Project Description

Varsovie est la capitale de la Pologne depuis plus de 4 siècles, sa plus grande ville et le centre des évènements économiques, politiques et culturels. Le symbole de la ville est la Sirène qui figure sur ses armoiries. C’est également une métropole pleine de vie dont l’histoire est unique et le dont le quart de sa surface est occupé par des espaces verts. Les anciens palais et églises avoisinent l’architecture moderne et les petits cafés accueillants rivalisent avec des clubs modernes retentissant de musique. Indépendamment du but principal d’une visite à Varsovie, on en garde des souvenirs inoubliables.

UNE CAPITALE HISTORIQUE QUI, TEL LE PHÉNIX, RENAQUIT DE SES CENDRES

Après un voyage en bus bon marché, moyennement confortable et surtout très long (environ 7 heures) depuis Vilnius, j’arrive vers 22h à la gare centrale de Varsovie. Même si j’ai eu l’occasion de dormir un peu, je suis relativement fatigué et n’ai qu’une envie : me reposer. Je pars donc à la recherche de mon hôtel, Mamaison Residence Diana Varsovie et après l’avoir trouvé sans mal, je prends rapidement une douche et m’écroule sur le lit, non sans avoir réglé mon réveil tôt le lendemain.

Driiiiing ! Il est 7 heures, debout ! Bien reposé, je déjeune rapidement puis me dirige vers la Vieille Ville de Varsovie. Je compte en faire le tour à l’aide d’un plan très détaillé que j’ai récupéré à l’hôtel. Le tour consiste en une boucle qui part depuis le Château royal pour ensuite y revenir après un passage dans la Nouvelle Ville.

La Vieille Ville est la plus ancienne partie de Varsovie et en même temps son centre historique et culturel. Créée au 13e siècle comme citée médiévale, elle fut entourée de murs et fut presque entièrement détruite pendant la Seconde guerre mondiale. Heureusement, grâce à sa reconstruction quasi parfaite, elle renaquit et fut inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Aujourd’hui, c’est un des endroits les plus animé de la ville incluant galeries d’art, cafés et restaurants.

A mon arrivée sur la place devant le château, je m’approche d’une grande colonne avec un personnage représenté à son sommet. C’est le moment de sortir ma petite brochure qui me suivra tout au long de la journée.

Il s’agit de la Colonne de Sigismond III Vasa, le plus ancien monument séculier de Varsovie que le roi Władysław IV érigea en 1644 pour glorifier la mémoire de son père qui a transféré la capitale de Cracovie à Varsovie. Le monument a 22 mètres de hauteur et la statue du roi mesure 275 centimètres. Sigismond III tient dans sa main droite un sabre qui symbolise la vaillance et dans sa main gauche une croix, qui est le symbole de la volonté éternelle de combattre le mal. D’après la légende, si le sabre est dirigé vers le bas, cela annonce qu’un malheur va prochainement s’abattre sur la ville.

Juste en face de cette colonne se trouve le magnifique Château royal. A visiter absolument !

Construit au début du 15e siècle, il fut agrandi pour devenir une résidence royale de manière officielle quand le roi Sigismond III Waza transféra la capitale de Cracovie à Varsovie. Le château fut transformé plusieurs fois, mais complètement détruit pendant la Seconde guerre mondiale. Il fut reconstruit à l’aide des fragments que l’on a retrouvé sur place. Aujourd’hui, c’est avant tout un musée : deux toiles de Rembrandt ainsi que les peintures de Bernard Belotto nommé « Canaletto » sont les perles de sa collection. Les tableaux de Canaletto, qui peignait la Varsovie du 18e siècle, furent d’une aide précieuse pendant la reconstruction de la ville après la guerre.

Maintenant commence vraiment mon périple à travers les rues de la Vieille Ville de Varsovie. J’aperçois l’église St-Martin à travers une ruelle, une prise de vue connue pour cette église.

Elle se trouve sur la Rue Piwna qui, mesurant 250 mètres, est la plus longue rue de la Vieille Ville. L’église, créée en 1356 par le prince de Mazovie Ziemowit et sa femme Euphémie, fut plusieurs fois remaniée et le bâtiment principal présente actuellement le style baroque (18e siècle). Cette église se distingue par ses messes œcuméniques et par son rôle liée à l’accomplissement de son ministère pastoral, adressé aux personnes issues du milieu de l’intelligentsia de Varsovie. Dans les années 70 et 80, cette église rassemblait les milieux opposés au régime.

En continuant ma route, je passe à côté de la Basilique archicathédrale St-Jean-Baptiste, serrée d’une façon modeste entre d’autres immeubles.

La cathédrale fut construite dans sa forme actuelle (à la place d’une petite chapelle en bois) au 14e siècle en tant qu’une église paroissiale. Au fil du temps, elle prit de l’importance jusqu’à ce qu’elle devienne l’église la plus dominante de la Pologne. Elle fut le lieu des mariages, couronnements et enterrements des rois. Dans la basilique se trouve la tombe du primat Stefan Wyszyński et, dans ses cryptes, les tombes des princes de Mazovie, des archevêques de Varsovie, du dernier roi de Pologne Stanisław August Poniatowski, du président polonais Gabriel Narutowicz, ainsi que de l’écrivain Henryk Sienkiewicz – lauréat du prix Nobel. En été, l’Archicathédrale devient le lieu des concerts d’orgue.

Juste à côté se trouve l’Église Notre-Dame-de-Grâce, construite dans le style de la renaissance tardive entre 1609 et 1629 grâce aux dons du roi Sigismond III.

Sur l’autel de style baroque se trouve le célèbre tableau de la Sainte Vierge Bienveillante, la Patronne de Varsovie. C’était le don du pape Innocent X pour le roi polonais Jan Kazimierz. Devant l’église, il y a une statue d’un ours couché. D’après une légende, c’est un prince timide qui attend la femme dont l’amour pourrait lui rendre son apparence humaine.

Je suis toujours mon plan décidément fort utile et arrive, au détour d’une rue, sur une petite place en forme d’un triangle appelée « Kanonia ».

Son nom vient des maisons du 17e siècle qui appartenaient aux chanoines du chapitre de Varsovie. Autrefois, c’était un cimetière paroissial dont il reste la figure baroque de Notre-Dame, datant du 18e siècle. Au milieu de la place se trouve une cloche de bronze de 17e siècle, qui n’a jamais été suspendue dans aucune église. D’après une croyance, si l’on fait un tout de cette cloche trois fois, cela porte bonheur. Étant seul à ce moment sur la place, j’en profite pour effectuer cette action. L’avenir me dira si le porte-bonheur fonctionne, mais je n’ai pas à me plaindre pour le moment ! On trouvera ici la maison la plus étroite de Varsovie (on peut la voir sur la photo ci-dessus, sur la gauche à l’angle). C’était un stratagème de son propriétaire car l’impôt foncier à cette époque-là dépendait de la largeur de la façade du bâtiment. Je me demande alors si l’intérieur est aussi étroit que la façade extérieure !

Je rejoins la grand ruelle par laquelle je suis arrivé et continue mon chemin, J’arrive rapidement sur la Place du Marché de la Vieille Ville, établie entre le 14 et le 15e siècle.

Autrefois, on y organisait des festivités, des foires et même des exécutions. La Place doit son style aux maisons du 17e siècle. La partie centrale de la Place était occupée par l’Hôtel de Ville, démonté en 1817. Les maisons alentours furent pour la plupart détruites en 1944. On les a reconstruites après la guerre, telles qu’elles avaient été dans la première moitié du 17e et au 18e siècle.

D’après une légende, dans les caves d’une maison située sur la place, quelque part du côté Dekert, au coin de la rue du Cercle Vicieux vivait une créature terrifiante appelée Basilic. Le monstre gardait des trésors fabuleux et, avec son regard qui changeait en pierre, il tuait sur place chaque personne qui avait eu l’audace de s’y aventurer. Un jour pourtant, le Basilic fut vaincu par un tailleur ambulant qui avait eu une étrange idée et lui avait montré un miroir. Le Basilic, pétrifié par son propre regard, se changea alors en pierre et ne menaça plus jamais les habitants de la ville. De nos jours, on peut voir sur le bâtiment une enseigne représentant le Basilic : c’est l’emblème d’un restaurant réputé de Varsovie.

Au centre du vieux marché figure également une très célèbre statue, celle de la Sirène.

Le monument est entouré par une fontaine où l’on peut se rafraichir pendant les jours d’été. C’est une copie fidèle de l’original qui, en raison de plusieurs actes de vandalisme, fut transféré dans la cour du Musée Historique de la Ville de Varsovie, à proximité de la place.

D’après la légende, c’est justement au pied de la Vieille Ville de Varsovie qu’elle sortit de l’eau pour se reposer un peu sur un rivage sableux. L’endroit qu’elle vit lui plut tellement qu’elle résolut d’y rester. Les pêcheurs qui vivaient sur ces terres, lorsqu’ils s’aperçurent que quelqu’un agitait les vagues de la Vistule, nouait leurs filets et libérait des poissons voulaient arrêter le coupable pour l’empêcher une fois pour toutes de leur nuire. Cependant, quand ils entendirent le beau chant de la sirène, ils abandonnèrent tous leurs projets. Ils tombèrent amoureux de la belle femme-poisson qui, depuis ce moment, leur chantait chaque soir. Sa magnifique voix rendait leur vie plus belle. Et pourtant un jour, un riche commerçant qui se promenait au bord de la Vistule, aperçut la sirène. Il voulut l’attraper et l’emprisonner pour pouvoir la montrer aux foires et aux fêtes foraines, comptant ainsi gagner beaucoup d’argent. Aussitôt dit, aussitôt fait. Par ruse, il attrapa la sirène et l’enferma dans une hutte sans nourriture et sans une goutte d’eau. Un jeune valet de ferme, lui-même fils d’un pêcheur, entendit les plaintes de la sirène. Une nuit, avec l’aide de ses amis, il libéra la femme-poisson. En signe de sa gratitude, elle promit de les secourir chaque fois qu’ils auraient besoin d’aide. C’est pourquoi la sirène de Varsovie est armée d’une épée et d’un bouclier, dont elle se sert pour défendre la ville et ses habitants.

Sur un côté de la place figure le Musée Historique de la Ville de Varsovie, occupant plus d’une dizaine de maisons, reconstruites après la guerre. L’exposition présente l’histoire de la capitale de sa création jusqu’aux temps modernes. Dans le cinéma du Musée, on peut voir un documentaire sur Varsovie des années 1939-1945. Il s’agit d’une exposition très intéressante. Je remarque un point de vue au nom peu commun indiqué sur ma carte, qui se trouve juste derrière la place du marché. Après 2 minutes, me voici donc… sur la Montagne de Fumier (ou Gnojna Góra en polonais).

Son nom vient d’une décharge publique qui s’y trouvait du Moyen Age jusqu’à la deuxième moitié du 18e siècle. Aujourd’hui, c’est une terrasse panoramique d’où s’étend une vue sur la Vistule et la rive droite de la ville. Un peu plus loin j’arrive enfin près de la Barbacane et les remparts, indiquant la limite entre la Vieille Ville et la Nouvelle Ville.

Ce sont les vestiges des remparts de Varsovie, construits en 1548 par J. Baptiste Venitien. A l’intérieur de la Barbacane (le passage de la Vieille vers la Nouvelle Ville), on peut voir une exposition illustrant l’histoire des fortifications urbaines avec des modèles des tours et des murs. A l’extérieur se trouve parfois, comme aujourd’hui, quelques vendeurs de toiles, figurines, cartes postales et autres souvenirs.

Nous voici donc dans la Nouvelle Ville, où la boucle du tour se fait et me fera revenir à mon point de départ. Juste après les remparts, le premier bâtiment que l’on peut voir est l’Église du Saint-Esprit.

La première église en bois y fut déjà construite au 14e siècle. L’édifice actuel de style baroque rappelle celui construit par les Pères Pauliniens, au début du 18e siècle. Depuis près de 300 ans, c’est de cette église qu’au début du mois d’août démarre le plus grand pèlerinage pédestre se rendant au sanctuaire consacré à la Vierge Marie à Częstochowa.

Je continue ma visite sur l’avenue Freta et tombe sur le Musée Maria Skłodowska-Curie (ou Marie Curie).

Il se trouve dans une maison bourgeoise du 18e siècle, la maison natale de Maria Skłodowska et abrite l’exposition consacrée à la vie et à l’activité de la célèbre savante, deux fois lauréate du prix Nobel (en physique et en chimie). Elle dirigeait les premières études au monde consacrées à l’utilisation du radium dans la thérapie du cancer (radiothérapie).

Au bout de cette rue, je débarque sur la Place du Marché de la Nouvelle Ville. Créée au 15e, la place fut de forme rectangulaire et presque deux fois plus grande que celle de la Vieille Ville. Au milieu de la place se trouvait l’hôtel de ville, démoli en 1818. Aujourd’hui, sur le Marché se trouve un petit puits en fonte orné des armes de la Nouvelle Ville, une jeune fille et une Licorne. Derrière le puits et à l’autre bout de la place se trouve l’Église St-Casimir.

Au début c’était une résidence des magnats. Elle fut achetée par la reine Marie Casimire Sobieska (Marysieńka) et transformée en église. Pendant l’insurrection de Varsovie en 1944 s’y trouvaient l’hôpital pour les insurgés et l’abri pour les civils. Suite à des bombardements, des centaines de personnes ont péri sous les encombres.

Je continue mon chemin et arrive sur la place des Krasiński. Deux éléments majeurs de cette place sont l’Église Notre-Dame-Reine-de-Pologne et le Monument de l’Insurrection de Varsovie.

Construite en 1642 pour l’ordre des Piaristes, puis brulée par les Suédois, cette église fut reconstruite dans le style baroque. Après l’insurrection de novembre, l’église fut transformée en temple orthodoxe. L’intérieur baroque fut retiré et dans les tours, couvertes des coupoles caractéristiques, on installa des cloches coulées des canons. Leur son devait étouffer les sentiments patriotiques. Après le recouvrement de l’indépendance, l’église fut confiée à l’armée. Depuis 1920, elle fonctionne en tant que l’église de garnison et depuis 1991, la Cathédrale de Camp de l’Armée Polonaise. En face de l’église se trouve le Monument de l’Insurrection de Varsovie.

Le monument fut construit en mémoire des héros de l’Insurrection de Varsovie 1944 qui ont sacrifié leur vie pour leur pays en livrant une bataille inégale avec les occupants pendant 63 jours.

En revenant sur mes pas, je passe devant deux autres monuments mentionnés sur ma carte. Le premier est celui de Jan Kiliński – Le cordonnier héroïque.

Il fut le commandant du peuple de Varsovie pendant l’insurrection de Kościuszko (18e siècle), participant à des complots contre l’occupant russe, l’un des trois état envahisseurs de la Pologne. Jan Kiliński était cordonnier. Pendant l’occupation allemande lors de la seconde guerre mondiale, en guise de représailles après l’enlèvement de l’inscription allemande du monument de Mikołaj Kopernik, le monument de Kiliński fut démonté et emmené. Les organisations clandestines de la résistance polonaise découvrirent l’endroit ou le monument était caché : dans les sous-sols du Musée National. Et alors, sur les murs du Musée apparut l’inscription suivante: « Peuple de Varsovie, je suis ici ! – Kiliński Jan ». Le monument de Mikołaj Kopernik « réagit » également : « Pour venger la destruction du monument de Kiliński, j’ordonne que l’hiver dure 6 semaines de plus. Signé Mikołaj Kopernik, astronome » annonçaient les inscriptions placées sur les murs de Varsovie. Et le plus étonnant, c’est que l’hiver 1942 fut effectivement plus long et plus rigoureux que d’ordinaire.

Le second monument est celui du Petit Insurgé.

C’est la statue d’un jeune garçon portant un casque militaire trop grand pour lui. Elle fut construite pour commémorer les jeunes héros luttant contre l’occupant pendant l’insurrection de Varsovie en 1944. Le monument fut inauguré en 1983 par le Dr Jan Świderski, médecin cardiologue, ancien scout et insurgé, âgé a l’époque du soulèvement de 14 ans. Il fut agent de liaison ayant le pseudonyme « Lubicz » dans le bataillon « Gustaw » de l’Armée Nationale. Derrière le monument sur le mur du Barbacane, il y a une plaque sur laquelle les paroles d’une des plus célèbres chansons des insurgés sont gravées : « Enfants de Varsovie, allons au combats, nous donnerons notre sang pour chaque pierre de notre capitale ».

Et voilà, je suis de retour au pied de la Colonne de Sigismond III Vasa. Avant de commencer la seconde partie de ma visite de Varsovie, je me repose sur la terrasse d’un restaurant, tout en dégustant une spécialité locale. Commence maintenant la seconde partie de la visite, celle de la Voie Royale.

C’est la promenade la plus célèbre et plus prestigieuse de la capitale. Depuis le 16e siècle, elle a été utilisée par les rois de Pologne pour se déplacer de leur résidence officielle du Palais royal située à l’entrée de la Vieille ville jusqu’à leur résidence d’été du Palais de Wilanów, à l’époque située à l’extérieur de la ville. Désormais, toute la Voie est incluse dans le périmètre de la ville. Elle sert principalement d’axe touristique et commercial et passe par différentes rues et avenues qui se succèdent. Sur son parcours de 10km, on trouve quantité d’édifices représentatifs des différentes périodes de l’histoire de la ville.

Avant toute chose, je me rends au sommet d’une petite tour se situant à coté de l’Église Saint Anne, car des banderoles stipulent qu’on peut y monter pour avoir une vue pittoresque de la Vieille Ville. Et une fois au sommet, le moins que l’on puisse dire est que la vue est très jolie !

Je redescend et commence mon périple sur la Voie Royale. Juste à côté de la tour se trouve l’Église Saint Anne.

Construite dans la deuxième moitié du 15e siècle, cette église gothique fut un don pour l’Ordre des Bernardins. Elle fut plusieurs fois détruiet et reconstruite dans des styles différents. Derrière sa façade actuelle de style néo-classique se cache un riche intérieur de style baroque. L’église, située à proximité des plus grandes écoles supérieures de Varsovie, est devenue le temple universitaire et son beffroi est couronné par une terrasse panoramique. Je n’y suis pas allé, car je venais de redescendre d’un autre point de vue plus haut que celui de l’église.

Quelques pas plus loin se trouve le Monument de Adam Mickiewicz, dont on peut voir une version presque identique à Cracovie.

Ce monument du plus grand poète romantique fut dévoilé en 1898, le jour du centième anniversaire de sa naissance, à l’époque de la russification du peuple polonais après l’Insurrection de Janvier. Le monument fut « le héros » des évènements de mars 1968. C’est ici qu’une manifestation célèbre contre la levée de l’affiche du spectacle « Les Ailleux » dans le Théâtre National fut organisée à la demande de l’Ambassade de l’Union Soviétique.

Décidément, cette avenue de 10km s’annonce être une bien longue balade ! Je continue mon chemin et passe devant le Palais Présidentiel.

C’est le plus grand palais de Varsovie. Il fut construit dans les années 1643-1645 et remplit depuis longtemps plusieurs fonctions publiques. Il doit son actuelle forme néoclassique à une transformation effectuée au début du 19e siècle après l’achat du palais par le gouvernement du Royaume du Congrès. Il fut le siège du premier gouvernement, après le recouvrement de l’indépendance en 1918. C’est dans ses salles qu’on signa en 1955 le Traité de Varsovie, en 1970 le traité de normalisation des relations mutuelles avec l’Allemagne et en 1989, c’est dans ce bâtiment que furent menées les discutions de la « Table Ronde ». Depuis 1994, il est la résidence du Président de la République de Pologne.

Dans la cour du Palais Présidentiel se trouve la statue du prince Józef Poniatowski, un grand patriote, ministre de guerre et commandant en chef de l’armée qui vivait entre la fin du 18e et le début du 19e siècle.

Cette statue est sculptée à l’exemple de celle de l’empereur romain Marc Aurelien. Pendant longtemps, il n’avait pas sa propre place. Le tzar de Russie a interdit son inauguration par un ordre spécial et le monument fut donc transporté dans la forteresse de Modlin, puis après en Biélorussie dans la résidence du général Ivan Paszkiewicz – l’ami du tzar. Le monument revint en Pologne en 1922. Il fut placé dans la cour du château Royal et en 1923 sur la place Saski (aujourd’hui la place Piłsudskiego). Durant la Seconde guerre mondiale, il fut complètement détruit. Le nouveau moulage, effectué selon le modèle du Musée de Copenhague au début des années 50, fut le don du roi de Danemark à la nation polonaise.

Quelques minutes plus tard, je passe à côté d’un bâtiment très imposant et à l’architecture étonnante. Je remarque alors qu’il s’agit en faite d’un hôtel, l’Hôtel Bristol.

L’un des plus anciens et les plus luxueux hôtels de Varsovie, dont les débuts remontent à la fin du 19e et le début du 20e siècle quand Ignacy Jan Paderewski (le pianiste célèbre et plus tard le Premier Ministre de la Pologne) acheta une parcelle de terre pour sa construction. Dès son ouverture en 1901, c’était le lieu des bals et des réceptions élégantes, ainsi que le lieux de rencontre des représentants éminents du monde de la culture, de l’art et de la politique. Le peintre Wojciech Kossak y avait son atelier et Jan Kiepura chantait du balcon. Parmi les hôtes de l’hôtel figuraient entre autres Józef Piłsudski, John F. Kennedy, Richard Nixon, et plus récemment Tina Turner et Woody Allen.

Je m’écarte un peu de la Voie Royale pour aller visiter la Place maréchal Józef Piłsudski où s’élève une croix-monument ainsi que le Monument du Soldat Inconnu.

C’est un tombeau symbolique érigé pour commémorer le souvenir des héros anonymes ayant péri en luttant pour l’indépendance de la Pologne. Le tombeau est placé sous les arcades de l’ancien Palais Saski qui fut détruit pendant la Seconde guerre mondiale. Sur la tombe, une flamme éternelle brûle et la garde d’honneur polonaise veille constamment sur cette dernière.

Je retourne sur la Voie Royale et continue ma promenade. Je passe à côté d’un jardin et de la statue de Bolesław Prus.

C’est l’un des plus grands écrivains de l’époque de positivisme polonais (1847-1912). L’une de ses œuvres les plus connues est « Lalka » (« La poupée ») – le roman étroitement lié à Varsovie. Il relate d’une façon suggestive la vie de la ville au 19e siècle. Le tombeau de l’écrivain se trouve au cimetière Powązki. Quelques pas plus loin, je tombe sur une autre église, celle de la Protection de St-Joseph.

Construite au 17e siècle, elle a conservé son intérieur original jusqu’à aujourd’hui. En effet, cette église, dans laquelle Fryderyk Chopin jouait de l’orgue, a survécu aux bombardements durant la Seconde guerre mondiale. Cet endroit est aussi important pour les habitants de Varsovie, car c’est dans le monastère des Sœurs de la Visitation attenant à l’église que le prêtre et poète Jan Twardowski habitait, et c’est ici qu’il écrivait ses poèmes et prononçait ses inoubliables sermons. Juste à côté de l’église se trouve le Monument du cardinal Stefan Wyszyński. Primat de Pologne entre 1948 et 1981, il fut nommé « le Primat du millénaire » pour ses mérites pour le pays et pour l’église catholique, d’après les mots du pape Jean Paul II, qui a dit que « un primat tel que Wyszyński apparaît une fois tous les mille ans ».

Après une petite pause dans un bar du coin, je reprend la route vers le Palais de Staszic.

Il fut édifié au début du 19e siècle de l’initiative de Stanisław Staszic, prêtre et personnage éminent pour abriter la Société des Amis de la Science. Avant à cet emplacement-là se trouvait l’église orthodoxe et ensuite le monastère ruiné des pères dominicains. Pendant le partage de la Pologne après la dissolution de la Société, le Palais fut transformé dans le style décoratif byzantin-russe. Il abritait le Collège russe et l’église orthodoxe, ce qui devrait rappeler les origines orthodoxes de ce lieu. Aujourd’hui, l’Académie Polonaise des Sciences et la Société Scientifique de Varsovie y ont leur siège.

Un peu plus loin, je rentre finalement dans ce fameux quart de la ville presque entièrement vert. De grands ensembles de parcs se succèdent, plus grands les uns que les autres. Dans le premier, le parc Ujazdowski, je passe à côté du Monument d’Ignacy Jan Paderewski.

C’est le monument du co-auteur de l’État Polonais indépendant après la Première guerre mondiale, ainsi que du célèbre pianiste et compositeur, homme politique et militant social. J’arrive alors sur ce qui sera mon coup de cœur à Varsovie : l’Ensemble Monumental de Palais et de Parcs « Łazienki Królewskie ».

C’est un des plus beaux complexes de ce type en Europe. Autrefois, ce terrain boisé fut le lieu des chasses des rois. Le dernier roi de la Pologne Stanisław August Poniatowski – grand admirateur et mécène de l’art – y créa le plus grand et le plus beau jardin à Varsovie. Le nom Łazienki (« salle de bains » en polonais) provient justement des salles de bains qui furent transformées en palais. Sur le terrain du parc, il y a plusieurs bâtiments anciens d’où le plus important est la résidence royale d’été – le Palais sur l’Ile. D’autres bâtiments méritent aussi l’attention du visiteur : le Palais Myślewicki où habitaient les courtisans du roi, l’Ancienne et la Nouvelle Orangerie, l’Ancienne et la Nouvelle «Kordegarda» (Corps de Garde), la Petite Maison Blanche, la Grande Officine (Podchorążówka – l’ancienne cuisine du palais, transformée dès 1822 en École Supérieure des Officiers). Aujourd’hui, ces édifices abritent des institutions liées à la culture.

Le Parc de Łazienki est le lieu préféré des promeneurs qui y viennent nombreux chaque dimanche. Dans le parc, vous aurez peut-être la possibilité de voir des écureuils et même des paons qui y vivent en liberté.

Les écureuils ne sont pas trop farouche et acceptent de vous approcher si vous leur offrez quelques noisettes ou glands. Un grand moment ! J’ai eu de la chance pour les photos, prises à main levée alors que l’autre est occupée à nourrir le charmant animal… Que du bonheur !

Juste à côté d’une des entrées du parc, je tombe sur une carte de Varsovie. Parfait, j’avais justement besoin de situer mon dernier objectif de la journée, mais qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir que ce dernier est encore à plus de 6km de là… Je n’ai rien contre un peu de marche, mais nous sommes déjà en milieu d’après-midi et j’estime que j’ai déjà assez usé mes jarrets. Aussi je me renseigne tant bien que mal auprès des locaux quant à la position de l’arrêt de bus le plus proche. Après avoir trouvé quelqu’un parlant un minimum d’anglais, je suis correctement dirigé vers l’arrêt de bus en question, avec en prime le numéro de celui que je dois prendre. Je n’attends pas longtemps : au bout de 3 minutes, voici mon moyen de transport. Tout en m’asseyant à proximité du chauffeur, je lui demande de me faire signe lorsqu’on sera à Wilanów. Pas certain qu’il m’ait compris, mais il s’arrête finalement quelques 15 minutes, se retourne et me fait signe. Il s’en suit 5 minutes de marche jusqu’au site en question mais heureusement tout est bien indiqué.

Sur le chemin du palais de Wilanów, je m’arrête devant une autre église Sainte Anne.

Elle fut construite au 17e siècle. A l’intérieur, on peut admirer de belles et anciennes décorations ainsi que les sarcophages et les épitaphes des propriétaires de Wilanow dont les tombes se trouvent dans la crypte sous la chapelle. Les stations de la croix datant du 19e siècle sont placées autour de l’église. Pendant la Première et Seconde guerre mondiale, l’église fut pillée et dévastée. Pendant l’Insurrection de Varsovie en 1944, les nazis y enfermèrent les habitants de Varsovie et de ses environs, en particulier les représentants de l’intelligentsia.

Un peu plus loin se trouve le Mausolée de Stanisław et de Aleksandra Potocki

C’est le mausolée des propriétaires de Wilanów, construit entre 1823 à 1826 d’après le projet de Henryk Marconi dans le style néo-gothique. Et finalement me voici finalement devant le Palais de Wilanów !

C’était la résidence estivale du roi Jan III Sobieski et celle du roi Auguste II, ainsi que des grandes familles de magnats. Le nom de la résidence ainsi que de tout le quartier provient de l’expression Villa Nova. C’est le nom qui fut attribué par le roi Sobieski à ces terres destinées à la construction du palais, au moment de leurs achats au 17e siècle.

L’édifice impressionnant du palais royal relie les éléments du manoir de la noblesse, de la villa italienne et du palais de style Louis XIV, le Roi Soleil français. Le palais fait partie de l’un des plus beaux monuments baroque européens et témoigne de la période d’or de la République de Pologne. Il fut agrandi par ses propriétaires. Ses intérieurs avec leur décor original et leur équipement riche représentent les styles de trois époques. Les plus anciens, les appartements royales de style baroque se situent dans le bâtiment principal. Les intérieurs dans l’aile sud représentent le style du 18e siècle et les pièces aménagées par la famille Potocki au 19e siècle occupent l’aile nord. Il faut mentionner ici qu’en 1805, Stanisław Potocki (le propriétaire de Wilanów à l’époque) rendit accessible au public sa collection d’œuvres d’art, créant ainsi l’un des premiers musées en Pologne. Il abrite aujourd’hui plus de 60 tableaux de grande valeur.

Et voilà, le soleil commence à décliner et je reprend le bus (facile !) en direction du centre historique. De là, je trouve une petite taverne (dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom) servant un très bon « goulash », après quoi je retourne lentement mais sûrement à mon hôtel après cette magnifique journée !