque du Sacromonte. Si vous visitez le quartier de l’Albaicín (ce qu’à mon avis, vous ne manquerez pas de faire), n’hésitez pas à « pousser » votre ballade un peu plus loin et vous découvrirez rapidement ce lieu unique!

Lors de votre visite de Sacromonte, pourquoi ne pas vous lancer dans une petite randonnée le long de la colline voisine? C’est le fait d’avoir vu des gens gravir un sentier serpentant jusqu’au sommet qui m’a donné envie de les imiter. Sachez que vous en avez pour 2 bonnes heures de marche minimum, que certains endroits sont assez raides et que le sentier est parfois difficile à suivre. La récompense? Des vues incroyables sur Sacromonte et une partie de Grenade, des routes de terre d’une superbe couleur orangée et des champs d’oliviers à pertes de vue, le tout sur fond des sommets enneigés de la Sierra Nevada… Quel tableau, quel spectacle!

Et on termine cette jolie ballade avec un panorama sur l’Alhambra, très probablement la raison principale de votre venue à Grenade, je me trompe? Pour ma part, je me réjouis d’y retourner et pourrais-je alors peut-être vous offrir un résumé digne de ce nom!