Project Description

Auschwitz-Birkenau, ou plus simplement Auschwitz, est le plus grand camp de concentration et d’extermination du Troisième Reich. Sa situation est partagée entre les localités d’Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich après l’invasion de la Pologne. Ce camp dirigé par les SS est créé le 27 avril 1940 par Heinrich Himmler et libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, plus de 1,1 million d’hommes, de femmes et d’enfants meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à la sortie des trains qui les y transportaient. Ces victimes, de ce que les nazis appelèrent la «solution finale» et dont 90% étaient juives, furent assassinées dans les chambres à gaz ou parfois par arme à feu, mais elles moururent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d’expériences médicales.

En raison de sa taille, Auschwitz est considéré comme le symbole des meurtres de masse commis par les nazis et plus particulièrement comme celui de la Shoah, au cours de laquelle près de six millions de juifs furent assassinés. Le responsable du camp fut le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höss jusqu’à l’été 1943, remplacé ensuite par Arthur Liebehenschel et Richard Baer. Monument historique et culturel majeur, qui contribue au «devoir de mémoire», Auschwitz est inscrit depuis 1979 au patrimoine mondial en Pologne de l’UNESCO.

HORAIRES

Ouvert toute l’année, sauf le 1er janvier, le dimanche de Pâques et le 25 décembre. L’entrée est gratuite et la visite dure entre 3h30 et 4h. Visite en français à 10h30, 12h30 et 13h30.

Décembre à février : 08h à 15h
Mars et novembre : 08h à 16h
Avril et octobre : 08h à 17h
Mai et septembre : 08h à 18h
Juin à août : 08h à 19h

Entre avril et octobre, Auschwitz I n’est accessible qu’en visite guidée de 10h00 à 15h00. Ceci ne s’applique pas à Auschwitz II (Birkenau). L’entrée est alors payante, mais c’est pour la visite guidée que vous devrez payer et non pas pour l’entrée du site. A ces dates, une navette gratuite relie Auschwitz et Birkenau.

INFOS ET QUELQUES RÈGLES

  • Cette visite peut s’avérer intense, voir émotionnellement éprouvante. Ainsi, elle n’est pas recommandé aux enfants de moins de 14 ans.
  • Votre tenue doit être correcte et votre attitude humble et respectable.
  • Les gros bagages devront être stockés à un endroit prévu à cet effet dans le centre des visiteurs. Mesdames, on peut aussi vous demander d’ouvrir votre sac à main pour inspection.
  • Interdiction de boire de l’alcool, manger ou fumer sur le site.
  • Photographier et filmer à des fins personnelles est autorisé. Les mêmes actions dans un but commercial sont soumises à autorisation.
  • Porter, ériger ou brandir bannières et drapeaux de tous type est strictement interdit.
  • Toujours pour une question de respect, certains éléments ne peuvent pas être pris en photo.

POUR QUE PLUS JAMAIS…

Lors de mon tour en Pologne, j’ai choisi de me rendre une demi-journée sur le site d’Auschwitz-Birkenau. En effet, nos cours d’histoire à l’école et mon intérêt pour la Seconde guerre mondiale m’ont fait connaître ce nom chargé d’horreur assez tôt. Et je dois dire que malgré avoir lu de nombreuses histoires et autres récits et témoignages, je n’avais jamais pris conscience de l’horreur de l’endroit jusqu’à aujourd’hui, lors de ma visite de l’ancien plus grand camp de concentration et d’extermination du Troisième Reich.

On peut choisir de visiter le site en tour organisé le matin ou l’après-midi ou encore toute la journée par ses propres moyens. Je choisi donc la première solution et c’est vers 9h qu’on vient me chercher à mon hôtel de Cracovie en minibus pour nous conduire, moi et quelques touristes anglais, à Auschwitz.

Nous arrivons au centre d’accueil des visiteurs où nous sommes séparés et rejoignons nos groupes respectifs. Le mien est en français, je récupère donc mon audio-guide (un récepteur en faite, la guide possède l’émetteur et c’est elle que j’écoute) et commence cette visite au delà de la tristement célèbre porte du camp principal, sur laquelle figure la phrase « Arbeit macht frei » (« le travail rend libre »). Cette phrase se retrouve dans les cercles de la droite nationaliste allemande, ce qui explique son adoption ultérieure par le NSDAP. On la trouve également dans le système concentrationnaire soviétique : ainsi, dans les années 1920, on a pu voir à l’entrée de l’un des camps des îles Solovki une inscription proclamant «Par le travail, la liberté !»

S’en suit alors une visite des différents blocks, dont les blocks 4 et 5 qui furent restauré et utilisés depuis les années 1950 par les Polonais pour réaliser une exposition permanente qui présente les conditions de vie des prisonniers, principalement à partir d’objet récupérés dans les restes du camps de Birkenau à la libération du camp. S’y trouvent notamment des effets personnels des déportés : vaisselle, lunettes, chaussures, etc., exposés dans des vitrines. L’une d’elles montre des cheveux qui devaient être utilisés pour fabriquer du tissu. Tout ce qui appartenait aux victimes devait resservir et profiter au Reich. Au fur et à mesure, nous prenons conscience de l’horreur de cette époque tragique.

L’élément le plus choquant pour moi est la visite du Block 11 ou « Block de la mort », une prison dans la prison. Cet édifice en briques de deux étages comporte un sous-sol et servait de lieu de punition et de torture. Beaucoup de détenus n’ont pas survécu à leur incarcération dans cet endroit en raison des conditions inhumaines de détention et des mauvais traitements. Différents motifs conduisaient à un enfermement dans le Block 11. Les détenus qui s’étaient rendus coupables d’exactions ou avaient enfreint l’une des nombreuses règles du camp ou qui étaient simplement suspectés de l’avoir fait pouvaient y être conduits.

Le Block 11 était équipé de 28 cellules et des salles de torture permettant d’infliger différents types de supplices aux prisonniers. Certains pouvaient ainsi être enfermés, sans nourriture et sans eau, dans une « cellule sombre » pendant plusieurs jours. Les prisonniers détenus dans ces cellules suffoquaient fréquemment pour avoir brulé tout l’oxygène de la cellule quand les SS n’allumaient pas une bougie pour accélérer le processus. Certains étaient pendus par les bras, les mains entravées dans le dos pendant des heures et même des jours, jusqu’à ce que les articulations des épaules soient complètement disloquées. Des poteaux de tortures étaient placés à cet effet dans la cour entre les Blocks 10 et 11. Dans les « cellules-debout », ils étaient obligés de rester seuls ou à quatre dans une cellule exiguë de moins d’un mètre carré au sol, ne leur permettant que de rester debout. Seule une petite ouverture de cinq centimètres sur cinq permettait au détenu de respirer. Ils y restaient d’une à vingt nuits et étaient néanmoins contraints de travailler la journée suivante avec les autres détenus.

Nous passons également par la première des chambres à gaz du site, ancienne morgue reconvertie, partiellement démolie mais reconstruite selon les indications retrouvées sur place. Inutile de vous dire que l’atmosphère est très lourde à l’intérieur, personne ne parle et nous sortons donc tous rapidement de l’édifice au bout d’une minute à peine. Avant de prendre une navette pour Birkenau, nous passons par la boutique du site où on peut trouver quantité de livres sur les camps et la Seconde guerre mondiale.

Auschwitz II ou Birkenau offre un tout autre paysage, tout aussi tragique. Le site s’étendait sur une superficie de 170 hectares et comptait à l’origine plus de 300 baraquements. Seule une rangée de baraques en bois du camp de quarantaine des hommes a été reconstruite. On peut voir les ruines des autres baraques en briques à perte de vue. Auschwitz II a volontairement été laissé en l’état comme témoin de l’ampleur du crime.

Les détenus arrivaient de toute l’Europe à Auschwitz-Birkenau en train, souvent après plusieurs journées passées dans des wagons à bestiaux. Certains mouraient durant le voyage de soif, de faim, de maladie ou encore d’asphyxie. Pendant la plus grande partie de l’existence du camp, les déportés arrivaient au niveau de l’ancienne gare de marchandise d’Auschwitz (la Judenrampe) et marchaient environ un kilomètre jusqu’à Birkenau. La voie fut prolongée au printemps 1944 juste avant l’arrivée des Hongrois pour terminer son trajet à l’intérieur de Birkenau, au plus près des dispositifs de gazage. À peine sortis du train, les prisonniers subissaient la « Selektion ».

D’un côté, les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants destinés à être gazés immédiatement. De l’autre, les adultes (en théorie à partir de 15 ans) les plus valides que les SS destinaient à la mort par le travail forcé. Souvent, le docteur Josef Mengele opérait une sélection parmi les nouveaux venus pour conduire ses expériences. Dans tous les cas, les détenus étaient mis à nu, rasés, tatoués, dépossédés de leurs biens qu’on stockait dans des entrepôts appelés Kanada dans le jargon du camp. Les objets personnels de valeur faisaient l’objet d’une comptabilité précise établie par l’Administration d’Auschwitz sous les ordres de Karl Möckel et étaient ensuite envoyés trimestriellement en Allemagne. Les survivants à ce premier tri étaient répartis en groupes de travail (Kommandos) et employés comme main-d’œuvre esclave dans les usines dépendant du camp, mais aussi dans des fermes ou à l’extérieur du camp.

A l’autre bout de l’entrée du site se trouve un mémorial, un lieu de recueillement dans ce qui peut être considéré comme le plus grand cimetière de l’histoire de l’humanité. Le texte suivant est inscrit sur 21 dalles fixées sur le sol du monument, toutes traduites dans des langues différentes.

Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz – Birkenau 1940 – 1945.

Une fois la visite guidée terminée, on peut se promener librement dans le camp ou reprendre la navette pour poursuivre la visite d’Auschwitz. Personnellement, j’ai eu mon compte d’émotion pour la journée, mais pour éviter de finir la journée sur une note aussi tragique, je me rend aux Mines de sel de Wieliczka, à mi-chemin entre Auschwitz-Birkenau et Cracovie.