Project Description

Vilnius est la capitale de la Lituanie, le plus grand et le plus peuplé des trois Pays Baltes. Dotée d’un centre baroque classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, cette ville est pourtant la moins réputée des capitales baltes. En effet, elle ne profite pas de l’accès à la mer, à la différence de Riga et Tallinn. Cette « Jérusalem du Nord » fut tour à tour sous régime polonais, nazi et soviétique. Vilnius possède néanmoins un certain charme aux influences architecturales et culturelles et le nombre impressionnant d’édifices religieux ravira le voyageur-pèlerin.

LA VILLE AVEC UNE ÉGLISE À CHAQUE COIN DE RUE

C’est à nouveau par une longue journée de bus que ce voyage commence. Ce n’est certes pas le moyen le plus rapide de voyager, mais c’est clairement le moins cher : 15€ pour le trajet de 4 heures entre Riga et Vilnius dans un bus confortable. Que demande le peuple ? Arrivée en fin de matinée dans la capitale lituanienne. Tout comme Riga, la gare routière n’est qu’une pâle représentation de la ville, je ne m’y attarde donc pas plus que nécessaire. Lors de mon voyage en bus, j’avais tenté de mémoriser le trajet entre la gare routière et le centre historique, 15 minutes de marche. C’est l’occasion de voir si mon sens de l’orientation fonctionne toujours. Je suis quelques rues, à gauche ici, puis à droite là, et en quelques minutes, me voici devant l’archi-cathédrale basilique de Vilnius. Mon hôtel, Amberton Hôtel, se trouve juste en face.

  • En plein centre historique, à côté de la cathédrale de Vilnius.
  • Grande chambre récemment rénovée.
  • Connexion Wifi gratuite.
  • Moquette dans la chambre.
  • Petit-déjeuner moyen.

ambertonvilnius

Je dépose mes affaires dans la chambre et je décide de visiter les alentours. Après avoir récupéré une carte et quelques brochures à la réception de l’hôtel, je traverse la rue et me dirige vers la cathédrale et son clocher.

Le nom exact et complet de l’édifice est l’Archi-cathédrale basilique de Saint Stanislas et de Saint Ladislas. C’est le principal sanctuaire catholique du pays, le lieu des fêtes populaires et celles de l’État. Les souterrains de l’archi-cathédrale étaient le lieu du repos éternel des personnalités célèbres du Grand-duché de Lituanie : nobles, évêques, princes. Dans le mausolée royal, sous la chapelle de Saint Casimir, repose le grand-duc de Lituanie et roi de Pologne Alexandre. C’est le seul souverain polono-lituanien enterré à Vilnius. Vytautas le Grand, petit-fils de Gediminas et souverain lituanien le plus puissant, ainsi que sa femme Ona y reposent aussi. Deux reines, femmes de Zygmunt Auguste, Élisabeth Habsbourg et Barbara Radziwill, appelée parfois la plus belle femme de l’Europe de son temps, furent enterrés aussi dans les souterrains de l’archi-cathédrale. Ses murs ont aussi abrité une urne avec le cœur du roi Ladislas Vasa. Dans les souterrains, on peut voir les plus vieux murs des sanctuaires des 13e-15e siècles ainsi que la plus vieille fresque lituanienne qui date du 14e siècle. Entrée libre, mais photos non-permises, comme dans quasi tous les monuments religieux de la ville.

Le clocher est un élément particulièrement important de l’archi-cathédrale basilique ainsi qu’un symbole de la ville. Au 13e siècle, la tour faisait partie des remparts. Presque tout le premier niveau de l’ancienne tour s’est conservé jusqu’à aujourd’hui. Au 16e siècle, la tour défensive est devenue le clocher de la cathédrale, et elle a acquis son apparence actuelle au début du 19e siècle. La hauteur du clocher de la cathédrale atteint 52 mètres. On peut visiter la tour, mais je n’y suis pas allé. A l’intérieur se trouve une exposition de cloches, l’ancienne horloge de la ville ainsi que des reconstitutions du clocher historique et de la cathédrale. Je n’ai donc pas loupé grand chose, encore que les pièces d’observation, aménagées au dernier niveau du clocher, m’auraient permis d’admirer un joli panorama de la ville et des monuments alentours. Je me promène sur la place et y admire la statue de Gediminas.

C’est un monument élevé en l’honneur du Grand-duc Gediminas. Ce dernier est le fondateur des villes de Trakai et Vilnius et l’un des plus célèbres dirigeants de la Lituanie d’autrefois. Il vécut entre 1275 et 1341 et dirigea le Grand-duché de Lituanie pendant 25 ans. Il déplaça la capitale lituanienne de Trakai à Vilnius. Outre une gloire de chef militaire, il fut réputé comme un diplomate ayant attiré l’attention de l’Europe sur la Lituanie. C’est dans les lettres de Gediminas adressées aux pays de l’Europe occidentale que le nom de Vilnius fut mentionné pour la première fois. L’année 1323, date de la première mention, est considérée comme la date officielle de la fondation de Vilnius. Gediminas repoussa les frontières et l’influence du Grand-duché de Lituanie loin à l’est et au sud.

J’aperçois alors derrière la statue une tour en brique rouge sur une colline voisine. En regardant ma carte, je vois qu’un chemin pavé y mène et je suis juste à côté de l’entrée. Après 5 minutes d’une petite montée, j’arrive devant la tour du château de Gediminas.

Le sommet de cette tour permet d’admirer un magnifique panorama de la vieille-ville et du centre, mais il faut s’acquitter pour cela du prix d’entrée au musée de la tour. Dans ce musée, on peut voir des reconstitutions des maquettes des châteaux de Vilnius de la seconde moitié du 14e et du début du 17e siècle, des armes et des illustrations iconographiques du vieux Vilnius. Il est possible d’atteindre le sommet de la colline de Gediminas à partir de la cour intérieure du musée en contrebas à l’aide d’un funiculaire qui parcourt les 71 mètres jusqu’à la colline en 35 secondes.

Depuis la tour, je n’ai pas seulement admiré la ville mais j’ai également aperçu une sculpture représentant 3 croix sur une colline voisine. Comme il y avait des gens autours, l’endroit devait être accessible, aussi je redescend la colline par le même chemin de pierre pavées et pars à la recherche du chemin menant aux Trois Croix. Comme rien n’est indiqué, ce fut fastidieux, mais je suis finalement tombé sur une chemin de terre qui me fit monter une sacrée pente pour finalement arriver juste derrière les Trois Croix. Pas sûr que ce fut la bonne route à prendre, mais j’y suis arrivé, c’est l’essentiel.

Le Château Tordu se trouvait ici au 14e siècle, au sommet de qui fut appelé autrefois la Colline Chauve. Les chevaliers teutoniques l’ont pris et brûlé en 1390. Selon la légende, trois croix en bois ont été érigées sur la colline en mémoire de franciscains tués autrefois. En 1916, des croix massives en béton ont été construites, puis les autorités soviétiques les ont fait exploser en 1950. En 1989, les Trois Croix ont été à nouveau reconstruites. Une fois encore, j’y admire la ville et c’est d’ailleurs la raison de ma venue ici. Bon, comme le veut le dicton « Tout ce qui monte doit redescendre », j’entame mon retour vers la place de la cathédrale. Finalement en bas de la colline, je jette un œil à ma montre et voit que j’ai bien encore le temps de me promener un peu avant d’aller manger. Je prends donc la direction opposée à celle de la cathédrale et tombe après quelques minutes sur un superbe complexe de brique rouge. Il s’agit en faite de deux édifices religieux ayant pratiquement fusionné. Le premier est l’église Sainte Anne et, juste derrière, l’église des Bernardins.

L’église Sainte Anne est un chef-d’œuvre du gothique tardif. L’architecte de l’église ainsi que l’époque de sa construction sont sujets à débats. Une légende populaire dit que Napoléon Bonaparte, émerveillé par cette gracieuse église, eut envie de l’emmener à Paris dans la paume de sa main. Malheureusement, la vérité est toute autre : quand l’armée de Napoléon passa par la Lituanie, cette église fut mise à disposition de la cavalerie française. A côté de l’église se dresse un clocher construit au 19e siècle dans un style gothique.

L’église des Bernardins, de son nom complet l’église Saint François d’Assise, représente une construction massive et trapue. Elle pouvait, le cas échéant, servir non seulement de lieu de prière mais aussi de forteresse défensive. C’est ce dont en témoignent les 19 meurtrières dans la façade nord. Des fenêtres en ogive, des contreforts en gradins, la composition plate et calme de la façade, ainsi que le fronton Renaissance du 17e siècle avec sa fresque du 19e siècle s’accordent bien avec la partie gothique de l’église. À l’époque soviétique, l’église des Bernardins fut fermée et transformée en entrepôt. Après le rétablissement de l’indépendance lituanienne, les moines franciscains qui travaillaient dans la clandestinité retournèrent dans l’église.

Je reviens finalement sur mes pas pour rejoindre mon hôtel. Chemin faisant, je passe devant un restaurant indien, le Sues Indian Raja. Certes, ce n’est pas très « local » comme nourriture, mais j’ai un petit faible pour le Poulet Tikka Massala du menu. Finalement, aucun regret, c’était délicieux !

Nouvelle journée ! Après un petit-déjeuner que je qualifierais de « suffisant » qualitativement parlant, j’entame ma seconde journée de visite qui s’annonce magnifique du point de vue de la météo. J’ai prévu de remonter la ville via l’artère principale et de redescendre par une autre rue parallèle. Je ne le sais pas encore, mais la quantité d’églises est impressionnante, on se croirait à Rome ! Bien entendu, je ne les ai pas toutes visitées : certaines étaient fermées, d’autres accueillaient des cérémonies, etc. Il est également interdit de prendre des photos, bien que cela n’empêche pas des touristes d’enfreindre cette règle. Pour ma part, si c’est clairement indiqué, je respecte, même si parfois, cela peut se monnayer. Si l’endroit en vaut la peine, pourquoi pas. Bref, je remonte donc la rue Pilies, pour commencer.

Cette rue est la plus vieille et la plus luxueuse de la vieille-ville de Vilnius. Cette rue se forma dans un endroit où la route menait du château de Vilnius vers le sud, c’est-à-dire vers la Pologne et la Russie. C’est la route principale et des embranchements de cette route se transformèrent avec le temps en rues latérales. Le nom de cette rue est déjà mentionné dans des sources historiques en 1530. Des rois, des légats du Saint-Siège et des ambassadeurs des autres pays se dirigeaient par cette rue vers le château. Des nobles et de riches citadins firent construire leurs maisons dans cette rue. À côté de la rue Pilies, tout un quartier fut occupé par l’Université de Vilnius et ses professeurs y habitèrent. À la fin du 19e siècle, le jardin botanique de l’Université de Vilnius fut installé dans une de ses cours. Des processions religieuses défilaient dans cette rue. Dans les plus larges endroits de la rue s’installèrent des marchés : le grand marché à côté de l’Hôtel de Ville et le marché aux poissons situé à côté de l’église orthodoxe de sainte Parascève. La rue Pilies attire par sa diversité architecturale : les maisons n° 12 et n° 14 sont de style gothiques, le bâtiment n° 4 est une maison capitulaire de style Renaissance, le fronton de l’église des Saints Jeans est baroque.

En parlant de l’église des Saints Jean, voici justement son clocher, l’une des parties les plus pittoresques de l’ensemble de l’Université.

L’église Saint Jean-Baptiste et Saint Jean, Apôtre et Évangéliste est le nom complet de l’église, c’est pourquoi cette dernière est appelée l’église des Saints Jean. Sa construction prit presque 40 ans et fut terminée en 1426. C’était alors un bâtiment gothique. En 1571, l’église fut cédée aux Jésuites et fut dès lors considérée comme une partie de l’ensemble universitaire. L’église des Saints Jean a accueilli des messes mais aussi des protestations d’étudiants, des représentations théâtrales et des cérémonies de rencontre royales. À l’époque soviétique, ce sanctuaire fut transformé en entrepôt. Plus tard, le musée de l’Université s’y installa. Aujourd’hui, l’église des Saints Jean remplit de nouveau sa fonction principale. En 1993, le Pape Jean-Paul II s’y est rendu. Le clocher de l’église des Saints Jean est l’une des plus hautes constructions de la vieille ville. Il fait 68 mètres de haut et on peut admirer un très joli panorama de Vilnius. Je continue mon chemin, flânant dans les quelques boutiques de la rue. Juste avant d’arriver sur la place de l’Hôtel de Ville, j’aperçois l’église orthodoxe Saint Michel sur ma gauche.

Ce sanctuaire fut construit fut construit en 1514. L’église orthodoxe gothique a brûlé au 18e siècle, c’est pourquoi elle a été restaurée en style baroque tardif, puis plus tard en style russe byzantin.

Je débarque maintenant sur la place de l’Hôtel de Ville. Je profite de boire quelque chose sur une terrasse tout en profitant pour me renseigner sur l’Hôtel de Ville.

En 1387, la Lituanie devint un État chrétien et Vilnius obtint les droits de Magdeburg. Il y avait alors un besoin de construire un siège pour le pouvoir de la ville. Comme c’était alors la place principale de la ville, il fut décidé d’y construire l’hôtel de ville. Le bâtiment abritait le magistrat, ou encore le Conseil municipal, les salles du tribunal, le Trésor, des archives, des entrepôts d’armes et de munitions et des locaux pour les étalons des poids et mesures. Une prison fut aménagée au sous-sol. Le bâtiment était tout d’abord gothique, puis son apparence changea. Il fut reconstruit pour la dernière fois à la fin du 18e siècle par l’architecte Laurynas Stuoka-Gucevičius et prit alors son aspect classique. Au 19e siècle, il fut transformé en théâtre et au 20e siècle, il abritait le musée des Beaux-Arts. Finalement aujourd’hui, c’est un bâtiment officiel. Chaque année, l’Hôtel de ville accueille de nombreuses manifestations : concerts, soirées littéraires, présentations de livres, expositions et festivals. Le blason de la ville de Vilnius, Saint Christophe, portant l’enfant Jésus sur ses épaules, orne le fronton du bâtiment.

Je continue mon chemin et passe devant une autre église, l’église Saint Casimir.

C’est la première église baroque de Lituanie. Les moines jésuites l’ont fait construire en souvenir de Saint Casimir, patron de Vilnius. Ce sanctuaire ne fut toutefois pas épargné par de lourdes épreuves : brûlé au 18e siècle puis reconstruit, il fut transformé en entrepôt de blé pendant la campagne de Napoléon en Russie. Reconstruit encore une fois au 19e siècle et transformé en église orthodoxe, le sanctuaire redevint une église lors de l’occupation nazi durant la Première Guerre mondiale. Après la restauration de l’indépendance de la Lituanie, l’église Saint Casimir fut restituée aux fidèles. Les Jésuites, qui à l’époque soviétique travaillaient dans la clandestinité, retournèrent dans leur bâtiment et le lycée jésuite fut ré-ouvert.

Toujours à l’aide de ma carte, je prévois d’aller jusqu’à l’une des anciennes portes de la ville. Avant cela, je passe devant l’église de Tous-les-Saints.

L’’église fut construite en 1620-1630 dans un style baroque primitif. Son clocher à cinq niveaux date lui de 1743. La même année, une dépendance d’un étage fut édifiée, on installa la sacristie au rez-de-chaussée et une bibliothèque fut aménagée au premier étage. Après la fermeture de l’église et du monastère en 1823-1886, de nombreux objets furent éparpillés. En 1904, l’église fut restaurée. En 1991 lors de la restitution à l’Église, le bâtiment fut à nouveau restauré et certains tableaux y furent retournés. Juste en face se trouve l’église Sainte Catherine.

L’église Sainte Catherine est la première église de Vilnius complètement rénovée après la restauration de l’indépendance de la Lituanie. Cette église est l’une des plus belles dans le style baroque tardif et appartenait aux religieuses bénédictines. L’ensemble du couvent se constitua entre le 17e et le 19e siècle. L’église reçu son aspect actuel après la reconstruction qui eut lieu suite au grand incendie de Vilnius en 1737. À l’époque soviétique, l’église Sainte Catherine fut fermée et également transformée en entrepôt. Après la restauration en 2006, l’église ouvrit ses portes aux visiteurs. Elle devint le nouveau centre culturel de Vilnius. Aujourd’hui, la nef principale de l’église est adaptée pour accueillir des concerts et des expositions sont organisées au sous-sol.

Enfin, j’arrive au bout de cette suite de rues et juste devant la Porte de l’Aurore.

C’est un des symboles de Vilnius, mentionnée pour la première fois en 1514. Sur les dix portes autrefois aménagées dans les remparts, la Porte de l’Aurore est la seule qui ait survécu. Des meurtrières bien visibles aujourd’hui encore dans la partie extérieure de la porte rappellent la fonction défensive de cette construction. Au 17e siècle, une chapelle en bois fut construite à côté de la Porte de l’Aurore et l’icône miraculeuse de la Vierge Marie y fut placée. L’icône miraculeuse de la Sainte-Vierge, Mère de Miséricorde est l’un des plus célèbres ouvrages de peinture Renaissance en Lituanie. L’icône fut peinte spécialement pour cette chapelle au 17e siècle, suivant l’exemple du peintre néerlandais Martin de Voss. L’icône fut célébrée et considérée comme miraculeuse par les catholiques, les orthodoxes et les uniates (c’est-à-dire les catholiques de rite grec) et est célèbre dans le monde entier. L’endroit est très intéressant et vaut une visite. Je redescend en direction de mon hôtel par cette rue. Je m’arrête dans quelques boutiques sur le chemin, rien de bien intéressant et les prix sont assez élevés. Un peu plus bas dans la rue, je passe devant l’église Sainte Thérèse.

Le plan est basé sur l’exemple de l’église des Carmes déchaussés de Rome, Maria delle Scala. La façade de l’église Sainte Thérèse est faite de précieux matériaux de construction, tels que le grès suédois, le marbre et le granit. L’église appartenait au monastère des Carmes déchaussés, une congrégation religieuse établie il y a huit siècles et nommée d’après le nom du Mont Carmel en Palestine. L’intérieur actuel de l’église date de la seconde moitié du 18e siècle et il s’est bien conservé jusqu’à nos jours. L’autel principal de l’église est très impressionnant et l’un des plus beaux de Lituanie. Un peu plus bas et cachée derrière son « mur d’enceinte » se trouve l’église Saint-Michel Archange.

Dans l’église et dans les bâtiments séparés de l’ancien monastère de Bernardins, on trouve aujourd’hui un musée du patrimoine de l’Église. L’ensemble architectural, face à l’église Sainte Anne et de François d’Assise, l’église de Saint Michael est particulièrement adaptée de par son style. Le monument Renaissance réunit le gothique tardif au baroque, qui a défini le visage de l’architecture de la vieille-ville de Vilnius. L’église Saint Michel avec son grand autel et les monuments funéraires des membres de famille de Sapieha (bienfaiteur et constructeur de l’église) est non seulement un important monument de l’époque de la Renaissance et du Baroque primitif en Lituanie, mais aussi et surtout un témoignage de la croyance chrétienne à cette époque.

Je m’éloigne quelque peu de mon objectif quand j’aperçois sur mon plan que Vilnius possède son propre quartier des artistes, Užupis. Je fais donc un crochet par l’endroit en question.

Le quartier d’Užupis est parfois comparé au Montmartre de Paris ou à la Christiania de Copenhague. C’est la « République » des artistes. Užupis a son propre hymne, sa propre Constitution, son Président, son évêque, deux églises, le cimetière des Bernardins, le plus vieux cimetière de Vilnius, sept ponts et même un saint patron : l’ange de bronze d’Užupis. La Constitution de la République d’Užupis est exposée sur le mur, au début de la rue Paupio. C’est un des plus vieux quartiers de Vilnius, mentionné dans les sources historiques du 16e siècle. Dans le passé, c’était le quartier des moulins et la banlieue des pauvres. Une fois, le quartier des maisons closes s’est même installé à proximité. À l’époque soviétique, Užupis fut abandonnée et reçut la réputation de quartier le plus dangereux de Vilnius. Peu à peu, des artistes s’installèrent dans des maisons abandonnées. Ce n’est pas étonnant car juste de l’autre côté du pont, se trouvait l’Académie des Beaux-arts. De nos jours, Užupis accueille des festivals alternatifs de mode, des concerts, des expositions, des lectures de poésie, des spectacles et des fêtes originales, et c’est l’un des quartiers les plus chers et les plus prestigieux de Vilnius.

Le mot « Užupis »» signifie « au-delà de la rivière ». La rivière Vilnia, appelée le plus souvent Vilnelė (la petite Vilnia), est une partie indissociable du quartier. En 2002, la sculpture d’un ange fut inaugurée sur la place centrale. Cet ange de bronze créé par le sculpteur Romas Vilčiauskas est aussi devenu le symbole d’Užupis.

Je fais à nouveau un petit détour pour passer devant le palais présidentiel, plus simplement appelé la Présidence.

Quelque soit le côté par lequel vous arrivez en direction de la place Daukanto, la rue étroite s’élargit tout d’un coup sur une place où dominent des bâtiments classiques de la fin du 18e et du début du 19e siècle. Ce sont des anciennes maisons de nobles et l’actuel Palais Présidentiel. C’est ici que travaille le Président et sa chancellerie, et où sont accueillis les chefs des autres États. Le drapeau du Président lituanien qui flotte au dessus du Palais est baissé quand le Président part du pays. Devant le palais, trois drapeaux nationaux sont levés, dont deux peuvent être remplacés par les drapeaux nationaux des pays des hôtes étrangers. La cérémonie de levée des drapeaux a lieu chaque dimanche à midi. Des soldats de la Garde d’honneur de l’armée lituanienne y participent avec des uniformes de parade modernes, mais aussi des armures médiévales. Vêtus d’une copie d’uniformes de la garde du Palais des Souverains de l’époque d’Algirdas au 14e siècle, les soldats portent la nouvelle sur le fait que l’armée lituanienne d’aujourd’hui est la gardienne de la respectable histoire de son pays, une part de l’histoire millénaire du pays.

D’après mon guide, une autre église vaut la peine d’être visitée, même si elle se trouve à l’opposé de mon hôtel – l’église des Apôtres Saint Pierre et Saint Paul. Je m’y rend donc pour terminer cette journée de visite.

Il s’agit de l’église baroque la plus connue de Vilnius. Elle est célèbre pour son intérieur unique, où on peut admirer environ 2000 sculptures en stuc. Autrefois, il y avait là une église en bois qui fut détruite lors des guerres avec Moscou. Effectivement, elle valait le déplacement. Les fresques sont magnifiques et la couleur blanche est omniprésente, impressionnant.

La journée est pratiquement terminée, aussi je cherche un restaurant où casser la croûte. Je vais finalement manger juste à côté de l’indien d’hier, Zoe Bar And Grill, où je dévore un excellent Beef Burger, accompagnée d’un salade mixte et d’une bonne portion de frites, miam ! Excellent et franchement pas cher.

Nouvelle journée, petit-déjeuner et check-out. Des avis sur différents sites Internet recommandaient de visiter le château de Trakai. Je profite donc d’une navette qui quitte la place de la cathédrale en tout début de matinée pour visiter cet endroit.

A 28km de Vilnius, parmi les collines, les forêts et les lacs se trouve la ville de Trakai, très appréciée des Lituaniens et un lieu de visite recommandé pour les touristes de passage. Les berges de la presqu’île, sur laquelle la ville s’est étendue, sont baignées par les lacs Galvė, Totoriškės et Bernardinai (Luka). Cette ville, connue pour sa nature magnifique et son légendaire château de Trakai, était autrefois un des berceaux de l’État lituanien, un centre militaire et politique important, le siège des Grands-ducs et la capitale de la Lituanie. J’ai eu l’occasion de visiter le château et son musée.

Ce dernier a rassemblé d’importantes collections en numismatique, archéologie, arts appliqués, histoire et documents écrits, permettant de mieux connaître l’histoire lituanienne. Une exposition historique est présentée dans le bâtiment central et elle comprend la période allant des temps les plus anciens jusqu’au milieu du 20e siècle. Des trouvailles archéologiques, déterrées dans les châteaux et la ville de Trakai, y sont exposées. Une salle regroupant différents trésors en argent a été récemment ouverte.

HORAIRES

Mai à septembre : Ouvert tous les jours de 10:00 à 19:00.
Mars à avril et octobre : Ouvert mardi à dimanche de 10:00 à 18:00.
Novembre à décembre et février : Ouvert mardi à dimanche de 10:00 à 17:00.

TARIFS

Musée d’histoire du château : 18 LTL (6.35 CHF)
Excursion avec un guide en anglais : 50 LTL (17.65 CHF)

GALERIE

A mon retour en début d’après-midi, je remarque que j’ai encore 2 bonnes heures avant de rejoindre la gare routière pour prendre un bus qui m’emmènera à Varsovie en Pologne. Je profite donc de visiter le musée des victimes du génocide, à 100 mètres de mon hôtel.

Ce musée est situé dans le bâtiment où le KGB était installait durant des années. On y trouve des documents historiques sur les répressions qui ont eu lieu sous les régimes d’occupation contre les Lituanien (1940-1990), des documents sur la résistance anti-soviétique et anti-nazie ainsi que des informations sur les personnes ayant participé aux combats pour la libération et les victimes du génocide. La partie la plus importante de l’exposition est la prison du KGB de l’intérieur (salle d’interrogatoire). On y présente le local où étaient décidées les condamnations à mort et on explique sur des panneaux comment cela se passait. Ceux qui s’intéressent à l’histoire du KGB peuvent visiter le complexe mémorial de Tuskulėnai. Ce domaine est un lieu de tragédies et d’horreurs du milieu du 20e siècle, où les restes de personnes emprisonnées puis tuées dans les caves de la prison du KGB ont été enterrés en secret entre 1944 et 1947. La visite, bien que quelque peu dérangeante, est intéressante.

Finalement, perdu dans mes pensées, j’arrive avec un peu d’avance à la gare routière… Et comme il n’y a strictement rien à faire dans les environs, je vais tranquillement manger un morceau dans un petit fastfood de la gare. J’en profite pour faire un peu de tri dans les brochures accumulées et dans mes photos, le temps que le bus pour Varsovie arrive. Je voyage, toujours à moindre frais, avec Lux Express.

BILAN DE MON VOYAGE À VILNIUS

Après une visite décevante à Riga, Vilnius fait nettement remonter la moyenne. Le centre historique est charmant, il y a beaucoup d’édifice religieux à visiter ainsi que quelques musées et galeries d’arts. Les restaurants testés étaient super, tant la qualité que le prix. J’ai également eu beaucoup plus de chance par rapport à la météo. Une visite sur le site de l’office du tourisme de Vilnius aura tôt fait de vous démontrer la quantité d’activités que vous trouverez sur place. Il y en a pour tous les goûts et je n’en ai vu finalement qu’une petite partie. Si l’occasion se présente, j’y retourne illico !