Project Description

Madrid dispose d’une offre artistique variée, fruit des différents styles qui ont laissé leur empreinte au fil des siècles. Des ruines des anciens remparts arabes aux premiers monuments de la Renaissance, en passant par de petites églises de style gothique, Madrid a accumulé au fil du temps des œuvres très riches et variées. Bien que la ville a grandi sous la dominance arabe pendant deux siècles, seuls subsistent de cette présence les ruines des remparts et quelque tour transformée par la suite en clocher. L’avènement de la maison d’Autriche, au 16e siècle, et son apogée au 17e  siècle marquent l’essor d’un quartier parmi les plus réputés de la capitale – le Madrid de la maison d’Autriche – qui abrite, outre la Plaza Mayor, une multitude de monuments, d’églises et de couvents, regorgeant d’art et de charme.

C’est lors d’un grand tour d’Espagne (tout sauf le Nord) que je me suis arrêté quelques jours au cœur de la capitale espagnole. J’ai malheureusement fini par passer plus de temps en dehors de la ville qu’à l’intérieur, la faute aux nombreuses et charmantes villes voisines qui demande une journée de visite, et parfois même plus! Mais ce n’est pas comme si Madrid n’était pas facilement accessible par la voie des airs depuis la Suisse et je vais profiter d’un bel été prochain pour y retourner car mine de rien, j’ai encore un sacré paquet de trucs à voir!

  • Auberge de jeunesse très bien placée, entre la place de l’Opéra et la Puerta del Sol, à deux pas des attractions de cette partie de Madrid.
  • Décoration franchement cool, chambre propre et agréable, lit individuel permettant de s’isoler quelque peu, un grand casier pour ranger son sac et deux, voir trois douches par dortoir!
  • Pas de clé dans cette auberge, on ouvre toutes les portes avec son empreinte digitale. J’ai trouvé ça quelque peu « gadget », mais ça marche plutôt bien et on évite ainsi de perdre sa clef!
  • Le petit-déjeuner est en supplément, dommage compte tenu du prix de la chambre mais au final, cela reste très bon marché compte tenu de l’offre.
  • Pas de rideau au niveau du lit, donc intimité moindre, mais c’est finalement en croisant quelqu’un du regard qu’on peut entamer une discussion! Du coup, c’est un contre sans vraiment en être un…
  • Légèrement bruyant avec la fenêtre ouverte, mais ça dépend de la chambre. Si cette dernière donne sur la rue piétonne, prévoyez des boules Quies car il y a du monde jour et nuit!

Bienvenue à Madrid

Démarrons cette courte visite de Madrid par un lever aux aurores, puis par un petit tour du côté de Los Austrias. C’est un quartier traditionnel de la capitale espagnole qui recense bon nombre de bars et de restaurants où l’on sert non seulement des tapas, mais également le traditionnel « bocata de calamares » de Madrid (sandwich baguette aux calamars panés). Bon, je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je ne suis pas très fan des fruits de mer frits au petit-déjeuner. Mais quitte à goûter à une spécialité espagnole, autant aller faire un tour du côté des quelques cafétérias centenaires que compte le quartier, et plus particulièrement la plus connue, San Ginés, spécialisée dans le « chocolate con churros »  (tasse de chocolat chaud avec des beignets frits). Voilà qui constitue un déjeuner certes peu équilibré, mais au combien délicieux et bourratif! D’ailleurs, c’est la spécialité de la maison et une valeur sûre et pas cher si vous voulez être certain d’apprécier d’excellents churros à Madrid.

Je m’éloigne quelque peu du centre touristique pour aller voir le temple de Debod, l’un des monuments les plus curieux de Madrid. On dit que les reflets du bâtiment dans l’eau du bassin qui l’entoure est un évènement à ne pas rater dans les premières heures de la matinée et comme on peut le voir sur la photo ci-contre, c’est quelque chose que l’on peut confirmer! Cette construction du 2e siècle av. J.-C. a été offert par l’Égypte à l’Espagne en 1968 et est situé dans le parc de la Montaña que j’ai rapidement traversé à la vue des nombreux SDF qui y « résident ». Entouré d’une jolie source et de jardins, vous ne serez sans doute pas surpris d’apprendre qu’il s’agit du plus ancien monument de Madrid!

Retour sur mes pas vers la « Plaza de España » (Place d’Espagne) toute proche. Il s’agit d’ailleurs d’un nom fréquemment utilisé dans les villes espagnoles, mais sa référence la plus connue reste tout de même celle de Rome, la capitale italienne. Mais je m’égare… Aujourd’hui, c’est de Madrid que nous parlons! Une fois au cœur de la place, j’admire deux des immeubles les plus emblématiques et imposants de la ville : la Torre de Madrid (la Tour de Madrid) et l’Edificio España (le Bâtiment Espagne). Le premier édifice, dont la construction a été achevée en 1957, fait 142 mètres de hauteur et le second, datant quant à lui de 1953, atteint les 117 mètres. On se sent tout petit, mais on est loin de Central Park à New York… Et je m’égare à nouveau, décidément! Au centre de la place se dresse un impressionnant monument en l’honneur de l’écrivain espagnol Miguel de Cervantes (1547-1616), représenté assis sur un trône en hauteur avec les statues de ses deux personnages célèbres en contrebas: Don Quichotte et Sancho Panza. Il a été réalisé entre 1925 et 1930, puis finalement achevé en 1957. Un petit bassin entouré de buissons fleuris et d’arbres vient parfaire ce décor dans lequel on se promène avec plaisir.

A partir de la Place d’Espagne, je me dirige vers le Palais Royal que je peux déjà distinguer au delà des arbres à quelques centaines de mètres de là. Toutefois, au lieu de suivre la route bétonnée, c’est un autre chemin, de pierres pavées, que je décide d’emprunter et ce vers un charmant écrin d’eau et de verdure créé dans les années trente à l’endroit qu’occupaient les écuries du Palais Royal – je parle bien entendu des jardins Sabatini. De conception géométrique, leur situation privilégiée fait de ces jardins l’un des plus beaux parc du quartier de los Austrias.

Un grand étang rectangulaire, lui-même entouré de verdure, de fontaines, des zones plantées de conifères et de sculptures de marbre blanc, le tout dominé par l’imposante façade nord du Palais Royal – voilà ce qu’on peut admirer une fois au cœur de ce lieu. Après quelques minutes de repos sur un banc où je reste en émoi devant une grande fontaine circulaire avec des tritons, je rejoins finalement la route que j’avais quitté un peu plus tôt. La vue sur la façade nord du Palais Royal depuis la route est superbe et je prends alors conscience de la taille impressionnante du bâtiment.

D’ailleurs, le Palais Royal de Madrid est ma prochaine visite et étant donné l’heure, je m’attends à être l’un des seuls touristes à visiter l’édifice lors de l’ouverture. Cela est rapidement confirmé, car nous ne sommes qu’un petit groupe de 5 personnes présent à ce moment-là. Construit au 18e siècle sur ordre de Philippe V à l’emplacement d’un ancien alcazar d’origine musulmane, le Palais Royal est aujourd’hui l’attraction principal de ce côté de Madrid. L’endroit est gardé par un grand nombre de policiers et militaires et nous devons montrer « patte blanche » une fois la porte du Príncipe (seul accès au site pour les touristes) franchie. Comprenez par là un passage à travers un important dispositif de sécurité dans lequel même le contenu de mon petit sac à dos représente une menace potentielle! Une fois le portique passé, nous nous retrouvons dans l’immense cour principale du Palais (encore peu éclairée de si bon matin) que j’immortalise rapidement avant de ranger définitivement mon appareil-photo au fond de mon sac.

Nous entrons alors dans le bâtiment principal et arrivons, après quelques mètres, au pied du Grand escalier ou escalier d’honneur créé par Sabatini lui-même. La visite interdit photos et vidéos à l’intérieur comme on peut s’y attendre, mais cela ne m’empêchera pas d’admirer la superbe décoration une fois en haut des marches du Grand escalier. La visite se poursuit dans différentes salles du Palais ouvertes au public comme le salon des Hallebardiers, la salle des Colonnes, le salon des Miroirs et la chambre du Roi Charles III, qui méritent toute une mention particulière pour l’atmosphère qu’elles dégagent, ainsi que pour les nombreuses toiles de Velázquez, Goya, Rubens, du Greco et du Caravage que l’on peut admirer au fil de notre visite.

A peine sorti du Palais Royal, j’enchaîne directement avec la visite de la cathédrale de l’Almudena, dédiée à la vierge patronne de Madrid. Sa construction commença à la fin du 19e siècle à l’emplacement de l’ancienne église Santa María la Mayor. La première pierre de cet impressionnant monument fut posée en 1883, mais le procédé d’exécution fut très lent et c’est seulement en 1993 que la cathédrale fut consacrée au culte par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II. Une statue représentant l’homme d’église est d’ailleurs située à quelques mètres de l’entrée des touristes que j’emprunte pour visiter la cathédrale. L’extérieur du temple, de style classique, diffère quelque peu de l’intérieur gothique, mais c’est une fois face à l’autel que je remarque alors quelque chose de singulier: des vitraux en guise de fresques au plafond! J’ai déjà vu des éléments originaux dans certains sanctuaires, mais ça, c’est nouveau et j’adore! Le plafond est ainsi clairement visible et lumineux, ce qui change agréablement de certaines églises sombres et quelque peu « froides » que j’ai l’habitude de visiter.

Je reviens sur mes pas et traverse la magnifique place de Oriente, inaugurée en 1844 et située en face de la façade Est du Palais Royal. C’est également durant cette année que fut installée au centre de la place la statue équestre de Philippe IV, réalisée par l’italien Pedro Tacca. Entourée de jardins au tracé minutieux et de vingt figures représentant différent monarques espagnols, l’endroit ressemble à s’y méprendre à un petit musée en plein air!

De l’autre côté de la place se trouve le Teatro Real, siège de l’opéra de Madrid et projet de l’architecte Antonio López Aguado sous le règne de Ferdinand VII et d’Isabelle II. L’édifice représente un mélange d’architecture dont la scène est le véritable joyau, avec ses 1472 mètres carrés. Elle permet des changements de décors complexes grâce à 18 plateformes articulées qui offrent de multiples combinaisons pour la scène et la fosse de l’orchestre. En outre, le théâtre dispose d’une capacité impressionnante (entre 1748 et 1854 places), modulable en fonction des besoins du montage et distribuées sur 28 loges à plusieurs étages, ainsi que huit proscenium et la Loge Royale. Le seul étage exclusivement consacré au public s’appelle « La Rotonda » et fait le tour complet du bâtiment. On y trouve quatre grands salons décorés dans différents tons avec des objets du patrimoine national et du musée du Prado. Au final, un très bel édifice!

Après un tour sur la place juste derrière l’Opéra, je me dirige maintenant vers la Place de la Villa, l’un des ensembles monumentaux les mieux conservés de Madrid. Située dans le centre historique et à proximité de la « Puerta del Sol », elle était jusqu’à peu le siège de la Mairie de la capitale espagnole. Tout autour, on peut admirer les façades principales de trois bâtiments de grande valeur historico-artistique, édifiés à différents siècles. Le plus ancien est la « Casa-Torre de los Lujanes » (15e siècle), qui est bâtie dans un style gothique mudéjar et actuellement le siège de l’Académie des Sciences morales et politiques. Les deux édifices plus récents sont la « Casa de Cisneros » (16e siècle), un palais plateresque et la « Casa de la Villa » (17e siècle), de style baroque. Au centre de la place trône un monument entouré d’un grand parterre de fleurs et dédié au marin Álvaro de Bazán (1526-1588). Le bâtiment n’est pas ouvert au public, mais on peut librement se promener sur la jolie place.

Direction maintenant vers la Plaza Mayor, véritable symbole de Madrid et lieu de passage obligé lors d’une visite de la capitale! La construction de cette énorme esplanade en plein centre de la ville démarra au 17e siècle sur ordre du roi Philippe III, dont la statue équestre en bronze orne l’endroit. Inaugurée en 1620, il s’agit d’une place de plan rectangulaire, entourée d’arcades et autrefois la scène de nombreuses cérémonies publiques, allant des courses de taureaux, processions, fêtes et représentations théâtrales, aux jugements de l’Inquisition, en passant même par des exécutions capitales! Ses porches abritent aujourd’hui quantité de commerces traditionnels ainsi qu’une foule de bars et de restaurants. Attention à ces derniers d’ailleurs, bien trop souvent des attrapes-touristes… Lors de ma visite, des rénovations étaient en cours, mais cela ne m’a pas dérangé et n’as pas diminué à mes yeux l’attrait de ce lieu.

J’arrive après quelques minutes de marche sur la place animée de la Puerta del Sol, un des autres emblèmes de Madrid, l’une des plus fréquentée et dont la forme semi-circulaire est le point de convergence de nombreuses rues historiques. Il est même difficile pour votre serviteur d’y circuler en ce moment, la faute aux « Mickey Mouse », « Iron Man » et autre « Tortue Ninja » qui monopolisent l’espace pour attirer les touristes et faire payer la photo qu’ils prendront avec vous… Sur un côté de la place se trouve la célèbre Casa de Correos, siège de la Communauté de Madrid. Tous les 31 décembre, son horloge marque des douze coups de minuit l’arrivée du Nouvel An devant la foule rassemblée sur la place qui, suivant la tradition, mange 12 grains de raisin, un à chaque coup de minuit. Cela a tout de même moins de charme lorsqu’on sait que cette « tradition » fut créée par quelques viticulteurs locaux pour remédier à une cueillette excédentaire!

Sur la place se trouve trouve également la plaque du Kilomètre Zéro qui signale le point de départ des différentes routes radiales nationales qui partent de Madrid, mais impossible de s’en approcher tant les touristes espagnols monopolisent l’endroit en s’y faisant photographier à tour de rôle! Je me dirige plutôt à l’opposé, vers un autre monument tout autant apprécié des Madrilène, mais beaucoup plus facile à photographier: la statue de l’Ours et de l’Arbousier (El oso y el madroño). Cette dernière, réalisée en pierre et en bronze, pèse environ 20 tonnes, mesure 4 mètres de hauteur et repose sur un piédestal cubique constitué de granit. Elle représente de façon réaliste les deux figures des armes de Madrid, avec un ours appuyant ses pattes avant contre un arbousier le surplombant, sa gueule tentant d’atteindre un fruit. Pour finir, elle constitue un point de rendez-vous populaire pour la jeunesse locale.

Après une journée à marcher sous le soleil et après avoir sauté mon repas de midi, j’ai l’estomac qui crie famine! Cela tombe bien, car je me dirige déjà vers un lieu cultissime du quartier et l’un de ses principaux attraits gastronomiques situé à deux pas de la Place Mayor: le marché de San Miguel. Érigé sur une structure en fer datant de 1916 et caractérisé par une décoration exquise, il abrite quelque 33 stands offrant de délicieux produits et d’excellentes matières premières de toute sorte. Véritable reflet de la pluralité gastronomique de l’Espagne, ce lieu possède également une vocation de centre de la culture culinaire où sont organisés des cours, des présentations, des expositions, des concerts, etc. Ses horaires élargis en font aussi un endroit idéal pour la détente, de jour comme de nuit, puisqu’on peut y trouver plusieurs bars à vin et comptoirs où déguster de merveilleuses tapas à des prix défiant toute concurrence!

Je vais être franc, j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet endroit et je n’ai de cesse de le recommander à toutes celles et ceux qui entreprennent de visiter la capitale espagnole! C’est l’une des zones les plus animées de Madrid et j’y suis revenu chaque jour pour déguster différents tapas fraichement préparés et carrément donné niveau prix (1€-2€ en moyenne). Et même si vous n’êtes pas très « tapas », rassurez-vous: le choix est large, très large! D’ailleurs, je ne pense pas que l’on puisse trouver un plus grand regroupement de produits frais dans un seul et même endroit, mais voyez plutôt les images ci-dessous pour vous en convaincre! Cela dit, elles ne couvrent qu’une petite partie des merveilles culinaires de l’endroit et je vous invite à vous y rendre pour le constater par vous-même! Mention spéciale aux différentes paellas, aux délicieux yoghourts et aux tapas de burrata/mozzarella, une tuerie!

Ma soirée, ainsi que toutes les suivantes, se sont finalement terminé au marché San Miguel. Cette visite « découverte » de Madrid fut finalement très brève et ne couvre qu’un aperçu des quelques édifices majeurs et autres lieux les plus connus de la capitale espagnole. Il faut dire que j’ai, comme à mon habitude, passé plus de temps à visiter les villes alentours d’Ávila, Tolède ou Ségovie et que je n’ai eu que peu de temps pour découvrir Madrid elle-même. Aucun regret toutefois, car j’ai tout de même pu admirer les édifices qui m’intéressaient le plus comme le Palais Royal, la Plaza Mayor ou encore le marché San Miguel, le coup de cœur de ce voyage! Je compte bien entendu y retourner prochainement et visiter ce que je n’ai pas encore pu voir, notamment les nombreux parcs que compte la ville ainsi que les célèbres musées comme le Prado ou le musée de la Reine Sofia. Bref, ce n’est pas le choix qui manque!