Project Description

Dressée sur les rives du Guadalquivir, Séville hérite de son riche passé arabe et de sa situation de port de commerce prospère vers les Amériques. La capitale andalouse distille joie et animation dans chacune des rues et places de sa vieille-ville qui abrite un ensemble passionnant de monuments inscrits au patrimoine de l’humanité et des quartiers aux profondes saveurs populaires. Musées et centres d’art, parcs thématiques, cinémas, théâtres et salles de spectacle sont parmi les infinies possibilités de loisirs proposées par la ville, sans oublier les nombreuses terrasses, tavernes et bars, où pratiquer l’une des traditions les plus consolidées et savoureuses de la ville : la tournée des tapas.

Capitale de l’Andalousie

C’est à nouveau avec un groupe d’amis rencontré durant mon séjour linguistique à Grenade que nous partons à la visite de Séville, la célèbre capitale de l’Andalousie. Merci à Eric, Katharina et Nozomi de m’avoir accompagné ! Nous avons prévu de quitter Grenade en début d’après-midi, passer le restant de la journée et la nuit sur place, puis de profiter d’une bonne journée de visite le lendemain. Pour cela, nous avons de la chance : les bus de la compagnie Alsa font le trajet en direct et sont bon marché, même si le trajet dure environ 3h30. Quant à l’hébergement, nous avons trouvé en « last minute » une chambre d’hôtel pour 4 personnes en plein cœur de la vieille-ville de Séville – Hostal Plaza Santa Cruz.

A notre arrivée, nous rejoignons dans un premier temps notre hôtel pour déposer nos affaires. L’établissement est très bien localisé, en plein cœur de la Judería, l’ancien quartier juif. Notre chambre est propre et relativement grande, ce qui nous surprend tous, surtout vu le prix très attractif de la chambre. Nous avons également la possibilité de prendre un petit déjeuner pour quelques euros, ce que nous ne manquerons pas de faire le lendemain. Une fois prêt pour cette première partie de visite, nous marchons en direction de la cathédrale. L’après-midi est déjà bien avancée, mais nous comptons profiter de chaque minute sur place ! Après quelques détours au cœur d’un tissu de ruelles bordées de maisons dont la couleur oscille entre blanc et ocre, d’églises bâties à la place d’anciennes synagogues et ponctué çà et là de placettes embaumant l’oranger, nous arrivons sur la Place Saint-François, cœur de la ville depuis le 16e siècle déjà !

Ici ont eu lieu les célèbres autodafés de l’inquisition, les diverses fêtes de taureaux et de roseaux et constitue toujours l’un des principaux lieux connus des processions de la Semaine Sainte et du Corpus Christi. Des différents bâtiments présents sur cette place, la Giralda (girouette), le clocher de la cathédrale, est probablement le plus marquant. Nous savons qu’il est possible d’y monter depuis l’intérieur de la cathédrale et comme cette dernière fait partie de notre programme de visite de l’après-midi, nous nous dirigeons vers l’entrée du lieu saint où est notamment enterré Christophe Colomb.

La cathédrale de Séville est aussi connue sous le nom de Santa Maria de la Sede (sainte Marie du Siège). De par sa taille, elle est la plus grande cathédrale catholique dans le monde et la troisième église chrétienne après Saint-Pierre à Rome et Saint-Paul à Londres. A la fin du 14e siècle, la Grande Mosquée présente à cet endroit fut gravement endommagée et par la suite démolie pour permettre la construction d’une cathédrale chrétienne dès 1403. On l’inaugura en 1506, après quoi fut créée une remarquable série de dépendances, comme la sacristie principale, le chapitre et d’autres dépendances annexes, sans oublier la Chapelle Royale, l’une des œuvres clés de l’édifice. Au final, il ne restait que les œuvres des trois entrées principales de la cathédrale à faire. Citons notamment l’actuel Patio de los Naranjos (les orangers), l’une des annexes les plus importantes de la cathédrale de Séville et entièrement intégré dans le circuit culturel de l’édifice.

L’intérieur est immense et richement décoré. Ses hautes voûtes gothiques, l’impressionnant volume de pierre ciselée, ses orgues titanesques, ses chapelles grandioses… Difficile de rester de marbre (sans mauvais jeu de mots) devant un tel chef-d’œuvre dont nous ne manquons pas de visiter chaque recoin. Comme prévu, nous trouvons l’entrée menant au sommet de la Giralda. Il s’agit du clocher de la cathédrale, l’un des plus grands joyaux du monde de l’art gothique, Renaissance et baroque. En son temps, elle fut la plus haute tour du monde avec 97,5 m de hauteur et, bien qu’elle ne soit plus le « toit de la ville » depuis 2010, elle reste son icône mondiale par excellence, l’une des images les plus célèbres de la ville et de toute l’Andalousie.

La tour se compose de deux corps différents mais parfaitement unis, un exemple parfait du mélange de cultures qui existent dans la ville. La Giralda n’a pas d’escaliers, mais possède 35 rampes larges permettant notamment l’accès aux personnes à mobilité réduite. Initialement, « Giralda » était le nom qui avait la figure de la foi, une immense statue qui couronne le clocher depuis 1568. Une fois au sommet, c’est une magnifique vue panoramique qui s’offre à nous, où on aperçoit notamment la Place d’Espagne au loin et le Real Alcazar à quelques dizaines de mètres de là.

Après cette visite de la cathédrale et de son clocher, nous poursuivons notre balade dans les rues de la ville. Se faisant, nous rejoignons après quelques minutes les rives du Guadalquivir, surplombé sur un de ses côté par la Torre del Oro (Tour de l’Or). Il s’agit d’une ancienne tour de guet de 36 mètres de haut, située sur la rive gauche du fleuve. Son nom arabe était Bury al-Dahab, Borg al Azahar, ou Borg al-Azajal en référence à son éclat doré qui se reflétait sur le fleuve. Nous longeons un moment le bord du fleuve, puis revenons vers la place de taureaux de la Real Maestranza, juste à côté de la Tour de l’Or.

Il s’agit des arènes taurines de Séville, siège des corridas de taureaux et considérée comme l’une des attractions touristiques la plus populaire de la ville, située d’ailleurs entre les monuments les plus visités de Séville. Ses portes sont déjà fermées, mais ce n’est pas un problème pour notre petit groupe qui continue sa marche.

Après une longue balade durant laquelle nous sommes passés sur la Plaza Nueva, la Plaza del Duque de la Victoria et les rues piétonnes du Centro, nous arrivons sur la Plaza de la Alameda de Hércules (Promenade d’Hercules). C’est un lieu de promenade et de détente qui possède des fontaines, des jets d’eau, des places de jeu pour les enfants et est bordée de nombreux bars et restaurants qui en font un lieu de rassemblement privilégié des Sévillans, autant la journée que la nuit. Aussi, nous marquons une pause sur la terrasse d’un bar et papotons autour d’un verre avant de retourner un peu plus tard vers le centre historique. La nuit étant tombée entretemps, nous profitons pour admirer certains des bâtiments comme la cathédrale sous une toute autre lumière. Il y a encore beaucoup de monde dans la rue et nous ferions mieux de trouver un restaurant avant que tous n’affichent complet !

Comme d’habitude, j’avais repéré auparavant un établissement renommé pour ses tapas, mais c’était sans compter sur le nombre incroyable de clients et l’absence de toute réservation… Autant vous dire que nous avons rapidement passé sur les bars et restaurants trop proches de la cathédrale. Qu’à cela ne tienne, sortons des sentiers touristiques… Juste un peu ! Et c’est justement là, entre notre hôtel et la Place Saint-François, que nous trouvons un restaurant pouvant nous accueillir, j’ai nommé « El Pasaje ». Là, nous commandons différents tapas et profitons de la soirée pour discuter de tout et de rien avant de finalement retourner à notre hôtel pour une nuit de repos bien méritée.

Allez debout tout le monde, c’est une nouvelle journée de visite qui commence ! Après une bonne douche, nous prenons le petit déjeuner à l’hôtel et laissons nos bagages sur place dans le but de revenir les chercher sur le trajet du retour. La journée s’annonce magnifique, et c’est quelque peu endormi que nous nous dirigeons vers l’Alcazar de Séville, l’un des monuments les plus emblématiques de la ville, du pays et même de la culture méditerranéenne. Entre ses murs et ses jardins, nous allons suivre l’évolution historique de la ville pendant le dernier millénaire, en admirant quantité de styles allant de l’époque arabe jusqu’au 19e siècle, en passant par le Mudéjar du bas Moyen-âge, la Renaissance ou le Baroque. Une fois les EUR 9.50.- payés pour l’entrée, nous commençons notre visite par les deux patios de l’entrée.

Tout d’abord, « El Patio del León ». Il s’agit de l’ancienne cour de la garnison à l’époque du palais Al-Mubarak. Dans ce patio, on peut notamment admirer un kapoc, un arbre exotique qui produit une fibre végétale dont on se sert par exemple pour remplir les coussins. Depuis le second patio, « Patio de la Monteira », nous avons une vue d’ensemble des trois édifices composant l’Alcazar.  En face de nous se situe le palais Mudéjar, le Palais Gothique est à gauche et la Chambre de Commerce à droite. Et c’est une fois à l’intérieur que l’émerveillement commence !

Nous commençons notre visite par la Chambre de commerce, fondée par les Rois Catholiques en 1503 afin de contrôler les activités de négoce. À l’époque, Séville avait le monopole de transport de l’or entre l’Europe et l’Amérique, monopole obtenu grâce à la présence du fleuve Guadalquivir, le seul navigable d’Espagne. En transitant par ce fleuve depuis l’ouest du détroit de Gibraltar, les transports d’or étaient protégés des pirates. Dans ce bâtiment, nous visitons le salon de l’Amiral et admirons les peintures représentant des événements ou personnes d’importances de la ville de Séville. Ensuite, nous passons par la salle d’Audience décorée de tapisseries, de blasons et d’un tableau de la vierge Marie datant de 1530. S’en suit la visite du Palais Mudéjar.

S’il y a représentation plus parfaite de l’association entre l’architecture ibérique et musulmane, je ne la connais pas. Le style Mudéjar, omniprésent dans le palais et d’une beauté impressionnante, est le symbole de la tolérance entre les chrétiens et les musulmans. Parmi les différentes salles, on peut admirer la Cour des Poupées, un patio décorée de moulages en stuc et de mosaïques autrefois réservé aux dames et dont le rez-de-chaussée était uniquement accessible en été. Son nom vient du fait que de petites têtes de poupées sont présentes dans les décorations sur les piliers.

La Cour des Demoiselles, l’un des patios suivant, est pour moi l’endroit le plus admirable de l’Alcazar. Cette cour, magnifiquement décorée de dentelles de stuc, est composée de plusieurs arcs et ses murs sont recouverts de mosaïque de cinq couleurs différentes : ocre (représentant le sable du désert), bleu (représentant l’eau), vert (représentant la végétation), blanc et noir (représentants le bien et le mal, et aussi les couleurs de l’Islam). Le deuxième étage de style Renaissance fut rajouté au 16ème siècle par Charles Quint.

Notre visite continue par la Salle du Trône, très probablement la plus décorée du palais. Le plafond, confectionné en bois de mélèze et en or, date du 14ème siècle et une frise du 18ème siècle représentant les différents rois espagnols décore les murs. Les petits balcons de style Renaissance ont été rajoutés par Charles Quint. Terminons la visite de bâtiment par la salle à manger des Rois où l’on peut admirer des moucharabiés purement décoratifs. En effet, ces fenêtres ne servaient pas à un quelconque espionnage, mais d’aération pour la salle du trône. On peut ainsi qualifier cette décoration d’ancêtre de la climatisation. Notre tour se poursuit dans le Palais Gothique, restauré pour le mariage de Charles Quint, et où on peut admirer la chapelle, la salle des célébrations et la salle des tapisseries exposant les Gobelins les plus grands d’Espagne.

Ayant fait le tour de l’intérieur des bâtiments, nous entamons notre visite des gigantesques jardins extérieurs de l’Alcazar. Ces derniers, de style Mudéjar, comptent également parmi les joyaux du lieu et intègrent quantité de bâtiments dont voici un bref aperçu.

Ici, de nombreux jardins se succèdent, dont certains sont agrémentés de bassins ou de fontaines. Ils comptent notamment le plus vieux magnolia de Séville, âgé de plus de 150 ans ! Vous trouverez ci-dessous quelques photos des lieux.

Parmi les bâtiments présents, citons « El Fuente de Mercurio » (Source de Mercure). A l’origine, ce basin était une cuve qui servait à collecter l’eau depuis l’aqueduc Maure appelé Caños de Carmona afin d’irriguer les jardins de l’Alcazar. En 1575, la cuve a été convertie en bassin ornemental dont la fontaine située au centre est dédiée à Mercure, dieu du commerce. Cette représentation rappelle la place importante de Séville dans le transport de l’or, de l’Amérique à l’Europe. La Galerie du grotesque est également intéressante, car elle permet d’admirer les jardins de l’Alcazar depuis les hauteurs. Cette promenade, édifiée au 17ème siècle, était utilisée par le roi quand celui-ci voulait se balader dans les jardins en cas de pluie ou de forte chaleur.

Voilà qui concluent notre visite de l’Alcazar, un lieu que vous devez absolument visiter lors de votre séjour à Séville ! Avant de quitter les lieux et poursuivre notre tour de la ville, nous faisons une pause café dans une petite buvette. Une fois de retour à côté de la cathédrale, nous partons à la recherche d’un restaurant dans les environs, et après de longues minutes de recherche, nous finissons par nous asseoir autour d’une table au Gusto Ristobar, un petit restaurant servant de délicieux plats italiens.

Après le repas, nous partons à la recherche de notre dessert et pour rester dans la même catégorie que le repas, ce sera une glace à l’italienne. Pour cela, nous marchons à nouveau dans les rues du centre et passons devant l’Hôtel de ville, un des exemples les plus remarquables de l’architecture andalouse sur la Plaza San Francisco. Un peu plus loin, nous arrivons sur la Place du Saint Sauveur qui doit son nom à l’église éponyme, œuvre maniériste du 17e siècle située au même endroit. A quelques mètres de là nous attend notre dessert, plus précisément à la Heladería artesana Bolas. Il est dit que quoi qu’on mange, on a toujours de la place pour le dessert et cela se vérifie bien ici ! Les glaces sont délicieuses et la quantité des différents parfums varient régulièrement.

En route maintenant vers la dernière attraction de la journée, la célèbre Place d’Espagne de Séville. Cette dernière constitue un superbe ensemble architectural, entouré par le Parc de Marie Louise, et est l’un des espaces les plus spectaculaires de l’architecture régionaliste. Le bâtiment principal a été construit pour l’exposition ibère-américaine de Séville en 1929, et toutes les régions de l’Espagne sont représentées sur les murs, ainsi que des bustes d’illustres espagnols. La place est immense (200m de diamètre) et possède une forme semi-elliptique, symbolisant l’étreinte de l’Espagne avec ses anciennes colonies et regarde vers le fleuve Guadalquivir comme la voie à suivre vers l’Amérique.

Sa superficie totale est d’environ 50.000 mètres carrés, dont 31.000 sont des espaces libres. La place est bordée par un canal long de 515 mètres, lui-même traversé par quatre ponts. Le bâtiment est fait de briques et de nombreuses décorations de céramique, bois, fer forgé ainsi que du marbre gravé et sculpté, donnant à l’ensemble une atmosphère de style Renaissance. Les deux tours qui encadrent la place font 74 mètres de haut, créent une atmosphère baroque et ont également suscités la colère des académiciens à cause de leur hauteur commune avec la Giralda. La fontaine centrale, œuvre de Vicente Traver, donne un peu de vie à la place somme toute monotone. Les 4 ponts qui traversent le canal représentent les quatre anciens royaumes d’Espagne et on peut voir sur les murs de la place des numéros qui délimitent l’espace des quarante-huit provinces espagnoles placées dans l’ordre alphabétique. Dans chacune d’entre elles sont représentés les armoiries, la carte et quelques faits historiques.

Avant notre retour à l’hôtel afin de reprendre nos affaires, nous visitons le parc Maria Luisa, le plus grand parc public de la ville. Ce dernier, ainsi que d’autres jardins de Séville, furent rénovés par l’ingénieur français Jean-Claude Nicolas Forestier qui leur a donné une touche romantique en s’inspirant des jardins du Generalife et de l’Alhambra de Grenade, ainsi que de l’Alcazar de Séville. Ouvert en avril 1914, le parc jouit d’une variété végétale étendue, très luxuriante, et limpide, de manière à inviter le passant à profiter d’une balade paisible et reposante. Il contient également une grande variété d’espèces d’oiseaux parmi lesquels nous pouvons voir des paons et des oiseaux chanteurs, ou encore des cygnes et des canards qui attendent patiemment qu’un passant vienne les nourrir. De nombreuses fontaines et statues, ainsi que quantité de bancs et murs de mosaïque viennent parfaire ce décor magique.

Après un tour sur de beaux chemins entourés d’arbres, nous entamons notre retour vers l’hôtel afin de reprendre nos affaires, puis nous traverserons la ville en direction de la gare routière Ouest. C’est finalement en fin de journée que notre bus nous ramène vers Grenade, après presque deux jours de visite dans la capitale de l’Andalousie !

Évidement, si peu de temps à Séville ne permet de voir que les monuments importants, mais il faudra bien plus de temps pour vivre pleinement la ville et ce qu’elle a à offrir. A aucun moment je n’ai été déçu par mes visites des villes du sud de l’Espagne et cette fois-ci ne fera pas exception à la règle. J’ai adoré Séville et je ne peux qu’en recommander la visite sur au moins 3 ou 4 jours ! En plus, j’ai pu partager ce moment avec d’autres personnes, ce que je ne fais pas souvent. Non pas que cela ne dérange, au contraire – j’adorerai partir à la découverte d’une ville ou d’un pays accompagné, mais ce n’est pas forcément facile à organiser et ce, pour une multitude de raisons. Dans tous les cas, un super moment, une super nourriture, des supers gens – ¡Viva España!