Project Description

Le jardin impérial national de Tokyo

Quelques minutes seulement après avoir embarqué dans le métro de la ligne Yamanote depuis Harajuku, me voici déjà au cœur du quartier de Shinjuku, plus précisément dans sa gigantesque gare! Elle est la principale connexion entre le centre de Tokyo et les banlieues ouest de la ville et relie le métro, les trains régionaux et les trains de la JR East. Ce n’est pas moins de 3,67 millions de passagers qui transitent ici chaque jour, soit un peu moins de la moitié de la population suisse! Je sais, il n’est pas intéressant de comparer ce qui n’est pas comparable, mais le Japon est quand même le pays des superlatifs, et cela vous donne une idée de la taille démesurée de certains lieux comme cette gare par exemple! En incluant le métro, le complexe comporte plus de 200 sorties, alors attention à ne emprunter le mauvais chemin; c’est très vite arrivé et l’orientation s’en trouve alors totalement modifiée! Je me rappelle d’ailleurs de mon premier voyage au Japon avec un ami; rien que la gare d’Ikebukuro, à proximité de laquelle se trouvait notre hébergement, nous a donné du fil à retordre quant à trouver la bonne sortie! Toutefois, la signalisation en anglais est omniprésente et comme dans les autres gares ou stations de la ville, on peut toujours compter sur les fameux panneaux indicatifs de couleur jaune indiquant les monuments importants proches.

Bref, ce n’est pas l’envie qui me manque de me promener dans la gare et d’en visiter toutes les petites échoppes, magasins et restaurants, mais je pense que j’ai certainement mieux à voir en dehors. Et puis, j’ai un programme de visite assez chargé qui m’attend, alors ne trainons pas! Avant toute chose, il s’agit de trouver la bonne sortie; « New South Exit » est celle qui m’intéresse et comme il s’agit d’une sortie « majeure », elle n’est pas bien difficile à trouver ni à suivre. Chaque gare ou presque en compte au moins 4, une pour chaque point cardinaux! Bon, ça devient un peu technique, alors permettez-moi de ne pas rentrer dans les détails! A peine sorti de la gare, je sors de mon sac à dos un petit plan me permettant alors de rejoindre facilement ma destination. N’oubliez pas de demander l’aide des passants si vraiment vous êtes perdus! Encore une fois, la plupart seront ravis de vous aider, pour peu qu’ils comprennent où vous souhaitez vous rendre. Personnellement, c’est sans encombre que j’arrive après quelques minutes devant les portes du Shinjuku Gyoen, le jardin impérial national de Tokyo!

Avant de pouvoir entrer au cœur de cet immense écrin de verdure, tous les visiteurs doivent patienter quelques instants, le temps de passer par un rapide contrôle de sécurité où l’on vérifie brièvement le contenu de mon sac. Il faut dire qu’actuellement, la saison des cerisiers (sakura en japonais) bat son plein et que le parc s’annonce chargé en terme de touristes! Du coup, il est normal de vérifier que rien ne dangereux ne passe, pas plus que de l’alcool, formellement interdit en ces lieux. Vous pensez bien que ce n’est pas mon genre de me promener avec une bouteille de whisky japonais (même si ce dernier est délicieux), aussi je passe rapidement à travers la porte Shinjuku, un des trois accès au jardin, puis récupère un plan en japonais des lieux et entame ma visite! Bon, je ne comprend pas grand chose à ce qui est écrit, mais c’est surtout pour pouvoir me repérer, car mine de rien, le parc est très grand! Et puis, ce n’est pas ma faute si les plans anglais étaient déjà épuisés alors qu’il n’est même pas midi! Si on se base sur la carte ci-dessus, je démarre ma visite au nord-ouest et vais faire le tour complet du parc dans le sens des aiguilles d’une montre. Se faisant, je vais passer par le jardin anglais, le jardin français et finalement le jardin japonais! Les symboles en forme de fleurs roses symbolisent bien évidement les cerisiers et si le nombre présent sur le plan ne vous semble pas énorme, alors peut-être que quelques-unes de mes photos vous feront changer d’avis! J’en profiterai d’ailleurs pour vous parler rapidement du parc et de son histoire, car je ne me vois naturellement pas commenter chacun des arbres en fleur que comptent Shinjuku Gyoen!

Avec une superficie de 58,3 ha et une circonférence de 3,5 kilomètres, Shinjuku Gyoen est l’un des plus grand parcs de Tokyo avec les jardins du Palais Impérial et Yoyogi. Contenant plus de 20.000 arbres, le parc est notamment célèbre pour ses 1.500 cerisiers qui se déclinent en trois sortes; shidare (pleurant), somei (de Tokyo) et Kanzan, offrant ainsi une floraison variée au début du printemps, entre fin mars et fin avril. Plus tôt, ce sont les pruniers japonais qui leur préparent le terrain, permettant déjà aux visiteurs de début mars d’apprécier un très joli spectacle. Pour ma part, j’ai de la chance, car la météo est parfaite et nous sommes en plein milieu du pic de floraison, sans aucun doute le meilleur moment pour visiter Shinjuku Gyoen. Qui plus est, il n’y a pas autant de locaux ou touristes que je m’étais imaginé, alors je profite de respirer le parfum des fleurs de cerisiers à plein poumon au travers des différents jardins. La beauté des lieux est saisissante et bien que j’ai déjà passé une partie de la matinée à admirer des cerisiers en fleurs, je reste en admiration devant leur nombre et la couleur des pétales se balançant au gré du vent. A peine arrivé au cœur du parc, j’admire même de loin quelques-uns des grattes-ciels du quartier d’affaires de Shinjuku. C’est incroyable de penser que nous sommes toujours au cœur d’une ville qui ne dort jamais et en particulier au sein d’un de ces quartiers les plus animés. Pourtant, le lieu est ampli d’un calme et d’une sérénité que je savoure avec grand plaisir, tout comme quelques dizaines de japonais tout aussi ravis que moi!

Je pense qu’un peu d’histoire entre deux cerisiers fleuris ne fera pas de mal, non? Allez, ce sera rapide! Le jardin était la demeure de la famille Naito sous l’ère Edo (1603-1867), puis le site a été réaménagé après la Seconde Guerre mondiale et ouvert au public peu de temps après. Rapidement, Tokyoïtes et touristes en ont fait un lieu de promenade privilégié et au printemps venu, le charme de la floraison des cerisiers transformant Shinjuku Gyoen en une véritable attraction. Je suis encore étonné de l’admiration des japonais pour cette période de l’année, alors même qu’une image me revient en mémoire: celle d’un groupe d’une dizaine de personnes, tous armés des meilleurs appareil-photos avec objectifs derniers cris et montés sur des trépieds haut-de-gamme, regroupés autour d’un seul et même arbre en espérant y obtenir le meilleur cliché possible. Je n’ai pas pensé à immortaliser ce moment, mais je m’en souviens très bien et j’ai trouvé la situation assez comique, bien que peut-être un peu exagérée. Dans tous les cas, si c’est des cerisiers en fleurs que vous souhaitez admirer de loin ou même de très près, vous êtes au bon endroit, pour sûr!

Toutefois, il ne faudrait pas oublier de vous restaurer! Pour cela, il existe deux ou trois pavillons où des vendeurs sympathiques fournissent des paniers-repas (les fameux bento) à des prix très abordables. Ci-contre, mon repas de midi plutôt végétarien. Je pensais devoir manger seul dans mon coin, mais c’était sans compter un japonais d’une 40ène d’années qui m’a demandé s’il pouvait s’asseoir à côté de moi. Une discussion a naturellement débutée et nous avons partagé nos expériences de voyages. Des repas comme cela, j’aimerais en faire tous les jours lorsque je voyage, quel bonheur!

Aux côtés des espaces français et anglais, un jardin japonais avec ses cerisiers, tulipiers de Virginie, cyprès, platanes et cèdres de l’Himalaya m’invite cordialement à poursuivre ma promenade, ce que je fais volontiers. C’est sans aucun doute ma partie préférée du parc et la présence d’un grand étang y est sans doute pour quelque chose: j’adore les plans d’eau joliment aménagés au milieu de grands espaces verts! Un peu plus loin se trouve une maison de thé ainsi qu’une serre connue pour abriter d’étonnantes plantes subtropicales. Malheureusement, ces dernières étant carrément « prises d’assaut » par les touristes, je préfère me rapprocher lentement mais sûrement de la porte de Shinjuku, par laquelle je suis entré dans le parc. Je constate qu’il y a effectivement de plus en plus de monde et une fois au niveau de la porte, je peux même vous dire que la file d’attente par laquelle je suis passé un peu plus tôt a carrément triplée! Comme il est presque midi, j’imagine que de nombreux travailleurs japonais vont passer une heure ou deux à pique-niquer, discuter ou chanter sous les cerisiers en fleur. C’est d’ailleurs une coutume traditionnelle que l’on appelle le « Hanami », littéralement, « regarder les fleurs ». J’en avais vaguement parlé dans mon article sur Ueno, mais sachez que le Hanami est pratiqué partout où il y a des cerisiers, c’est-à-dire… dans quasiment tous les parcs publiques de la capitale! Vous pouvez également quitter le parc via les portes d’Okido au nord-est ou Sendagaya au sud. Pour terminer, sachez que Shinjuku Gyoen est ouvert de 9h à 16h30 tous les jours, la dernière admission ayant lieu à 16h. Quant à l’entrée, elle coûte 200 yens, ce qui est clairement donné pour quelques heures de pur bonheur et de calme au beau milieu de Tokyo!

Mais comme je vous l’ai dis plus tôt, la journée est chargé et donc loin d’être terminée! Puisque je suis à Shinjuku et que la météo est au beau fixe, j’ai prévu de me rendre au Tokyo Metropolitan Government Building, la mairie de Tokyo. Dans cette forêt de gratte-ciels qu’est Shinjuku, celle-ci se démarque de ses consœurs par sa forme atypique. En effet, sa façade aux deux tours élancées vers les cieux évoque l’architecture gothique de nos cathédrales européennes, même si ma photo ci-contre ne le démontre pas, faute de bonne orientation du soleil et de devoir faire le tour de l’énorme bâtiment! Mais sa particularité physique ne s’arrête pas à l’élégance de ses formes. Avec ses 243 mètres de haut, la mairie de Tokyo fut jusqu’en 2006 l’un des bâtiments les plus hauts de la capitale nipponne. Pour s’y rendre depuis la gare de Shinjuku, il suffit de prendre plein ouest: il est presque impossible de rater l’édifice, mais si vous suivez le chemin d’accès en sous-sol, tout est très bien indiqué! La raison de ma visite ici? Rien de moins que l’observatoire très privilégié situé au 45ème étage. Enfin, je devrais dire les observatoires, car il y en a bien deux, un dans chacune des tours! Les deux (nord ou sud) se valent clairement et sont accessible gratuitement au public, ce qui en fait l’un de seuls du genre dans la capitale; profitez-en! Après un (autre) rapide contrôle de sécurité, un ascenseur spécial nous emmène au 45ème étage en seulement 55 secondes! A une hauteur de 202 mètres, autant vous dire que la vue est tout simplement splendide. J’observe au loin le parc Shinjuku Gyoen d’où je viens et bien évidement, le reste de la mégalopole qui s’étend sous mes yeux. Par temps dégagé, on peut même voir le Mont Fuji, mais tout comme pour ma visite de la Tokyo Skytree, je n’aurais pas cette chance aujourd’hui. Qu’importe, les panoramas restent fantastiques!

Les observatoires comptent également un café-restaurant (tour nord) ainsi que des magasins de souvenirs proposant toutes sortes d’articles. C’est vraiment un endroit que je vous recommande chaudement et ce pour de nombreuses raisons: la gratuité, les horaires d’ouvertures (voir plus bas), la proximité avec la gare de Shinjuku et le fait qu’il y a sensiblement moins de visiteurs que pour les autres observatoires de la ville. L’observatoire de la tour sud ouvre de 9h30 à 17h30 (jusqu’à 23h les 2ème et 4ème lundi de chaque mois) et est fermé les 1er et 3ème mardi de chaque mois. L’observatoire de la tour nord est quant à lui ouvert de 9h30 à 23h et fermé les 2ème et 4ème lundi de chaque mois. C’est d’ailleurs celui que je vous recommande si vous ne devez en choisir qu’un, rien que pour l’heure de fermeture tardive! Je rejoins finalement le plancher des vaches, puis la gare de Shinjuku pour poursuivre ma ballade en direction du Palais Impérial, de l’autre côté de la ville!

Petite parenthèse « visite de nuit » de l’observatoire nord de la mairie de Tokyo. Comme on peut s’y attendre, la nuit offre un tout autre aperçu de la ville. Impossible alors pour moi de repérer quoi que ce soit de connu dans ce ballet de lumière et d’ombre qui danse à mes pieds. Ici, seul un terrain de football encore éclairé émerge de l’obscurité et là, les fenêtres d’un immeuble s’éteignent les unes après les autres alors que les travailleurs fatigués rentrent chez eux après une longue journée de travail. Tokyo ne dors jamais vraiment, elle somnole quelques heures avant de se réveiller, plus attrayante et vivante que jamais!