Project Description

Les monastères des Météores (« monastères suspendus au ciel ») sont un haut lieu du monachisme orthodoxe, situé au nord de la Grèce en bordure de la plaine de Thessalie, à proximité de la ville de Kalambaka. Il s’agit de monastères chrétiens orthodoxes perchés au sommet d’impressionnantes masses rocheuses grises, sculptées par l’érosion et appelées «Météores». Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988 et est un site touristique majeure de la Grèce continentale.

Une fois n’est pas coutume, il pleut et le temps ne s’annonce guère joyeux aujourd’hui ! C’est donc déçu que je m’embarque pour une excursion d’une journée en direction des célèbres monastères. Ce que je ne savais pas encore, c’est que le temps gris et les nuages donnent à l’endroit une allure des plus mystiques, malgré le froid et l’humidité.

Pour beaucoup de voyageurs, Kalambaka (la ville juste à l’entrée des Météores) constitue le point de départ idéal pour une visite des monastères. Sachez que seuls six d’entre eux sont encore en activité aujourd’hui et que quelques restrictions s’imposent : pas de mini-jupes et épaules couvertes pour les femmes, pas de short pour les hommes. Toutefois, la plupart des monastères proposent (et parfois vendent, « y’a pas de petit profit » !) de grands foulards pouvant s’attacher autour de la taille pour couvrir les jambes ou encore être portés sur les épaules.

Nous quittons donc Kalambaka de bon matin après une nuit sur place suite à la visite de Delphes la journée précédente. Amis cinéphiles, vous savez probablement que le monastère Aghia Triada (Sainte-Trinité) a servi de décor pour une scène du film de James Bond « Rien que pour vos yeux » en 1981.

Vous vous rappelez la fameuse scène avec Roger Moore qui s’infiltre dans le monastère à l’aide d’un panier suspendu à des poulies et manœuvrés à l’aide de contrepoids ? Et bien, c’était autrefois la seule manière d’accéder au monastère. C’est vers 1920 que furent aménagés les escaliers actuels permettant un accès plus facile. Malheureusement, nous ne suivront pas les traces de James Bond aujourd’hui, aussi nous nous contentons d’admirer le monastère Aghia Triada de loin. Par contre, nous allons pouvoir visiter l’intérieur de deux autres monastères. Nous commençons par Agios Stefanos (Saint-Stéphane).

Ce dernier est le plus riche de tous les monastères des Météores et c’est aussi le plus accessible pour les touristes. A l’entrée du monastère, une épigraphe mentionne la présence, en 1180, de l’ermite Jérémie et la construction, en 1192, des premiers bâtiments sur le promontoire. L’histoire du monastère est par la suite marquée par la visite, en 1333, de l’empereur byzantin Andronikos Paléologue. Enthousiasmé par l’accueil chaleureux des moines, il offrit au monastère des terrains et de l’argent en abondance.

En 1545, le monastère obtint son indépendance de l’évêché de Staghi. 1798 vit la construction de l’église Saint-Charalambos. En 1850, le monastère construisit à ses frais l’école de Constantin à Kalambaka, et offrit 80 000 drachmes-or pour la construction d’une école secondaire à Trikala. En 1960, le monastère presque désert fut transformé en monastère de moniales et il prospère depuis lors. La petite chapelle de Saint-Stéphane, construite dans la partie orientale du couvent et connue pour ses fresques, constitue notre première visite. Elles offrent de très belles représentations de Saints, dont une de la Vierge dominatrice. De chaque côté de la porte du narthex se tiennent les anges Gabriel et Michael en compagnie des fondateurs du monastère : Antoine Catacuzène et Phlotéos. L’église abrite également un trône épiscopal et un templum, tous deux en bois sculpté. Les photos étant interdites, nous nous contentons d’admirer les lieux en silence. Nous passons ensuite par le réfectoire où sont exposés des icônes postbyzantines, des manuscrits, des vêtements sacerdotaux et autres objets précieux. Aujourd’hui, les sœurs de Saint-Stéphane enseignent la musique byzantine et la peinture religieuse.

Avant notre départ, je m’aventure dans les jardins à l’arrière du monastère, d’où on peut admirer une très jolie vue… Enfin, par beau temps. Là, on distingue à peine le village en contrebas, mais cela me donne l’impression d’être dans une cité volante, camouflée par les nuages ! Ok, j’ai certainement regardé trop de films…

Un petit passage par la boutique de souvenir pour l’achat de quelques cartes postales avant de rejoindre notre bus et de nous diriger vers le prochain monastère, celui de Roussanou. Ce monastère de nonnes a une histoire incertaine. On ne sait pas s’il a vraiment été fondé en 1388, et l’origine de son nom reste inconnue. Le premier habitant pourrait s’être appelé Roussanos et avoir été originaire du village de Roussana. En 1545, les frères Joasaph et Maxime restaurèrent le monastère, alors en ruine, et y instaurèrent un mode de vie communautaire. Livré à la décadence, pillé de nombreuses fois, Roussanou fut entretenu et rénové après la guerre par une religieuse qui consacra les dernières années de sa vie à sa réhabilitation.

Ce vieux bâtiment de trois étages fonctionne donc aujourd’hui comme un couvent de sœurs. On peut y accéder par deux chemins de part et d’autres du monastère. La plupart des touristes y montent par un des chemins, puis redescendent par l’autre. C’est sans aucun doute l’un des monastères les plus surprenants, notamment grâce à la passerelle suspendue dans le vide qui en permet l’accès ! Amis ayant le vertige s’abstenir ! Dans la première pièce en entrant, le narthex, on observe de magnifiques fresques, comme les martyres des saints, représentés très crûment. Sur le linteau au-dessus de la porte menant à la nef figure la Préparation du Trône représentant une foule d’hommes et d’anges sous les couleurs d’un fleuve de feu. Les trois anges au-dessus président la scène ; l’un tient les documents relatifs aux actions de l’âme qui est jugée, le second tient la balance de la justice et le dernier chasse Satan, qui tente de voler l’âme en cours de jugement. En pénétrant dans la seconde pièce, c’est-à-dire la nef, on aperçoit sur la droite de très belles peintures murales consacrées à sainte Barbara et plus bas, à la Résurrection et à la Transfiguration du Christ.

Toujours pas de photos et les moniales nous surveillent ! Elles préfèrent nous voir passer à la boutique pour obtenir contre monnaie sonnante et trébuchante photos, posters ou cartes postales. Seules les photos et vidéos sur la terrasse sont autorisées et c’est tant mieux, car la vue est incroyable, même malgré ce mauvais temps ! On peut voir quelque-uns des autres monastères et la route qui traverse la région.

Après cette seconde visite, nous redescendons par le second chemin pour arriver juste en face du parking des bus de touristes. Nous reprenons la route qui serpente entre les météores avec quelques arrêts-photos avant de reprendre la route vers Athènes. Je voyais déjà la visite gâchée par le mauvais temps, mais finalement, ce fut une belle journée, riche en culture et découverte ! Je dois même dire que le mauvais temps donne aux lieux visités une autre dimension et j’en viens presque à préférer ces photos à celles que j’aurais pu faire en cas de beau temps. J’ai même rencontré deux Québecoises très sympathique, une mère et sa fille, qui terminaient un tour de 3 semaines en Grèce. Nous nous sommes revus le soir à Athènes et avons longuement échangé sur nos voyages respectifs autour d’un excellent repas dans une taverne du centre d’Athènes. Une magnifique façon de terminer cette journée !