Project Description

Corinthe était l’une des plus importantes cités de la Grèce antique, située dans les terres au pied de son acropole, l’Acrocorinthe et connue pour son canal. Le sanctuaire d’Asclépios est un haut-lieu de la médecine grecque. Durant l’Antiquité, les pèlerins accouraient de toute la Grèce pour s’y faire soigner et ce lieu abritait des médecins très réputés. On a retrouvé à Épidaure des vestiges importants d’équipements sportifs, mais le site est surtout célèbre pour son théâtre. Enfin, Mycènes est une cité antique préhellénique située sur une colline au nord-est de la plaine d’Argos dans le Péloponnèse, et entourée de murs cyclopéens (assemblage de blocs énormes).

Aujourd’hui, c’est donc une grosse journée de découverte qui m’attend. En effet. ce n’est pas moins de trois sites historiques que je m’en vais visiter, toujours en bus depuis Athènes. Comme à mon habitude, je quitte la capitale grecque très tôt le matin et y revenir très tard le soir. En route !

Nous commençons par rejoindre Corinthe et son impressionnant canal, creusé à travers l’Isthme de Corinthe.

Après une petite pose photo sur place, nous reprenons la route pour le sanctuaire d’Asclépios.

À l’époque classique, la renommée du sanctuaire d’Asclépios est très grande. On y pratique la médecine par les songes. Il comprend plusieurs bâtiments publics, dont un grand temple construit au début du 4e siècle av. J.-C. en l’honneur d’Asclépios. Sont également organisés les Asclépiéia, des jeux comprenant des courses de chevaux et des concours de poésie. Le culte d’Asclépios atteint son apogée à l’époque hellénistique. Dès le début du 5e siècle av. J.-C., une fête panhellénique qui combinaient épreuves gymniques et musicales avait lieu tous les quatre ans à Épidaure, au sanctuaire d’Asclépios. A peine arrivé, c’est vers le célèbre théâtre d’Épidaure que nous nous dirigeons.

Le théâtre d’Épidaure est le mieux conservé et passe pour le plus accompli de tous les théâtres grecs antiques. Probablement construit au début du 3e siècle av. J.-C., il est parvenu jusqu’à notre époque dans un état exceptionnel. Les gradins de calcaire gris, presque tous d’origine, n’ont été restaurés que sur les deux ailes. Le koilon, qui signifie le «creux» et formant l’ensemble des sièges des spectateurs, se développe en un hémicycle de 55 rangées de gradins, divisé en deux niveaux par un couloir. Il était constitué, à l’origine, de 34 volées de gradins, pouvant accueillir 6’200 spectateurs répartis sur 12 sections séparées par 13 escaliers. Le niveau supérieur, ajouté au 2e siècle av. J.-C., compte 21 gradins et 22 sections. La capacité du théâtre se trouva ainsi portée à 12’000 spectateurs.

Des sièges d’honneur en pierre, pourvus de dossiers, occupent le premier rang tout autour de l’orchestra. Lors de la construction, l’orchestra circulaire de terre battue, circonscrite par des dalles de marbre, accueillait les acteurs aussi bien que le chœur des danseurs et des musiciens. La scène quadrangulaire, dont on distingue encore les soubassements, fut ajoutée par la suite, ainsi que l’avant-scène avec ses 14 colonnes. Les portes d’entrée monumentales ont été reconstituées.

L’acoustique du théâtre d’Épidaure est justement renommée. Le moindre son produit au bas des gradins se propage jusqu’aux rangées supérieures. Les visiteurs en font traditionnellement l’expérience par des chuchotements, la chute d’une pièce de monnaie ou une allumette craquée en plein centre de l’orchestra, là où se trouve une dalle circulaire, réputée pour être l’autel du dieu Dionysos. Le temps que je monte au sommet des gradins, ce n’est pas moins de 4 personnes qui se mettent à… yodler ! Et on les entend très bien depuis le sommet du théâtre, comme quoi la réputation de ce théâtre n’est clairement pas usurpée. Je prends quelques photos et profite du temps alloué pour visiter le reste du sanctuaire, très franchement sans grand intérêt pour moi… Je retourne donc vers le bus en attendant le départ. Avant notre prochaine destination, nous nous arrêtons dans un restaurant de campagne, où nous mangeons quelques spécialités locales. C’est un de ces restaurants à touristes dont le prix est inclus dans le tour, donc rien de spécial au niveau culinaire. Après le repas, nous reprenons la route vers Mycènes.

Une fois sur place, nous visitons le site archéologique, royaume d’Agamemnon, avec notamment la tombe du héros grec, le Palais ou encore la porte des Lions.

La cité de Mycènes est connue depuis l’expédition française de 1822, mais c’est à l’archéologue allemand Heinrich Schliemann que l’on doit les premières connaissances précises de la citadelle et des tombes, fouillées à partir de 1876. De nombreuses campagnes archéologiques ont été menées depuis lors. Les vestiges de la citadelle de Mycènes ont été entièrement fouillés et on peut voir aujourd’hui le palais mycénien entouré de son enceinte cyclopéenne et d’un grand nombre de tombes à fosse ou à coupole.

L’enceinte cyclopéenne est percée de deux accès et la porte des Lionnes constitue l’entrée principale. Elle est formée d’un trilithe surmonté d’un triangle de décharge à encorbellement obturé par une plaque sculptée représentant deux lionnes dressées de part et d’autre d’une colonne à chapiteau.

De nombreuses sépultures royales ont été découvertes à l’intérieur de deux cercles situés dans l’acropole. Les deux grands cercles, situés à l’ouest de la cité, renferment de nombreuses tombes à fosse surmontées d’une dalle ou d’une stèle sculptée en bas-relief ou en méplat, et qui recèlent un matériel funéraire extrêmement riche composé de figurines de terre cuite, céramique, masques, vases et bijoux en or. Les masques mycéniens, dont le fameux masque d’Agamemnon, étaient destinés à conserver dans un moulage en feuille d’or, les traits et le souvenir des grands morts héroïsés. Cinq de ces tombes ont livré 17 os de membres inférieurs, essentiellement masculins.

On a découvert à l’extérieur de l’enceinte neuf grandes tombes monumentales à coupole, dites « tombes à tholos » en forme de ruche, construites selon la technique de l’encorbellement. Il leur a été donné des noms de fantaisie évoquant les héros homériques : trésors d’Atrée, d’Agamemnon, de Clytemnestre, d’Égisthe, etc. Ces tombes, précédées d’un long corridor à ciel ouvert, étaient accessibles par une porte monumentale. Celle de la tombe dite «Trésor d’Atrée» est surmontée d’un énorme linteau pesant plus de 120 tonnes. Il était déchargé par un triangle en encorbellement, obturé par une plaque décorée, analogue au dispositif encore en place sur la porte des Lionnes. La coupole de la chambre funéraire s’élève à 14 m et il y fait noir comme dans un four. J’en ressors finalement assez vite avant que les flash des touristes ne me rendent aveugle…

La visite des ruines de Mycène touchant à sa fin, nous regagnons notre bus et reprenons la route pour arriver à Athènes en soirée. Ce fut une journée riche en découvertes. Lors de ce voyage en Grèce, j’ai vu pas mal de ruines : certaines sont plus intéressante et/ou mieux conservées que d’autres et il y avait de tout durant cette journée. Le sanctuaire d’Asclépios, hormis son théâtre, n’a pas spécialement éveillé mon intérêt, mais les ruines de Mycène étaient sans conteste la meilleure partie du voyage. Le passage par Corinthe et son canal était très rapide, mais cela m’a suffit (des amis à moi se sont rendus dans la vieille Corinthe et m’ont dit avoir regretté la visite, qualifiée de perte de temps et d’argent, donc finalement, aucun regret pour moi !).