Project Description

Le parc national de Skaftafell est le deuxième parc national du pays par sa superficie, après celui de Þingvellir. Situé au sud du Vatnajökull, il est entouré de trois langues glaciaires: Skeiðarárjökull (la plus grande vallée glaciaire d’Europe) à l’Ouest, Morsárjökull au Nord et Skaftafellsjökull à l’Est, sans oublier l’impressionnant glacier Öræfajökull. Tous ces glaciers protège la région des intempéries, ce qui en fait la plus ensoleillée du sud de l’île, même si quelques nuages remplissaient le ciel durant notre visite. Le parc s’étend sur plus de 1700km² dont seulement 13% sont situés en dehors de la zone des glaciers. Sur l’Öræfajökull se trouve le volcan Hvannadalshnjúkur, le point culminant du pays avec ses 2119m et offrant sans aucun doute une vue à couper le souffle sur les alentours.

Le long de la côte sud islandaise

Comme à notre habitude, nous quittons Reykjavik de bon matin pour quelques heures de route le long de la côte sud de l’Islande. Le long du trajet, je profite de lire quelques lignes sur l’histoire du parc et son infrastructure. Ce dernier fut fondé le 15 septembre 1967 pour protéger le biotope de la crête de Skaftafell, ainsi qu’une partie de la plaine de Skeiðarásandur et les langues glaciaires avoisinantes. Skaftafell était au départ une ferme importante et ses ruines sont encore visibles près d’Eystragil. Les bâtiments ont été déplacés dans les années 1830 et 1850 à une centaine de mètres de là et une ferme a été construite à Sel là où auparavant il n’y avait qu’une modeste bergerie. Cette ferme n’est plus habitée, mais il est possible de la visiter après environ 1h30-2h de marche depuis la maison du parc national, aussi appelé le « centre d’accueil des visiteurs ».

Parc national de Skaftafell

C’est d’ailleurs là, au centre d’accueil, que nous arrivons finalement en milieu de matinée, non sans avoir admiré des paysages aussi magnifiques que variés tout au long du trajet. A notre arrivée, nous commençons par visiter l’exposition permanente du centre expliquant tout ce qu’il y a à savoir sur le parc et ses différents aspects, tant géologiques qu’humains ou historiques. Il s’agit selon moi d’une excellente introduction au lieu et à l’attitude à adopter une fois sur les sentiers du parc. Citons également le moment fort de cette exposition : un film relatant l’impressionnante éruption de Grímsvötn et du jökulhlaup (débâcle glaciaire) qui en découla et ravagea la plaine de Skeiðarásandur en 1996. Vous passerez forcément en voiture ou en bus sur cette plaine pour rejoindre le parc et pourrez alors constater l’absence de toute végétation dans cette zone, ce qui est à la fois impressionnant et effrayant! Parmi les autres infrastructures touristiques gérées par le parc figurent un restaurant (fermé car en rénovation lors de notre visite), un camping avec douches et sanitaires, un parking et une station-service à la sortie du lieu-dit, la seule entre Kirkjubæjarklaustur et Höfn.

Skaftafell constituait le centre de l’ancien parc national de Skaftafell qui couvrait une partie du Vatnajökull et qui a disparu au profit de la création de l’actuel parc beaucoup plus étendu. Il constitue ainsi un excellent point de départ (ou d’arrivée), idéal pour de nombreuses randonnées pédestres, équestres ou glaciaires, de longues ballades à VTT ou encore pour une introduction à l’alpinisme avec notamment l’ascension du Hvannadalshnjúkur pour les plus courageux et aventureux! L’une des randonnées les plus fréquentées est celle conduisant à Svartifoss, une cascade située au-dessus de Skaftafell et c’est celle que nous avons choisi de suivre aujourd’hui. C’est parti!

La randonnée de Svartifoss, entre cascade et verdure

La randonnée de Svartifoss ou « randonnée des cascades » est la randonnée privilégiée par les touristes se rendant à Skaftafell, car c’est la plus courte et la plus facile d’accès, en plus de pouvoir être prolongée pour voir d’autres points d’intérêts du parc selon l’envie. Le départ de la promenade peut se faire à partir du parking ou du camping situé à 200m environ.

Il faut compter 1h30 (1.5km) au minimum pour faire la boucle entre le parking et la cascade principale, Svartifoss. La randonnée est facile et le dénivelé est d’environ 150m. Si vous regardez le plan, il faut suivre le circuit balisé S2, puis le S3. Une demi-heure après le départ, nous arrivons sur un plateau avec un croisement permettant de descendre sur la cascade Svartifoss à gauche, ou encore de continuer de monter sur la droite pour longer plus tard la langue de glace de Skaftafellsjökull et joindre Sjónarnípa. Du plateau, on aperçoit déjà Svartifoss, comme isolée au beau milieu de la végétation surprenante de Skatafell. La route vers Sjónarnípa est toutefois fermée pour cause de neige, et je vous rappelle que nous sommes au mois de juin!

Contrairement à Dettifoss ou Skogafoss, la renommée de Svartifoss ne s’est pas faite sur son débit d’eau, mais sur son environnement absolument splendide. En effet, la « cascade noire » est entourée de sombres colonnes de basalte de toute beauté, sorte d’orgues volcaniques naturels car ils ont été formés par une coulée de lave refroidie lentement. L’eau tombe d’une hauteur de 12m environ et nous ne manquons pas de l’admirer de plus près. Nous remontons alors vers le croisement et traversons une petite passerelle à une vingtaine de mètres devant la chute qui nous permet de rejoindre l’autre côté pour la suite de notre randonnée.

Au fur et à mesure de notre ascension, la végétation se fait de plus en plus rare, jusqu’à disparaitre complétement au profit de roches et cailloux. Nous arrivons face à une barrière fermée et indiquant que le sentier de randonnée de Skaftafellsheiði est actuellement fermé faute de neige. Décidément, cette neige encore présente en grand quantité au mois de juin m’impressionne ! L’Islande va-elle devenir le nouvel eldorado des sports d’hiver? De toute façon, ce sentier de 18km aller/retour n’est pas faisable en une demi-journée, aussi nous suivons la boucle nous permettant de revenir au parking par un autre côté (oui, c’est un peu le principe d’une boucle). Se faisant, nous passons par le bien-nommé chemin des cascades et admirons Hundafoss et Þjófafoss, d’autres chutes d’eau bien sûr moins connues que Svartifoss, mais à voir également.

Juste avant de revenir vers notre point de départ, nous passons à Lambhagi, un endroit surprenant en l’Islande puisqu’on y trouve des arbres! Je trouve amusant le fait de s’étonner de ce genre de chose, mais il paraît que c’est normal pour nous autres, habitants du continent. Allez, regardez donc par la fenêtre, je suis presque certain que vous y verrez au moins un arbre! Ici en Islande, c’est plutôt de la roche volcanique, des montagnes, des glaciers ou des volcans que vous apercevrez depuis votre fenêtre, sans aucun doute! Ces arbres offrent ainsi un environnement idéal pour la faune ailée et nous apercevons rapidement un grand nombre d’oiseaux de différentes tailles et couleurs, et en particulier un volatile faisant un drôle de bruit ressemblant à un laser! Piiiuut, piiiiuuuut ! On a quand même mis 5 bonnes minutes à le repérer, alors qu’il planait une dizaine de mètre au dessus de nous!

De retour à proximité du centre d’accueil des visiteurs, nous sommes rapidement attirés par l’odeur provenant d’une petite caravane proposant différents mets type « fast food » aux touristes du coin. Rien de tel pour terminer notre randonnée, et puis il faut dire que cette marche a creusé notre appétit! On a de la chance, car bien que certains plats ne soient plus disponibles, il reste de la soupe de homard (de la langoustine en vérité), des brochettes de viandes et du poisson pané avec des frites (fish and chips!). Comme on ne sait pas trop quoi prendre, on commande un plat de chaque, naturellement! Tout était excellent, surtout la soupe de langoustine dont nous ne manquerons pas de goûter les différentes variantes une fois de retour à Reykjavik (en sandwich, burger, etc). Commandez quelques chose rapidement et de préférence avant 14h, car dès que les réserves sont épuisées, « Glacier Foodies » ferme pour le restant de la journée!

En direction du Skaftafellsjökull

Comme nous avons encore du temps avant que notre bus ne reparte en direction de la capitale, nous suivons le sentier du Skaftafellsjökull. Ce dernier commence juste à côté du centre d’accueil, est très facile à suivre et se termine au fois à proximité du glacier de Skaftafell (« jökull » signifie « glacier »). Depuis ce point, la vue sur l’énorme langue de glace est impressionnante! Ceux qui souhaitent se rapprocher peuvent le faire, mais sont encouragés à suivre les instructions indiquées sur un panneau d’avertissement au bout du chemin. Comme nous ne sommes pas préparés pour nous balader sur un glacier (pas aujourd’hui en tout cas!) et surtout que l’heure tourne, nous rebroussons chemin en suivant un sentier parallèle à celui emprunté à l’aller. Ici, on peut voir quelques passerelles de bois entourées d’un paysage de roches de toutes tailles et formes, elles-même recouvertes d’une mousse verte omniprésente. Un très joli spectacle sur lequel il convient de ne pas marcher!

Une fois de retour au centre d’accueil des visiteurs, nous prenons place dans le bus qui nous attend et repartons éreintés mais ravi de notre journée! Plus de temps sur place aurait été nécessaires pour suivre une randonnée plus longue que celle de Svartifoss, mais de toute façon, les routes fermées ne nous auraient pas permis d’aller bien loin… Les caprices de la météo, autant faire avec quand on ne peut pas se permettre le luxe de partir à la dernière minute alors que la météo annoncée est bonne et qu’il reste des vols et hébergements qui ne soient pas hors de prix… Bref, un tour dans le parc national de Skaftafell (officiellement celui du Vatnajökull au jour d’aujourd’hui) vaut la peine, surtout si vous pouvez dormir sur place!