Project Description

Au pied du mont Parnasse en Phocide, Delphes est le site d’un sanctuaire panhellénique où parlait l’oracle d’Apollon à travers sa prophétesse, la Pythie. Il abritait également l’Omphalos ou « Nombril du Monde ». Investi d’une signification sacrée, Delphes fut du 5e au 4e siècle av. J.-C. le véritable centre et le symbole de l’unité du monde grec.

La Grèce, ce n’est bien entendu pas qu’Athènes. J’ai d’ailleurs passé plus de temps dans les autres sites touristiques majeurs de Grèce continentale qu’à me promener sur la célèbre Acropole. C’est à nouveau le cas aujourd’hui où j’entreprends un périple à Delphes. Il s’agit encore d’un tour organisé, décidément bien pratique pour visiter certains lieux éloignés de la capitale ! Delphes est un petit village qui ne vit que par le tourisme. Avec ses deux rues principales bordées de restaurants, de boutiques et d’hôtels, on en fait vite le tour. Cependant, ce petit village est malgré tout considéré comme le « nombril du monde ». En effet, il recèle un sublime site archéologique que des visiteurs du monde entier viennent admirer chaque année. Et aujourd’hui, c’est mon tour !

Delphes eu à l’époque antique un rayonnement religieux et moral considérable. La légende raconte que le premier sanctuaire appelé Pytho, était gardé par un horrible dragon, Python, terrorisant le pays. Un jour, Apollon lâcha deux aigles des deux extrémités de la terre et ils se rencontrèrent à Delphes qui est ainsi devenu le centre du monde. Quand Apollon arriva à Delphes, il tua Python mais fut condamné à garder les troupeaux du roi de Thessalie pour se purifier de ce meurtre. Depuis lors, un sanctuaire a été dédié au dieu Apollon.

Delphes eut un rôle politique très important et constituait un élément clé de la civilisation grecque. Son influence provient essentiellement de son oracle, la Pythie (Oracle). Aucune décision politique n’était prise sans que la Pythie ne soit consultée. A l’époque et jusqu’à la conquête romaine, les richesses qui s’entassaient dans le site étaient colossales. Ces dernières étaient d’ailleurs très convoitées, d’abord par les Perses en 480 puis par les Gaulois en 279 avant J.-C. Jusqu’au 2e siècle après J.-C, le sanctuaire était respecté. Cependant, il décline au 3e siècle avec la disparition du paganisme (religion païenne). C’est au 19e siècle que le site fait sa réapparition. En 1893, après de longues négociations, le village de Delphes a été entièrement déménagé et un grand chantier archéologique mené par l’École Française d’Athènes a débuté. Depuis, nombre de trésors et autre magnifiques trouvailles ont été récupérés. C’est le site le plus visité de la Grèce après l’Acropole d’Athènes et on comprend facilement pourquoi une fois sur place.

A notre arrivée, on ressent déjà la magie du lieu. Nous démarrons notre visite depuis l’entrée en contrebas du site et nous remontons à travers ce dernier au fur et à mesure jusqu’au stade, qui offre une magnifique vue de la vallée.

Le site archéologique de Delphes est composé de deux sanctuaires : celui consacré à Apollon et un, plus modeste, réservé à Athéna Pronaia. Le site de Marmaria renferme le temple d’Athéna Pronaia, édifié à la fin du 6e siècle avant J.-C. A côté de ce temple se trouvent les autels d’Athéna et de Zeus. Des inscriptions ont été déchiffrées sur ces autels concernant Hygie, déesse de la santé et Ilithyie, déesse des accouchements. Une partie de deux trésors de marbre, bâtiments luxueux abritant des offrandes datant du 5e et 6e siècle avant J.-C., a également été conservée. A côté de ce temple se trouve un des monuments les plus populaires de ce site, la tholos datant de 370 avant J.-C. La tholos est une construction circulaire d’une conception parfaite. Son marbre vient d’Athènes.

Le gigantesque gymnase de 330 avant J.-C. servait de terrain d’entraînement pour les athlètes participant aux Jeux Pythiques. C’est le plus grand complexe sportif de la Grèce antique. On distingue encore la palestre destinée aux lutteurs ainsi que la piscine ronde. Le sanctuaire d’Apollon est un site extraordinaire. Serpentant dans ce sanctuaire, la Voie Sacrée est un chemin fait de dalles avec de chaque côté des espaces destinés à abriter des statues de héros de guerre. Sur cette Voie sacrée se trouvent le trésor de Sicyone et un peu plus loin celui de Siphnos. En remontant la Voie sacrée, on admire un des édifices les mieux conservés de Delphes, le Trésor des Athéniens, construit au 5e siècle avant J.-C. Dans ce Trésor ont été découverts des documents stupéfiants, dont les hymnes à Apollon que l’on peut consulter au musée archéologique du site.

Au milieu du sanctuaire est érigé le grand Temple d’Apollon du 4e siècle avant J.-C. C’est ici que la Pythie entrait en transe. Au dessus se trouve le théâtre, datant de la même époque. Il pouvait accueillir 5’000 spectateurs et les Grecs y célébraient les fêtes delphiques en l’honneur d’Apollon. Tout en haut du site, nous atteignons finalement le stade où avaient lieu les célèbres jeux pythiques. Il y a pas mal de monde et y accéder relève presque du parcours du combattant. Je finis par me frayer un chemin mais je suis déçu : le stade ne reflète pas vraiment la splendeur du reste du site archéologique. Aussi, je retourne en direction de l’entrée tout en admirant la vue sur les montagnes environnantes.

Malgré son aspect très touristique (mais quel endroit de Grèce ne l’est pas), le site archéologique de Delphes était tout simplement superbe et la visite très instructive. Le site vaut clairement le déplacement depuis Athènes, surtout si vous êtes en voiture de location ou même en tour organisé. Ces derniers proposent très souvent des circuits de plusieurs jours et vous en passerez un à Delphes. Certes, ces excursions ne sont pas bon marché mais elles ont pleins d’avantages (transport, hébergement, etc.). A vous de voir ! Nous reprenons la route vers Kalambaka, où nous passeront la nuit. Demain, on visite les Monastères des Météores !