Project Description

Que l’on soit un passionné d’histoire, que l’on ait servi durant la Seconde Guerre mondiale ou que l’on soit tout simplement intéressé par les événements épiques et tragiques de ce moment historique, on peut envisager une excursion d’une journée depuis Paris qui comprend un tour à Omaha Beach, une visite au cimetière américain de Saint-Laurent et un arrêt à Arromanches.

Nous partons du centre de Paris au petit matin et nous nous dirigeons vers les côtes du nord de la France. Durant le voyage, notre guide nous raconte en détail le fameux Débarquement ainsi que les évènements de la Bataille de Normandie qui s’en suivi. En voyageant à travers la charmante campagne normande, il est difficile d’imaginer que cette zone fut autrefois le théâtre de la plus grande invasion amphibie de l’Histoire.

Nous arrivons en fin de matinée à Omaha Beach. Cette dernière est la plage du débarquement de Normandie qui a eu le plus lourd bilan de pertes du Jour J (30 % du total des pertes du 6 juin 1944) et elle partage avec Juno Beach, le taux de perte le plus fort avec près de 8 % des effectifs débarqués dont beaucoup par noyade. 1000 américains sont tués et 2000 blessés sur Omaha (le bilan précis reste inconnu), 90 % des hommes de la première vague étant tués ou blessés. L’histoire retient le surnom de «Bloody Omaha» (Omaha la sanglante) que des films célèbres comme « Le jour le plus long » ou « Il faut sauver le soldat Ryan » ont mis en scène. Être debout au milieu des plages du débarquement est une expérience étrange, même si la situation est bien différente de l’époque.

Nous mangeons dans un restaurant de campagne à proximité, puis nous nous dirigeons vers le cimetière américain de Colleville-sur-Mer. Ce dernier compte parmi les 252 sites funéraires permanents des États-Unis sur sol étranger et est situé sur une falaise qui surplombe la plage d’Omaha. Theodore Roosevelt Jr., fils du président Theodore Roosevelt, est enterré ici avec les près de 10’000 soldats américains morts pendant la Bataille de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale.

Même si les allées de services permettent d’accéder au cimetière en de multiples endroits, le visiteur entre généralement du côté est. Là se trouve le mémorial et une statue en bronze de sept mètres de haut, œuvre de Donald De Lue. Elle occupe le centre d’une colonnade semi-circulaire honorant les troupes aéroportées et le rôle de bouclier qu’elles ont assurées aux deux extrémités du front du débarquement amphibie lors de l’Opération Neptune. Orientée vers l’Ouest, son regard embrasse les nombreux alignements de sépultures. Elle symbolise «L’Esprit de la jeunesse américaine s’élevant des flots».

Chaque demi-heure, un carillon brise le silence de ses quelques notes et semble soudainement rappeler l’inexorable écoulement du temps face à la mémoire à jamais figée des lieux. La « Taps » (sonnerie aux morts de l’armée américaine), peut également s’entendre après que le carillon ait exécuté « The Star-Spangled Banner ».

Les extrémités du mémorial sont composées de grandes loggia dont les murs sont recouverts de cartes d’opérations militaires. La première et la plus imposante, «Le Débarquement en Normandie», représente l’établissement de la tête de pont ainsi que les opérations qui suivirent et permirent au alliés d’entrer définitivement dans les terres (Opération Cobra, Bataille de Saint-Lô, Bataille de Cherbourg). La seconde carte intitulée «Opérations aériennes au-dessus de la Normandie mars-août 1944» retrace les différentes opérations aériennes effectuées lors de cette période : bombardements, parachutages, tractage de planeurs, etc. Un long texte en Anglais et Français résume les événements du 6 juin jusqu’à la percée d’Avranches fin juillet 1944. La troisième carte titrée «6 juin 1944 Les débarquements d’assaut amphibies» présente le plan d’attaque navale depuis les ports Anglais en passant par le point de ralliement « Piccadilly Circus », jusqu’aux zones finales de débarquement. Enfin, la quatrième et dernière carte «Opérations militaires en Europe Occidentale, 6 juin 1944 – 8 mai 1945» évoque l’ensemble de l’avancée alliée depuis le débarquement du 6 juin 1944 jusqu’à la fin de la guerre le 8 Mai 1945.

Un second texte intitulé «De la Normandie à l’Elbe» expose brièvement les grands jalons qui auront marqué l’avancée alliée en Europe à partir du 6 juin 1944 : la Poche de Falaise, le Débarquement de Provence, la Libération de Paris, l’Opération Market Garden, la Bataille des Ardennes, la prise du Pont de Remagen, jusqu’à l’Elbe Day.

Un peu plus loin se trouve le cimetière. Dix blocs, séparés par l’allée centrale en deux groupes de cinq, forment l’espace dédié aux tombes où reposent les corps de 9388 personnes, dont 307 inconnus et quatre femmes. En tout, on compte 9384 militaires et 4 civils. Ces personnes sont principalement décédées le jour du Débarquement ou dans les semaines suivantes en Normandie, principalement au combat. 14’000 dépouilles, d’abord inhumées en Normandie, ont été rapatriées aux États-Unis, à la demande de leurs proches. Les stèles de marbre blanc sont en forme de croix latine ou d’étoile de David, selon la croyance de la personne qu’elle représente. Chaque année lors des commémorations du 6 juin 1944 ainsi que du Memorial Day, deux drapeaux, américains et français, sont plantés au pied de chacune d’entre elles tandis que des associations se chargent de fleurir les tombes afin de faire perdurer la mémoire intergénérationnelle. Lors de leurs visites, les proches et familles des disparus peuvent ramasser du sable de la plage en contrebas et l’appliquer sur les lettres gravées des croix ou étoiles, afin de leur donner un aspect doré et lumineux. Les caractères, ainsi mis en relief l’espace de quelque temps, redonnent une identité à des stèles habituellement anonymisées par leur grand nombre et leur homogénéité.

Notre arrêt dans la zone comprend également une visite au centre des visiteurs, où l’on peut apprendre que malgré une planification minutieuse des débarquements, presque rien ne s’est passé comme prévu.

Nous reprenons alors la route vers notre dernier stop de la journée, Arromanches. De nos jours, on peut encore voir sur les plages les débris de Mulberry, un port artificiel provisoire ayant permis le débarquement de matériel lourd sans attendre la conquête de ports en eaux profondes, tels que ceux du Havre ou de Cherbour. Les Britanniques ont construit d’énormes caissons flottants en béton armé, appelés « Phoenix » qui, après avoir été remorqués à travers la Manche, devaient être assemblés en les coulant grâce à des vannes afin de former des quais et jetées formant une digue et délimitant le port artificiel, comprenant des pontons flottants qui suivaient les marées et étaient reliés à la terre par de véritables chaussées flottantes. Après un tour sur la plage et dans le village, nous repartons en direction de Paris.

BILAN DE CETTE JOURNÉE EN NORMANDIE

Lors de mes études, j’ai longuement étudié la Seconde Guerre Mondiale et surtout les évènements ayant eu lieu durant le Débarquement de Normandie. A l’époque, c’était par intérêt que je dévorais les livres d’histoire concernant ces évènements et aujourd’hui, c’est plus par curiosité que j’ai visité les champs de bataille historiques de Normandie. L’expérience est intéressante, mais n’a sûrement pas le même impact si l’on a soi-même participé à la Seconde Guerre Mondiale. En effet, des seniors en uniforme militaire de l’époque, bardés de décorations, se recueillaient auprès des tombes de leur camarades décédés et cela impose le respect.