Project Description

Enracinée en plein cœur de l’Europe, la Slovénie a conservé les traces du passage de ses glorieux voisins. Recouverte par d’épaisses forêts, cette terre offre des paysages d’une diversité sans pareil : des alpes et hauts sommets aux lacs et vallées glaciaires, des campagnes et plaines bucoliques aux milliers de grottes et rivières souterraines, sans oublier la multitude de cités médiévales et baroques à l’indéniable charme slave.

Aujourd’hui, je quitte Ljubljana pour une excursion d’une journée intitulée « Karst et la côte sud », où nous attendent des chevaux d’une autre époque, la plus extraordinaire grotte qu’il m’a été donné de voir et les côtes slovènes bordant la Mer Adriatique. J’ai à nouveau fais appel à l’agence Roundabout, spécialisée dans les tours et excursions en Slovénie et actuellement n°1 dans ce domaine sur TripAdvisor. En route !

Le Haras de Lipica

Aujourd’hui, nous sommes un groupe relativement important, soit presque 10 personnes. Cela me changera un peu des excursions quelque peu « VIP » où je me retrouve souvent seul avec le ou la guide. Comme d’ordinaire, nous quittons de bon matin la capitale slovène en direction de Lipica, le berceau du cheval lipizzan et l’abri d’un patrimoine culturel et naturel au milieu des paysages pittoresques de la région du Karst.

Nous arrivons après une heure de route environ au sein d’une vaste étendue de terre verte, véritable représentante de valeurs anciennes de plusieurs siècles. Nous suivons alors la seule véritable route des environs le long des barrières blanches en bois qui encadre chaque mètre carré de terrain de cette propriété. Grâce aux explication de notre guide et chauffeur, nous sommes à même de ressentir l’histoire et l’ambiance du haras de Lipica, ancienne propriété impériale, l’un des plus beaux monuments culturels et historiques de la Slovénie et l’écurie de presque 400 chevaux lipizzans. Cette dernière est une race de chevaux originaire de Slovénie et culturellement liée à l’École espagnole de Vienne en Autriche. Fondé en 1580 avec pour seul objectif l’élevage de chevaux, Lipica est le plus vieux haras du monde avec plus de 400 ans de tradition, un élevage continu de chevaux et sa propre école d’équitation classique connue dans le monde entier.

Nous nous arrêtons alors en bordure de la barrière pour admirer quelques spécimens de lipizzans qui se caractérisent par leur robe de baie ou noire à la naissance, et qui s’éclaircit progressivement pour devenir d’un gris très clair, souvent perçu à tort comme blanc. Pour peu que l’on attire son attention à l’aide de carottes fraiches, l’animal n’est pas craintif et s’approche volontiers des groupes de touristes. On se rend alors rapidement compte des nombreuses qualités en dressage du mammifère herbivore, que nous caressons et dont nous prenons quelques photos avant de reprendre la route.

Voyage au centre de la terre… Enfin, presque !

Nous nous dirigeons alors vers les grottes de Škocjan, parmi les plus grandes et magnifiques grottes de Karst en Europe. C’est vers le bâtiment principal que nous nous installons un quart d’heure avant de commencer notre visite de la grotte. Et il faut dire que c’est un système bien rodé : nous sommes appelés selon notre heure d’entrée dans les grottes et suivons les guides pendant 10 minutes le long d’une route goudronnée, puis d’un chemin de terre à travers la fôret, le temps de descendre vers l’entrée de la grotte un peu plus bas. Ensuite, nous entrons en fonction des langues et du nombre de touristes.

Malheureusement et c’est vraiment dommage, photos et vidéos sont strictement interdites et cela est très encadré. C’est compréhensible, même s’il n’y a ici que peu de stalactites/stalagmites ou d’éléments naturels que les flash d’appareil-photo pourraient endommager ou encore des espèces d’animaux ou d’insectes que l’on pourrait déranger. La raison est autre : commercial dans un premier temps, et puis le sol est inégal, glissant et imaginez ce qui peut arriver à 30 personnes en file indienne qui ont tous les yeux rivés sur leur objectifs plutôt que sur le chemin… Bah, nous n’avons pas le choix alors autant admirer les lieux afin de s’en rappeler le plus clairement possible ! Ci-dessous, un petit film d’introduction en anglais des lieux, résumant assez bien une magnifique journée de visite.

Si la vidéo ne s’affiche pas, pressez la touche F5 et lancez-la à nouveau.

Description du tour

Les Grottes de Škocjan sont un des phénomènes karstique les plus remarquables en Slovénie et figurent parmi les plus importantes grottes au monde. L’homme a été depuis toujours attiré par la gorge où la rivière Reka disparaît sous terre et c’est précisément là, dans ce monde souterrain, que nous nous rendons.

Comme le montre l’image ci-dessus, nous entrons dans les grottes au niveau le plus bas via une galerie spécialement aménagée. Nous suivons ensuite un canyon souterrain long d’environ 3,5 kilomètres, large de 10 à 60 mètres et haut plus de 140 mètres, ponctué de pauses et d’explications par notre guide. Ici, on trouve de grandes stalagmites et stalactites de différentes formes et couleurs, ainsi que des concrétions en forme de rideaux et de cuvettes. Cependant, il y en a beaucoup moins que dans les grottes de Postojna, mais ce n’est pas ici l’aspect le plus marquant.

En effet, à certains endroits, le canyon s’élargit pour former de vastes salles souterraines dont la Salle de Martel, la plus grande d’entre-elles. Cette dernière me laisse tout simplement sans voix et je ne doute pas qu’il s’agit certainement d’un haut-lieu d’énergie tellurique, tant l’air me semble presque vibrer ! Ou alors est-ce dû au tumulte de la rivière Reka juste en dessous, sans parler de l’immense volume de 2,2 millions de m3 de cette salle souterraine, ce qui en fait la plus grande de Slovénie et l’une des plus grandes au monde.

Les beautés de ce monde souterrain et du paysage karstique unique en surface ne peuvent que susciter ma totale admiration. La rivière Reka donne une empreinte particulière au véritable monde souterrain qu’elle a creusé, et ses eaux calmes ou tumultueuses reflètent les images captivantes des grottes désormais gravées dans mon esprit. La durée de la visite guidée est d’une heure et demie, un peu courte, mais qui devrait vous laisser un peu de temps pour poursuivre votre visite de l’extérieur en remontant à pied le gouffre naturel juste à la sortie des grottes et, si le cœur vous en dit, un tour dans le parc environnant.

Après 20 minutes sur un chemin assez pentu, il est temps de s’accorder un repos bien mérité et pour cela, rien de tel qu’une spécialité locale dans une petite taverne non loin de là où nous sommes accueillis avec le sourire. Petit apéro-dégustation avec le fameux prosciutto de Karst, pain, fromage et un verre de vin rouge Teran, produit uniquement dans la région. Délicieux et ça ouvre l’appétit. Maintenant, en route pour l’Adriatique !

Sur la côte sud

Nous sommes sur la route du sud et passons par les villes côtière de Koper, Izola et Portoroz avant d’atteindre la cité favorite de tous sur la côte slovène – Piran. Avant d’aller nous perdre dans les étroites rues médiévales, nous nous rendons sur un des plus célèbres points de vue de la ville depuis les remparts au sommet d’une colline avoisinante.

Après avoir passé un petit tourniquet payant, nous grimpons via quelques marches sur les anciens murs de la cité et admirons la vue depuis le sommet d’une des tours de guet. Le panorama est tout simplement magnifique, une véritable carte postale caractéristique de cette presqu’île connue dans le monde entier !

Nous avons maintenant le choix entre suivre notre chauffeur jusqu’au centre-ville ou y descendre par nos propres moyens. Dans tous les cas, nous avons 4 heures de temps libre sur place, suffisament pour manger, se promener et se relaxer ! Je choisi la dernière option et me dirige d’un pas rapide en bas de la colline, en direction de l’église que j’ai aperçu précédemment et surtout de son clocher ! Il s’agit de l’église Saint Georges, lui-même protecteur de la ville. Une fois arrivé au pied de l’édifice, je visite tout d’abord l’intérieur avant de grimper dans la tour, moyennant à nouveau un modeste paiement. Je grimpe de vieux escaliers en bois et arrive finalement au sommet où la vue est encore plus saisissante que celles des remparts !

Depuis ce point de vue, on peut admirer l’architecture typique de Piran qui révèle une forte influence vénitienne, influence que l’on trouve également dans d’autres villes du littoral slovène. Et après tout, c’est bien normal : Venise n’est pas si loin que ça ! Je serais bien resté un long moment en haut du clocher, mais le fort vent et surtout l’odeur des fientes de mouettes qui recouvre le sol rend la chose irréalisable…

Je redescend maintenant en direction du port via la Place Tartini, que l’on peut voir ci-dessus. Cette dernière se trouve au centre de la cité et porte le nom du célèbre violoniste et compositeur Giuseppe Tartini qui a fait connaître le nom de sa ville natale dans le monde entier. Je me promène ensuite quelques minutes dans le port de plaisance, mais ce dernier n’offrant pas grand chose à voir, je m’engouffre alors dans une des nombreuses ruelles pour un tour de la cité. C’est presque perdu au cœur ce labyrinthe médiéval que je m’installe à l’ombre d’une taverne et y mange une spécialité locale : un délicieux mélange de poissons et fruits de mer !

Après ce repas, je reprend ma route alors que l’urbanisme médiéval des lieux m’enchante toujours autant. Je ne sais pas pourquoi, mais j’adore me promener au sein de rues étroites séparant des maisons on-ne-peut-plus « collées » les unes aux autres, sans oublier la multitude de places et petites églises, le tout à seulement quelques pas de la mer Adriatique qui baigne cette magnifique « langue de terre ». Durant ma ballade, je m’arrête brièvement devant les quelques plages et autres points d’accès à la mer, mais ne m’y aventure pas car c’est littéralement « noir de monde » ! Je me contente de siroter quelques boissons fraiches sur de jolies terrasses lorsque le besoin s’en fait sentir.

L’ensemble de la ville est classée monument historique, ce qui n’est guère surprenant. Aussi, c’est la raison pour laquelle ses habitants vivent surtout du tourisme tout au long de l’année. On sent bien que nous sommes dans un lieu de villégiature où tout est fait pour appâter… pardon, faire venir le touriste de passage et les prix sont sensiblement plus cher qu’à Ljubljana, tout en restant absolument abordable pour nous autres, Suisses.

Alors qu’il me reste encore une petite heure avant de retourner à la capitale, je visite le monastère des frères mineur, un monastère franciscain et son église sur lequels je suis tombé par hasard. Construit après 1301 en tant que le plus grand édifice de la ville, l’église et le monastère se dressent le long d’une ruelle étroite, à côté d’une place élevée devant la façade principale. Le sanctuaire, aménagé dans une salle vénitienne unique et richement meublé, est caché par la façade de l’entrée aménagée au 19ème siècle. Dans le presbytère, on trouve de nombreuses peintures et des portraits de différents papes qui furent auparavant des moines mineurs. La partie particulièrement connue du monastère est le cloître à arcades, ajouté au 18ème siècle et au-dessus duquel se trouve un étage d’habitation.

Bon, je commence sérieusement à fatiguer après cette visite. Il faut dire que mon rythme de visite et la chaleur pesante y sont pour quelque chose. Aussi, je m’octroie à nouveau quelques minutes de repos sur une jolie terrasse avec vue sur l’Adriatique, sans oublier d’y savourer un délicieux café glacé ! Le temps de me reposer un peu les jambes qu’il est l’heure de me rendre au point de rendez-vous où nous attend notre chauffeur. Après avoir rassemblé tout le monde, nous repartons éreinté, mais au combien ravi de cette journée de visite ! Par contre, si le thermomètre pouvait baisser un peu, ça serait pas mal car bientôt trois jours à plus de 30°C, je vais finir par fondre !