Project Description

Budapest ? C’est une grande dame européenne, vieille de plus de 1000 ans et située au cœur de l’Europe centrale. D’ailleurs, on le sent dès les premiers pas: la capitale hongroise fut riche, belle, cosmopolite et prospère, et puis la fête s’est arrêtée pour laisser les diables de l’Histoire semer la terreur. Blessée par les guerres, meurtrie par le nazisme, appauvrie par le communisme, lequel s’est acharné à tuer son âme, la Perle du Danube a finalement retrouvé sa grandeur passée et est aujourd’hui est une capitale bouillonnante, jeune et pleine de vie, figurant au palmarès des plus belles villes européennes!

Et comme le dit l’adage « Quand on aime, on ne compte pas » … le nombre de visite ! En effet, j’ai eu l’occasion de voyager à Budapest à plusieurs reprises et ai pu ainsi admirer le meilleur de la capitale hongroise, du Quartier du Château au Parlement, en passant par la basilique Saint-Étienne et différents bains thermaux. Je suis même retourné à certains endroits plusieurs fois et c’est pourquoi il m’est difficile d’écrire, comme je le fais d’habitude, un article résumant plus ou moins une ou plusieurs journées de visite : je risque de tout mélanger ou pire, de me répéter! Aussi, je vais procéder autrement et vous propose ainsi un regroupement des différents lieux visités et que je vous invite à voir également, le tout sous la forme de deux « chapitres » : l’un sur Buda et l’autre sur Pest. Sachez enfin que le contenu de ces deux articles est bien entendu loin d’être exhaustif et qu’il ne demande qu’à être complété à l’aide d’un ou de plusieurs autres voyages!

Pour ce qui est de mon hébergement, j’ai eu l’opportunité de loger dans deux établissements de différentes catégories: le Bohem Art Hotel et l’Avenue Hostel, respectivement un hôtel 4 étoiles (une fois n’est pas coutume, surtout que j’ai eu un super prix!) et une auberge de jeunesse, tout deux situés du côté « Pest » de la ville. La colline de Buda possède également son lot d’hôtels et de restaurants, mais ils sont souvent (mais pas tout le temps) bien plus cher que ceux de Pest, même si cette dernière en compte un nombre beaucoup plus important. J’imagine que du côté de Buda, on paie surtout pour la vue qui, comme vous le verrez un peu plus bas, est tout simplement magnifique! Équipé d’une « Budapest Card », je compte également profiter des différents rabais proposés, sans oublier la gratuité des transports en commun!

Bohem Art Hotel

    • Combine un hôtel branché et une galerie d’art mettant en vedette de jeunes artistes hongrois.
    • Propre, moderne et confortable, excellent wifi, transfert depuis/vers l’aéroport de Budapest inclus dans le prix.
    • L’établissement se trouve à seulement 50 mètres du Danube, de la rue Vaci utca et à proximité de nombreux restaurants, cafés et bars.
    • Petit-déjeuner buffet copieux, café, thé et collations proposés gratuitement dans le hall tous les jours de 14h à 17h.
    • En temps normal, les prix sont assez élevé pour cet établissement, mais j’ai profité d’une super offre sur un long weekend de 4 jours. Je n’y retournerai pas si je dois payer plein tarif, car malgré l’excellente qualité des lieux, on est clairement hors-budget pour moi.
    • Pas de vue sur le Danube malgré la proximité de la rivière, car l’hôtel est situé entre deux rues piétonnes. Dommage, surtout pour le prix!
    • Rien d’autres à dire sur le Bohem Art Hotel. Franchement, je n’ai pas été déçu du service et j’ai rarement été aussi bien accueilli lors de mes voyages en Europe de l’Est, sans mentionner la qualité et le confort de la chambre, et l’énorme choix proposé au petit-déjeuner, tout simplement excellent!

Avenue Hostel

    • Situation centrale, à côté de la station de métro « Oktogon » et excellent rapport qualité-prix, surtout à la dernière minute!
    • Cuisine commune où est servi gratuitement un petit-déjeuner (pain, beurre, confiture et œufs, parfois même des fruits).
    • Réception ouverte 24h/24, excellent wifi, staff est très sympa, toujours prêt à rendre service (conseils et réservations en tout genre)!
    • « Coffre » individuel permettant de stocker ses affaires avec un cadenas que l’on peut obtenir gratuitement à la réception.
    • Situé juste à côté d’un croisement entre deux des routes les plus passantes de cette partie de la ville. Du coup, c’est très bruyant à certaines heures du matin, du soir, et de la nuit. Et impossible de dormir à 12 avec les fenêtres fermées, donc boules Quies indispensables!
    • Les salles de bains et WC sont communs et parfois laissés dans un état déplorable après usage…
    • Ambiance auberge garantie! Si vous n’aimez pas être entouré d’un groupe de 14-18 ans dont les discussions se résume à « où se bourrer la gueule pour pas cher » ou « combien de bars différents on peut visiter en une nuit », passez votre chemin ou isolez-vous!

Budapest, la perle du Danube

A chacun de mes voyages, je suis arrivé en avion, directement à l’aéroport international de Budapest-Ferenc Liszt, mais on peut aussi atteindre la capitale hongroise en bus et bien entendu en train, directement et facilement depuis une capitale voisine comme Vienne par exemple. Depuis l’aéroport, on peut rejoindre le centre-ville grâce à un trajet bus-métro, un transport fourni par votre hôtel ou encore en taxi. Pour ma part, j’ai expérimenté les deux premières solutions, mais le trajet en bus-métro reste le moyen de transport le plus facile, rapide et meilleur marché! Juste après le hall des arrivées, vous serez certainement sollicités par des chauffeurs ou des hôtesses vous proposant un trajet au centre-ville pour une certaine somme, ignorez-les (sauf si ce qu’on vous propose vous semble intéressant, mais prudence!), sortez du bâtiment et dirigez-vous vers les arrêts de bus.

Vous y trouverez des bornes automatiques: cherchez-y donc le fameux billet combiné pour le centre-ville, payez (tout est en anglais, suivez les indications de l’écran ou sur les affiches alentours) et timbrez-le une fois à l’intérieur du bus dans l’une des petites boites oranges. Les contrôles sont rares, mais mieux vaut être en règle. Après environ 10-15 minutes, descendez du bus et dirigez-vous vers la station de métro aux tons « vert communiste » tout proche. Suivez les autres touristes en cas de doute ou demandez aux locaux, si tant est qu’ils parlent anglais… Un homme vérifie votre billet, puis vous laisse accéder au quai. Si le métro est déjà là, entrez-y rapidement car le conducteur ne vas pas gentiment attendre que tout le monde arrive avant de partir… Oui, c’est du vécu, car nous n’étions que 3 ou 4 personnes sur les 25-30 que comptait notre bus a être entré avant que les portes ne se referment. Prochain métro? Comptez 15-20 minutes.

Tient, à propos du métro hongrois: malgré les stéréotypes qui ont la vie dure, vous n’avez pas trop de soucis à vous faire concernant la sécurité (présence de personnel quasiment tout le temps) et la propreté (très salubre, à ma grande surprise). S’en suit alors un trajet d’environ une demi-heure vers le centre-ville. C’est à ce moment qu’un plan du métro vous sera très utile, car il va falloir déterminer la station la plus proche de votre hébergement, ce qui nécessitera peut-être un changement de ligne. Pas d’inquiétude à ce sujet, car ce dernier est compris dans votre billet combiné et les différentes lignes sont très bien indiquées avec un système de couleurs. Et puis, il est difficile de se perdre au cœur de ce réseau de seulement 4 lignes. Que vous vous trompiez de station de métro à Tokyo, je veux bien, mais il y a peu de chance que cela arrive à Budapest.

Dans tous les cas, le temps de trajet entre l’aéroport et un hôtel situé au centre-ville dure en moyenne entre 30 et 60 min. Une fois l’étape du « check-in » terminée, il ne reste plus qu’à ranger ses affaires, prendre une douche ou se reposer, mais les plus motivés comme moi n’auront qu’une envie: faire un petit repérage des lieux! Après une petite heure à travers les différentes rues et places autour de mon hébergement, j’ai trouvé tout ce qu’il me faut: quelques restaurants bon-marchés où éventuellement casser rapidement la croûte en fin de journée, un distributeur de billets où je peux retirer des forint hongrois à moindre coût et une supérette où le litre d’eau plate est à 0.49cts seulement! Ah, notez également que quelques lignes de tramway sont présentes en surface et circulent le long des grandes artères entre Buda et Pest. Pratique pour économiser du temps dans vos déplacements et idéal pour y admirer sans peine les édifices alentours, à la manière des fameux bus rouges « Hop-on, Hop-off »! Profitez ensuite d’une bonne nuit de sommeil avant un réveil matinal, très certainement à l’inverse de vos compagnons de chambres de l’auberge qui, eux, profiteront certainement d’une « grasse matinée » après une nuit courte, mais arrosée.

Cet article concerne ma visite de la partie « Buda » de la ville. Pour la partie « Pest », cliquez ici. Bonne lecture!

La colline de Buda, le Quartier du Château et le Mont Gellért

Dépendant de votre hébergement, vous aurez sans doute à rejoindre Buda en vous rapprochant du Danube et en traversant l’un des huit ponts routiers de Budapest. Véritables liens entre les villes des deux rives, et cela bien avant la fusion de 1873, ils sont non seulement utilisés pour la circulation, mais également comme points de repère et offrent en plus de superbes panoramas sur la rivière. Quatre d’entre eux dominent largement l’ensemble: le pont Marguerite, le pont des Chaînes, le pont Élisabeth et le pont de l’Indépendance. Personnellement, j’ai pris un tramway depuis mon hébergement directement jusqu’à Buda en passant par le Pont Marguerite, un des deux ponts permettant l’accès à l’île du même nom dont je parlerai plus longuement dans l’article sur Pest, tout comme le célèbre Parlement de Budapest que l’on peut admirer une fois de l’autre côté du fleuve.

Avant d’aller plus loin, laissez-moi vous parler des fameux bains de Budapest que vous ne manquerez certainement pas de visiter! Les eaux riches en minéraux jaillissant à différentes températures des 123 sources thermales de Budapest sont connues et surtout réputées partout dans le monde. Les Hongrois, eux, ne s’en privent pas, car ils bénéficient d’un excellent système de santé hérité de la période communiste leur permettant d’aller aux bains « sur ordonnance », donc quasiment gratuitement. Certaines sources datent de l’époque romaine, mais c’est aux Turcs que l’on doit l’architecture de la plupart des thermes. Variez votre bain selon vos envies: piscine froide puis bain chaud, suivi de quelques allers-retours au hammam avant de céder à un massage ou à des soins esthétiques. On en sort généralement sur les genoux mais rajeuni(e) de dix ans!

A Budapest, aller au fürdő (prononcez « furdeu », soit « aller aux bains ») fait clairement partie du quotidien. Impossible de ne pas au moins en visiter un durant votre séjour et pour cela, vous aurez clairement l’embarras du choix. Puisque nous sommes du côté de Buda, juste après le Pont Marguerite, je vous conseille les bains Lukács (prononcez « loukatch ») et les bains király (prononcez « kirai »). Les premiers comportent plusieurs bassins, bains à remous, jets d’eau et une merveille artistique: la crypte intérieure, à l’atmosphère brûlante et soufrée. Il s’agit de bains mixtes dont l’ambiance est conviviale et très familiale. Les bains király, quant à eux, sont les plus orientaux des bains de Budapest. Sous une coupole verte ornée d’un croissant d’or, les rayons de lumière qui pénètrent dans les bassins donnent à l’endroit un aspect surnaturel, presque magique! Plus petit que les autres établissements, les bains Király sont plutôt naturistes et très légèrement gays, pour votre information. Je n’allais évidement pas me promener à l’intérieur avec mon reflex, encore moins mon smartphone pour des raisons évidentes (humidité, « suicide » de l’appareil-photo dans un bassin d’eau chaude, voyeurisme, « perverisme », j’en passe et des meilleurs…). Aussi, si c’est des photos de l’intérieur des lieux que vous voulez voir, jetez donc un œil sur Internet!

Si « faire trempette » n’est pas votre tasse de thé ou tout simplement pas à l’ordre du jour, je vous suggère alors de commencer ici alors une jolie promenade à pied le long du Danube. Si vous n’êtes pas très « marche à pied » non plus ou si le temps vous manque, vous pouvez prendre le tramway qui circule également de ce côté de Budapest. Quelque soit votre moyen de transport, vous aurez l’occasion d’admirer quelques édifices intéressants comme l’Église calviniste, construite au 19e siècle dans le style néogothique. Finalement, on arrive en face du Pont des Chaînes, probablement le plus connu et l’un des symboles de Budapest, les habitants et touristes étant particulièrement admiratifs des deux statues de lions à chaque extrémité. En 1945, les troupes nazies l’ont fait exploser dans le but de freiner l’avancée soviétique, et il a fallut plusieurs années pour le reconstruire. Un peu plus loin se trouve le Pont Élisabeth, dont la construction fut décidée en même temps que celle du Pont de la Liberté. Pendant 23 ans, ce pont fut le plus grand pont suspendu au monde, mais il connu malheureusement le même sort que les autres pont de Budapest lorsque les nazis le dynamitèrent en 1945. L’importance des dégâts ne permit pas sa restauration, aussi c’est un nouveau pont qui fut construit et inauguré en 1964.

Bon, mettons de côté les ponts de Budapest pendant un moment. Au niveau de l’Église calviniste, vous avez déjà la possibilité de gravir la colline de Buda pour rejoindre le Quartier du Château. Une alternative moins contraignante mais également plus coûteuse consisterait à emprunter le funiculaire un peu plus loin le long du Danube, mais un peu d’exercice n’a jamais fait de mal à personne. Qui plus est, le chemin vers le sommet est indiqué via quelques panneaux touristiques et il n’y a que peu de risque de vous perdre. Durant votre ascension, vous traverserez de magnifiques jardins, soit encore une bonne raison de gravir la colline par ce chemin. Difficile de ne pas s’arrêter juste avant le sommet, alors que s’offre à vous une des merveilles architecturale de ce côté du Danube: le Bastion des Pêcheurs (ou « Halászbástya » en Hongrois).

Il s’agit d’une des terrasses d’observation les plus belles que j’ai pu voir jusqu’à présent. L’architecture néo-romane du lieu est grandiose et domine d’une façon saisissante cette partie de la colline. L’ensemble dispose de sept tourelles coniques qui représentent les sept tribus magyares originales installées dans la Plaine de Pannonie en 896, dont quelques statues de guerriers peuvent être aperçues sous les arches que vous ne manquerez pas de franchir pour rejoindre le sommet des remparts. L’appellation « Bastion des Pêcheurs » est un hommage à la Guilde des Pêcheurs, chargée de défendre la région contre les envahisseurs pendant le Moyen Age. Ce lieu est unique en son genre, différent de tout ce que vous avez déjà pu voir à Budapest et même peut-être en Europe. C’est également l’endroit idéal pour profiter d’une vue panoramique dégagée sur la capitale hongroise, vue encore plus étonnante une fois la nuit tombée!

A l’intérieur même des remparts, ainsi que sur une partie d’entre eux se trouve un restaurant d’où vous pourrez admirer la vue, si tant est que vous y trouviez une table de libre! L’endroit est très populaire et ne comptez pas juste passer entre les clients pour prendre quelques photos: le personnel aura tôt fait de vous inviter à retourner près de la sortie. Il faudra mettre la main au porte-monnaie et croisez les doigts pour obtenir une table du bon côté des remparts, car l’intérêt est tout de même moindre si la vue porte sur l’église voisine que sur le Danube, non? Si, comme moi, l’idée de devoir absolument boire ou manger quelque chose pour profiter de la vue vous dérange, sachez que vous pouvez rejoindre l’autre portion des remparts et y admirer le panorama moyennant un faible paiement (l’accès est gratuit en fin de journée). A proximité immédiate du Bastion se trouve un ou deux magasins de souvenirs, autant de marchands de glace et un guichet où s’achètent les différents tickets d’accès aux monuments alentours. Tient, allons donc jeter un œil et admirer au passage l’impressionnante statue équestre de Saint-Étienne et le profil de l’Église Notre-Dame-de-l’Assomption de Budavár.

Après quelques minutes d’attente devant le guichet, vous pourrez enfin vous procurer un ou plusieurs tickets permettant notamment l’accès à l’église, sa tour et les remparts dont je vous parlais plus tôt. L’achat de tickets « combinés » est bien entendu meilleur marché, aussi ne vous en privez pas! La visite de la tour de l’église se fait obligatoirement en groupe et à certaines heures seulement, à l’inverse de l’intérieur de l’édifice qui peut être visité à votre rythme durant les heures d’ouvertures au public. Ne perdons pas de temps et partons à la découverte de l’église Mathias de Budapest et de ses merveilles, à commencer par les magnifiques tuiles vernissées et autres décorations gothiques que j’admire un long moment depuis la base de l’édifice!

Sans trop entrer dans les détails de l’histoire du lieu, comme j’aurais normalement tendance à le faire, disons qu’aucun des évènements que connu Budapest ne lui fut étranger: invasion, gloire, destruction, couronnement, fête du millénaire, fin des Hasbourg. D’abord chapelle royale puis église paroissiale de la population allemande de Buda, c’est ici que se fit couronner pour la seconde fois roi de Hongrie Charles-Robert d’Anjou. Durant les siècles, elle fut remaniée, agrandie, convertie en mosquée, démolie, brûlée et même frappée par la foudre! Vous imaginez donc le piteux état de l’église avant qu’elle ne soit reconstruite dans le style néo-gothique. Aujourd’hui, elle brille de mille feux et c’est un des plus beaux intérieurs religieux que j’ai eu l’occasion de voir!

J’imagine que cela est du aux peintures ornementales très riches en motifs qui couvrent les murs, ainsi que les superbes vitraux du 19e siècle que l’on peut voir dans la partie supérieure. Les chapelles latérales et les absides contiennent des autels et des décorations néo-gothiques datant de la même époques et les drapeaux que l’on peut voir dans la nef sont ceux qui représentaient les différents comitats de Hongrie lors du couronnement de François-Joseph de Habsbourg en 1867. La cathédrale possède aujourd’hui encore une excellente acoustique et de très bonnes orgues, ainsi qu’un petit musée où l’on peut admirer des objets du culte médiévaux ainsi que différentes reliques. En bref, c’est un vrai bijou historique que j’ai eu beaucoup de plaisir à visiter!

Il est maintenant l’heure de rejoindre le point de départ de la visite de la tour, juste au pied de cette dernière. Un guide vous accueillera et vous racontera brièvement l’histoire du bâtiment avant de vous accompagner au sommet. Se faisant, vous passerez par un petit musée contenant quelques objets comme l’ancienne girouette et encore un blason recouvert des armoiries royales. Une fois tout en haut de la tour, vous aurez l’occasion d’admirer à nouveau un superbe panorama de Budapest, cette fois-ci à 360°! Redescente après 15-20 minutes d’extase en hauteur.

Juste en face de l’église se trouve la place de la Trinité, la partie principale de la vieille-ville avec, au centre, la colonne de la Trinité commémorant la fin de l’épidémie de peste. La place est entourée par les Archives centrales, l’église Matthias (que l’on vient de visiter) et l’ancien hôtel de ville. A partir de là, mon conseil est simple: perdez-vous dans les rues du quartier du château! L’endroit a quelque chose de spécial et peu de touristes s’y aventurent, vous pourrez donc y flâner sans peine et sans « baigner » dans un énorme groupe de touristes.

Peu avant d’arriver au Château, on débarque sur une grande place bordée par un long bâtiment blanc et une zone de fouille médiévale juste en face. Il s’agit du Palais Sándor, l’ancienne résidence officielle du Premier ministre et aujourd’hui celle du président de la République, très justement surnommée « La Maison Blanche ». Avec un peu de chance, vous assisterez au changement de la garde, dans un ballet précis et coordonnés comme l’est généralement ce genre d’évènement. Attention à ne pas rester sur le passage des gardes, ça crie fort ces bestiaux!

Finalement, nous arrivons vers le Palais royal et ses fortifications, le point central de la colline du Château et le site le plus visité de la ville. La première résidence royale, établie au milieu du 13e siècle par le roi Béla IV, fut détruite et rebâtie au moins une bonne demi-douzaine de fois. Demeure des rois et reines, le palais a également accueilli des occupants comme les Ottomans aux 16e et 17e siècles, et des maîtres fort peu présents comme les Habsbourg. Aujourd’hui, l’édifice au savant mélange de styles architecturaux joue un rôle de conservatoire historique, accueillant le Musée d’Histoire de Budapest et la Galerie nationale hongroise, la Bibliothèque nationale ainsi qu’une riche collection de statues et de monuments.

Une visite dans chacun de ces lieux est recommandée, surtout si le temps n’est pas au beau fixe, mais dans un tel cas de figure, j’imagine que le touriste préfèrera se rendre dans un des bains thermaux de la ville. Après, si vous êtes amateurs d’art et d’histoire, c’est probablement le meilleur endroit pour en apprendre davantage sur Budapest et son riche passé.

Si vous avez choisi de gravir la colline à l’aide du funiculaire, c’est ici, juste à côté de la Porte de Habsbourg et du Turul, que vous arriverez. Le premier est un splendide portail en fer-forgé néo-baroque et le second, un grand aigle avec les ailes déployées, l’oiseau mythologique le plus important du mythe de l’origine des Magyars. Même si une visite des musées n’est pas prévue, n’hésitez pas à faire le tour de l’édifice, arpentez les chemins de ronde ou flânez le long des fortifications, rien que pour la vue! J’y ai d’ailleurs passé pas mal de temps sur ces murs, le regard perdu dans les eaux du Danube…

Dans la cour ouest du palais se trouve la fontaine Matthias qui raconte l’histoire d’Ilonka, héroïne d’une célèbre chanson populaire du 19ème siècle et comment elle est tombée amoureuse du roi Matthias quand il chassait incognito. Arrêtez-vous ensuite à l’échoppe Körösfői Kürtőskalács à proximité de la fontaine, histoire de goûter un kürtőskalács (ou « Gâteau-cheminée »), une excellente pâtisserie hongroise originaire de Transylvanie. Difficile de résister à la tentation d’en acheter un (ou plus!) et le seul problème sera de faire un choix parmi toutes les variétés proposées! Pour moi, ce sera cannelle, miam!

La visite des principales attractions du Quartier du Château de Buda est peut-être terminée, mais il reste encore des choses à voir de ce côté du Danube! Commençons déjà par rejoindre le fleuve, au choix en empruntant le funiculaire ou, si un peu de marche ne vous fait pas peur, en descendant à pied via le « Bazar du jardin du Château » (en hongrois « Várkert Bazár ») ou plus simplement « Bazar du Château » (« Várbazár »). Il s’agit d’un édifice de plaisance construit entre 1875 et 1883 en contrebas du château et entièrement restauré en 2014 dans le cadre d’un vaste projet d’embellissement. Parmi les éléments ajoutés, on citera de nouveaux accès pour piétons sur le flanc de la colline et de jolis jardins-terrasses offrant un très beau panorama sur Pest et le Danube.

Une fois au pied de la colline, c’est l’occasion de poursuivre la promenade commencée un peu plus tôt en suivant le Danube en direction du sud. Vous pouvez, au choix, poursuivre votre visite à pied ou emprunter à nouveau la ligne de tramway. L’un des premiers arrêts notable de la ligne après celui du Bazar est Rudas où se trouve les thermes du même nom, construites à l’époque de la domination des Turcs au 16e siècle. Si vous souhaitez faire une petite pause dans un sauna finlandais ou vous prélasser quelques minutes dans une cabine à vapeur, c’est le moment! Mention spéciale pour la salle des bassins avec ses colonnes se trouvant sous la coupole: elle est magnifique et vaut l’entrée à elle seule! Depuis 1936 les bains Rudas étaient uniquement réservés aux hommes, mais depuis 2005, ces derniers sont également ouverts aux femmes, mais uniquement le mardi et les week-ends.

Après une heure (ou plus si affinité) de repos au cœur des bains, place à l’effort. Tient, ne dit-on pas « Après l’effort, le réconfort »? Histoire de continuer à ne rien faire comme tout le monde, que diriez-vous maintenant de gravir à pied le mont Gellért surplombant la ville de ses 235 mètres de haut? Un des deux principaux sentiers pour le sommet se trouve d’ailleurs juste derrière les bains Rudas. Attention, ça grimpe et par une température estivale, nul doute que vous allez transpirer autant que dans un des saunas par lequel vous êtes peut-être passé un peu plus tôt! Durant l’ascension, on peut voir de près la Statue de Gérard de Csanád, un imposant monument entouré de colonnes depuis lequel on a une jolie vue sur le Pont Élisabeth.

Gravir le Mont Gellért n’est pas vraiment difficile, le seul risque est de perdre un peu de temps à chercher le bon chemin parmi ceux présents et mal balisés, mais vous finirez de toute façon par atteindre le sommet (le Mont n’est pas très grand). Sachez qu’il est bien entendu possible d’y accéder en taxi ou en bus (n°27), le service Hop-on Hop-off (les fameux bus rouges) étant certainement le moyen le plus pratique de voir beaucoup de choses en peu de temps. Ces bus, ainsi que ceux des agences de voyage, s’arrêtent dans un petit parking à quelques dizaines de mètres du belvédère. C’est un lieu qui figure dans absolument tous les circuits touristiques, ne soyez donc pas surpris de voir les bus de touristes se succéder sans discontinuer jusqu’au soir. Cela ne devrait toutefois pas vous empêcher de profiter de la magnifique vue panoramique sur Budapest. N’oubliez pas de prendre une carte pour identifier les différentes parties de la ville que vous verrez, c’est d’autant plus intéressant que de rester simplement bouche bée devant un tel décor! C’est simple, on voit tout (ou presque): du Palais Royal à l’Église Saint-Mathias, du Pont des Chaînes à la cathédrale Saint-Étienne, en passant par l’île Marguerite dans le fond. Magnifique!

En dehors du point de vue, on peut également marcher quelques minutes sur les hauteurs de la colline où se trouve la forteresse que les Autrichiens firent construire à cet endroit stratégique après la répression de la guerre d’indépendance hongroise de 1848/49. De nos jours, cette citadelle comporte un restaurant et une terrasse panoramique, un hôtel et un musée. Ce dernier est divisé en plusieurs expositions permanentes et accueille régulièrement des expositions temporaires. Si c’est la vue depuis les remparts que vous souhaitez admirer, nul besoin de vous rendre dans la forteresse elle-même: on profite d’un panorama tout aussi splendide sur l’ensemble de la ville en se promenant simplement autour de l’édifice.

Juste derrière la forteresse se trouvent quelques statues dont celle de la Liberté, œuvre de Zsigmond Kisfaludi Strobl qui date de 1947 et érigée en souvenir de la « Libération » de Budapest par les troupes soviétiques. Symbolisée par une femme gigantesque qui tient une palme à bout de bras, le piédestal est encadré de de deux autres statues, un « Vainqueur du dragon » symbolisant la lutte contre la destruction et une « Allégorie du Progrès », représenté par un homme aux lignes dynamiques brandissant un flambeau. La vue ici est jolie, mais pas autant que celle du Belvédère.

Finalement, il est temps de rejoindre à nouveau les bords du Danube, soit en bus, en taxi ou à pied. Si vous avez déjà fais le chemin pour atteindre le sommet à pied, pourquoi ne pas faire de même pour la descente, mais du coup, via le sentier de l’autre côté du Mont Gellért. Après quelques minutes, vous arriverez en face du complexe thermal Gellért, un des plus grands centres thermaux de Budapest. Construit dès 1908 et ouvrant ses portes au public 10 ans plus tard, Gellért offre aujourd’hui 13 piscines de différentes tailles, températures et composition de l’eau, sans oublier une large palette de services de balnéothérapie: hydrothérapie, salle d’inhalation, massage aux pierres chaudes, pédicure, traitement au chocolat, bain Cléopâtre et bain aux herbes médicinales, etc. De nos jours, c’est un des plus connus parmi ceux de la capitale hongroise, et il faut donc compter avec un plus ou moins grand nombre de touristes suivant le jour et l’heure. Préférez une visite très matinale, probablement la meilleure période alors que tout le complexe est encore calme et exempt de touristes.

Le charme opère une fois les grandes portes de l’entrée franchies, alors même que vous débarquez dans un lieu à l’atmosphère unique. Un passage par les caisses où vous choisirez votre forfait, puis par les vestiaires où vous déposerez vos affaires, et à vous les eaux thermales! Rien de plus agréable que de se baigner au milieu de splendides décors orientaux, ottoman ou Art déco, entouré de mosaïques et vitraux colorés, sans oublier les colonnes et statues en marbre! Gellért est un des centres thermaux de Budapest à visiter absolument, mais je lui préfère tout de même Széchenyi (j’y reviendrai dans l’article sur Pest), allez savoir pourquoi… Les goûts et les couleurs, peut-être? Quoi qu’il en soit, les deux sont une valeur sûre et une visite obligatoire lors de votre voyage à Budapest!

Voilà, nous arrivons au bout d’une visite non-exhaustive de Buda. Sans avoir absolument tout vu, je pense que nous avons tout de même fait le tour des lieux importants. Vous devez avoir faim après une telle promenade, non? Surtout qu’il paraît que nager ouvre l’appétit! Aussi, je vous conseille le Tróféa Grill Étterem Buda, juste à quelques dizaines de mètres du Pont Marguerite. Pour une somme fixe (~€11 le midi et ~€16 le soir), vous pouvez manger et boire à volonté parmi une intéressante sélection de plats hongrois et de viandes sur grill. Ajouter à cela un grand choix de vins et de bières, d’entrées et de desserts, des serveurs réactifs et sympathiques, et vous passerez sans aucun doute un moment des plus gastronomiques! Sinon, ce n’est pas le choix de restaurants qui manque à Budapest!

Après un bon repas, rien de tel qu’une bonne balade pour digérer, terminer sa journée de visite tranquillement ou tout simplement profiter de la fraicheur du soir, plus que bienvenue en été! On peut même retourner à certains endroits déjà visités durant la journée comme le Quartier du Château ou les bords du Danube, totalement déserté une fois la nuit tombée. Un conseil: installez-vous sur les remparts du Bastion des Pêcheurs (l’entrée est gratuite en soirée) et profitez-en pour voir Budapest s’illuminer progressivement au fur et à mesure que le soleil se couche : c’est un magnifique spectacle, je dirais même plus: magique!

J’ai eu l’occasion de revoir de nuit quasiment tous les lieux visités en journée et j’ai adoré! Loin d’être envahissant, l’éclairage nocturne confère aux édifices une allure féérique et ces derniers semblent véritablement surgirent de l’obscurité. Je ne sors pas systématiquement de nuit lorsque je voyage, mais quand je le fais, comme ici, je ne regrette absolument ma décision! Attention tout de même si vous comptez gravir le Mont Gellért de nuit: il n’y a quasiment pas d’éclairage et à moins de bénéficier d’une nuit de pleine lune, prenez une lampe de poche avec vous. Oui, c’est du vécu, merci à la lampe de mon iPhone! Question sécurité, je n’ai eu aucun problème, même si certains endroits paraissent un peu plus « glauques » que d’autres…

Que penser de cette journée… J’avoue manquer d’adjectifs, tant Buda est impressionnante à de multiples points de vue. Mis à part les foules compactes de touristes à certains endroits, il suffit de s’engouffrer dans une petite ruelle à l’écart ou de s’éloigner des zones touristiques pour découvrir la vie cachée de cette partie de Budapest. Vous n’aurez d’ailleurs aucun mal à vous occuper en ces lieux. Fatigué? La dizaines de terrasses, les nombreux bancs sur les places et bien entendu les bains thermaux de ce côté du Danube sont là pour vous! Ma visite du Quartier du Château fut mémorable, tant l’endroit regorge de charmantes ruelles et places, restaurants et bars, musées et points de vue… On en oublierait presque qu’il ne s’agit là qu’une partie seulement de la capitale hongroise! La suite, c’est ici!