Project Description

Le Palais Impérial de Tokyo ou Kôkyo

Et nous voici parvenu à la dernière visite de la journée, j’ai nommé le Palais Impérial de Tokyo, aussi connu sous le nom de Kôkyo (littéralement « Résidence de l’Empereur »). Comme ce nom le suggère, il s’agit de la demeure à l’année de l’Empereur et sa famille; n’espérez donc pas visiter l’intérieur ou même les alentours directs du palais! Ce n’est bien entendu pas mon but, car ce que je recherche avant tout, c’est un endroit calme pour terminer d’une manière reposante cette journée chargée en découvertes. En effet, après un tour matinal du parc d’Ueno, suivi par la visite du sanctuaire Meiji, du parc Yoyogi et d’Harajuku, avant d’enchainer avec les cerisiers de Shinjuku Gyoen et le Tokyo Metropolitan Building, je peux vous dire que la fatigue commence sérieusement à se faire sentir! J’imagine volontiers que cela peut vous sembler beaucoup en une seule journée, mais je vous rassure: j’ai pris mon temps pour visiter chacun de ces lieux et depuis 6h du matin, autant vous dire que j’en ai carrément bien profité! Avec le recul, je me dis même que j’ai très bien fait, car la suite de mon voyage au Japon allait devenir carrément pluvieuse, du jamais vu selon les locaux… Du coup, en profitant à fond de chaque journée ensoleillée, je n’ai ainsi pas eu (trop) de regrets. C’est tout de même légèrement somnolant que je débarque du métro de la Yamanote Line à la gare de Tokyo, au cœur de l’arrondissement de Chiyoda.

Encore une fois, le chemin vers le palais depuis la gare est parfaitement bien indiqué: suivez les panneaux jaunes! Après quelques minutes entouré des grattes-ciel du quartier d’affaires, je traverse un pont de bois et arrive sur une grande place moderne, couverte de fontaines, bassins et parterres de fleurs. Un petit café-restaurant est également présent et permet de marquer une pause gourmande juste avant votre visite des alentours du palais. Toutefois, les prix pratiqués y sont plus chers que la moyenne et il est souvent difficile d’y trouver une table de libre. Je poursuis donc ma ballade et arrive à proximité de l’ancienne demeure du Shogunat. Alors que les Rois de France résidaient à Versailles, les Shoguns de l’ère Tokugawa (1603-1867) siègent quant à eux plein cœur de la capitale, Edo. Lieu paisible et secret, il subit par la suite les affres de l’Histoire comme nombre de monuments historiques japonais; détruit par un incendie en 1873, il fut rebâti dès 1888, puis rasé lors de la seconde Guerre mondiale, et finalement reconstruit en 1968. Autrefois le plus grand château du monde, le Palais Impérial n’arbore aujourd’hui que ses douves, ses remparts et ses jardins. Ceux de l’Est constituent d’ailleurs le seul lieu ouvert au public et bien que le palais ne soit pas directement accessible, les Japonais peuvent l’approcher d’un peu plus près deux fois par an, le 2 janvier et le 23 décembre, jour de l’anniversaire de l’Empereur.

C’est donc d’un pas calme et nonchalant que je longe les douves dans lesquelles j’admire les superbes reflets des imposants remparts les surplombant. J’en profite bien entendu pour faire quelques photos, dont quelques-unes qui rendent assez bien, sans fausse modestie. L’endroit est calme et le cadre charmant et agréable, surtout lors d’une belle journée comme celle-ci. Ici fleurissent quelques cerisiers et là, une grande esplanade plutôt morne et sans bâtiment sépare le palais et ses jardins du reste de la ville. Cet élément m’avait d’ailleurs surpris lors de ma première visite de Tokyo. Je ne pouvais pas concevoir qu’on bétonne une immense place comme celle-ci alors qu’on pourrait y faire pousser des arbres et des fleurs… En tout cas, pour le peu qui se trouve ici, il faut dire que c’est très bien entretenu et nous n’avons rien à apprendre aux Japonais à ce sujet. Il faudrait même prendre exemple sur eux, sauf peut-être en ce qui concerne les 12 à 16 heures de travail journalier! A moins que cela ne soit qu’une légende urbaine?

Je poursuis ma petite ballade jusqu’au moment où les douves disparaissent sous le Nijubashi, un élégant pont à deux arches qui mène à l’entrée principale du palais. C’est un spot photo très populaire et de nombreux japonais regroupés ici se font immortaliser avec ce joli décor en arrière-plan. Il faut faire preuve de patience pour espérer s’approcher du bord et ainsi bénéficier d’une vue dégagée sur le pont et un des bâtiments du palais. Le moins que l’on puisse dire est que le panorama est digne d’une carte postale! Après quelques clichés, je laisse rapidement ma place aux gens qui se bousculent derrière moi et retourne sur mes pas en direction de l’entrée des Jardins de l’Est. Il me reste encore une petite heure avant la fermeture et j’ai bien l’intention d’en profiter!

Higashi Gyoen ou Jardin de l’Est

Qu’il est agréable de se perdre dans ces grands espaces verts en plein cœur d’une grande ville, j’adore! J’y entre par la porte Otemon, mais il existe deux autres portes permettant d’y accéder: Hirakawamon et Kitahanebashimon, par laquelle on accède directement aux jardins Kitanomaru que je vais avoir l’occasion de voir un peu plus tard. L’accès est gratuit et le calme est garanti, car le nombre de personne est limité. En effet, à chaque porte, un gardien remet aux visiteurs un jeton qu’il conviendra de rendre en sortant. On peut ensuite se laisser ainsi aller à la découverte du jardin oriental du Palais impérial de 21 hectares, attenant au palais impérial et, je le rappelle, la seule partie accessible au public des quartiers de l’Empereur. Pour celles et ceux qui souhaitent avoir plus d’explications à propos du jardin et son histoire à la période Edo, un petit guide en anglais est vendu dans l’espace visiteur un peu après la porte Otemon.

Au fur et à mesure que je franchit remparts et douves, je découvre les lieux répartis sur différents niveaux. Les murs de pierres taillées qui m’entourent sont impressionnants et les jardins offrent un paysage splendide à cette époque de l’année. Je ne manque pas non plus d’admirer de nombreuses maisons d’entrainement de samouraï et d’anciens avant-postes du château. Sur le plateau en hauteur, l’espace est plus dégagé et le jardin paysager très organisé: rosiers, bambous, cerisiers, etc. Chaque espace est limité, calculé et chaque élément possède son propre espace, son coin à lui. Je termine mon ascension en montant sur le terre-plein des vestiges du Donjon Tenshudai où se trouve une aire de repos climatisée et un point de vue panoramique. Depuis ce dernier, j’apprécie une jolie vue panoramique et j’aperçois même en contrebas le Musée des Sciences ainsi que le Musée National d’Art Moderne.

Le parc Kitanomaru, tout à fait charmant, se dévoile notamment à travers de grandes étendues d’herbe entourées d’allées piétonnes. Un long étang habille la balade côté ouest, accompagné de parterres de fleurs qui ponctuent les douces déambulations entre les arbres. Bien entendu, on y trouve également de beaux spécimens de cerisiers à contempler, mais cela ne vous étonnera guère de savoir que j’en ai déjà admiré beaucoup tout au long de la journée! Ah oui, une petite anecdote rien que pour vous: Kitanomaru est également le lieu de résidence de la garde et du personnel impériaux. Le saviez-vous?

Chidorigafuchi

Avant mon départ au Japon, j’avais fais une liste des endroits célèbres pour y admirer la floraison des cerisiers et Chidorigafuchi est l’un d’entre eux. Situé sur la douve nord-ouest de l’ancien château d’Edo et à quelques mètres à peine du sanctuaire Yasukuni, le lieu est également connu pour ses barques à louer que les couples s’arrachent, encore plus durant la floraison printanière! Je rejoins facilement le chemin de promenade et le traverse d’un côté avant de revenir sur mes pas de l’autre. Se faisant, j’ai l’occasion de prendre quelques photos d’une partie des 260 cerisiers plantés sur environs 700 mètres de long des deux côtés de la douve.

Si j’ai fais de mon mieux afin que mes photos captent au mieux l’essence du moment, sortir de ce cadre ramène vite à la réalité: le bruit lourd et permanent des voies rapides qui longent la balade Ryokudo auront vite fait de ternir une bonne partie des velléités romantiques, même si personnellement, cela ne m’a pas trop dérangé. J’imagine que cela s’atténue légèrement en soirée lorsque la circulation est moindre et que le charme nocturne de l’endroit s’éveille tout comme les lampes qui éclairent alors les cerisiers. Quant à un tour en barque, je passe, car l’activité est clairement destiné au couples ou aux parents avec enfants. Si vous êtes intéressés, venez tôt ou armez-vous patience: la queue s’étend jusqu’à devoir patienter parfois plus de deux heures!

Je commence à avoir de la peine à marcher et même si j’ai de bonnes chaussures, je n’ai qu’une hâte: les enlever! Pour cela, il va falloir atteindre un peu, mais le temps de trouver la station de métro la plus proche et rapidement, me voici de retour dans mon petit pied-à-terre nippon. Pour mon repas du soir, je vais acheter un bento dans une petite boutique toute proche et le déguste tranquillement dans la salle à manger de l’auberge. Après cela, une bonne douche, brossage de dents et hop, sous la couette pour une bonne nuit de sommeil!