Project Description

Budapest ? C’est une grande dame européenne, vieille de plus de 1000 ans et située au cœur de l’Europe centrale. D’ailleurs, on le sent dès les premiers pas: la capitale hongroise fut riche, belle, cosmopolite et prospère, et puis la fête s’est arrêtée pour laisser les diables de l’Histoire semer la terreur. Blessée par les guerres, meurtrie par le nazisme, appauvrie par le communisme, lequel s’est acharné à tuer son âme, la Perle du Danube a finalement retrouvé sa grandeur passée et est aujourd’hui est une capitale bouillonnante, jeune et pleine de vie, figurant au palmarès des plus belles villes européennes!

Et comme le dit l’adage « Quand on aime, on ne compte pas » … le nombre de visite ! En effet, j’ai eu l’occasion de voyager à Budapest à plusieurs reprises et ai pu ainsi admirer le meilleur de la capitale hongroise, du Quartier du Château au Parlement, en passant par la basilique Saint-Étienne et différents bains thermaux. Je suis même retourné à certains endroits plusieurs fois et c’est pourquoi il m’est difficile d’écrire, comme je le fais d’habitude, un article résumant plus ou moins une ou plusieurs journées de visite : je risque de tout mélanger ou pire, de me répéter! Aussi, je vais procéder autrement et vous propose ainsi un regroupement des différents lieux visités et que je vous invite à voir également, le tout sous la forme de deux « chapitres » : l’un sur Buda et l’autre sur Pest. Sachez enfin que le contenu de ces deux articles est bien entendu loin d’être exhaustif et qu’il ne demande qu’à être complété à l’aide d’un ou de plusieurs autres voyages!

Pour ce qui est de mon hébergement, j’ai eu l’opportunité de loger dans deux établissements de différentes catégories: le Bohem Art Hotel et l’Avenue Hostel, respectivement un hôtel 4 étoiles (une fois n’est pas coutume, surtout que j’ai eu un super prix!) et une auberge de jeunesse, tout deux situés du côté « Pest » de la ville. La colline de Buda possède également son lot d’hôtels et de restaurants, mais ils sont souvent (mais pas tout le temps) bien plus cher que ceux de Pest, même si cette dernière en compte un nombre beaucoup plus important. J’imagine que du côté de Buda, on paie surtout pour la vue qui, comme vous le verrez un peu plus bas, est tout simplement magnifique! Équipé d’une « Budapest Card », je compte également profiter des différents rabais proposés, sans oublier la gratuité des transports en commun!

Bohem Art Hotel

    • Combine un hôtel branché et une galerie d’art mettant en vedette de jeunes artistes hongrois.
    • Propre, moderne et confortable, excellent wifi, transfert depuis/vers l’aéroport de Budapest inclus dans le prix.
    • L’établissement se trouve à seulement 50 mètres du Danube, de la rue Vaci utca et à proximité de nombreux restaurants, cafés et bars.
    • Petit-déjeuner buffet copieux, café, thé et collations proposés gratuitement dans le hall tous les jours de 14h à 17h.
    • En temps normal, les prix sont assez élevé pour cet établissement, mais j’ai profité d’une super offre sur un long weekend de 4 jours. Je n’y retournerai pas si je dois payer plein tarif, car malgré l’excellente qualité des lieux, on est clairement hors-budget pour moi.
    • Pas de vue sur le Danube malgré la proximité de la rivière, car l’hôtel est situé entre deux rues piétonnes. Dommage, surtout pour le prix!
    • Rien d’autres à dire sur le Bohem Art Hotel. Franchement, je n’ai pas été déçu du service et j’ai rarement été aussi bien accueilli lors de mes voyages en Europe de l’Est, sans mentionner la qualité et le confort de la chambre, et l’énorme choix proposé au petit-déjeuner, tout simplement excellent!

Avenue Hostel

    • Situation centrale, à côté de la station de métro « Oktogon » et excellent rapport qualité-prix, surtout à la dernière minute!
    • Cuisine commune où est servi gratuitement un petit-déjeuner (pain, beurre, confiture et œufs, parfois même des fruits).
    • Réception ouverte 24h/24, excellent wifi, staff est très sympa, toujours prêt à rendre service (conseils et réservations en tout genre)!
    • « Coffre » individuel permettant de stocker ses affaires avec un cadenas que l’on peut obtenir gratuitement à la réception.
    • Situé juste à côté d’un croisement entre deux des routes les plus passantes de cette partie de la ville. Du coup, c’est très bruyant à certaines heures du matin, du soir, et de la nuit. Et impossible de dormir à 12 avec les fenêtres fermées, donc boules Quies indispensables!
    • Les salles de bains et WC sont communs et parfois laissés dans un état déplorable après usage…
    • Ambiance auberge garantie! Si vous n’aimez pas être entouré d’un groupe de 14-18 ans dont les discussions se résume à « où se bourrer la gueule pour pas cher » ou « combien de bars différents on peut visiter en une nuit », passez votre chemin ou isolez-vous!

Budapest, la perle du Danube

A chacun de mes voyages, je suis arrivé en avion, directement à l’aéroport international de Budapest-Ferenc Liszt, mais on peut aussi atteindre la capitale hongroise en bus et bien entendu en train, directement et facilement depuis une capitale voisine comme Vienne par exemple. Depuis l’aéroport, on peut rejoindre le centre-ville grâce à un trajet bus-métro, un transport fourni par votre hôtel ou encore en taxi. Pour ma part, j’ai expérimenté les deux premières solutions, mais le trajet en bus-métro reste le moyen de transport le plus facile, rapide et meilleur marché! Juste après le hall des arrivées, vous serez certainement sollicités par des chauffeurs ou des hôtesses vous proposant un trajet au centre-ville pour une certaine somme, ignorez-les (sauf si ce qu’on vous propose vous semble intéressant, mais prudence!), sortez du bâtiment et dirigez-vous vers les arrêts de bus.

Vous y trouverez des bornes automatiques: cherchez-y donc le fameux billet combiné pour le centre-ville, payez (tout est en anglais, suivez les indications de l’écran ou sur les affiches alentours) et timbrez-le une fois à l’intérieur du bus dans l’une des petites boites oranges. Les contrôles sont rares, mais mieux vaut être en règle. Après environ 10-15 minutes, descendez du bus et dirigez-vous vers la station de métro aux tons « vert communiste » tout proche. Suivez les autres touristes en cas de doute ou demandez aux locaux, si tant est qu’ils parlent anglais… Un homme vérifie votre billet, puis vous laisse accéder au quai. Si le métro est déjà là, entrez-y rapidement car le conducteur ne vas pas gentiment attendre que tout le monde arrive avant de partir… Oui, c’est du vécu, car nous n’étions que 3 ou 4 personnes sur les 25-30 que comptait notre bus a être entré avant que les portes ne se referment. Prochain métro? Comptez 15-20 minutes.

Tient, à propos du métro hongrois: malgré les stéréotypes qui ont la vie dure, vous n’avez pas trop de soucis à vous faire concernant la sécurité (présence de personnel quasiment tout le temps) et la propreté (très salubre, à ma grande surprise). S’en suit alors un trajet d’environ une demi-heure vers le centre-ville. C’est à ce moment qu’un plan du métro vous sera très utile, car il va falloir déterminer la station la plus proche de votre hébergement, ce qui nécessitera peut-être un changement de ligne. Pas d’inquiétude à ce sujet, car ce dernier est compris dans votre billet combiné et les différentes lignes sont très bien indiquées avec un système de couleurs. Et puis, il est difficile de se perdre au cœur de ce réseau de seulement 4 lignes. Que vous vous trompiez de station de métro à Tokyo, je veux bien, mais il y a peu de chance que cela arrive à Budapest.

Dans tous les cas, le temps de trajet entre l’aéroport et un hôtel situé au centre-ville dure en moyenne entre 30 et 60 min. Une fois l’étape du « check-in » terminée, il ne reste plus qu’à ranger ses affaires, prendre une douche ou se reposer, mais les plus motivés comme moi n’auront qu’une envie: faire un petit repérage des lieux! Après une petite heure à travers les différentes rues et places autour de mon hébergement, j’ai trouvé tout ce qu’il me faut: quelques restaurants bon-marchés où éventuellement casser rapidement la croûte en fin de journée, un distributeur de billets où je peux retirer des forint hongrois à moindre coût et une supérette où le litre d’eau plate est à 0.49cts seulement! Ah, notez également que quelques lignes de tramway sont présentes en surface et circulent le long des grandes artères entre Buda et Pest. Pratique pour économiser du temps dans vos déplacements et idéal pour y admirer sans peine les édifices alentours, à la manière des fameux bus rouges « Hop-on, Hop-off »! Profitez ensuite d’une bonne nuit de sommeil avant un réveil matinal, très certainement à l’inverse de vos compagnons de chambres de l’auberge qui, eux, profiteront certainement d’une « grasse matinée » après une nuit courte, mais arrosée.

Cet article concerne ma visite de la partie « Pest » de la ville, la partie « Buda » est disponible en cliquant ici. Bonne lecture!

Le Parlement, l’Église Saint-Étienne, l’Avenue Andrássy et bien plus!

Cette fois-ci, partons à la découverte de la seconde moitié de la capitale hongroise, Pest. De la même manière que pour mon article sur Buda, je vais essayer d’écrire ici le résumé des lieux visités de ce côté du Danube. On commence tôt comme à notre habitude, pour profiter du calme du début de la journée, même si cela reste relatif dans une grande ville comme Budapest. Je grimpe donc dans le premier tramway qui passe et me dirige vers Buda. Au milieu de la traversée du Danube via le Pont Marguerite, je descend à l’arrêt « Margit-Sziget » ou « île Marguerite », petit bout de terre situé au beau milieu du Danube, relié par entre les villes des deux rives par un pont à chaque extrémité et nommée ainsi en l’honneur de la fille du roi Béla IV, Sainte-Marguerite. L’endroit autrefois appelé « l’île des lapins » est une véritable attraction pour les habitants de Budapest, et ce au même titre que les bains thermaux de la capitale. Durant les chaudes journées d’été, vous y verrez d’immenses foules de gens assis dans l’herbe, buvant de la bière, riant, chantant et s’amusant. En hiver, il a y forcément moins de monde dehors, compte tenu des températures souvent glaciales, mais l’île reste tout de même le lieu de prédilection des joggeurs et cyclistes avec ses 5,3 km de pistes spécialement adaptées.

A un tout autre rythme, je suis les groupes de coureurs sur les chemins bordant le Danube et découvre le charme de cet endroit. Je comprends d’ailleurs rapidement pourquoi ce lieu a autant de succès : on est isolé du reste de Budapest, loin du trafic, des gaz d’échappement, du bruit et bien sûr de mes confrères touristes, surtout de si bon matin! J’oublie même pendant quelques instants où je me trouve alors que je traverse un petit jardin japonais très simple, mais respirant la tranquillité. Ici, on arrose les plantes et là, on taille des buissons. Quelques seniors prennent un bain de soleil assis sur un banc et je regrette presque de ne pas parler hongrois pour « taper la causette ». Un « good morning » simple et poli suffit, surtout quand il vous est retourné avec un grand sourire en prime!  Alors que je reviens peu à peu à la réalité tout en me rapprochant du Pont Marguerite, je décide de revenir le lendemain à la même heure pour apprécier une nouvelle fois ce lieu des plus sympathiques.

Je retourne ensuite sur mes pas le long de la ligne de tramway. Mon but une fois de retour à Pest est de longer le Danube jusqu’au Pont des Chaines, puis de visiter tout ce qui peut l’être entre la cathédrale Saint-Étienne et la Place des Héros loin à l’est. Rassurez-vous, cela s’est fait en plusieurs journées et il n’y a que peu d’intérêts à courir dans tous les sens (comme je le répète souvent), surtout lorsqu’on visite la capitale de la Hongrie. Après quelques minutes de marche, j’arrive en vue d’un véritable chef-d’œuvre d’architecture et surtout du fleuron de Budapest: je veux bien sûr parler du Parlement. Sans aucun doute le bâtiment le plus reconnaissable de la capitale et figurant sur toutes les cartes postales, le plus grand édifice de Hongrie se dresse majestueusement le long du Danube tout en étant entouré d’une grande place et de jardins joliment aménagés. Je profite alors de faire le tour complet du bâtiment et l’admire sous tous les angles! Chaque élément semble se distinguer des autres, notamment les contreforts, les tours et l’imposante coupole, sans oublier les fenêtres si nombreuses que j’ai rapidement arrêté de les compter. Pouvoir admirer cet édifice de près est un vrai régal pour les yeux, peut-être même plus que depuis le Bastion des Pêcheurs de nuit alors qu’il était pourtant revêtu d’une sublime parure de lumière dorée.

Quelque chiffres à son propos. Sa construction débuta en 1885, dura 17 ans et employa environ 1000 travailleurs. Ce n’est pas moins de 40 millions de briques qui furent utilisées et près de 40 kg d’or 22-23 carats. Le bâtiment est long de 268m, large de 123 m et le dôme est haut de 96 m. L’entrée principale donne sur la place Kossuth, elle-même recouverte de différents monuments comme la statue de Kossuth (qui  a  mené la révolution de 1848-49 avant de gouverner le pays et finalement s’exiler), la majestueuse statue équestre de François II Rákoczy ou encore le monument dédié aux héros de la révolution de 1956. A l’intérieur, on trouve 691 chambres, 10 cours et 29 escaliers. Son style néo-gothique est inspiré du Palais de Westminster à Londres et, tout comme son « homologue anglais », l’édifice peut être visité. Pensez à réserver vos tickets sur Internet ou directement sur place. La taille des groupes est limitée et les places partent très vite, mais si vous venez tôt le matin, vous pourrez certainement visiter le Parlement dans la même journée. C’est d’ailleurs exactement ce que j’ai fais et le temps que mon groupe se forme, j’ai même l’occasion de m’offrir un café accompagné d’une petite pâtisserie!

Un passage obligé à travers un détecteur de métal s’en suit, tout comme une fouille complète du sac à dos. On se croirait dans un aéroport! Nous sommes ensuite accueillis par notre guide qui nous parle des quelques règles de sécurité, des choses à ne pas faire et nous sommes finalement parti pour notre visite du Parlement. Nous commençons par monter quelques escaliers, les premiers d’une grande série. Allergique aux marches, passez votre chemin ou demandez au guide à pouvoir utiliser l’ascenseur comme cela vous sera d’ailleurs expliqué avant votre visite! Une fois dans les premières salles, j’admire avec intérêt le magnifique intérieur habillé de marbre. Nous avançons de couloirs en couloirs, la plupart étant très joliment décoré de vitraux, de lustres, de tapis, de motifs et dessins complexes qui surgissent du plafond, le tout accentué avec une grande quantité d’or! En fait, la construction du Parlement coûta si cher que l’argent utilisé pour le bâtir aurait été suffisant pour construire une petite ville dans la campagne hongroise! Mention spéciale aux nombreux « porte-cigares » situés un peu partout dans les alentours de la salle de l’Assemblée. Autrefois utilisés entre autre par les aristocrates, bourgeois et membres de l’élite locale, les porte-cigares sont numérotés, ce qui permettait de retrouver facilement l’endroit où l’on avait déposé son précieux Havane entre deux sessions.

Notre visite de l’édifice se poursuit, d’abord dans l’escalier principal, puis dans la salle de l’Assemblée nationale de Hongrie pour terminer par la salle de la coupole, dans laquelle se trouve l’attraction la plus importante de la visite: la Couronne de Saint-Étienne. Cette dernière, enfermée dans un large écrin de verre, est protégée par deux gardes qui changent cérémonieusement la position de leur épée toutes les cinq minutes. Photos et vidéos interdites et ils ne rigolent pas avec ça! Nous prenons néanmoins notre temps pour admirer la couronne alors que notre regard s’attarde sur un des éléments qui la compose: l’énigmatique croix penchée, aussi penchée que la tour de Pise, qui trône à son sommet. Tous les visiteurs et tous les touristes sans exception imaginent la croix penchée investie d’une signification symbolique précise. Et bien, désolé de vous décevoir, mais il n’y en a aucune. L’inclinaison de la croix est due à une circonstance fortuite. Lors d’un bouleversement politique, la reine Isabelle voulut emporter la sainte couronne. Elle la mit dans un coffret trop étroit et en s’appuyant sur le couvercle pour le fermer, elle fit céder la croix qui s’inclina sur un côté. Depuis lors, la couronne est restée en cet état, les Hongrois ayant poussé le scrupule jusqu’à vouloir lui conserver ce défaut accidentel. Au bout d’une petite heure, notre visite guidée du Parlement arrive finalement à son terme. Je suis un peu déçu, car notre tour était relativement court, mais offre tout de même un très bon aperçu des lieux!

Un passage par la boutique à souvenirs comme dans toute visite qui se respecte et je quitte les environs du Parlement afin de poursuivre ma promenade le long du Danube. Se faisant, j’admire les nombreux et magnifiques édifices comme le Bastion des Pêcheurs, l’Église Mathias et même le Palais Royal et le Pont des Chaînes. La vue sur Buda est superbe et le milieu de matinée est idéal pour bénéficier d’une bonne lumière. Du coup, c’est l’inverse si vous êtes de l’autre côté du fleuve et l’après-midi vous offrira de chouettes panoramas sur Pest! C’est d’ailleurs un réel plaisir de pouvoir admirer d’un autre point de vue les édifices que j’ai eu l’occasion de visiter il y a peu. Tout a l’air si calme, même le Danube semble encore endormi…

Toujours avec ce magnifique panorama à mes côtés, je poursuis ma promenade jusqu’au mémorial nommé « Chaussures au bord du Danube », créé et conçu par Can Togay et Gyula Pauer en 2005 et dédié aux victimes de la Shoah à Budapest. Il est constitué d’une soixantaine de paires de chaussures en métal, scellées sur les rives du Danube sur une quarantaine de mètres de long et représentant les personnes fusillées par le parti des Croix fléchées qui devaient se déchausser avant leur exécution. J’avance silencieusement entre les différentes paires de souliers datant d’une époque pas si lointaine. Certaines sont décorées d’un ruban, d’autres de fleurs en plastique ou de bougie et l’une d’entre elle, une véritable paire de chaussures beaucoup plus récente, semble avoir été déposée il y a peu tel un don anonyme et émouvant. Après quelques minutes sur place et autant de photos prises, je poursuis ma route avec une petite pensée pour les malheureuses victimes de la folie des hommes.

Je décide alors de changer mon itinéraire et de revenir à proximité du Parlement avant de m’en éloigné à nouveau en direction de la Place de la Liberté. Sur le chemin, je découvre quelques-unes des nombreuse statues disséminées dans toutes la ville et représentant différentes scènes: des personnes célèbres, des habitants connus, des scènes de la vie quotidienne, etc. Il en existe une bonne dizaine et à moins de connaître leur emplacement respectif par cœur, il va falloir bénéficier d’une bonne dose de chance pour tomber dessus. Cela sera tout de même plus facile si vous restez à proximité des bâtiments connus de Budapest, car la plupart n’en sont guère éloignées. Loin de les avoir toutes admirées, je suis notamment tombé sur celle de Ronald Reagan, ancien président américain, ainsi que sur celle représentant un policier semblant presque tout droit sortir d’une BD de Quick et Flupke! Ok, ce n’est bien sûr pas le même uniforme, mais c’est la première chose qui me soit venu à l’esprit… Bonjour la référence!

A une centaine de mètres du Parlement, j’arrive alors sur la Place de la Liberté, elle-même entourée par deux bâtiments massifs: l’ancienne Bourse de Budapest (de nos jours le siège de la Télévision Hongroise) et l’ancienne Banque Austro-Hongroise (aujourd’hui la Banque Nationale de Hongrie). Le temps d’un arrêt au centre de la place, occupée par un monument à la mémoire des héros soviétiques, je m’amuse à comparer ces deux constructions imposantes. Bien qu’elles diffèrent complètement à tout point de vue, elle vont pourtant parfaitement bien ensemble sans qu’il y ait heurt ou dissonance entre elles. Elles illustrent ainsi fort bien le principe selon lequel on peut obtenir un paysage urbain varié, changeant, atteignant même une certaine harmonie à partir d’éléments radicalement différents. Je pense que cela se voit particulièrement sur la photo ci-contre où les deux bâtiments sont présents, séparé par le monument central de la place.

Allez, notre tour de Pest commence à peine et pas question de s’arrêter en si bon chemin! Je poursuis donc ma route à travers des rues encore vides, où ne circulent que quelques camionnettes de livraison et autres touristes motivés. J’arrive finalement sur la rue Zrínyi, au bout de laquelle j’aperçois un autre des chef-d’œuvres de Budapest: la Basilique Saint-Étienne (Szent István Bazilika). C’est l’une des plus grandes églises de Hongrie et la plus appréciée des touristes avec Saint-Mathias du côté de Buda. Son toit en forme de dôme abrite quelques reliques et œuvres d’art, mais surtout l’étonnante Sainte Dextre, la main droite momifiée du 1er roi hongrois Étienne auquel l’église doit son nom. Côté architecture, l’église n’a rien à envier à ses consœurs et même les locaux disent qu’ils aiment l’admirer chaque fois qu’ils passent devant, alors imaginez lorsque cela vous arrive pour la première fois!

Je ne manque bien sûr pas de visiter le splendide intérieur de l’édifice, curieusement presque déserté par les touristes. Il est encore tôt et les portes de l’édifice venant à peine de s’ouvrir, cela explique pourquoi j’ai l’impression d’avoir la basilique pour moi tout seul et c’est tant mieux! Déjà que l’entrée est payante, je compte profiter de ce moment de tranquillité exclusif! Émerveillé par les murs d’un marbre rouge sur lesquels reposent des plafonds dorées couverts de magnifiques fresques religieuses, je découvre lentement mais sûrement l’endroit. Après un tour que je qualifierais de complet, je repère l’existence d’une terrasse panoramique située tout autour de la coupole de la Basilique et choisi d’y grimper à pied le long de… 370 marches (!) en pierre. Bon, j’aurais pu prendre l’ascenseur, mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer? Une fois tout en haut, la récompense qui m’attend est une superbe (et le mot est faible!) vue panoramique de la capitale à 360°, l’équivalent « Pest » de la vue que j’avais pu admirer au sommet de l’église Mathias lors de ma visite de la Colline de Buda. Et tout comme cette dernière, c’est toute la ville qui s’offre à nos yeux!

A peine sorti de la basilique, je retrouve la chaleur estivale que j’avais presque oublié, tant la fraicheur à l’intérieur était agréable. Du coup, c’est l’occasion idéale pour une petite pause « glacée » et l’endroit est déjà tout trouvé, comme par hasard à deux pas de la basilique Saint-Étienne!

Le lieu se nomme « Gelarto Rosa » et est connu pour ces glaces en forme de rose! Il faut parfois faire la queue pendant de longues minutes, mais cela en vaut la peine! On choisi d’abord combien de parfum on souhaite (comprenez « couches de pétales », jusqu’à 5 si ma mémoire est bonne), puis on paie en échange d’un ticket que l’on remet ensuite à la première demoiselle prête à vous confectionner une véritable petite merveille glacée! Ayez vos parfums en tête à ce moment ou laissez carte blanche à la jeune fille pour encore plus de surprise! La manière de confectionner la rose est très intéressante à voir et se fait pétale par pétale. Verdict: exquis et j’en redemande! C’est d’ailleurs pourquoi j’y suis retourné tous les jours! J’ai pu tester une dizaine de parfums différents et tous étaient franchement délicieux! Ci-contre, deux des cinq réalisations que j’ai pensé à prendre en photo avant de les dévorer: la première pistache-fraise-abricot et la seconde vanille-framboise/yoghourt-fleur de lait, une tuerie!

Tout en dégustant ma glace, je poursuis ma visite en direction de la Place Élisabeth, lieu de rassemblement des jeunes locaux. Nous sommes en août et le Sziget Festival transforme totalement la capitale hongroise avec notamment la présence à cet endroit d’une Grande Roue de 65 mètres de haut depuis laquelle on peut à nouveau admirer un incroyable panorama. Je rejoins ensuite la Place Vörösmarty, puis la rue Váci, l’une des rues les plus touristiques de Budapest. Piétonne, elle est bordée des deux côtés par de beaux bâtiments et se prolonge jusqu’au grand marché couvert. La rue est encombrée de restaurants et de magasins de souvenirs, souvent bien plus chers que dans les autres quartiers de la ville. Du coup, attention de ne pas vous laissez embobiner par les personnes qui essaient de vous attirer dans les restaurants, car en plus d’être plus cher que la moyenne, ceux-ci ne sont loin d’être excellent, parfois même franchement décevant. Je ne parle pas d’expérience, mais c’est généralement ainsi le long de rues de ce genre. N’oubliez pas de lever les yeux de temps en temps afin d’admirer les premiers étages des immeubles, souvent richement décorés de peintures et de statues.

Juste avant d’atteindre la fin de la rue, je dévie légèrement de mon but pour aller visiter la Grande synagogue de Budapest, la plus grande d’Europe et la deuxième plus grande au monde. Longue de 75m et large de 27m, elle offre une capacité de 3500 places assises. Le bâtiment est situé dans l’ancien ghetto de la capitale hongroise et joue aujourd’hui un rôle central dans la vie culturelle juive, en plus d’être très appréciée des touristes. Alors que j’arrive devant l’entrée de l’édifice, plusieurs militaires et autres policiers sont présents et je m’approche alors pour leur demander s’il est possible de visiter la synagogue. On me répond alors dans un anglais approximatif qu’il y a une cérémonie et que non, je ne peux pas entrer si je ne compte pas y participer. D’autres hommes, habillés pour l’occasion et portant une Kippa entrent, eux, sans difficulté. Quelque peu déçu et redoutant quelque chose à la vue de cet important dispositif de sécurité, je n’insiste pas et retourne finalement sur mes pas en direction du marché couvert.

J’arrive après quelques minutes de marche du côté l’édifice, lui-même situé à quelques mètres de l’élégant Pont de la Liberté. Le marché couvert de style néogothique est magnifique, notamment son toit recouvert de sublimes céramiques provenant de la célèbre fabrique hongroise de Zsolnay. L’architecture intérieur, que l’on retrouve également dans d’autres bâtiments de Budapest comme par exemple la Gare de l’Ouest, est également intéressante et on réalise seulement une fois à l’intérieur la taille impressionnante du bâtiment!  Bien que le marché soit devenu avec les années une attraction touristique, c’est avant tout un lieu de commerce où il est possible d’acheter de très nombreux produits de qualité à des prix très attractifs. Essayez donc le salami hongrois au paprika qui se conserve facilement plusieurs mois ou le canard, une spécialité locale. Le miel, le pavot et les noix sont également des produits bon marchés, mais le fleuron de la gastronomie reste le piment, l’appellation « paprika » lui étant exclusivement réservée. Les variétés principales sont «édesnemes», très doux, «élédes gulyás », demi doux, et enfin «erős», le plus fort. Sachez que les hongrois en mettent dans pratiquement tous leurs plats et souvent dans les restaurants, on trouve même un pot de paprika entre le sel et le poivre. Surplombant le marché, le premier étage cache de petites échoppes derrière les stands d’artisanat. On peut y manger des spécialités hongroises bien meilleures et moins chères que les fast-foods internationaux. Il y a des saucisses, du lángos (une sorte de beignet hongrois que l’on mange avec de la crème aigre), de la goulash etc. Je ne manque donc pas de tester ici quelques spécialités, arrosée d’une bonne bière hongroise bien fraiche!

Après cette visite du marché couvert, il est de temps rejoindre Andrássy, une avenue de 2.3km de long qui regroupe un nombre important de monuments incontournables. Reliant le centre-ville au Városliget (parc municipal), elle est, avec la ligne 1 du métro de Budapest, classée au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 2002. Le niveau artistique des édifices présents tout au long de l’avenue est impressionnant et donne à l’endroit une allure imposante. Nombre de touristes parcours l’avenue dans un sens à pied, puis reviennent au centre-ville en métro et c’est exactement ce que je compte faire. L’avenue commence juste derrière la Basilique Saint-Étienne. Avec un bon rythme de marche, j’arrive rapidement au numéro 22 où j’admire le fameux l’Opéra de Budapest. Tient, un panneau indique que des visites groupées sont organisées deux fois par jour et l’une d’entre elle va justement démarrer dans moins de 5 minutes! Le temps d’entrer dans le bâtiment, d’acheter mon ticket (et oui, la visite n’est pas gratuite) et je rejoins mon groupe dans les escaliers.

Pendant un peu plus d’une heure, notre guide nous parlera de l’histoire de l’Opéra de Budapest et de son architecture qui en font l’un des plus beaux bâtiments de la capitale hongroise et également le symbole de la riche culture musicale classique de la Hongrie. Il fut conçu par le célèbre architecte Miklós Ybl et construit de 1875 à 1884. Le 19e siècle a vu naître une rivalité culturelle entre les villes de Vienne et de Budapest, les deux capitales voulant s’enorgueillir d’avoir le plus bel opéra. Celui de Budapest a donc été décoré par les plus grands sculpteurs et peintres de l’époque et les solutions techniques les plus révolutionnaires furent mises en place avec notamment des mécanismes hydrauliques. Notre visite nous emmène à la découverte de l’édifice, de magnifiques couloirs décorés de bois sculpté et systématiquement ornés d’un tapis rouge aux petites salles de loisirs à l’atmosphère charmante pour terminer par l’immense salle principale où je reste en extase devant la beauté du plafond et des fresques qui le compose… Sans oublier le monumental lustre de trois tonnes (!) qui peut être descendu à l’aide d’un système de poulies.

Retour sur Andrássy où je poursuis ma route vers l’est. A chaque boulevard traversé, l’avenue change de physionomie et se voit ajouter ici des chemins bordés d’arbres et là, quelques places fleuries équipées de bancs. En chemin, je passe devant le n°60 où se trouve la Maison de la Terreur (Terrorháza), un passionnant musée consacré à la Hongrie durant la dictature des Croix Fléchées, les nazis hongrois. Je vous en recommande d’ailleurs la visite histoire de marquer une pause le long de votre promenade avant de rejoindre finalement l’autre bout de l’avenue.

Je l’avais vu arriver au loin, se rapprochant de plus en plus, et me voici finalement sur la place des Héros (Hősök tere). Au milieu de l’endroit s’élève le monument du millénaire construit en 1896 et qui commémore les 1000 ans de l’arrivée des farouches tribus hongroises dans le bassin des Carpathes. Ce monument est composé d’une colonne centrale de 36 mètres de hauteur surmontée d’une statue de 5 mètres de l’archange Gabriel aux ailes déployées. En dessous de cette colonne se trouve les statues des 7 chefs de tribus de la Honfoglalás. Derrière ce monument se trouve deux quarts de cercle d’une largeur totale de 85 mètres qui abritent les statues de souverains hongrois, en-dessous desquelles se trouve un bas-relief en bronze se rapportant au souverain en question. C’est le moment de prendre quelques photos des alentours alors qu’arrivent quelques bus de touristes venant, tout comme moi, admirer la place.

De chaque côté de la place se trouve également des musées, celui des beaux-arts à gauche et le Műcsarnok à droite. Les deux édifices proposent différentes expositions et le Műcsarnok se transforme même le soir venu en une sorte de boîte de nuit tendance d’où résonne une musique jusque tard dans la nuit.

En suivant la promenade Károly Kós située derrière le monument du millénaire, je me dirige vers le Városliget, une petite île où sont regroupés des reconstitutions architecturales historiques comme le château de Vajdahunyad. Il s’agit à l’origine d’une trouvaille des fêtes du Millénaire. On procéda alors à la reconstruction en matériaux temporaires d’édifices destinés à illustrer dans le cadre de l’exposition le passé architectural de la Hongrie. Autrement dit, il s’agit d’un petit voyage à travers les grands styles de la période allant du 11e au 18e siècle, le 19e siècle étant représenté par l’ensemble du site lui-même. Ses auteurs ont rassemblé sous forme de reproductions scrupuleusement exactes les édifices et les fragments de constructions les plus caractéristiques des styles concernés, provenant des régions les plus différentes du pays, et le tout connut un tel succès qu’on reconstruisit tout l’ensemble en pierre entre 1904 et 1908. On peut désormais s’y promener et j’avoue avoir beaucoup apprécié l’aspect architectural du lieu, mélangeant les styles et les époques!

Retour sur la Place des Héros où je continue mon chemin sur le petit boulevard qui se trouve à côté du Musée des beaux-arts. Je rejoins ainsi en quelques minutes le zoo et le jardin botanique de Budapest, ainsi que le restaurant Gundel, le plus réputé de Hongrie. Il paraît d’ailleurs que les prix sont loin d’être aussi élevés qu’on pourrait le croire, mais une tenue correcte est exigée. Cependant, la dernière attraction de la journée consistera à piquer une tête au cœur des bains Széchenyi, situé à quelques dizaines de mètres de là!

Ces derniers font sans aucun doute partie des plus beaux bains thermaux de la capitale. La multitude des bassins, de températures différentes, offre détente et relaxation dans un univers naturel. Entre bains chauds, saunas, et salles de vapeur, chacun y trouve son petit bonheur. Un itinéraire précis est à suivre, bien que pas toujours facile à comprendre. Ainsi, après avoir transpirer agréablement dans un sauna à près de 40°C, vous pouvez vous jeter en sortant dans un minuscule bassin d’eau à 8°C. Effet « réveil » garanti! Et pour ceux qui n’en auraient pas le courage, il reste toujours la fontaine de glace où vous pouvez ramasser des blocs glacés à vous passer sur le corps, pour des frissons et une décontraction incomparable. Mais le charme qui fait des bains Széchenyi un véritable petit bijou se trouve surtout dans les piscines extérieures, situées dans l’immense cour néo-baroque toute de jaune vêtue. Un grand bassin chaud où jets d’eau et fontaines massent le dos, pendant que les plus joueurs s’amusent à défier les papis hongrois aux échecs, été comme hiver. Un deuxième bassin plus frais qui propose un massage par bulle et un circuit aquatique à courant… Petits et grands y trouvent chacun leurs plaisirs et j’ai passé une excellente fin de journée sur place. A noter que l’hiver, entourées de neige, ces piscines dégagent une atmosphère féérique hors du commun, de quoi faire craquer bon nombre de visiteurs!

Après un retour à mon hébergement en métro, je profite de prendre une douche et de me reposer un peu avant d’aller manger un repas au restaurant Puli, le long de l’avenue Andrássy. Au menu, soupe de goulash, poulet au paprika accompagnée de nouilles au beurre, et comme dessert, un somloi, succulente pâtisserie hongroise. Un repas typiquement local, vous en conviendrez.

Tout comme pour Buda, je n’ai pas manqué de revoir sous un éclairage nocturne la plupart des édifices visités de ce côté du Danube, pour mon plus grande plaisir! Par contre, la différence entre certains endroits est impressionnante: le centre de Pest avec ses night-clubs et autre discothèques est constamment peuplé quelque soit l’heure (un peu normal, me direz-vous), mais d’autres comme la Place des Héros ou le château de Vajdahunyadest sont presque totalement désertés.

Cela conclue cette visite non-exhaustive de Budapest, que je rappelle avoir effectuée sur plusieurs jours! La séparation en deux parties était nécessaire, compte tenu de la quantité de texte et de photos. Évidement, je me suis relu un nombre incalculable de fois et avec le recul, je finis toujours par me dire que j’aurais pu développer un peu plus ceci ou raccourcir cela. Mais rapidement, j’en reviens à mon concept initial: rédiger un résumé de mes voyages, puis dans un deuxième temps, le partager avec ma famille, mes amis et les autres voyageurs. Rien de plus. Faire cela a posteriori est loin d’être simple, mais je suis super satisfait de l’état actuel du blog et j’espère que prenez autant de plaisir à lire ces quelques récits que j’ai à les rédiger!