Project Description

La Loire regorge de villages anciens et de châteaux que l’on trouve dans les livres de contes et fut convoitée par les Gaulois, les Romains, les Wisigoths et même Attila le Hun. Depuis Paris, il est possible de joindre un tour proposant une visite des sites les plus connus, comme Cheverny, Chenonceau ou encore Chambord.

Nous voici donc partis de bon matin pour une excursion de deux jours dans la vallée de la Loire. Nous allons visiter quelque-uns des châteaux les plus célèbres de la région. Bien entendu, il est impossible d’en faire le tour complet en si peu de temps, donc ne m’en veuillez pas si je ne décris pas chacune de mes visites dans le détail, car ce serait trop long. Je vais me contenter d’un petit texte d’introduction et de quelques images. Pour en savoir plus, vous pouvez également cliquer sur les noms des châteaux en titre pour être redirigé vers le site officiel du château en question.

CHÂTEAU DE SAUMUR ET LA LOIRE

Notre premier arrêt se fait sur les bords de la Loire, juste à côté de la ville de Saumur. Depuis des siècles, cette ville vit sous la silhouette majestueuse de son château, sur la Route historique de la Vallée des Rois, au cœur du Val de Loire. Château-palais des Ducs d’Anjou aux 14e et 15e siècles, dans lequel a résidé le Roi René, le Château de Saumur est le dernier exemple des palais princiers érigés par la dynastie des Valois. Devenu résidence des gouverneurs de la Ville, puis prison, dépôt d’armes et de munitions, il a été racheté par la Ville en 1906 afin d’abriter le musée municipal, aujourd’hui Musée de France. Visible à des kilomètres sur son piton rocheux, dominant la vieille ville et la Loire depuis le sommet d’un coteau, cette forteresse présente la silhouette idéale des châteaux médiévaux des livres d’histoires. Après avoir admiré la ville et son château depuis l’autre côté de la rivière, nous continuons notre voyage.

Nous arrivons un peu plus tard à Langeais, où nous visitons le château du même nom. En 1465, Louis XI décide la construction d’un château neuf à Langeais. Son architecture reflète les changements qui s’opèrent au tournant des 15e et 16e siècles : côté ville, la façade possède tous les attributs du château fort : grosses tours, pont-levis, chemin de ronde sur mâchicoulis. Pourtant l’édifice n’est plus une véritable forteresse. Côté cour, la façade répond à ce qu’attend désormais un roi ou un grand seigneur de sa résidence : être un lieu de séjour agréable, ouvert sur l’extérieur par de belles fenêtres.

Cet ensemble comprend quinze salles meublées et décorées dont la «salle des Preux» et sa collection unique de tapisseries des 15e et 16e siècles. Y sont notamment exposées sept pièces (sur neuf) de la célèbre tenture ou suite « des Preux » (1525-1540), qui aurait été réalisée pour Pierre Paien ou Payen, seigneur protestant de Chauray en Poitou.

C’est dans l’une des grandes salles du château que se déroule, en présence d’une petite assistance, le mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne, à l’aube du 6 décembre 1491. Ce mariage marque alors le début du rattachement du duché à la royauté française. Le contrat stipule que les conjoints se font mutuelle donation de leurs droits sur le duché. De plus, Anne s’engage à épouser, si le roi meurt sans enfant mâle, le nouveau souverain. C’est ce qu’il adviendra : les enfants du couple royal meurent à la naissance ou en bas âge et Charles VIII meurt en 1498 au château d’Amboise. Anne de Bretagne épouse alors le cousin de Charles VIII, Louis d’Orléans, qui régnera sous le nom de Louis XII.

Très bien conservé et peu remanié, le château de Langeais est un bel exemple d’architecture de la fin de la période médiévale, caractérisé par son pont-levis, ses hautes toitures, ses mâchicoulis, son chemin de ronde et ses cheminées monumentales finement sculptées. Langeais est en fait à la charnière entre Moyen Âge et Renaissance, sa façade ouest, côté jardin, offrant un tout autre visage, marqué par des décorations de type renaissance. C’est une superbe première visite, tant le château est magnifique et se visite facilement pour peu que monter quelques séries de marches ne rebutent pas les visiteurs !

Nous arrivons à Amboise vers midi, où nous sommes « libérés » le temps de manger un morceau et, pourquoi pas, de visiter le château d’Amboise. Ce monument emblématique et ses jardins paysagers offrent un des plus remarquables panoramas sur la vallée de la Loire, classé au Patrimoine mondial par l’Unesco. Je ne l’ai pas visité et cela pour deux raisons : le prix prohibitif de € 11 pour l’entrée (non-inclus dans le tour) et le fait que je voulais pouvoir manger tranquillement sans devoir courir pour visiter le château au risque de ne pas avoir assez de temps pour me restaurer. Après un rapide tour du centre, je m’installe en terrasse d’une crêperie bretonne où je déguste crêpes salées et sucrées avec un bon verre de cidre. Une glace et quelques photos plus tard (pas des crêpes, malheureusement), nous sommes prêts à repartir pour notre prochaine destination.

Le Château de Villandry est le dernier des grands châteaux de la Loire érigés pendant la Renaissance. L’élégance sobre de son architecture alliée au charme de ses jardins remarquables font de ce monument l’un des fleurons du patrimoine mondial.

Les jardins du château sont la reconstitution à partir de textes anciens d’un jardin à la française du 14e siècle. Ces jardins sont divisés en quatre terrasses : une terrasse supérieure comportant le jardin du soleil, une terrasse avec le jardin d’eau entouré d’un cloître de tilleuls, une terrasse accueillant le jardin d’ornement ou jardin de broderies de buis taillés et d’ifs en topiaire et enfin une terrasse inférieure avec le potager décoratif, lui aussi formant un dessin de broderie.

Le jardin d’ornement situé au-dessus du potager prolonge les salons du château. Monter jusqu’au belvédère permet d’avoir une vue magnifique sur l’ensemble. Il est constitué des jardins d’amour divisés en 4 ensembles :

  • L’amour tendre symbolisé par des cœurs séparés de petites flammes
  • L’amour passionné avec des cœurs brisés par la passion, gravés dans un mouvement rappelant la danse
  • L’amour volage avec 4 éventails dans les angles pour représenter la légèreté des sentiments
  • L’amour tragique avec lames de poignards et glaives pour représenter la rivalité amoureuse.

Le jardin d’eau à l’extrémité sud de l’ensemble est de création classique autour d’une large pièce d’eau représentant un miroir Louis XV et entouré d’un cloître végétal de tilleuls. L’ensemble comprend aussi un labyrinthe planté de charmilles, dont le but est de s’élever spirituellement jusqu’à la plateforme centrale, un jardin des simples, c’est-à-dire des plantes aromatiques et médicinales, traditionnel au Moyen Âge, la Forêt avec des terrasses fleuries autour d’une serre et d’un beau pavillon du 18e siècle, le Pavillon de l’Audience, enfin le jardin du soleil, le dernier-né, avec 3 espaces de verdure, la chambre des nuages aux tons bleus et blancs, la chambre du soleil où dominent les jaune-orangé et la chambre des enfants avec ses pommiers.

Admettons-le, Villandry est plus visité pour les magnifiques jardins de son château que pour ce dernier. Aussi, je décide de marcher calmement dans les différents jardins et d’en faire le tour sans pour autant visiter le château. D’après les autres touristes de mon groupe, j’ai vraisemblablement gagné au change car les avis sont unanimes : l’intérieur du château est bien peu de chose comparé aux jardins. J’ai même le luxe de m’offrir un rafraichissement sur la terrasse extérieure face aux jardins.

Nous repartons pour Angers, où nous passerons la nuit au Mercure Hôtel du coin.

Nouvelle journée, nouveau château. Nous repartons de bonne heure d’Angers en direction de Chenonceaux.

Propriété de la Couronne, puis résidence royale, le château de Chenonceaux est un site exceptionnel, par sa conception originale, la richesse de ses collections, de son mobilier et de sa décoration, mais aussi par sa destinée, puisqu’il fut aimé, administré et protégé par des femmes, toutes hors du commun et qui, pour la plupart ont marqué l’histoire. «Château des Dames» pour l’histoire de France, bâti en 1513 par Katherine Briçonnet, embelli successivement par Diane de Poitiers et Catherine de Médicis, Chenonceaux fut sauvé des rigueurs de la Révolution par Madame Dupin. Cette empreinte féminine est partout présente, le préservant des conflits et des guerres pour en faire depuis toujours un lieu de paix.

Le Château de Chenonceaux possède une exceptionnelle collection muséale de peintures de grands maîtres : Murillo, Le Tintoret, Nicolas Poussin, Le Corrège, Rubens, Le Primatice, Van Loo etc. ainsi qu’une rarissime sélection de Tapisseries des Flandres du 16e siècle. Tout au long de son histoire, ce château emblématique a toujours attiré les talents et inspiré les plus grands artistes. Au Château de Chenonceaux, la mise en fleurs de chacune des pièces somptueusement meublées ajoute encore au raffinement. Chambre des cinq reines, salon Louis XIV, grande galerie sur le Cher, étonnantes cuisines construites dans les piles du pont, Cabinet Vert de Catherine de Médicis… Pas à pas, Chenonceaux nous transporte à travers l’histoire !

Le château est comme posé sur un océan de pelouses, entouré d’un parc à l’anglaise. Plantés entre 1820 et 1860 par Paul de Vibraye, de magnifiques séquoias, cèdres et tilleuls en constituent les essences boisés.

Le château présente des pièces de mobilier et des aménagements intérieurs remarquablement conservés. Les appartements du 1er étage témoignent de l’art de vivre à la française : la chambre des naissances, la chambre d’enfants, la salle à manger, etc. Mais Cheverny recèle bien d’autres trésors comme par exemple la tapisserie des Gobelins du 17ème siècle présentée dans la Salle d’Armes ou encore la commode d’époque Louis XIV de style Boulle. Face à la Salle des Trophées, le jardin potager, œuvre de la Marquise de Vibraye, offre une vision multicolore à travers le mélange des fleurs et des légumes et l’utilisation de différents matériaux.

Le domaine héberge actuellement une meute d’une centaine de chiens de chasse et sont visibles à tout moment de la journée au cours de votre visite. Le domaine organise régulièrement des chasses à courre. Sachez enfin que le château de Cheverny a inspiré Hergé pour la création du château de Moulinsart dans la bande-dessinée « Les aventures de Tintin », qui en est la réplique amputée de ses deux pavillons extérieurs. Nous continuons notre voyage vers la dernière destination de cette journée.

Construit au cœur du plus grand parc forestier clos d’Europe (environ 50 km2 ceint par un mur de 32 km de long), il s’agit du plus vaste des châteaux de la Loire. Il bénéficie d’un jardin d’agrément et d’un parc de chasse classés Monuments historiques. Le site a d’abord accueilli une motte féodale, ainsi que l’ancien château des comtes de Blois. L’origine du château actuel remonte au 16e siècle et au règne du roi de France François Ier qui supervise son édification à partir de 1519. Bien qu’il ait la réputation d’être «vide», le château abrite pourtant une riche collection de peinture, de tapisseries, de mobilier et d’objets d’art. Cette dernière visite clôture à merveille ce tour des châteaux de la Loire.

C’est des souvenirs pleins la tête que je m’endors dans le bus qui nous ramène à Paris ; il faut dire que ces visites sont tout de même fatigantes ! Malgré un coût quelque peu élevé, je pense que cette excursion de 2 jours en valait la peine car j’ai pu admirer quelque-uns des châteaux les plus célèbres de France. Chacun d’entre eux était une vraie œuvre d’art en soi et c’était un vrai plaisir que de pouvoir les contempler.