Project Description

Bratislava, connue aussi historiquement sous le nom de Presbourg en allemand ou de Pozsony  en hongrois, est la capitale de la Slovaquie. Elle est située à l’extrême sud-ouest du pays, à la frontière de l’Autriche (à 60 km de Vienne), de la Hongrie et de la République tchèque, est traversée par le Danube et est une ville métissée par de nombreuses influences. D’un point de vue touristique, Bratislava mérite de s’y arrêter un week-end, même si elle n’est en rien comparable à sa grande sœur tchèque, Prague. Toutefois, elle reste une petite ville au charme certain et dépayse tout autant le touriste d’Europe de l’Ouest.

Bratislava ou le « Faubourg de Vienne »

J’ai profité d’un voyage de quelques jours à Vienne pour effectuer un « one day trip » au cœur de la capitale slovaque. Il y a plusieurs moyens de faire le trajet : en bus, en train et même en bateau durant la haute saison. Pour ma part, ce sera le bus qui est également le choix de transport le moins cher. Le trajet est un peu plus long que celui en train ou en bateau, car nous nous arrêtons plusieurs fois à Vienne et à son aéroport, puis entre l’Autriche et la Slovaquie avant de finalement arriver juste à côté du centre historique de Bratislava. Les arrivées en bateau se font presque au même endroit, tandis que la gare ferroviaire est quelque peu éloignée du centre et nécessite de prendre un bus ou un tramway pour rejoindre la vieille-ville… A moins d’avoir de bonnes jambes!

Une fois arrivé, je ne perds pas de temps et suis quelques panneaux indicateurs m’emmenant sur une colline voisine au sommet de laquelle se trouve le Château de Bratislava, récemment rénové. Préparez-vous à une montée assez raide, mais la récompense, soit le château lui-même et surtout la vue panoramique sur le Danube depuis les remparts, sera on-ne-peut-plus méritée!

La construction du château commença au 10e siècle et le monument est aujourd’hui un véritable symbole de la ville – il est même représenté sur les pièces slovaques de 10, 20 et 50 cents d’euro, c’est pour vous dire! Depuis le château ou plutôt ses remparts, on peut admirer la vue sur une partie de Bratislava, de l’Autriche voisine et même de Vienne et de la Hongrie si le temps le permet, ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.

Depuis les murs de pierres et de briques, on peut également voir le Nouveau Pont, suspendu au dessus du Danube depuis 1969, ainsi que la Cathédrale Saint Martin située aux abords de la vieille-ville. C’est d’ailleurs vers cet endroit que je redescend, non sans avoir admiré le château et le petit parc adjacent.

Construite au début du 14e, la célèbre cathédrale gothique Saint Martin est l’une des plus anciennes églises à Bratislava et est connue en particulier pour les souverains y ayant déjà été couronnés dans le Royaume de Hongrie (entre 1563 et 1830). De cette fonction prestigieuse, l’édifice a gardé un intérieur remarquable tout de bois sculpté et présentant de nombreuses œuvres, notamment un remarquable tableau de La Cène. En haut de son immense tour, malheureusement inaccessible lors de ma visite, se trouve une copie de la couronne hongroise et une vue panoramique sur le centre-ville.

Commence maintenant mon tour de la vieille-ville de Bratislava, un charmant dédale de ruelles où se suivent sans se ressembler maisons, églises, palais, places et fontaines. Les marchés et stands à touristes omniprésents sont très pittoresques et il est possible d’y acheter de nombreux produits traditionnels slovaques. Le touriste curieux tel que votre serviteur peut également s’amuser à débusquer quelques statues insolites dont je reviendrai un peu plus bas. Il y a également de très nombreux restaurants et vous aurez l’embarras du choix quant à l’endroit où prendre votre repas de midi ou du soir. Attention toutefois à éviter les places et rues importantes, car qui dit touristes dit forcément prix élevés pour une qualité parfois pas vraiment au rendez-vous…

Au fil de ma promenade dans les rues et ruelles de la vieille-ville, j’arrive finalement en vue de la Porte Michel (Michalská brána), un autre monument emblématique de Bratislava situé au cœur du centre historique. Il s’agit en fait d’une tour fortifiée qui abrite un musée sur les armes de la région et sur les fortifications que l’on peut visiter (entrée payante). Après un tour à chacun des étages, je ne manque pas bien sûr l’opportunité d’accéder au sommet de la tour, car la vue panoramique de Bratislava en vaut la peine!

Après cette visite, je retourne sur le plancher des vaches et m’installe sur la terasse d’un restaurant tout proche. Après avoir dégusté un plat typique, je poursuis ma visite. Je quitte pendant quelques instant la vieille-ville pour me retrouver soudain devant le Palais Grassalkovich de Bratislava, résidence du Président de la République slovaque et situé à côté du Palais d’été de l’Archevêque. Réalisé à la demande du comte croate au service de la monarchie hongroise Anton Grassalkovich, il a longtemps été un haut lieu de la culture slovaque. A l’époque communiste, il fut transformé en une « Maison des pionniers et du Jeune » avant de devenir Palais Présidentiel lors de l’indépendance slovaque. Devant le bâtiment se trouve une grande et jolie fontaine présentant un grand globe terrestre incrusté de colombes qui symbolise la paix entre les peuples.

Je rebrousse alors chemin pour revenir en direction du cœur de la vieille-ville. Se faisant, je débarque sur une place autour de laquelle sont réunis plusieurs monuments importants, comme par exemple l’Église Saint-Sauveur, édifice protestant bâti par la communauté allemande de la ville en 1638. Par la suite, l’église a subit plusieurs modifications par les Jésuites pour revêtir le style Baroque en 1672. Ainsi, la différence entre la décoration intérieure, très riche et complexe, et sa façade extérieur, simple et austère, est flagrante. Un autre élément intéressant à noter est que l’église est dépourvue de clocher et ce à la demande du roi de Hongrie qui ne voulait pas déranger l’ordonnancement de la place. Après, je me demande : une église sans clocher, ce n’est plus vraiment une église, non?

Parmi les autres bâtiments de la place figurent le Palais primatial qui jouxte l’ancien hôtel de ville, le plus grand édifice néo-classique de Slovaquie. Construit à la fin du 18e siècle pour l’évêque hongrois de Esztergom, c’est dans la Salle des Glaces du bâtiment que Napoléon à signé le Traité de Presbourg qui a mis fin à la guerre austro-française suite à la bataille d’Austerlitz. Le second étage du palais primatial expose de très belles tapisseries anglaises du 17e siècle. La visite est très intéressante, mais les photos ne sont pas autorisées.

En direction de la place centrale, je traverse et visite ensuite l’ancien hôtel de ville, le plus vieil édifice de Bratislava. Constitué de petites maisons blanches aux tuiles rouges décorées de mosaïques multicolores et d’un toit polychrome or et turquoise, le bâtiment abrite aujourd’hui le musée historique municipal de Bratislava qui propose de très beaux objets et des cachots très bien restaurés, tellement neufs que l’on se croirait plutôt dans des dortoirs d’une auberge que dans d’anciennes cellules!

J’arrive maintenant sur la place centrale de la vieille-ville, grande, très propre et entourée de bâtiments colorés et joliment décorés. Quelques magasins, restaurants et hôtels les plus connus de la ville ont pignon sur rue ici, mais le touriste de passage apprendra qu’il vaut mieux éviter de s’y arrêter, sous peine de dépenser plus d’argent que nécessaire! Ne vous méprenez pas, il s’agit de très bons endroits, mais les prix sont définitivement trop élevés, en tout cas pour mon porte-monnaie!

On distribue des verres d’eau gratuitement au centre de la place, sans doute pour pallier à la chaleur ambiante et pour éviter que des touristes ne tombent dans les pommes, sympa! J’en profite, et c’est à ce moment que j’aperçois alors, dans un coin de la place, la première des quelques statues disséminées dans la vieille-ville dont je vous parlais plus haut. Il s’agit ici d’un soldat de l’armée de Napoléon s’appuyant sur un banc. Ce soldat rappelle aux visiteurs Napoléon lui-même, car il porte le célèbre bicorne. Bonaparte a visité Bratislava en 1805 pour la première fois, puis c’est en 1809 que son armée a détruit le Château de Devin, proche de Bratislava. Inutile de vous dire qu’il est très difficile de prendre le soldat en photo, tant les touristes et les locaux se suivent et se succèdent en s’asseyant sur le banc, mais tout vient à point à qui sait attendre.

Sur un angle de la place se trouve une autre statue, celle de Schone Naci. Véritable légende de Bratislava, Schone Naci était également une figure connue du 20ème siècle. C’était un homme pauvre et mentalement handicapé qui paradait dans les rues de Bratislava dans un très vieil mais élégant ensemble parée d’une redingote de velours. Il saluait les passants avec son haut de forme et s’inclinait avec courtoisie devant les femmes qu’il croisait.

En suivant une des grandes artère débouchant sur la place en direction du Danube, je tombe sur la statue de Cumil, apparue dans les rues de Bratislava en 1997. Cet homme qui vivait dans la vieille-ville figure parmi les favoris des touristes et des habitant de la ville. Il est représenté la moitié supérieur du corps dépassant d’une bouche d’égout et semblant se reposer. Les enfants aiment prendre la pose en s’asseyant sur sa tête et des discussions très animés ont lieu quand il s’agit de décrire son activité principale. A vous de décider s’il est simplement en train de se reposer au ras du sol ou de profiter de sa position pour regarder sous les jupes des filles!

A l’autre bout de cette rue, j’arrive sur une autre place (je vous l’avais dis, ça n’en fini plus!) où se trouve le théâtre national slovaque, fondé en 1920 peu après l’indépendance de la Tchécoslovaquie. Il s’agit là de l’une des principales institutions culturelles du pays, entourées par quelques restaurants chics et autres hôtels de luxe. De nos jours, le théâtre national slovaque se produit dans 2 bâtiments de Bratislava et est la résidence de trois troupes professionnelles ; théâtre, ballet et opéra. Malheureusement pour moi, je n’assisterai à aucune représentation aujourd’hui, mais je compte bien rattraper cela à l’Opéra de Vienne!

De l’autre côté de la place en direction du château se trouve une longue et belle rue bordée d’arbres et agrémentée d’un bassin d’eau apportant une fraicheur bienvenue aux alentours. En suivant le bassin à l’abri du soleil, je me retrouve finalement en face de la station d’autobus. Comme j’ai encore un peu de temps avant de prendre le bus me ramenant à Vienne, je savoure un délicieux café glacé à l’ombre d’une terrasse faisant face à une jolie fontaine, de quoi terminer cette journée en beauté! Il va sans dire qu’après avoir vu Prague ou même Vienne, Bratislava ne m’a pas forcément beaucoup impressionné en terme d’architecture ou de culture, mais c’est l’excursion d’une journée parfaite pour vous changer d’un long weekend à Vienne. Vu la proximité des deux capitales, aucune raison pour vous de ne pas vous y rendre durant un long weekend dans la capitale viennoise!