Project Description

Difficile de choisir ce qui décrit le mieux la capitale de l’Estonie… Charme médiéval ou impressionnante modernité ? D’une part, son centre historique regroupe rues, maisons, murs et tours que l’on croirait tout droit tirés d’un livre de contes et d’autre part, à quelques pas de là, des restaurants, cafés et clubs dernier cri. Qu’on la considère comme ancienne, nouvelle ou encore un mélange des deux, Tallinn est la destination idéale pour un séjour de détente. La vieille-ville est relativement petite et l’on peut effectuer la quasi totalité des visites à pied. Les excursions, événements culturels, restaurants et magasins sont idéalement rassemblés, pour le plus grand bonheur des touristes. Et les activités ne manquent pas ! Quel que soit votre programme et quelle que soit la Tallinn que vous recherchez, ses portes vous sont ouvertes !

UN ESPRIT MÉDIÉVAL DANS UNE AMBIANCE MODERNE

Tallinn, ou plus simplement les capitales des Pays Baltes ne font certainement pas parties de la destination de vacances à laquelle on pense en premier, je me trompe ? Pourtant, après un tour de quelques jours à arpenter les rues de Tallinn, Riga et Vilnius, je peux vous dire que ces capitales et les pays qu’elles représentent sont loin des stéréotypes que l’on imagine.

Le voyage débute à l’aéroport de Genève avec une première escale à Berlin… Et quelle escale ! En effet, notre vol ayant pas mal de retard, nous avons été informé juste avant notre arrivée à Berlin que les correspondances ne seraient peut-être pas assurées. Génial, mes vacances ont à peine commencée que j’imagine déjà le pire : correspondance ratée, bagages ne suivant pas, etc. Fort heureusement, juste après l’atterrissage, l’agent de bord nous informe que l’avion du vol Berlin-Tallinn nous attendait, car nous étions 4 passagers à devoir le prendre. On nous informe également de ne pas trop trainer et que les portes ferment dans 10 minutes… Je crois que je n’ai jamais couru aussi vite. Est-ce que l’aéroport de Berlin est joli ? J’en sais rien, je ne l’ai pas vu ! Je rentre dans l’avion et m’installe, essoufflé mais content de ne pas devoir attendre le vol du lendemain au beau milieu de l’aéroport…

Après 1h30 de vol, je débarque à l’aéroport de Tallinn et récupère mon sac, qui ne s’est pas perdu. Ouf ! Comme nous sommes dans l’espace Schengen, pas de formalités à l’arrivée. Il ne me reste plus qu’à rejoindre le centre-ville par le bus n°2 que j’avais repéré sur Internet avant mon départ. J’attends donc un quart d’heure à l’arrêt de bus du terminus. Le bus arrive, je paie mon ticket directement au chauffeur (1.60 €, ~2 CHF) avec les Euros retirés à l’aéroport et lui demande de me faire signe lorsque nous serons arrivée au centre-ville. Pas sûr qu’il m’ait compris, mais on verra bien. J’envisageais également de prendre un taxi à l’extérieur du hall de départ car le transfert entre l’aéroport et le centre ville coûte environ 10 € (12 CHF), ce qui est bien moins cher qu’en Suisse, mais comme nous ne sommes qu’à 4km du centre, le bus fera l’affaire. Dans le pire des cas, je descend à un arrêt et demanderais mon chemin aux locaux. Finalement, pas besoin car le chauffeur me baragouine quelques mots après 15 minutes et je descends donc du bus. Quelques panneaux anglais indiquant le centre historique de la ville m’aideront finalement à rejoindre mon hôtel.

En terme d’hébergement, ne sachant pas vraiment sur quelle qualité j’allais tomber dans ce genre de pays, j’ai préféré réservé un hôtel bien noté, pas forcément trop cher et surtout proche du centre historique. En cela, My City Hotel Tallinn a parfaitement répondu à mes attentes.

  • En plein cœur du vieux quartier de Tallinn, à deux pas de la vieille-ville.
  • Chambres spacieuses et lumineuses, plateau/bouilloire.
  • Connexion Wifi gratuite.
  • Bon petit-déjeuner buffet varié.
  • Quelques boites de nuit à proximité et cela s’entend.
  • Vielle moquette dans ma chambre.
  • Décoration vieillotte.
  • Connexion Wifi pas top, déconnexions fréquentes.

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Je profite d’aller faire un tour sur la place de l’hôtel de ville avant d’aller me coucher, histoire de faire un petit repérage des environs… Pas facile de nuit !

En plus, il fait relativement froid, aussi je ne m’attarde pas trop et rentre à l’hôtel étudier le plan de Tallinn et quelques brochures récupérées à la réception de l’hôtel, histoire d’être préparé pour le lendemain. Il est indiqué que certains endroits, notamment les musées et églises, interdisent la prise de photos ou de vidéos et je respecte bien entendu ce principe. Certaines parties de l’article seront donc sans photos.

Première journée de visite ! Réveil relativement tôt, un petit-déjeuner vite avalé et me voici à l’office du tourisme pour y récupérer quelques brochures et le sésame m’octroyant pas mal d’avantages, la Tallinn Card. Si vous avez déjà visité les grandes villes d’Europe, alors vous connaissez certainement ces cartes Pass/Card, véritables clés électroniques vous offrant des réductions (et parfois la gratuité) sur bon nombre d’attractions, musées, shops, restaurants, etc. Un indispensable selon moi pour Tallinn si vous restez au moins 3 jours sur place. Ensuite, direction la place de l’Hôtel de ville, point de départ idéal pour commencer la visite.

La place de l’Hôtel de Ville est le cœur de la vieille-ville depuis plus de 800 ans. Bordée par les demeures raffinées de marchands et garnie en été des tables des restaurants, c’est l’attraction touristique principale de la ville. Historiquement le lieu du marché et des rencontres, la place a vu au moins une exécution capitale (suite, paraît-il à une dispute à propos d’une omelette !). Depuis un coin de la place, on peut apercevoir le sommet des cinq clochers de la vieille-ville. Sur le côté est de la place s’élève l’Hôtel de Ville, construit de 1402 à 1404 pour les bourgmestres. C’est aujourd’hui l’Hôtel de Ville gothique intact le mieux conservé de toute l’Europe du nord. Au sommet de la tour haute de 64 mètres figure la girouette représentant le Vieux Thomas, la mascotte moustachue de Tallinn. Le zoom de mon appareil photo ne permet malheureusement pas d’aller aussi loin, mais ce n’est pas les dessins et autres représentations du Vieux Thomas qui manque à Tallinn ! D’ailleurs, une petite anecdote à son sujet :

Le Vieux Thomas, gardien de la ville

Un concours de tir à l’arc était jadis organisé chaque printemps pour voir qui serait capable d’atteindre un perroquet de bois perché au sommet d’un grand mât. C’était une tradition vénérable, réservée aux hommes issus de familles nobles. Une année, personne ne réussit à atteindre la cible. Un garçon courageux, nommé Thomas, se tenait dans la foule. Il était d’une famille pauvre mais avait appris à tirer à l’arc depuis son enfance. Encouragé par ses amis, il tira une flèche, atteignit le perroquet, et les ennuis commencèrent. Mais au lieu de recevoir une correction, comme le craignait sa mère, il fut engagé comme apprenti garde. Il finit par devenir un soldat chevronné et se conduisit en héros durant la guerre de Livonie, servant jusqu’à un âge avancé. Plus tard, on remarqua que la girouette de l’Hôtel de Ville, représentant un soldat à la moustache abondante, ressemblait au héros, et l’on se mit à l’appeler Vieux Thomas en son honneur. Légende et girouette, le Vieux Thomas est aujourd’hui l’un des symboles favoris de Tallinn.

Je commence par visiter une curieuse boutique au coin de la place de l’Hôtel de Ville, dont l’insigne ci-dessous trône fièrement au dessus de la porte d’entrée. Pour celles et ceux qui ne le savent pas, il s’agit de la coupe d’Hygie, caducée de la pharmacie dans laquelle un serpent penche sa tête pour boire. Raeapteek signifie « Pharmacie de l’Hôtel de Ville ».

Il s’agit en faite de la plus ancienne pharmacie d’Europe encore en activité. La date d’ouverture précise de la pharmacie n’est pas connue; certains historiens la font remonter à 1415. On ne connait donc pas exactement son ancienneté, ce qui rajoute un brin de mystère a cet endroit si particulier. Cette pharmacie-musée (Raeapteek) fut un lieu très important pour les habitants de la ville car en plus de médicaments, on pouvait y trouver de l’alcool, de l’encre, des bijoux, de la poudre à canon et bien d’autres produits. Les préparations médiévales, telles que cendre d’abeilles et poudre de corne de licorne ont laissé la place aux remèdes modernes, mais une arrière-salle abrite une exposition d’ustensiles médicaux d’antan. L’entrée est libre, profitez-en !

Proche de la place de l’Hôtel de Ville se trouve une église blanche au clocher octogonal. C’est l’église du Saint-Esprit, construite au 14e siècle, aussi remarquable à l’intérieur qu’à l’extérieur. L’horloge peinte de sa façade est la plus ancienne de la ville. Je recommande la visite, gratuite avec la Tallinn Card.

M’aidant de mon plan de la ville, je me dirige vers le passage Sainte-Catherine et sa Cour des Artisans.

Ce passage qui relie les rues Vene et Müürivahe est sans aucun doute la ruelle la plus photogénique de la vieille-ville. Elle abrite la Guilde de Sainte-Catherine, un regroupement de boutiques d’artisans où sont créés et vendus chapeaux, couettes, céramique, soie peinte et autres objets d’art. A quelques pas de là, la Cour des Artisans propose quant à elle objets d’artisanat, bijoux et délicieux chocolats. L’endroit idéal pour vos achats de souvenirs. Attention, c’est très touristique, donc les prix s’en ressentent. Bon, c’est en faite le cas de toutes les boutiques que j’ai visité… En me dirigeant vers le port, je visite l’église Saint-Olaf, dont j’avais pu apercevoir le clocher depuis la place de l’Hôtel de Ville.

Cette église gothique du 14e siècle fut, de 1549 à 1625, l’édifice le plus haut du monde. Son clocher mesurait alors 159 mètres et devait être un spectacle impressionnant. C’était malheureusement aussi un excellent paratonnerre et les incendies ont ravagé l’église en 1625 et en 1820. Avec ses 124 mètres, le clocher actuel domine toujours la vieille-ville et réserve aux courageux qui l’escaladent (comme votre serviteur) un superbe panorama. Ce n’est pas quelques marches qui… qui vont… pffff <s’arrête, essoufflé>.

Toujours en direction du port, je tombe nez-à-nez avec les remparts et fortifications qui entoure le centre-ville. D’améliorations en additions, Tallinn possédait au début du 15e siècle un des meilleurs systèmes de défense de toute l’Europe du nord. Durant l’occupation suédoise, les remparts et les tours ont été renforcés et des tunnels secrets ont été creusés autour des bastions. Il reste aujourd’hui 1,9 km de remparts, 20 tours défensives et des fragments de deux des six portes. Les meilleurs points de vue sur les remparts sont le belvédère de Patkuli sur la Toompea et la place des tours (Tornide väljak), un parc près de la gare.

J’arrive finalement au bord de la mer, juste après avoir traversée la Porte côtière, à côté de laquelle se trouve la tour de la Grosse Margaret. Cette tour de défense large et massive a été construite entre 1511 et 1530 pour protéger la ville des attaques par la mer.

Comme le port n’a finalement rien de très spécial à offrir, je reviens sur mes pas et visite le musée estonien de la Marine, occupant de nos jours la Grosse Margaret, la deuxième des principales tours de la ville. Ce musée vous apprendra tout ce qui concerne le passé maritime de Tallinn. Ancien matériel de plongée, vieilles cartes, maquettes de bateaux remplissent ses quatre étages. On peut également monter au sommet de la tour pour profiter de la vue sur la ville et le port. L’entrée est gratuite avec la Tallinn Card.

Il est midi passé, mais le petit-déjeuner de titan que j’ai eu ce matin m’ôte toute envie de manger pour le moment. J’en profite donc pour longer les remparts et trouver une des rares portions de ces derniers accessibles au public. Il s’agit des tours Nunna, Sauna et Kuldjala.

Elles sont situées sur la rue Suur-Kloostri. L’entrée est gratuite avec la Tallinn Card et se fait par la tour Nunna. Vous pouvez alors suivre les remparts jusqu’aux tours Sauna et Kuldjala.

La Tour Epping, située toute proche, est quelques peu différente. Elle ne propose pas d’accès aux remparts, mais expose armes et armures du moyen âge sur ces six étages. On peut même y revêtir une cotte de maille et s’essayer au maniement de l’épée. A mon arrivée, quelques gueux s’étant déjà appropriés les armures disponibles, j’ai passé mon chemin. L’entrée est… gratuite avec la Tallinn Card ? Bravo ! Vous l’avez compris, mais quasi toutes les attractions touristiques sont gratuites avec la Tallinn Card, de belles économies en perspective !

Je reviens vers la place de l’Hôtel de Ville en passant par les Portes de Viru.

Les Portes de Viru est le nom donné aux deux petites tours rondes au bout de la rue Viru mais il s’agit en réalité des avant-portes d’un complexe beaucoup plus élaboré, démoli dans les années 1880 pour faciliter la circulation. Les deux petites tours couvertes de vignes sont devenues un symbole de la ville. Elles ne peuvent pas être visitée (je crois que cela se voit sur la photo) et ont donc avant tout un attrait photographique.

Pour finir la journée, je visite le musée de la ville de Tallinn et le musée de la photographie. Le premier, situé dans une maison de marchand du 14e siècle, est une excellente introduction à l’histoire de Tallinn, depuis les premiers signes de présence humaine jusqu’à la Révolution chantante et à l’indépendance de 1991. Le second, juste derrière l’Hôtel de Ville et situé dans une ancienne prison médiévale, présente la photographie estonienne de 1840 à 1940. On peut y voir un laboratoire du début du 20e siècle, de fascinantes photos anciennes de Tallinn et des centaines d’appareils photo, dont un Minox des années 1930 conçu en Estonie. Collector, collector !

Suivant les conseils d’une brochure de l’office du tourisme et des indications de TripAdvisor, je vais manger au restaurant Olde Hansa, une adresse semble-il très connue à Tallinn. Et pour cause, ce sera mon coup de cœur culinaire !

Des couverts en céramique aux bougies éclairant faiblement votre assiette en passant par les serveurs vêtus de vêtements en lin ou toile de jute, vous êtes projeté presque un millénaire en arrière. Bienvenue au Olde Hansa ! Ici, on boit sa bière dans un pichet rustique, assis sur une vieille chaise grinçante sous les mélodies des troubadours postés en hauteur, qui accompagneront votre repas de leur airs médiévaux enjoués. J’ai beaucoup apprécié l’endroit et j’ai eu l’occasion de partager quelques mots d’anglais avec un jeune couple russe attablé à côté de moi qui partageait également mon engouement ! Une visite à Tallinn ne serait pas complète sans prendre un repas dans ce cadre touristique, mais charmant ! Les repas ne sont pas spécialement cher et il y a de quoi vous remplir la panse ! « Tavernier ! Une autre pinte de bière au miel ! ». Ils vendent également en journée des paquets d’amandes caramélisées « à l’ancienne ». Un délice ! Je suis d’ailleurs passé 6 fois pour acheter un nouveau paquet. Trop bon ! Le ventre plein, je retourne à mon hôtel et prépare la journée suivante avant de goûter à un sommeil bien mérité.

Nouvelle journée, avec de la grimpette en perspective ! Après un autre bon petit-déjeuner, je me promène un peu dans la ville-basse.

Ensuite, direction la ville-haute pour admirer la vue et visiter d’autres édifices. Sur le chemin, je visite l’église Saint-Nicolas.

Des saints et des squelettes dansants constituent les principaux attraits de cet édifice du 14e siècle. Détruite par un bombardement pendant la Seconde guerre mondiale, l’église a été soigneusement reconstruite dans les années 1980. C’est aujourd’hui un musée d’art sacré, renommé pour la magnifique mais inquétante « Danse macabre » de Bernt Notke, qui vaut la visite. Comme d’habitude, entrée gratuite avec Tallinn Card.

COLLINE DE TOOMPEA, LA HAUTE VILLE

Toompea est une colline calcaire située au centre de Tallinn. Surplombant la ville de 20 à 30 mètres, le sommet forme un petit plateau rectangulaire d’environ 400 mètres sur 250. Selon la légende, la colline est un tumulus érigée sur la tombe de Kalev par son inconsolable femme Linda. La question à se poser avant de gravir la colline est : par quelle jambe vais-je y monter ? Oui, vous avez bien lu. Non, je ne parle pas de votre jarret gauche ou se son voisin… Lisez plutôt.

Les deux jambes de Tallinn

La vieille-ville se divise en deux parties distinctes : la ville basse et la colline de Toompea, reliées par deux rues pittoresques surnommées les deux « jambes » de Tallinn : Pikk jalg (la jambe longue) et Lühike jalg (la jambe courte). La plupart des visiteurs gravissent la colline de Toompea par l’une de ces deux jambes et redescendent par l’autre. Jadis, Pikk jalg, la plus droite des deux rues, était empruntée par les chariots de marchandises montant à Toompea ou en redescendant. Elle part de la Tour de la Longue Jambe, avec ses trois étages, et s’achève auprès des bulbes colorés de la cathédrale Alexandre Nevski. L’un des murs qui longent la rue est devenu un emplacement favori où les artistes locaux vendent tableaux et dessins. Plus étroite et sinueuse, Lühike jalg était l’accès utilisé habituellement par les piétons. Cette curieuse petite rue, constituée principalement d’une volée de marches, accueille plusieurs petites boutiques d’art, ainsi qu’un musée et un café. À son sommet, la Tour de la Jambe Courte est connue pour être l’un des lieux les plus hantés de la vieille-ville. La tour a été restaurée dans les années 1980, mais la grande porte en bois du 17e siècle est authentique.

La premier édifice que l’on aperçoit après la montée est la Cathédrale Alexandre Nevski.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet élément architectural détonne clairement avec les remparts et les tours médiévales de la ville. La plupart des Estoniens ne l’apprécient guère à cause de sa situation et de sa signification politique originelle (symbole de la domination tsariste). Cette cathédrale est aujourd’hui le principal lieu de culte des fidèles russes orthodoxes. Je n’y suis pas entré car il s’y tenait visiblement une cérémonie particulière et je ne voulais pas déranger.

Juste en face de la cathédrale se trouve le château de Toompea et la tour Pikk Hermann.

Le château de Toompea est le siège du pouvoir en Estonie depuis la construction de la première forteresse de pierre à cet emplacement par les Chevaliers Porte-Glaive, entre 1227 et 1229. Il abrite aujourd’hui le Parlement et peut-être visité. Malheureusement, un groupe d’une vingtaine de touristes s’y engouffre à mon arrivée. Je me suis alors dis que j’y retournerai plus tard, mais je ne l’ai finalement pas fais. J’ai fais le tour du château par la gauche pour arriver dans un petit jardin, dominé par la tour Pikk Herman (« Le grand Hermann »).

Cette tour, postée à l’angle sud-ouest du château de Toompea, est un symbole essentiel de la nation estonienne. Comme c’est la plus haute tour du château, on a coutume de dire que celui qui y plante son drapeau gouverne l’Estonie. En 1989, le drapeau estonien bleu-noir-blanc a remplacé le drapeau soviétique pour la première fois, une victoire symbolique pour le mouvement indépendantiste. Aujourd’hui, le drapeau estonien est hissé tous les jours au son de l’hymne national.

En direction des belvédères, célèbres points d’observations de la ville, je m’arrête visiter la cathédrale de la Vierge Marie.

Le nom courant de cette église à la blancheur éblouissante est Toomkirik (l’église du Dôme). C’est la plus importante église luthérienne du pays. Construite avant 1233 et rebâtie plusieurs fois depuis, c’était l’église de la noblesse allemande. A l’intérieur, on peut y observer différents blasons et pierres tombales. Entrée libre avec la Tallinn Card.

Enfin, le clou de la journée, les belvédères ! C’est un passage obligé pour les visiteurs, surtout si la météo est favorable. On peut alors y admirer la ville sous différents angles.

Jadis, les nobles vivant sur la colline de Toompea regardaient de haut (au sens propre comme au figuré) les marchands et les artisans de la ville basse. Deux belvédères en particulier offrent des panoramas fantastiques sur les toits de la vieille-ville, les tours des remparts et bien au-delà. Depuis la rue Kohtu, la vue de la vieille-ville se détachant sur le fond du quartier financier moderne est exceptionnelle. Patkuli est en revanche le meilleur endroit d’où admirer les célèbres remparts et les tours, ainsi que l’église de Saint-Olav et le port. Des volées de marches permettent de descendre à flanc de falaise de Patkuli jusqu’à la rue Nunne, ce que j’ai fais.

Direction ensuite vers une autre attraction bien connue de Tallinn, Kiek in de Kök.

Les amateurs de remparts, tours et canons doivent absolument visiter ce musée des défenses de la ville. Le nom de cette tour de 38m signifie « un coup d’œil dans la cuisine ». En effet, elle était si haute que les gardes prétendaient qu’ils voyaient dans les cheminées des maisons voisines. Bâtie dans les années 1470, elle fut ensuite agrandie et renforcée. Entrée libre avec la Tallinn Card.

Ce musée est aussi le point de départ pour la visite des souterrains cachés sous la colline de Toompea. Cependant, les tunnels des bastions ne sont accessibles que lors de visites guidées du mardi au dimanche et il recommandé de réserver bien en avance (gratuit avec la Tallinn Card).

Sous la ville

Comme toute ville médiévale qui se respecte, Tallinn possède des souterrains, des tunnels de défense construits sous le pouvoir suédois dans les années 1600. À une époque où l’on craignait constamment les attaques, les architectes érigeaient de hauts bastions à l’extérieur de la cité fortifiée. Des tunnels passaient sous les remparts et permettaient d’acheminer soldats et munitions là où cela était nécessaire, et bien évidement d’espionner les ennemis. Certains tunnels furent oubliés. En 2003, des ouvriers creusant des fondations près du musée des Occupations y découvrirent un réseau de tunnels tapissés de calcaire datant de la fin du 17e siècle. D’autres tunnels sont connus depuis toujours, comme ceux qui passent sous la colline de Harju et la colline de Linda, sur le bord de Toompea. Construits dans les années 1670, ils furent peu utilisés jusqu’à leur conversion en abris contre les bombardements pendant la deuxième guerre mondiale. À l’époque soviétique, on y installa l’électricité, l’eau courante, le téléphone et un système de ventilation.

J’ai eu de la chance car un groupe incomplet s’était formé et ils m’ont demandé si je voulais aller avec eux. Banco, je signe et j’accompagne mes petits camarades dans une salle de cinéma. Un court film est projeté et nous explique l’histoire des tunnels, comment ils ont été découverts, etc. S’en suit la visite des dits tunnels. Certaines parties ont conservé leur aspect médiéval, tandis que d’autres sont jonchées des débris de l’ère soviétique. Le circuit comprend également un trajet en petit train, qui permet aux visiteurs de découvrir les différents âges passés du tunnel, et même de jeter un œil dans un possible futur.

Une centaine de mètres en contrebas de la tour se trouve un autre musée que je voulais visiter, celui des Occupations.

Ce musée moderne, en bordure de la vieille-ville, est consacré à la période 1939-1991, durant laquelle l’Estonie a été occupée brièvement par l’Allemagne, puis par l’Union soviétique. Des documents audio-visuels, des photographies et des enregistrements retracent ces événements, la répression et la résistance populaire, et montrent comment le peuple a affronté les réalités quotidiennes de cette période difficile. Très intéressant, je le recommande. Entrée libre avec la Tallinn Card.

Ce soir, souper au Kaerajaan, sur la place de l’Hôtel de Ville. Très bien mangé et super service. La viande (chasse) était excellente et le dessert avait un goût de « reviens-y ». Excellent !

Le lendemain, je prends le bus pour Riga avec la compagnie Lux Express. 13€ pour le trajet, bus confortable et spacieux. Attention : si vous voyez un quelconque objet trainer sur votre siège, comme un paquet de cigarette ou autre, débarrassez-vous en sans le toucher directement à main nues. J’ai une anecdote à ce sujet, mais ce sera pour une prochaine fois !

BILAN DE MON VOYAGE À TALLINN

Ma foi, c’était une belle découverte que celle de la capitale de l’Estonie. Comme je l’ai dit, ce n’est pas la première destination touristique à laquelle on pense mais la ville est charmante et les amateurs de cité médiévale comme moi seront ravis. L’hébergement et la nourriture ne sont pas excessivement cher, à l’inverse des magasins de souvenirs dont le prix était nettement plus élevé par rapport à ce que j’ai déjà pu voir dans d’autres grandes villes. Les locaux sont sympathiques et il y a quantité de chose à faire et à voir. J’y retournerai très certainement. En plus, Helsinki en Finlande n’est qu’à 3 heures de ferry, idéal pour un « one-day trip » si vous avez fais le tour de la ville plus rapidement que prévu.