Project Description

Ségovie s’élève sur une colline entre les rivières Eresma et Clamores. Outre son célèbre aqueduc inscrit au Patrimoine de l’humanité, elle possède de nombreuses églises romanes, une cathédrale et un alcazar qui lui confèrent une silhouette majestueuse, dominant les terres castillanes. En outre, Ségovie est un excellent point de départ pour partir à la découverte de la province et visiter par exemple le palais de La Granja ou le parc naturel des gorges du Duratón.

Suite à notre visite d’Avila le matin même, nous arrivons un peu après midi à Ségovie où nous aurons l’occasion de manger un morceau en plus de visiter quelques-unes des attractions de la ville. Toujours accompagné d’un guide de chez Julia Travel, nous arrivons en bus au coeur même de la ville. Notre visite commence par un aperçu extérieur de l’église de San Millán.

Temple considérable, l’église fut construite à l’image de la Cathédrale de Jaca et possède une tour qui préserve les ruines d’un bâtiment ancien de style mozarabe. Elle constitue le modèle des églises romaines de Ségovie, puisqu’elle intègre toutes les caractéristiques typologiques, comme l’influence islamique, les atriums remplaçant les arcades, ainsi que de longs clochers.

Nous poursuivons ensuite notre visite dans les rues de Ségovie. En suivant le chemin pavé de la ruelle San Nicolás, nous arrivons sur une petite place paisible où se situe l’église de la Santísima Trinidad, édifiée au milieu du 12e siècle sur un ancien temple datant de la fin du 11e siècle.

C’est l’un des temples romains les mieux conservés de la ville. Notre visite guidée n’incluant que l’entrée à la cathédrale et à l’Alcazar, nous ne visitons pas l’intérieur de l’édifice religieux. Comme nous allons le découvrir par la suite, ce ne sont pas les églises et autres temples qui manquent à Ségovie. Certaines sont parfois ouvertes au public, d’autres non et quand elles sont accessibles, c’est certainement dû à une messe !

Après quelques minutes de marche, nous faisons finalement face à l’emblème de la ville : l’unique et prestigieux Aqueduc de Ségovie. C’est l’une des œuvres les plus importantes que les romains ont laissées en héritage à ce vaste empire. Il a été construit dans le but d’amener l’eau de la Sierra jusqu’à Ségovie.

Les hypothèses de son édification remontent au 1er siècle, à l’époque des Flaviens, mais aussi à l’époque de Nerva ou Trajan. L’incapacité à dater ce monument n’empêche pas qu’il soit en tête de la classification des meilleures œuvres d’ingénierie civile espagnole.

Cette œuvre extraordinaire où se mêlent harmonie et beauté, était utile à la ville encore récemment. Lors de l’attaque contre Ségovie dirigée en 1072 par le musulman Al-Mamún de Tolède, 36 arcs furent endommagés mais furent restaurés au cours du 15e siècle.

A sa création, deux niches furent construites, probablement pour protéger les dieux païens. Au fil du temps, celles-ci furent remplacées par des images de Saint Sébastien et de la Vierge, sous ordre des Rois Catholiques. Sous ces niches se trouvait une inscription en bronze, en relation avec sa création, de laquelle aujourd’hui il ne reste qu’une légère trace. Malgré de nombreux conflits, l’Aqueduc n’a subit que peu de modifications au cours des siècles.

A présent, quelques chiffres. De son point de départ dans la Sierra de Guadarrama jusqu’à son autre extrémité, le viaduc mesure près de 15 kilomètres. Son arcature s’étend sur 958 mètres, sa hauteur maximale est de 28,10 mètres et il possède au total 166 arcs.

Œuvre majeure de l’ingénierie hydraulique moderne, ses arcs furent construits au moyen de grosses pierres de taille de granit de Guadarrama, liées par leur propre poids sans aucun mortier, grâce à un parfait équilibre des forces. L’eau parcourait le canal existant dans sa partie supérieure et traversait la ville afin d’arriver à l’Alcázar. L’Aqueduc fut déclaré « Monument National » en 1884 et « Patrimoine de l’Humanité » en 1985.

Pour la pause de midi, nous sommes libérés du groupe pour une petite heure, le temps pour la majeure partie du groupe de trouver un restaurant et, pour moi, d’attraper un sandwich dans une boulangerie du coin et visiter les environs. Je grimpe donc sur un des chemins de ronde des anciens remparts, histoire d’avoir une meilleure vue de l’aqueduc et des alentours. Le panorama est impressionnant !

Je me promène ensuite dans les anciennes ruelles en direction de la vieille-ville. Se faisant, je passe à côté de l’église de San Martin. Cette dernière se caractérise par son magnifique temple, ensemble du style roman castillan du 12e siècle. Je profite de la présence d’une petite pâtisserie toute proche pour acheter mon dessert, une douceur locale, sucrée et délicieuse !

Je m’installe sur un banc dans un coin de la place et déguste tranquillement mon repas tout en admirant l’église et le Monument dédié à Juan Bravo. Noble castillan, il est connu pour sa participation à la Guerre des Communautés de Castille. Non loin se trouve également une  fontaine de bronze surmontée d’une statue représentant un poisson géant entouré par deux enfants. J’ai d’abord cru qu’un des enfants était un triton, mais en y regardant de plus près, ce n’est pas le cas. Il va falloir que je change de lunette ! Une fois repu, je continue l’ascension du chemin de pierre pavé qui n’en finit décidément plus de monter.

Les rues et ruelles de Ségovie sont propres et accueillantes, parfois bondées ou presque vides, pour peu que l’on s’éloigne des lieux touristiques. Quelques magasins de souvenirs, restaurants et épiceries plus tard, j’aperçois finalement les coupoles de la cathédrale au bout d’une rue. En suivant les quelques touristes présents, je pose finalement le pied sur la « Plaza Mayor », où se trouve notamment l’Hôtel de Ville.

Je fais le tour de la place, encore recouverte par quelques stands du marché ayant eu lieu plus tôt dans la journée. J’aperçois finalement notre guide devant l’entrée de la cathédrale. Il me donne un billet que je présente aux caisses, car le prix de l’entrée est déjà compris dans le tour organisé. S’en suit alors une visite libre de la cathédrale pendant environ 45 minutes.

Son nom complet est Cathédrale de Nuestra Señora de la Asunción et de San Frutos. De style gothique tardif, les débuts de sa construction datent de 1525, mais elle ne fut sacrée qu’en 1768. La tour, un des éléments les plus marquants par sa hauteur, fut habitée jusqu’à la moitié du 20e siècle par le carillonneur, et constitue un point de vue unique de la ville, mais seulement durant les heures d’accès.

L’intérieur est magnifique, surtout grâce à ses magnifiques vitraux datant du 14e siècle, les stalles du chœur qui ont conservé les fauteuils de cérémonie de type gothique de l’ancienne Cathédrale, les orgues baroques du 18e siècle, ainsi que l’arrière-chœur néoclassique conservant l’urne avec les reliques de San Frutos.

Après avoir tranquillement fait le tour de l’édifice, je profite de visiter les couloirs de l’abbaye juste à côté. Je prends quelques photos des lieux sublimé grâce à la lumière du soleil projetant des ombres aux formes régulières entre les colonnes. J’admire aussi la tour de la cathédrale depuis sa base et réalise alors la hauteur imposante de cette dernière !

La visite guidée reprend à la sortie de la cathédrale. Nous passons à nouveau par de très jolies rues pavées et à côté de l’église de San Andres. Peu après, nous arrivons dans les jardins minutieusement travaillés de l’Alcazar avec le monument érigé en l’honneur des héros de la Guerre d’Indépendance Daoiz et Velarde, œuvre du sculpteur ségovien Aniceto Marinas.

Nous voici finalement en face de l’Alcazar. Sa silhouette s’apparente à un navire imaginaire au croisement des fleuves Eresma et Clamores, se détachant de la scène aux teintes bleuâtres et ocre, caractéristiques de la plaine et de la Sierra. Un profond fossé, surplombé par un pont-levis, ouvre la marche sur une forteresse à l’emplacement peu banal, qui fut certainement habité dès l’époque celtique.

Sur la façade nord, on découvre d’une part la tourelle d’Alfonso X El Sabio, d’où le monarque observait le firmament, et d’autre part la tour de Juan II, haute de 80 mètres, avec de splendides sgraffites et douze tourelles ornant son volume.

Le château, édifié sur les ruines d’une forteresse romaine, fut successivement transformé depuis le règne d’Alfonso VI (11e siècle) jusqu’à celui de Felipe II (16e siècle). Transformé en Alcázar, résidence royale, au 13e siècle, il acquiert alors son aspect gothique à l’époque de Juan II et d’Henri IV. Il servit ensuite de Prison d’État au cours du 18e siècle et il devient l’École Royale d’Artillerie en 1764. Suite à un grave incendie en 1862, qui aura manqué de le détruire complétement, une longue et importante rénovation fut mise en place. Les travaux commencèrent en 1882 sous le règne d’Alfonso XII. Aujourd’hui, une grande partie de l’édifice et les salles dédiées à l’Histoire de l’Artillerie sont ouvertes au public.

Dans l’enceinte et autour du Patio del Reloj et du Patio de Armas se situent différentes salles. Elles se distinguent par leur charme et décoration et chacune d’entre elle est plus belle que la précédente ! Citons notamment la salle à meneaux, la salle de la Galère (dont le plafond fut refait récemment), celle du Trône, (avec une remarquable toiture de style mudéjar), la salle de la Cheminée, du Cordon, de las Piñas, la Chambre Royale, le Cabinet de Toilettes de la Reine et pour terminer, la Chapelle. De toutes ces pièces se dégage la Salle des Rois, avec un plafond hexagonal orné de losanges dorés, ainsi qu’une frise originale sur laquelle apparaissent 52 images polychromes représentant les Rois et Reines d’Asturies, de León et de Castille, depuis Don Pelayo jusqu’à Juana la Loca.

De grandes fenêtres nous permettent également d’admirer la vue, notamment un petit hameau en contrebas, ainsi que l’Église de la Vera Cruz au dessus. Elle fut fondée par les Cavaliers de l’Ordre du Saint-Sépulcre en 1208, alors que la tradition populaire attribue son origine aux Templiers. Elle conserva pendant des années la relique de Lignum Crucis. Actuellement, elle appartient à l’Ordre de Malte.

L’endroit est tout simplement magnifique et c’est avec regret que je dois le quitter au bout d’environ une heure de visite, non sans avoir fait quelques photos intéressantes. Toutefois, comme il me reste un peu de temps avant le retour au bus, j’en profite pour accéder à la partie supérieure de la tour du haut de laquelle on peut admirer la vue sublime de la ville, ainsi que le Pinarillo (avec le cimetière juif), l’Église de la Vera Cruz, les quartiers de San Marcos et de Zamarramala, ainsi que de la carrière d’où est extraite en partie la pierre qui a servi à la construction de la Cathédrale. Magnifique façon de terminer cette visite !

Sur le chemin du retour, nous passons à l’intérieur de la Porte de San Andrés, dans l’ancien corps de garde. Dans cet édifice se trouve l’Espace Informatif de la Muraille où est illustré avec des pancartes l’enceinte médiévale qui protège la partie haute de la ville. De plus, il est possible d’accéder au chemin de ronde d’où l’on peut contempler le Quartier Juif, ainsi que l’architecture militaire médiévale de la ville, comme par exemple la nécropole hébraïque qui s’étend jusqu’au bout de la vallée de Clamores. Une dernière photo de la cathédrale et nous sommes repartis vers Madrid après une très belle visite de Ségovie !