Project Description

Ici, on commence par le commencement, à savoir l’arrivée au Japon, mais si vous souhaitez vous rendre directement au Sensō-ji, cliquez ici !

ARRIVÉE AU PAYS DU SOLEIL LEVANT

C’est après un vol d’un peu plus de 9h depuis Helsinki que je débarque plutôt « frais et dispo » à l’aéroport de Narita à Tokyo. C’est bien la première fois qu’un vol de cette distance me parait si court… En effet, je ne me souviens pas m’être ennuyé un instant et avoir même été surpris quand le personnel de cabine nous a annoncé l’atterrissage imminent à Narita. Du coup, je pense retourner en Nouvelle-Zélande prochainement : 21 heures de vol (12h + 9h) ne devrait ainsi plus être un problème, haha !

Les vols avec Finnair depuis la Suisse et Japan Airlines (JAL) depuis la Finlande se sont très bien passés et je ne peux que recommander leur service : les sièges étaient confortables, l’espace pour les jambes et les bagages plus que suffisant et la nourriture très bonne, même si cela reste des plateaux-repas de compagnies aériennes. J’imagine qu’il faut passer en classe affaire pour voir une réelle différence. J’oublie de mentionner l’excellent service et la gentillesse du personnel de cabine, en particulier avec JAL. N’hésitez donc pas à envisager un vol avec un ou plusieurs arrêts si le prix d’un vol direct n’est pas dans votre budget !

DIRECTION LE CENTRE-VILLE !

A mon arrivée vers 10h, il fait très beau dehors et je me réjouis donc d’arriver au centre-ville pour commencer ma visite ! Cependant, il faut déjà sortir de l’aéroport, mais tout est indiqué en anglais pour nous autres touristes, donc pas de soucis de ce côté. On ne se rend pas encore bien compte que l’on se trouve dans une mégapole de 30 millions d’habitants, mais ça va venir !

A peine arrivé, je retrouve (n’oublions pas qu’il s’agit de mon second voyage) ce fameux sens pratique japonais, le coté « procédurier » de la vie courante dans la société nipponne : par exemple, si vous vous trouvez sur un escalator à Tokyo, vous verrez toujours les Japonais se tenir du côté gauche afin de laisser le côté droit libre. Je reviendrai sur ce sens pratique dans d’autres articles, mais je connais pas mal de pays (tous ?) qui pourraient s’en inspirer. Attention toutefois : à Osaka, on se tient à droite sur les escalators ! Et pour Kyoto, c’est un peu comme vous le sentez… Non, c’est vrai ! L’ancienne capitale accueille tellement de touristes et de Japonais de la campagne qu’il n’y a pas vraiment de règles.

Sachez aussi que les Japonais sont un peuple extrêmement visuel : tout est non seulement expliqué de manière textuelle, mais également sous forme d’images. Je reviendrai également là-dessus dans d’autres articles, mais rien que la campagne « Ne faites pas ça ici SVP ! / Refaite-le SVP ! » du Tokyo Metro (et ses images mettant en avant un comportement respectueux) vaut le coup d’œil !

tokyo-metro

La première chose à faire est de passer par le bureau d’immigration. Rien de bien spécial ici : on vérifie votre carte d’embarquement, on prend vos empreintes et on tamponne votre passeport pour peu que tout soit en ordre. Après cela, je récupère mon sac, un des premiers qui arrive sur le tapis roulant. Je passe ensuite rapidement par le bureau de douane où après quelques questions, on me laisse poursuivre ma route sans trop vérifier le contenu de mon sac. Bref, fini avec les procédures d’entrée, me voici dans le hall d’arrivée : bienvenue au Japon !

Il s’agit maintenant d’obtenir mon Japan Rail Pass et je peux faire cela ici à l’aéroport ou dans n’importe quelle grande gare. Je me dirige donc vers les plateformes de départ des trains au niveau inférieur. Je me rappelle de l’emplacement du bureau JR (toujours par rapport à mon précédent voyage), le trouve donc facilement et y troque directement mon bon d’échange contre le précieux sésame ! Et tant qu’a être dans un bureau JR, j’en profite pour me procurer également une carte Suica (également achetable dans toutes les gares et stations de métro). Je vous renvoie sur mon article bilan pour en savoir plus à ce sujet. Je suis donc totalement équipé pour rejoindre le centre-ville ! Enfin presque, il me manque encore le ticket de train pour sortir de l’aéroport. Comme je dois me rendre à Ueno, le plus simple est d’y aller via la ligne Keisei qui fait le trajet en à peine plus de 40 minutes pour environ 2200¥ (réduction incluse). Dans un premier temps, j’étais intéressé à acheter le « N’EX TOKYO Round Trip Ticket », mais ce dernier a changé en mars 2015 : il coûte actuellement 4000¥ pour un aller-retour Narita-Tokyo avec une validité de 14 jours, ce qui ne m’arrange pas étant donné que je reste un mois sur place, mais il constitue une très bonne offre pour celles et ceux qui reste 2 semaines au Japon, avec arrivée et départ depuis Narita bien entendu ! On peut également trouver moins cher, mais le trajet sera forcément un peu plus long. A préférer si vous n’êtes pas pressé ! J’achète donc un ticket pour la ligne Keisei avec ma Suica, puis me dirige vers le quai.

Le train arrive après seulement 3 minutes d’attente, parfait timing ! Je m’installe confortablement à ma place dans un wagon quasiment vide et profite tranquillement du paysage. Tout est calme, propre et confortable : nous sommes au Japon ! J’aperçois quelques cerisiers en fleurs, une des principales raisons de ma visite au mois d’avril et je me réjouis de pouvoir les admirer de plus près. J’en profite également pour écrire quelques lignes dans mon carnet de voyage avant d’arriver finalement à la gare d’Ueno. Cette dernière est située sur de nombreuses lignes ferroviaires dont la célèbre ligne circulaire Yamanote, une des plus chargées de Tokyo car elle dessert les principaux quartiers de la ville (Shinjuku, Shibuya, Marunouchi, Ueno, Akihabara et Ikebukuro). Je m’y promène un bref instant, surtout pour faire un peu de repérage car ce sera mon point de départ journalier tant que je résiderai à Tokyo.

Comme il est 11h et que je ne peux pas m’enregistrer à l’auberge avant 16h, je choisi de mettre mon grand sac à dos dans un casier juste devant l’entrée de la ligne de métro Hibiya (parfait pour le récupérer sur le chemin du retour en direction de l’auberge) et d’enchainer directement avec un tour à Asakusa. En effet, il fait beau, mais je ne sais pas trop jusqu’à quand cela va durer, alors autant en profiter dès maintenant ! L’utilisation des casiers est très simple : on sélectionne celui dans lequel on a préalablement placé son sac, on passe sa Suica devant le lecteur (ou on y insère une pièce de 500¥) et voilà !

Mon sac bien a l’abri, je me dirige maintenant vers l’entrée de la ligne Ginza, une des nombreuses lignes de métro de la capitale.

Ah, le métro à Tokyo ! Permettez-moi une petite parenthèse.

Beaucoup d’étrangers voient le réseau de transport tokyoïte comme un véritable labyrinthe aux allures de jungle. Bien au contraire ! Si vous avez déjà pris le métro dans n’importe quelle autre ville du monde, vous ne risquez pas beaucoup de vous perdre à Tokyo. Qui plus est, le réseau de la capitale nipponne a pas mal d’avantage : ponctualité, propreté, sécurité, indications complètes et précises, des toilettes généralement propres et du wifi gratuit grâce à des hotspots de plus en en plus nombreux.

Et pour que tout ça fonctionne, les voyageurs doivent se plier à un certain nombre de règles de bonne conduite : on respecte les marques au sol et les barrières, on fait la queue sans couper les files (toujours selon les marquages au sol), on n’entre pas tant que tout le monde n’est pas sorti de la rame, on respecte le calme, on place son sac à dos au sol ou encore sur les grilles en hauteur, on ne mange pas dans les rames, on fait attention aux places réservées (pour les handicapés, femmes enceintes, etc.) en bouts de wagons et on évite, le cas échéant, les wagons réservés aux femmes à certains moments de la journée. Oui, oui, vous avez bien lu ! Heures de pointe dans une capitale de 30 millions d’habitants = personnes littéralement compressées dans les wagons = problèmes de promiscuité = harcèlements, attouchements et agressions en tout genre sur la gente féminine ont finalement amené à la mise en place de ce service à certaines heures de la journée, service également accessible aux enfants ainsi qu’aux personnes âgées ou handicapées.

Bref, je pourrais continuer à parler du métro de Tokyo ou des différents systèmes de transport nippon pendant des heures, mais ce n’est pas vraiment le but de l’article et d’ailleurs, d’autres le font bien mieux que moi… Demandez à Google ! Fin de parenthèse.

J’emprunte donc le premier métro de la ligne Ginza qui passe et en ressort après quelques minutes au terminus de la ligne, Asakusa. A chaque station, des panneaux jaunes vous indiquent où vous arriverez en empruntant telle ou telle sortie, plutôt pratique quand on sait que chaque coin de rue ou presque regorge de lieux à visiter ! Je me dirige donc vers la sortie m’amenant au plus près du Sensō-ji et dégaine mon appareil-photo. Vous en avez assez de cette introduction (assez longue, j’en conviens) ? Tant mieux, on est au bout, en avant pour la visite !

SENSÔ-JI, LE TEMPLE D’ASAKUSA

Équipé de mon petit « planning maison », je me dirige dans un premier temps vers le centre d’information du quartier d’Asakusa. Ouvert en 2012 et ajoutant de la diversité dans les rues d’Asakusa avec son architecture intéressante, le bâtiment de huit étages offre un comptoir d’information touristique dans plusieurs langues, le wifi gratuit, un café et une terrasse d’observation qui offre de belles vues aux alentours. Et c’est la raison de ma présence ici !

Compte tenu de la file d’attente devant l’ascenseur, je choisi d’y monter à pied. Pfff, huit étages tout de même ! Mais la vue une fois au sommet est une récompense bien méritée ! On peut notamment voir d’un côté la Tokyo Skytree (prochaine visite sur ma liste), le QG de la bière japonaise Asahi et sa fameuse « crotte » dorée (j’y reviendrai dans un prochain article), ainsi que la rivière Sumida.

Toutefois ce qui m’intéresse, c’est la vue au nord de la plateforme d’observation : le Sensō-ji et la rue Nakamise-dōri. Magnifique ! Comme vous pouvez le voir, il y a du monde, mais c’est ainsi toute la journée sans vraiment désemplir. Et nous sommes un jour de semaine un peu avant midi : imaginez ce que ça doit donner durant le weekend ou un jour de festivité ! Bon, je vais m’y rendre avant que ça soit totalement encombré, si ce n’est pas déjà le cas…

Le Sensō-ji est un temple particulièrement apprécié des Japonais et dédié à la déesse bouddhique Kannon. Cette dernière, un bodhisattva (être qui a atteint l’état d’éveil mais qui a choisi de mettre en sursis son statut de bouddha) est très populaire au Japon, car elle incarne la compassion et la miséricorde. Cela explique ainsi le nombre de Japonais coutumiers du temple à toute heure de la journée ! Le temple en lui-même est imposant, car il est érigé au centre d’un complexe bouddhique dont l’enceinte englobe des rues entières du quartier d’Asakusa. Je vous laisse lire cette petite histoire, le temps pour moi d’arriver devant l’entrée principale.

La légende rapporte que le 17 mai 628, sous le règne de l’Impératrice Suiko (593 – 628), deux frères, Hamanari et Takenari Hinokuma, pêchant sur la rivière Sumida, trouvèrent dans leurs filets une statue de la déesse Kannon. Cette découverte parvint aux oreilles du seigneur du village, Hajino Nakamoto, qui vint trouver les deux frères et fit un sermon passionné au Bouddha, la déesse étant un bodhisattva. Les frères Hinokuma en furent fortement impressionnés et se convertirent ensuite au bouddhisme. La statue de la déesse fut placée dans un temple de fortune, et les trois hommes vouèrent ensuite leur vie à prêcher la voie bouddhiste. Le temple Sensō-ji, terminé en l’an 645, prospéra, tout comme le quartier d’Asakusa dans lequel il était établi. En 1649, pour rendre hommage aux trois hommes et les élever au rang des divinités, le sanctuaire Asakusa, aussi nommé Sanja-sama (三社様, Sanctuaire des Trois Divinités »), fut érigé sur ordre du shogun Tokugawa Iemitsu.

Voilà, je fais maintenant face au premier élément du dît sanctuaire, Kaminarimon (Porte du Tonnerre), un impressionnant portail auquel est suspendue la lanterne de papier rouge la plus grande du Japon et véritable symbole du quartier d’Asakusa !

Le flot de touristes en train de prendre la pose est lui aussi impressionnant, mais comme il est impossible de faire une photo de jour sans personne devant le portail, je ne m’y attarde pas trop longtemps. Surtout qu’à cet endroit, vous devenez la proie de la dizaine de tireurs de pousse-pousse souhaitant vous embarquer pour un tour du quartier ! Bon, ils ne s’intéressent visiblement qu’aux couples et beaucoup moins aux personnes seules, mais pourquoi pas en faire votre première activité dans le quartier si vous êtes deux, histoire de faire un repérage de façon originale ? Attention par contre, car le tour n’est pas donné (jusqu’à 9’000¥ les 30 minutes !).

L’heure de franchir le portail est venue ! Il faut jouer des coudes pour se frayer un chemin à travers ce dernier, mais n’oubliez pas de relever la tête au moment de passer sous la lanterne ! Vous pourrez y admirer une très belle sculpture en bois d’un dragon ! Toutefois, rien ne vous empêche d’emprunter les entrées annexes et plus discrètes en contournant le portail par la gauche ou la droite. Avant d’atteindre le temple lui-même, il faut traverser une arcade commerçante de 250m perpétuellement bondée en journée, Nakamise-dōri, où se côtoient stands de souvenirs vendant de tout et étals de nourriture proposant diverses spécialités culinaires. Là aussi, il faut jouer des coudes !

N’oublions pas de citer Shin-Nakamise ou « La Nouvelle Nakamise » perpendiculaire à la rue Nakamise-dōri. Il s’agit d’une longue galerie marchande couverte bordée d’une multitude de magasins et restaurants. Aucun doute sur le fait que vous y passerez un certain temps pour l’achat de vos souvenirs ! Prévoyez une demi-journée, voir une journée complète dans ces allées (et le quartier en général), et vous trouverez tout ce que vous pouvez imaginer ! J’insiste : tout ! Bon, le prix y est sans doute plus cher qu’ailleurs (lieu touristique oblige), mais le choix est tout simplement énorme !

J’avance péniblement dans l’allée, me frayant un chemin entre les écoliers en uniforme, les touristes de tout horizon et bien évidement les locaux. Je passe également devant nombre d’étals de nourriture et, gourmand comme je suis, j’achète ici et là quelques spécialités. Mes préférés sont sans conteste les Ningyo-yaki, de délicieux petits gâteaux de diverses formes fourrés à la pâte d’haricot rouge (Anko). Vous ne pourrez pas rater le stand qui les vend ; laissez-vous guider par la délicieuse odeur des gâteaux frais !

L’allée marchande est également célèbre pour ses Kibidango, des boulettes de riz en brochette recouvertes de poudre de soja, ses Agemanju, gâteaux fris très moelleux, également fourré à l’anko ou encore ses Osenbei, croustillants biscuits de riz. Miam !

J’admire également les quelques magnifiques cerisiers en fleurs pendant de nombreuses minutes, ce qui me conforte dans ma décision d’être venu au Japon en avril : c’est vraiment le meilleur moment (avec l’automne et ses érables) pour se rendre au Japon, que de beauté représentée dans chaque pétale qui s’envole au gré du vent ! Au bout de cette allée, une deuxième porte monumentale se dévoile, Hōzōmon (Porte de la Salle aux Trésors). L’ensemble est clairement imposant, avec ses deux statues Niō (deux divinités gardiennes japonaises, j’y reviendrai plus tard) sur l’avant, ses deux sandales de pèlerin démesurées sur l’arrière et ses trois lanternes en son centre.

Les sandales de paille de 4,5 m de haut, 1,5 m de large et d’un poids de 400 kg chacune sont nommés « o-waraji ». Elles ont été tressées en 1998 par 800 habitants de Murayama, se veulent être un charme protecteur contre les mauvais esprits et sont réputées pour porter bonheur à celles et ceux qui les touchent.

La lanterne principale (au centre, appelée chōchin) date de 2003 et arbore le nom de la ville de Kobunachō afin de remercier ses habitants de leur dons de cinq millions de ¥ à l’occasion de la commémoration du 400e anniversaire de l’ère Edo. De chaque côté de la lanterne rouge se trouvent deux tōrō de cuivre, hauts de 2m75 et pesant environ une tonne chacun.

L’intérêt du Sensō-ji ne repose pas uniquement dans le temple principal que je m’apprête à visiter, mais également dans la pagode à cinq étages visible sur la gauche du temple. C’est la deuxième plus haute pagode du Japon après celle du temple de Tōji, au sud de Kyoto. Elle fut érigée en 942 à proximité du Kannon-dō. Ravagée par un incendie, elle a été reconstruite en 1648 par Iemitsu Tokugawa.

Déclarée trésor national par le gouvernement japonais en 1911, elle fut à nouveau détruite en 1945 par les bombardements américains tout comme la majorité du temple. La mobilisation et les dons de fidèles de tout le pays ont permis sa reconstruction à la fin de la guerre. La pagode actuelle date de 1973 et a conservé son style d’origine. Il est rare que l’on puisse visiter l’intérieur et encore moins monter aux étages d’une pagode et celle-ci ne fait malheureusement pas exception à la règle. Ce sera donc uniquement une vue de l’extérieur, mais au combien jolie !

La seconde porte passée, c’est à nouveau un moment d’extase : en haut d’une volée de marches se dresse le bâtiment principal du temple, sur fond de cohue générale et fumerolles d’encens. Je suis heureux de voir le temple de mes propres yeux, car il faut dire que lors de notre visite en 2010, le Sensō-ji était en rénovation sous une grande bâche et impossible donc de se faire une idée de l’aspect extérieur du bâtiment. Alors maintenant, je peux le dire : c’est tout simplement splendide !

Sur chaque côté de la place faisant face au temple se trouvent des petites boutiques tenus par les prêtres du temple qui vendent différents charmes, chapelets et autres porte-bonheur Il y a également des Omikuji (la « Loterie sacrée »), mais j’y reviendrai également un peu plus bas.

Peu avant l’entrée du Kannon-dō se trouve un grand bruloir à encens. Il est de coutume de s’envelopper de cette fumée supposée avoir des vertus thérapeutiques et purificatrices, et il est amusant de regarder les locaux (surtout des seniors) se presser autour de la petite structure. Je n’ai même pas besoin de m’en approcher, tant la fumée est omniprésente. D’ailleurs, je n’imagine personne pouvant tenir bien longtemps dans les fumerolles, tant celles-ci sont fortes et piquent les yeux ! Après coup, je me suis dis que ça devait être ça que la fumée tentait de guérir : mes yeux ! Ou pas, allez savoir…

D’abord, on se purifie le corps et l’esprit…

Avant d’adresser ses prières aux divinités bouddhiques, il est également de coutume d’effectuer quelques ablutions purificatrices. Ceci est valable que l’on visite un sanctuaire shintoïste ou bouddhiste. Ce qui change, c’est la manière de prier (j’y reviendrai plus bas), mais le rituel de purification reste le même. On trouve donc à droite du bruloir à encens une fontaine surmontée d’une statue. La procédure est la suivante : on prend d’abord la louche dans la main droite, puis on puise un peu d’eau avec et on la verse sur la main gauche. On passe la louche dans la main gauche et on rince la main droite de la même manière. On repasse à nouveau la louche dans la main droite et on puisse un peu d’eau qu’on verse dans la paume de la main gauche. On prend une gorgée d’eau pour se rincer la bouche, on lave à nouveau sa main gauche, puis la louche, et on replace cette dernière dirigée vers le bas au dessus du bassin.

Compliqué ? Mais non, question d’habitude. Attention toutefois : pour des questions évidentes d’hygiène, on ne boit pas directement à la louche, on recrache bien l’eau en dehors du bassin (un espace est aménagé à cet effet au pied de celui-ci) et on ne l’avale pas !

… Et ensuite seulement, on prie !

Avant tout chose, faisons la distinction entre shintoïsme et bouddhisme, les deux religions majoritaires au Japon. Les sanctuaires shintoïstes sont facilement reconnaissables à leur entrée, marquée par un torii, une haute porte de bois (plus rarement en pierre) recouverte d’une couleur rouge vermillon. Dans la majorité des sanctuaires, le caractère sacré des lieux se manifeste aussi par un shimenawa, une grosse corde tressée qu’on place autour des arbres. Les temples bouddhistes sont eux caractérisés par un mon, entrée plus imposante que les torii, gardée de chaque côté par des statues Niō.

Les torii shinto marquent la séparation entre le monde des humains et celui des dieux. Aussi, les visiteurs doivent s’incliner en le franchissant. Dans un sanctuaire shinto, la prière suit un schéma précis. Dans un premier temps, on place une pièce dans le tronc (une grosse caisse à l’entrée du honden, le bâtiment principal) et on fait sonner une des cloches. On s’incline ensuite deux fois, puis on tape deux fois dans ses mains pour signaler sa présence à la divinité locale. Une fois le moment de recueillement terminé, on s’incline à nouveau une dernière fois.

La démarche est similaire dans un temple bouddhiste, si ce n’est qu’on ne tape pas dans ses mains. Voilà, j’espère ne pas avoir écrit de bêtises malgré mes nombreuses relectures. Que l’on me corrige au besoin !

Une fois propre physiquement et surtout spirituellement, il est temps d’adresser une prière à la déesse au sein même du Kannon-dō. L’intérieur se divise en deux espaces, le naijin (sanctuaire intérieur) et le gejin (sanctuaire extérieur). Au centre du premier se trouve le gokuden, l’autel qui abrite la statue sacrée de la Bodhisattva Kannon, ainsi que sa réplique sculptée par Ennin au 9eme siècle. Toutes deux sont cachées aux yeux du public, mais on peut admirer la réplique si on visite le Sensō-ji le 13 décembre.

Entourant le gokuden se trouve deux déités protectrices ; le Bonten et le Taishakuten. Au fond du naijin se trouve deux statues de déités bouddhistes irritées, à gauche Fudo Myo-o et à droite Aizen Myo-o, toutes deux aidant la Bodhisattva Kannon dans la diffusion de ses enseignements. J’imite les locaux pour la prière devant l’autel et laisse rapidement la place, une foule compacte se formant rapidement autour de moi.

À la fois à l’intérieur et l’extérieur du temple, on trouve les fameux Omikuji (la « Loterie sacrée »). Il s’agit de papiers sacrés que l’on récupère par tirage au sort. Je m’explique : on insère une pièce à l’emplacement prévu (généralement 100¥), puis on s’équipe d’une boite métallique que l’on secoue jusqu’à ce qu’un bâtonnet numéroté en sorte. On ouvre le tiroir correspondant au numéro, on prend un Omikuji, on ferme le tiroir et on remet le bâtonnet dans la boite métallique que l’on repose là où on l’a prise. Facile, non ?

Vous pouvez dès lors lire la prédiction écrite sur l’Omikuji en japonais et très souvent  disponible en anglais (au verso ou en plus petit, à côté de la version japonaise). Plusieurs types de prédictions existent :

Certaines sont bonnes et doivent être ramenées « à la maison » et d’autres, mauvaises, doivent être pliées et attachées aux endroits prévus à cet effet au sein ou aux alentours du temple pour en annuler les effets. Pour ma part, j’ai pioché une « demi-chance » (half-fortune), ce qui n’est pas si mal ! Seule une ligne compte pour moi : « Vous démarrez un voyage sans encombre ». Parfait, j’embarque le papier qui me suivra tout au long du voyage !

Ravi de cette prédiction pour le moins positive, je m’éloigne quelque peu du temple, là où se trouve un petit havre de tranquillité : le jardin japonais. Il s’agit là d’une étape adéquate pour échapper à la foule et se perdre dans la contemplation des carpes koï de l’étang artificiel, ce que je ne manque pas de faire ! Je me promène entre les statues et autres monuments et profite du calme ambiant tout en prenant quelques photos de ce magnifique endroit, agrémenté de quelques cerisiers en fleurs. C’est sans aucun doute un de mes endroits préférés dans la capitale japonaise. Tout simplement magnifique !

Ah, encore une info : si vous êtes dans le coin durant le troisième week-end de mai, sachez qu’on fête ici la Sanja Matsuri qui attire tous les ans 2 millions de visiteurs, Japonais ou étrangers. Je quitte maintenant le magnifique jardin, car la faim se fait sentir…

Et pour éviter de ne manger que de délicieux desserts frits et fourrés, tous plus appétissants les uns que les autres, je me rends dans l’allée Shin-Nakamise et repère une petite échoppe de takoyaki, un des nombreux mets de la cuisine japonaise et une spécialité d’Ōsaka. Il s’agit de boulettes de pâte cuites en moule (semblable à la pâte à crêpe, mais salé) contenant des morceaux de poulpe, assaisonnées et recouvertes de mayonnaise et d’oignons verts. Il va s’en dire que j’en commande une pleine barquette avec du riz soufflé en supplément ! Délicieux, et surtout très très chaud ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est plutôt nourrissant ! Mais pas assez pour m’empêcher de prendre un dessert… Dessert que j’ai d’ailleurs déjà repéré à quelques mètres de là !

Et je ne suis pas le seul ! Une dizaine de personnes attendent comme moi l’opportunité de pouvoir déguster une autre spécialité nippone : le taiyaki (à ne pas confondre avec les takoyaki cités plus haut !). Il s’agit ici d’un gâteau japonais en forme de poisson, fourré la plupart du temps d’anko, une pâte de haricots rouges sucrés, mais également de crème pâtissière, de chocolat ou d’autres variantes sucrées et délicieuses. Cette fois, ce sera haricots rouges, mon péché mignon ! Il faut d’ailleurs préciser que vous trouverez de l’anko dans 85% des desserts japonais, mais pas de soucis : c’est un délice !

Durant mon séjour, je suis revenu à plusieurs reprises tester les différentes variantes. Verdict : tout bonnement excellent, à tester absolument si vous êtes dans le coin ! Il y a même un petit banc sur lequel vous pouvez déguster votre Taiyaki tout en admirant leur fabrication à travers une vitre.

Ah oui, attention si vous achetez quelque chose de comestible à l’emporter dans cette rue commerçante : certains établissements souhaiteront que vous mangiez ce que vous avez acheté à proximité directe de leur établissement, non pour leur faire de la publicité (bon, un peu quand même !), mais parce qu’on ne mange pas en marchant et surtout pour éviter de vous cogner toutes les 3 secondes dans quelqu’un alors que dégustez du regard votre plat.

Bref, c’est le ventre plein que je me dirige vers Sumida-ku, le quartier voisin, où m’attend  la Skytree tower ! Ceci fera toutefois l’objet d’un prochain article, mais comme je suis quelqu’un de sympa, voici deux petits bonus : un tour de nuit !

 

Le Sensô-ji de nuit

Comme vous avez pu vous en rendre compte sur les photos ci-dessus, le temple est quotidiennement pris d’assaut en journée par des hordes de touristes et de personnes venues se recueillir. Bien qu’il soit indispensable de visiter le quartier en journée, je ne saurais trop vous recommander d’y revenir une fois la nuit tombée, ce que j’ai fais quelques jours après mon arrivée. En effet, aux alentours de 22h, on y découvre un tout autre lieu, totalement métamorphosé !

Peu de gens se rendent au temple d’Asakusa la nuit, ainsi l’endroit y est quasi désert, le calme ambiant contrastant avec l’agitation de la journée. Qui plus est, le temple, la pagode et les alentours sont sublimés par de nombreux éclairages pour le plus grand plaisir des yeux et des objectifs, alors n’hésitez pas ! Pour votre information, l’illumination du temple se termine vers 23h, mais cela vous laisse largement le temps de flâner et de profiter de la paix du lieu.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’endroit paraît maintenant bien vide ! La Kaminarimon (Porte du Tonnerre) se laisse admirer (et photographier) sans peine. Une fois franchie, c’est au tour de Nakamise-dōri, l’allée marchande, d’apparaître déserte, comme abandonnée. Quel calme, c’est simplement reposant !

J’arpente l’allée, tout en visitant les rues parallèles, éclairées par quantité de néons et autres lampions. Des odeurs s’échappent des quelques restaurants encore ouverts, mais ayant déjà mangé, je continue mon chemin en direction du temple !

Me voici à nouveau devant Hōzōmon, la Porte de la Salle aux Trésors. Quel spectable ! Je me répète, mais cet éclairage nocturne donne un tout autre aspect des bâtiments alentours, tant chaque coin de l’édifice se découpe de l’arrière-plan nocturne. La lanterne rouge et ses deux tōrō sont toujours là, se balançant très légèrement au gré du vent. Je m’approche pour les admirer de plus près et je fais de même pour les fameux gardiens, les Niō, dont j’avais promis de vous parler un peu plus tôt dans l’article.

Les Niō sont deux divinités gardiennes japonaises des temples bouddhiques installées de chaque côté de l’entrée principale « mon ». Ils sont généralement en robe ou en armure et montrent une attitude menaçante, car il s’agit avant tout de forces capables de chasser les mauvais esprits. Voici une petite présentation de droite à gauche, sens de lecture au Japon :

La statue de droite s’appelle Naraen Kongō, illustre la puissance exprimée et a la bouche ouverte pour prononcer la première lettre de l’alphabet Sanskrit qui se prononce «a». La statue de gauche, appelée Misshaku Kongō symbolise la puissance latente et a la bouche fermée pour représenter la dernière lettre de l’alphabet sanskrit, prononcée «um». Ces deux lettres (a-un en japonais) symbolisent ensemble la naissance et la mort de toute chose.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont de sacrés abdos, les gardiens !

Que vois-je maintenant au détour de la porte ? Ah, la pagode sous un éclairage nocturne, magnifique ! Il est dit que cet édifice se présente comme un objet d’art dans la culture japonaise et est principalement destinée à être admirée. Je crois qu’il n’y a pas phrase plus pertinente en ce moment. Qui plus est, les différentes sources de lumières et la demi-lune trônant fièrement sur la flèche de la pagode accentue encore plus l’aspect mystique de l’édifice ! Je m’approche également de la statue représentée sur la fontaine, le « Guerrier de Jade aux Neuf Dragons » comme je l’ai nommé. Oui, il faut croire que ce genre d’endroit m’inspire !

Finalement, j’arrive devant le bâtiment principal du complexe. Sans cohue ni fumerolles d’encens, le lieu retrouve sa sérénité. On pourrait croire que cette couleur rouge vermillon aurait tendance à énerver ou exciter, mais dans tous les cas, ça ne fonctionne pas sur moi : je reste de longues minutes sur place à méditer, imprégnant ma mémoire de chaque mètre carré qui m’entoure, chaque morceau de bois, chaque tuile… Regardez donc la myriade de détails dont chaque élément est affublé ! Ce n’est finalement que quand toutes les lumières s’éteignent lentement, les unes après les autres, que je m’éloigne du temple, l’esprit totalement calme et serein.