Project Description

Cet article est la suite directe de « Japon – Tokyo, Sensō-ji ». Cliquez sur le nom de l’article pour vous y rendre ou continuez votre lecture ci-dessous.

VERS LA RIVIÈVE SUMIDA

Après ma visite du Sensō-ji et un repas de midi tout simplement délicieux (et très bourratif !), je me dirige avec le ventre plein vers l’est en direction de la rivière Sumida avec pour dernier but de la journée la visite de la tour Skytree. J’ai prévu de m’y rendre à pied, bien que le trajet puisse également se faire en métro ou en surface via un train suspendu, la méthode la plus rapide. J’arrive donc après quelques minutes de marche dans le parc Sumida, juste avant la rivière qui marque la frontière entre le quartier d’Asakusa et de Sumida-ku. Je passe un moment dans le parc, mais n’y reste pas longtemps compte tenu de la foule qui se presse pour admirer les cerisiers. Il est presque impossible de circuler sans rentrer dans quelqu’un ; la faute au point de départ des visites fluviales qui se trouve juste entre le parc et la rivière. Après le Sensō-ji, voici donc mon second bain de foule !

Plusieurs dizaines de personnes sont encore assises sous les cerisiers en train de manger ou de discuter. Il est dit qu’il faut réserver sa place à l’avance pour profiter de l’endroit ; une bâche en plastique posée sur le sol et une vue imprenable des cerisiers en fleurs juste au dessus. Des personnes viennent parfois même s’y installer en début de matinée pour s’assurer la place ou réserver pour un groupe de personne, parfois même juste en déposant un mot écrit sur la bâche. Je ne sais pas comment ils font pour s’organiser, mais j’imagine que cela se fait naturellement « à la japonaise ».

Après ma petite balade, je reviens sur mes pas dans le but de traverser le pont pour me rendre dans le quartier de Sumida-ku. Avant cela, j’imite les locaux lourdement armés d’appareils photos plus récents et chers les uns que les autres dans la prise d’une célèbre vue de la ville : le quartier général de la société Asahi, ainsi que la Skytree en arrière plan depuis 2012.

Quelques mots sur la société Asahi, son immeuble « choppe de bière avec mousse » et sa « crotte dorée », le temps pour moi de traverser le pont.

Asahi fut créée en 1889 à Osaka afin de produire et commercialiser une nouvelle bière. La marque va prospérer et continuer de se développer au fil des ans pour finalement devenir l’une des plus consommée au Japon avec la Kirin et la Sapporo. Afin de créer le design de son siège à Tokyo, la société fit appel à un designer français, Philippe Starck. A l’origine, la sculpture dorée était censée représenter une « bulle de bière qui remonte à la surface », mais à cause des normes de hauteur à l’époque, la mairie de Tokyo ne valide pas le projet. La bulle fut donc placée à l’horizontal et est à priori censée représenter l’avenir. Aujourd’hui, elle est plus considérée par certains comme une flamme, et par d’autres comme une « crotte » dorée que comme une bulle de bière remontant à la surface. Elle reste cependant un symbole connu et une photo que se doivent de faire les touristes et japonais de passage.

Quoi qu’on pense de cette crotte/flamme, Asahi reste une excellente bière que l’on peut goûter au 22ème étage du bâtiment, endroit où on peut également se restaurer et admirer la vue à 180 degrés aux alentours. Notez toutefois que cette dernière ne rivalise pas avec celles des nombreux autres observatoires de la ville, mais vaut le coup d’œil si vous êtes dans le bâtiment.

TOKYO SKYTREE

En parlant d’observatoire, je me dirige à présent, toujours à pied, en direction de la Tokyo Skytree. Rien de bien compliqué, car la tour est l’élément le plus visible de la capitale : il suffit de marcher dans sa direction pour y arriver, ce que je fais en environ 10 minutes après ma traversée du pont. Si vous perdez la tour de vue (ce qui reste hautement improbable si vous êtes en surface), le plus simple consiste à suivre les panneaux indicateurs ici-et-là. Une fois au pied du complexe, il suffit de rejoindre le 4ème étage en grimpant les escaliers ou les escalators par l’extérieur ou encore par l’intérieur via les trois premiers étages, véritable lieu économique où s’alignent des boutiques par dizaines dans un dédale impressionnant de produits dérivés, de souvenirs en tout genre, sans oublier les innombrables restaurants à chaque coin de couloir !

Une fois arrivé au 4ème étage, je découvre une esplanade extérieure entourant les différentes entrées de la tour (nord, ouest, etc.) ainsi que des files d’attente bien distinctes : certaines selon l’heure d’entrée prévue, d’autres pour les groupes, etc. Et la queue de visiteurs est déjà très longue dehors, à plusieurs centaines de mètres des ascenseurs ! Je fais alors un rapide tour du complexe pour me rendre compte que le temps d’attente estimé est d’environ 3 heures ! C’est énorme, mais justifié compte tenu du nombre de personnes présentes. Déçu et n’ayant clairement pas envie d’attendre ici le restant de l’après-midi, je m’apprête à retourner vers la station de métro la plus proche avec pour idée de réserver à l’avance mon ticket via Internet. En effet, je me dis que c’est quelque chose que je peux faire tranquillement depuis mon auberge pour une prochaine journée. Avant cela, je me faufile une dernière fois à l’intérieur, histoire de voir si je ne peux pas atteindre les étages supérieurs d’une autre manière.

Je repère alors un comptoir sur lequel il est indiqué « Fast Entry Ticket » et derrière lequel attendent 5-6 personnes, tous des touristes étrangers. Je m’approche alors d’un panneau explicatif en anglais précisant que la Skytree offre depuis février 2015 un nouveau type de billet d’entrée, le fameux « fast ticket » qui sert de coupe-file pour accéder directement à l’ascenseur sans faire la queue. Ce ticket est réservé uniquement aux possesseurs de passeports étrangers, d’où la présence de touristes à cet endroit. Le seul inconvénient du ticket est son prix plus élevé : 2.820¥ au lieu de 2.060¥, mais si ça peut faire économiser 3 heures d’attente, je prends ! A peine mon ticket payé, un japonais parlant anglais nous demande de le suivre. Nous marchons ainsi sans nous arrêter à côté des nombreuses files d’attente en direction des ascenseurs ! Je dois avouer me sentir gêné de passer ainsi devant tout le monde, mais si ce genre de ticket existe, pourquoi s’en priver ? Ainsi, mon temps d’attente passe de 3 heures à 3 minutes, soit le temps d’arriver devant un des nombreux ascenseurs et de s’y installer, fin prêt pour la montée !

La tour fut ouverte au public le 22 mai 2012 (le jour de mes 27 ans), d’abord uniquement sur réservation puis de manière libre. Elle culmine à 634 mètres de haut, un chiffre qui n’a pas été choisi au hasard puisqu’il peut se prononcer « musashi » en japonais, ce qui correspond à l’ancien nom de l’arrondissement Sumida où la tour est située. Après quelques secondes dans un ascenseur grimpant à 600 mètres par minute (sans sol transparent, que se rassurent les acrophobes !), nous arrivons à la première plateforme d’observation, Tembo Deck, située à 350 mètres au-dessus du sol et offrant de magnifique vues à 360 degrés de la ville, tout simplement spectaculaire !

La plateforme s’étend sur trois étages où l’on peut trouver un café, un restaurant, un magasin de souvenirs, des toilettes et des vitres au sol donnant sur la base de la tour, flippant ! Cependant, peu de bancs et autres chaises, l’idée étant que le flux de visiteurs ne s’éternise pas afin de faciliter la rotation, ce qui est compréhensif à la vue des milliers de visiteurs journaliers. J’admire la vue magnifique sur le centre-ville, bien que quelque peu voilée par un brouillard de pollution. Il est bien entendu possible de voir loin depuis la Skytree, même le Mont Fuji, mais il faut être particulièrement chanceux avec la météo, car certaines conditions climatiques doivent être réunies pour permettre cela. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, mais ce n’est rien : j’aurai l’occasion d’admirer le Mont Fuji de bien plus près !

En ajoutant encore 1.000¥ à ceux déjà dépensés pour arriver à la première plateforme, je me rend via un autre ascenseur à la Tembo Galleria. Cette dernière est en faite une longue galerie composée d’une rampe inclinée en spirale qui grimpe autour de la tour jusqu’à une terrasse intérieure qui culmine à 451.2 mètres d’altitude très précisément. C’est le point d’observation le plus élevé et ses larges fenêtres offrent des vues magnifiques, mais somme toute similaires à celles de la première plateforme.

Je prends quelques photos et reste ébahi un moment par la vue, puis redescend vers la première plateforme et m’offre un petit snack au Skytree Café : un délicieux café au matcha et une tranche de gâteau meringué que je déguste tranquillement en admirant le paysage et en essayant de reconnaître tel ou tel bâtiment au loin.

J’ai également eu l’occasion de visiter d’autres tours-observatoires tokyoïte (j’y reviendrai), mais la Skytree reste incontestablement ma préférée et l’une des plus impressionnantes. Elle vaut sans aucun doute le détour, moyennant parfois une sacrée dose de patience ! N’hésitez d’ailleurs pas à vous y rendre de nuit, la foule y étant beaucoup moins présente et l’observatoire étant ouvert jusqu’à 22h. Petite astuce pour vous, si vous souhaitez pas vous retrouver dans le brouillard une fois au sommet : juste devant les entrées au 4ème étage se trouvent des panneaux indiquant le niveau de visibilité depuis les plateformes d’observation, allant de Chiba (quartier voisin) à Yokohama, Takaosan, pour terminer par le Mont Fuji. Ainsi, avant même de monter dans la tour, vous saurez si la visibilité est assez bonne pour admirer ne serait-ce que le quartier voisin !

Après être revenu sur le plancher des vaches, je regagne la gare d’Asakusa via une nouvelle ligne de train spécialement mise en place lors de l’ouverture de la Skytree, au pied de cette dernière. Je descend ensuite au niveau des stations de métro et repars en direction d’Ueno. Là, je retrouve l’endroit où j’ai placé mon sac, puis prends le métro Hibiya jusqu’à l’arrêt Iriya, toujours aussi facilement grâce à ma Suica. Je sors alors un plan du chemin à prendre pour arriver environ 100 mètres plus loin à mon auberge, Toco Heritage Hostel ! Je vous renvoie sur mon article bilan pour mon avis sur cette auberge.

A peine le seuil de la porte coulissante franchi, je suis accueilli par Izumi qui me souhaite la bienvenue dans un très bon anglais. Nous nous asseyons et elle m’explique très gentiment le fonctionnement des lieux. Après mon enregistrement et le paiement du séjour, j’ai droit à une visite de l’auberge et de son infrastructure. Nous sortons alors du salon, à la fois réception et salle de repos en journée qui se transforme le soir venu en bar-lounge des plus agréables. En passant par la seconde porte coulissante, nous arrivons dans le magnifique petit jardin de la propriété avec l’annexe où se trouvent les chambres juste en face.

Pur concentré de japonais traditionnel dans un quartier calme et central de la capitale, l’annexe en bois est un vrai petit bijou qui respire l’authenticité. Le jardin extérieur et son mini « Mont Fuji », dont Izumi prend plaisir à m’expliquer l’origine, donne à l’endroit une impression de sérénité et de grandeur. Le plancher craque sous mes pieds, mais loin de me déranger, cela me fait vraiment me sentir chez l’habitant japonais ! Nous passons par la cuisine/salle à manger et les douches/WC. Tout est très propre et Izumi m’explique les règles élémentaires pour que cela le reste. La visite se termine par le choix du lit dans le dortoir à 8 places, le plus grand de l’auberge. Je profite alors de m’installer tranquillement en déballant mes affaires quand Izumi m’apporte un paquet : ma carte SIM ! Je l’avais presque oubliée. Le temps de l’installer dans mon iPhone et je suis équipé du Wifi le temps de mon voyage au Japon. Je profite alors d’inscrire sous GoogleMap quelques restaurants et autres lieux à voir durant mon séjour à Tokyo.

En début de soirée, j’ai l’occasion de sympathiser avec d’autres touristes qui reviennent de leur journée de visite/viennent d’arriver à l’auberge. Histoire de faire connaissance, nous allons prendre un verre au bar, le premier étant gratuit si vous résidez à l’auberge ! Un peu plus tard, je demande conseil au barman, Hiroki, pour manger quelque chose dans les parages et il nous conseille le Banninriki pour ces délicieuses nouilles. C’est à 10 minutes de l’auberge ; on revient sur la rue principale, on traverse une grande route et on y est !

Comme dans beaucoup de restaurants au Japon, il est parfois nécessaire de commander son repas en achetant des tickets auprès d’une machine proche de l’entrée et c’est le cas ici. Tout est en japonais, mais pas d’inquiétude, car nous sommes vite repérés par le serveur qui nous tend un menu en anglais. Il faut ainsi choisir son plat principal en trois tailles (petite, moyenne ou grande portion), puis des suppléments si on le souhaite. Allez, c’est facile : on insère l’argent dans la machine, on appuie sur les boutons correspondants aux plats et on récupère son ou ses tickets, et sa monnaie s’il y en a. Il suffit ensuite de donner le ou les tickets au serveur, puis de patienter quelques minutes.

L’attente ne dure jamais très longtemps, même aux heures de pointe. Le temps de discuter un peu entre nous et voici nos nouilles, grande portion pour moi, avec algue, oignons et œuf en supplément ! Nous suivons alors la marche à suivre pour l’assaisonnement des nouilles et les conseils du serveur qui sourit nerveusement en nous regardant faire. Que de rituels, même pour la nourriture la plus simple, mais nous ne voulons pas décevoir les locaux qui nous regardent, aussi nous nous appliquons ! Ainsi, nous savourons notre plat tout en discutant de nos voyages respectifs. Lorsque j’aperçois finalement le fond de mon bol, je me dis que j’ai tout de même eu les yeux plus gros que le ventre ! Nous rentrons à l’auberge après un excellent repas et une première journée plus que réussie !

RIVIÈVE SUMIDA DE NUIT

Quelques jours plus tard, en faite juste après ma visite du Sensō-ji de nuit, je me suis rendu à nouveau sur les bords de la rivière Sumida. J’ai profité d’être dans le coin pour voir les environs sous un éclairage nocturne et souhaitais éventuellement me rendre au sommet d’un observatoire pour admirer la vue de nuit. Cependant, il est déjà relativement tard, les observatoires sont fermés et c’est sans doute une activité que j’aurais l’occasion de faire un jour prochain. De retour sur le pont traversé plus tôt durant mon voyage, j’ai continué mon chemin et ai suivi le bord de la rivière en prenant quelques photos à main levée. Pas terrible sans trépied, mais il y en a une ou deux d’assez bien réussies. Je reviens ensuite sur mes pas pour prendre le dernier métro, histoire de ne pas devoir faire le chemin à pied ! Bon, c’est réalisable, mais pas aujourd’hui, je suis claqué !