Project Description

Enracinée en plein cœur de l’Europe, la Slovénie a conservé les traces du passage de ses glorieux voisins. Recouverte par d’épaisses forêts, cette terre offre des paysages d’une diversité sans pareil: des alpes et hauts sommets aux lacs et vallées glaciaires, des campagnes et plaines bucoliques aux milliers de grottes et rivières souterraines, sans oublier la multitude de cités médiévales et baroques à l’indéniable charme slave.

Ljubljana, Capitale verte de l’Europe 2016

Durant cette semaine de voyage en Slovénie, j’en aurais presque oublier de visiter sa capitale, la verte et charmante Ljubljana (dont j’arrive à écrire le nom sans avoir à regarder sur le Web). En effet, il m’arrive souvent de passer presque trop de temps en dehors d’une grand ville ou capitale qui me sert davantage de point de départ pour mes excursions, si bien que je n’ai parfois pas l’opportunité de faire ce que j’avais prévu de faire « intra muros »… Mais dans un tel cas de figure, j’ai ainsi la meilleure des excuses pour pouvoir y retourner, car visiter Ljubljana, ce n’est voir qu’une partie seulement de la Slovénie (ça marche aussi pour les autres pays), mais une partie qui fut au combien attrayante et dépaysante pour votre serviteur! Comme à mon habitude, je ne saurais trop vous recommander de vous perdre dans les rues, puis de vous asseoir sur une jolie terrasse si la météo le permet et surtout de « taper la causette » avec les locaux, le must! Vous serez surpris du nombre de choses distrayantes qu’on peut apprendre autour d’une bière ou deux!

Autant vous dire que j’ai profité un maximum des deux jours que j’avais prévu pour visiter la ville, me balader, manger (bien que difficilement à cause de la chaleur ambiante : ça me coupe carrément l’appétit), discuter et finalement apprécier chaque minute. Mon hébergement, un petit appartement situé à 5 minutes du centre historique, fut très pratique à de nombreux égards et je n’ai pas hésité à utiliser la cuisinette présente pour me préparer de délicieux plats « suisso-slovène » en m’approvisionnant directement dans les stands du marché de l’autre côté de la rivière Ljubljanica.

  • Petit studio avec tout ce qu’il faut (cuisinette, frigo, téléphone, grand lit, Wifi gratuit, etc.)
  • Pick-up depuis l’aéroport inclus dans la réservation.
  • A deux pas du centre historique, relativement proche de toutes les attractions de la vieille-ville et aux portes de la nouvelle-ville. Plus centré, tu meurs!
  • Tout est dans la même pièce : cuisine, lit, salle de bain, salle à manger, etc., mais ça ne m’a pas trop dérangé.
  • Parking juste devant la porte d’entrée quelque peu bruyant en soirée et le matin.
  • Pas de climatiseur, chaleur et humidité étouffante en été. Pas moyen d’évacuer l’air chaud et il fait même meilleur dehors que dedans!

C’est donc par un magnifique matin ensoleillé que je quitte mon pied-à-terre pour partir à la découverte de la ville. Je profite de la fraicheur matinale pour visiter et me balader avant que ne sévisse une chaleur étouffante et que les rues soient engorgées par de nombreux groupes de touristes effrénés. Appareil photo? Prêt. Bouteille d’eau, crème solaire et casquette ? Prêtes. Kevin ? Bah, il est déjà parti!

Unique à chaque pas

Il est tôt, juste peu après 7h du matin et comme on peut s’y attendre, les rues sont quasiment vides. Seuls quelques locaux et autres touristes motivés arpentent, comme moi, les rues du centre-ville. Côté météo, j’ai de la chance car il fait très beau, mais très chaud! Bon, il faut dire que c’était calculé : en effet, ce voyage en Slovénie s’est fait à la dernière minute lorsque j’ai constaté que la météo serait idéale dans le pays pendant au moins une semaine. Des billets d’avions pas cher et un hébergement on-ne-peut-mieux placé finiront par me convaincre! Mais revenons, si vous le voulez bien, à notre visite de Ljubljana. Je me dirige vers le centre historique et plus précisément la place Prešeren, selon moi le meilleur point de départ pour visiter le centre, car tout est à seulement quelques minutes de marche de cet endroit.

Cette place se développa à la croisée de plusieurs rues médiévale formée devant ce qui fut l’entrée fortifiée de la ville. Au 17e siècle, l’Église des Franciscains Marie de l’Annonciation y fut bâtie, puis ce fut le tour de nouvelles demeures bourgeoises au bord de la place. Avec l’ajout du Triple Pont de Plečnik, la place obtint finalement la configuration qu’on lui connait aujourd’hui. Le monument à France Prešeren, œuvre de l’architecte Maks Fabiani et du sculpteur Ivan Zajc, fut inauguré à l’automne 1905 et représente Prešeren, à qui l’on doit le texte poétique de l’hymne national slovène, couronné par la muse de la poésie qui tient un rameau de laurier. Cette place est ainsi la plus célèbre de Ljubljana et la plus fréquentée, à la fois par les locaux et les touristes. L’Église Marie de l’Annonciation est encore fermée, mais cela ne m’empêche pas de l’admirer de l’extérieur.

L’ancien sanctuaire qui s’y trouvait fut démoli au 15ème siècle et c’est au début du 17ème siècle qu’une petite chapelle vit le jour. La construction d’une plus grande église baroque commença en 1646 et fut terminée en 1660. La haute façade avant passa par de nombreuses modifications dont la plupart eurent lieu au 19ème siècle. Au sommet se trouve une statue en cuivre de Goldenstein qui remplaça en 1858 l’ancienne sculpture en bois de la Vierge noire. Juste devant l’Église et au milieu de la place, quelques jets d’eau en hauteur ont été installés et apporte un rafraichissement bienvenue pour contrer la chaleur estivale ambiante. J’adore également l’humour des panneaux de signalisation « Attention aux averses » et « Parapluie obligatoire »!

Toujours sur la place Prešeren et faisant face à l’Église se trouve Tromostovje (« Le Triple Pont » ou « Les Trois Ponts »), la particularité architecturale unique de Ljubljana. L’ensemble se compose du vieux pont en pierre datant de 1842, appelé le pont Špital, et de deux autres ponts enjambant la rivière, œuvre de l’architecte Jože Plečnik et datant de 1931. L’ensemble des trois ponts permet l’entrée dans la vielle-ville, l’ancienne Porte de Špital et est connu comme un « haut-lieu » touristique, comme l’est par exemple le Pont Charles de Prague ou le Kapellbrücke de Lucerne. Les ponts sont nombreux à Ljubljana et cela s’explique facilement grâce à la présence de la rivière Ljubljanica, que j’admire ainsi pour la première fois depuis le Triple Pont. Les reflets des arbres et bâtiments alentours dans la rivière sont magnifiques, l’eau calme et encore dénuée de l’agitation des bateaux de touristes rendant cela possible. J’aperçois également une autre église de l’autre côté de la rivière, ainsi que le château de Ljubljana sur sa colline. Plutôt que de traverser la rivière ici, je me dirige en direction d’un autre pont un peu plus loin, celui des Bouchers.

Construit en 2010, ce pont relie les halles de Plečnik à la berge Petkovško nabrežje et trouve à l’endroit exact où, il y a près de 100 ans, la construction d’un pont avait déjà été prévue par l’architecte Jože Plečnik. De conception artistique moderne, le Pont des Bouchers est décoré de statues de Jakov Brdar, sculpteur slovène contemporain. Ce pont étant au cœur des anciennes halles des bouchers d’où il tire son nom, les sculptures rappellent à leur manière l’histoire des lieux. La berge Petkovško nabrežje est rehaussée de la grande statue de Prométhée, alors que des miniatures espiègles posées à même le parapet font allusion aux scènes de la vie des halles et cela donne lieu à quelques photos intéressantes. Ah, et comme nombre de ponts connus, il n’échappe pas aux célèbres « cadenas de l’Amour », que des couples accrochent sur les câbles ou barrières des ponts pour symboliser leur amour. Il est ensuite d’usage de jeter ensuite la clé, généralement dans la rivière qui coule sous le pont, comme c’est le cas ici. La vue sur les halles est magnifique, avec à nouveau de superbes reflets dans les eaux de la Ljublanica.

Je m’attarde quelque peu aux alentours du pont, puis continue mon chemin. En effet, je réserve la traversée de la rivière au pont suivant, tout aussi connu et emblématique que les précédents. Il se situe en bordure du cœur médiéval et fut construit pour célébrer l’anniversaire de quarante années de règne de l’empereur François-Joseph Ier. Dessiné par l’architecte Maks Fabiani et inauguré officiellement en 1901, l’unique arche en béton reliant les deux rives est décoré de balustrades et d’éléments comme des végétaux et des inscriptions. La construction en béton, qui pour l’époque était très innovante, a été dessinée à Vienne.

Les candélabres en bronze auxquels on ajouta des boules en verre, le tout très joliment stylisé, furent également coulés à Vienne. N’oublions pas de mentionner les dragons en tôle de fer cuivrée, symboles provenant du blason de Ljubljana et disposés aux quatre coins du pont. Ils furent fabriqués dans l’usine d’articles de décoration de A. M. Beschorner, toujours à Vienne et sont connus comme un point de référence important de la ville. Le dragon est d’ailleurs la célèbre mascotte de la ville qu’on retrouve partout, notamment dans les boutiques de souvenirs et même dans certains films culturels sur Ljubljana. Ce ne certes pas le pont le plus touristique, car il permet le passage aux voitures et bus qui suivent la « boucle » entourant le noyau médiéval de la cité. Il suffit de traverser rapidement le pont et de bifurquer à droite pour se retrouver à nouveau dans une zone piétonne dénuée de voitures.

Il s’agit en faite de la place Vodnik, située juste en face des Halles (un grand marché couvert) et non-loin de la station du funiculaire amenant au château. Le nom de cette place vient du monument à Valentin Vodnik, sculpté en 1889 par Alojzij Gangl et en face duquel se trouve un sentier menant également au château, mais à la force des jambes. Sur la place se tient aujourd’hui (et comme chaque matin) le marché central de Ljubljana, qui s’étend du Pont aux Dragons au Triple Pont. L’offre commerciale est extrêmement diversifiée et on y trouve notamment des fruits et des légumes frais, ainsi que de nombreux produits artisanaux.

Après un tour dans les différents étals du marché, je poursuis ma route et tombe nez-à-nez quelques minutes plus tard avec la cathédrale de Ljubljana, située au cœur de la ville médiévale. L’édifice est un des plus intéressant modèle de la maturité du baroque romain en Slovénie et est entourée du palais des archevêques, du séminaire et d’une grande paroisse. J’admire la façade extérieur et notamment « La Porte des Évêques », où est représenté le Christ et différents évêques slovènes connus. Une visite des lieux s’impose, mais encore faut-il trouver la porte d’entrée qui se trouve non pas sur la rue principale, mais le long d’une petite ruelle sur un des côtés de la cathédrale. L’intérieur est magnifique avec ses fresques colorées, ses orgues et décorations dorées et quelques très jolies toiles présentes un peu partout dans l’édifice.

Je quitte alors les lieux, une opération des plus faciles maintenant que je sais où se trouve la porte, puis je continue mon chemin vers l’hôtel de ville. Le premier édifice construit à cet endroit en 1484 fut modifié en 1718 d’après les plans de l’architecte Gregor Maček. Il abrite aujourd’hui de nombreux éléments faisant partie de la mémoire culturelle de Ljubljana avec, entre autres, la fontaine d’Hercule et de Narcisse (œuvre de l’atelier de Robba) et une salle gothique où les Ljubljanais assistèrent aux premières représentations théâtrales données par des comédiens itinérants aux 16e et 17e siècles. Aujourd’hui, c’est le siège du Conseil Municipal de la ville que l’on peut visiter moyennant un paiement, mais je me contenterai de jeter un œil rapide à la cour intérieur et à quelques anciennes tapisseries qui décorent le hall d’entrée.

A proximité de l’hôtel de ville se trouve la fontaine des rivières de Carniole, la fontaine publique en pierre la plus précieuse datant de seconde moitié du 18ème siècle. Cette fontaine est composée de sculptures symboliques personnifiées et de nombreuses décorations, œuvre du sculpteur Francesco Robba qui y a travaillé jusqu’en 1752. Trois figures subtiles en marbre de Carrara soutiennent des vases bombés d’où l’eau ruisselle dans le bassin et illustrent les rivières Krka, Ljubljanica et Sava. L’obélisque qui surplombe la fontaine est tiré d’une roche calcaire rougeâtre de Lesno Brdo et la cuve en calcaire grisâtre. L’ensemble forme ainsi un très joli élément qui s’intègre très bien à la place et est un point de rendez-vous connu des locaux.

Je me dirige maintenant vers l’est de la ville, le long de rues interminables où pullulent magasins et restaurants, toujours avec la rivière Ljubljanica non loin de moi. Ses bords sont d’ailleurs recouverts d’arbres et la verdure est omniprésente, de quoi justifier pleinement le titre de « ville verte » de Ljubljana!  J’aperçois quelques touristes grimper à bord d’un petit bateau et suivre calmement la rivière. Je me dis que ce genre d’excursion sera la bienvenue dans l’après-midi, pourquoi pas après avoir mangé, par exemple. En attendant, cette promenade m’a ouvert l’appétit et comme je n’ai pas pris de petit-déjeuner ce matin, je me dis qu’il est tant de « casser la croûte »! Je commence par revenir sur mes pas vers la cathédrale, car j’avais repéré plus tôt une petite échoppe laissant échapper une délicieuse odeur de saucisses grillées! Le lieu se nomme Klobasarna et est situé entre la cathédrale et l’hôtel de ville. On ne peut pas le rater car la vitrine de ce petit restaurant est surmontée d’une énorme enseigne représentant le plat fétiche du lieu : la saucisse de Kranj, dont la recette vient d’une tradition païenne ancestrale.

Comptez 3.50€ la demi-saucisse et 5.90€ la saucisse entière, le tout étant servi avec raifort, moutarde et pain. En hiver, optez donc pour la saucisse « à la cuillère » à 4.90€, coupée en morceau et servie dans une soupe très nourrissante. N’oubliez pas d’accompagner ce repas avec un verre de vin ou une bière bien fraiche en été! Pour le dessert, goûtez donc un Štrukelj, une délicieuse pâtisserie slovène avec un petit goût de « reviens-y »!

Après ce repas des plus nourrissant, je décide de partir à l’assaut de la colline où se trouve le château de Ljubljana. Je pourrais prendre le funiculaire moyennant un paiement, mais je ne suis pas si pressé et ce sera l’occasion pour moi de digérer tranquillement! Fort heureusement, je sais déjà où se trouve le chemin d’accès menant au sommet de la colline, caché au fond d’une ancienne rue un rien délabrée. Durant la montée, je profite de la magnifique vue sur la ville, mais j’aurais l’occasion d’en voir davantage une fois sur les remparts du château et un peu plus tard dans la journée au sommet d’un autre « observatoire » connu de la capitale.

J’arrive finalement face aux portes du château et y entre en traversant un petit pont. Une fois au sein des murs, j’avoue être un peu déçu : après une longue période de restauration (qui se poursuit encore aujourd’hui), l’ancien château médiéval est aujourd’hui devenu un tout autre endroit, une sorte de grand galerie accueillant de nombreuses manifestations culturelles, concerts, représentations théâtrales, expositions, réceptions protocolaires et congrès. Pas grand chose à voir avec l’idée qu’on peut se faire d’un château, mais cela ne m’empêchera tout de même pas de grimper sur les remparts et d’admirer le panorama sur la ville. Je visite également les quelques salles ouvertes gratuitement au public, dont une ancienne salle de torture et ses instruments, deux expositions d’art, les anciens cachots et la chapelle, cette dernière étant une des rares salles originales n’ayant subi que peu de changement.

Il est attesté que la colline sur laquelle se trouve le château était déjà peuplée au 12e siècle av. J.C., et des vestiges et sépultures des temps les plus reculés y ont été conservées. La forteresse médiévale remonte, elle, au 9e siècle et est mentionnée pour la première fois dans un document établi entre 1112 et 1125. Le château actuel, plus grand que les précédents, fut construit dans la seconde moitié du 15e siècle par le duc et plus tard Empereur Friderik III. À l’exception de l’ossature de la chapelle gothique Saint-Georges consacrée en 1489, tous les autres bâtiments principaux de l’actuel château furent construits et modifiés aux 16e et 17e siècles.

Après cette visite quelque peu décevante, je dois l’admettre, j’entame ma descente de la colline en empruntant un chemin différent de celui utilisé pour la montée. Le château est un lieu intéressant à voir, rien que pour la vue panoramique, mais je m’attendais à quelque chose de plus ancien et authentique, tant pis… De retour au pied de la colline, j’arrive en bordure de la nouvelle-ville et reviens alors sur mes pas via d’autres rues et ruelles du côté médiéval. De retour à proximité du Triple Pont, j’embarque alors pour une petite « croisière » sur la Ljubljanica. J’en profite alors pour me reposer un peu les jambes et admirer d’un autre point de vue les édifices bordant la rivière. Bon, on ne voit finalement pas grand chose, mais la ballade est rafraichissante. Nous passons sous le Triple Pont, les Pont des Bouchers, sous les Halles et continuons ensuite jusqu’au Pont des Cordonniers, vraisemblablement le plus ancien pont de la ville médiévale de Ljubljana.

Datant du 13e siècle et fait à l’origine de bois, le pont qui tire son nom des ateliers de cordonniers à proximité et reliait les rives de la Ljubljanica entre Tranča et l’actuelle place Jurčič. En 1867, il fut remplacé par un pont en fer de fonte, peu prestigieux et très étroit et c’est au début des années 1930 que le pont actuel en béton, avec ses six paires de piliers, fut construit selon les plans de Jože Plečnik. Après cette balade fluviale, nous descendons à proximité de la place Jurčič et j’en profite alors pour découvrir cette partie de la ville. Un bâtiment en particulier attire mon attention, il s’agit de la bibliothèque nationale.

Il s’agit là d’une œuvre architecturale exceptionnelle de Plečnik construite entre 1936 et 1941 qui façonne le bloc des rues Vegova, Gosposka et Turjaška. L’endroit qui fut choisi pour sa construction se situait en bordure du cœur médiéval de la ville, à l’endroit où se trouvait l’ancien Palais des Princes et on peut admirer aujourd’hui ses façades symboliques, décorées de briques rouges et de calcaire de Podpeč. J’aime beaucoup ce style architectural, ainsi que celui des fenêtres des étages supérieurs : c’est très original et change de l’aspect parfois monotone de certains bâtiments du centre.

Au détour d’une rue, j’arrive finalement sur la place Jurčič. Nous sommes maintenant en début d’après-midi et les terrasses des restaurants de la place sont remplies… En tout cas celles qui offrent un peu d’ombre aux touristes! En effet, il fait toujours très chaud et je ne vois pas qui pourrait s’asseoir en plein soleil, même pour siroter une boisson bien fraiche. Un orchestre ajoute une note de musique agréable et l’ambiance du lieu est très sympathique. Qui plus est, le bout de la place, juste à côté de la rivière, offre une jolie vue sur la colline et le château, et une petite brocante est présente. Je m’y promène, plus pour le plaisir des yeux que pour y acheter quoi que ce soit et poursuis finalement ma route jusqu’à la Place du Congrès.

Ici se trouve notamment le bâtiment de l’Université sur le côté sud, qui remplaça le palais provincial dans lequel eut lieu, en 1821, le célèbre Congrès des Souverains Européens qui mit un terme politique aux guerres de Napoléon. L’édifice voisin est celui de la philharmonie slovène bâti en 1891 sur les fondations de l’ancien théâtre de la province, lequel fut détruit par un incendie. Le lieu, fondé en 1701, compte parmi les plus anciens en Europe et dans le monde. Haydn, Beethoven, Brahms furent ses membres honoraires, Franz Schubert y a postulé en tant que professeur de musique et Gustav Mahler y fut nommé chef d’orchestre entre 1881 et 1882. Non loin se trouve la maison Biedermeier, siège de la plus ancienne maison d’édition slovène Slovenska Matica fondée en 1894. Le casino, bel exemple d’architecture classique, domine la partie nord de la place et le parc de l’Étoile dans lequel figurent les vestiges de l’antique mur d’enceinte occupe quant à lui le reste de la place.

Que de verdure, j’adore ! Avant de quitter la place, je passe devant le couvent des Ursulines et l’Église de la Sainte-Trinité, malheureusement fermé pour l’après-midi. Je continue mon chemin sous une chaleur écrasante et arrive peu de temps après sur la Place de la République, la plus grande place de Ljubljana aménagée entre 1960 et 1981 entre le Parlement situé sur la rue Šubičeva, le couvent des Ursulines situé sur la rue Slovenska et les rues Erjavčeva et Valvasorjeva. Pour sa construction, la ville a malheureusement décidé de sacrifier le jardin des Ursulines, espace vert soigné depuis le 17ème siècle et qualifié d’être le plus grand jardin de Ljubljana.

A la place d’un charmant espace vert, ce sont aujourd’hui deux tours trapues situées sur une plate-forme surélevée que l’on peut voir. Quel dommage… Mais vous allez voir plus bas via un autre exemple que ces abattages d’arbres sont malheureusement trop fréquent. La réforme économique de 1965 a freiné leur construction et on ne construisit que 12 étages, et les tours furent terminées par diverses grandes corniches, garnies de tôle en cuivre. Le côté ouest de la place fut décoré en 1975 par le monument de la révolution et en 1981, par le monument en mémoire du politicien Edvard Kardelj. Le dernier grand bâtiment construit ici fut le Centre culturel Ivan Cankar, établi et aménagé entre 1976 et 1984.

J’arrive alors dans la partie Ouest de la ville que je qualifierais volontiers de quartier des musées. En effet, le musée d’histoire naturelle, le musée d’art, la galerie d’art moderne et même l’opéra sont tous situés dans les environs à quelques minutes de marche les uns des autres. J’avais déjà jeté un œil sur Internet quant au contenu des expositions actuelles et comme certaines d’entre-elles semblent intéressantes, je m’y rendrai demain pour une petite visite. En attendant, je traverse un petit sous-voie et entre dans le parc Tivoli, le plus grand parc de la capitale situé dans une vaste plaine et aux pieds des collines boisées de Rožnik et Šišenski hrib.

Les origines du parc actuel remontent à la fin du Moyen-âge lorsque l’on planta les jardins Turjak en dehors des murailles de la ville. Au 18ème siècle, c’est le manoir Leopoldsruhe (aujourd’hui le manoir Cekinov grad) qui fut construit et que l’on entoura d’un parterre baroque avec des allées bordées d’arbres. Dans les années 30, les marronniers de l’allée ombragée Latterman furent abattus et on aménagea une large promenade en gravier avec, au milieu, une rangée de lampadaires en béton et des bancs sur les côtés… C’est honteux, abattre des arbres pour ensuite y couler du béton… Malgré cette grossière erreur (et d’autres que je vais volontairement vous épargner), le parc Tivoli reste un écrin de verdure agréable pour les promeneurs et un lieu de rencontre pour les locaux.

Durant ma promenade dans le parc, j’avance le long de l’avenue décrite un peu plus haut et admire une présentation de photos dont certaines sont vraiment sensationnelles, chapeau bas aux artistes! Je poursuis ma promenade jusqu’au manoir Cekinov grad, situé au bout de la promenade de Plečnik. Sa construction date du début du 14e siècle et fut la propriété des Jésuites jusqu’au 17e siècle. Après la dissolution de l’Ordre, le château devint la résidence d’été de l’Évêque de Ljubljana, puis la propriété des dignitaires de la province. En 1852, l’empereur François Joseph l’acheta et le céda au maréchal Radetzky, qui lui donna par la suite son aspect actuel. Aujourd’hui totalement rénové, il est le Centre International de l’Art Graphique, mais est bien malheureusement fermé lors de mon passage. Je retourne alors lentement mais surement vers le centre-ville en marquant tout de même une petite pause sous les arbres du parc. J’observe alors les feuillages dans l’espoir d’apercevoir un écureuil, mais rien ne bouge… Par cette chaleur et en pleine après-midi, ils doivent certainement dormir!

Parmi les points de vues célèbres de Ljubljana, j’ai déjà pu voir celui du château. Cependant, il en existe un autre tout aussi connu et offrant un panorama du centre des plus impressionnants. Il s’agit de la tour Nebotičnik, le premier immeuble de Ljubljana à avoir dépassé la silhouette baroque des clochers. Ce « gratte-ciel » élancé abrite à son sommet un café-bar-restaurant et une terrasse panoramique où je profite de me reposer et prendre quelques photos tout en sirotant un délicieux café glacé, une boisson que j’apprécie tout particulièrement et que je goûte dès que j’en ai l’occasion!

La construction de l’immeuble à treize étages Nebotičnik fut un exploit technique qui requit une nouvelle méthode de pose des fondations et une exécution précise. Cet immeuble fut pendant longtemps le plus haut de Ljubljana. Son aménagement fut complété par le sculpteur France Gorše, dont les têtes des dieux de la maison se trouvent dans l’entrée et par Lojze Dolinar, qui a créé la figure féminine symbolique qui se trouve sur la façade. Le café situé au-dessus du building fut plusieurs fois transformé et les appartements individuels des étages inférieurs ont été récemment aménagés en bureaux et en bibliothèque.

La chaleur devenant finalement trop insupportable, je décide de visiter le premier musée devant lequel je passerai et profiterai de l’air conditionné, sans oublier d’admirer les diverses collections, bien entendu. C’est ainsi que j’entre quelques minutes plus tard dans le musée d’histoire naturelle, où je finirai ma journée de visite. La collection d’animaux est impressionnante, tant en terme de taille que de réalismes dans la réalisations des exemplaires empaillés. A la fermeture de l’édifice, je rentre finalement à mon studio pour prendre une douche et me rafraichir avant d’aller effectuer une promenade nocturne un peu plus tard dans la soirée, suivi d’un petit repas dans un restaurant proche du Triple Pont. Pas de photos, car aucune n’est franchement utilisable… Je ne suis très doué pour les photos de nuit, mais j’ai parfois de la chance et parfois, pas du tout. Le lendemain, je retourne voir quelques endroits grandement appréciés la veille et visite quelques musées, où la fraicheur aura tôt fait de me retenir! Voilà qui conclue ma visite de Ljubljana, une ville au charme accueillant qui surprend encore et toujours ses visiteurs, votre serviteur compris.

Dotée d’une riche tradition et d’une grande créativité culturelle, c’est une ville au rythme juvénile et au cadre verdoyant, qui sait s’amuser et amuser petits et grands (qui a dit Disneyland?). Plus sérieusement, la cité abrite des vestiges qui retracent cinq mille ans d’histoire, notamment le patrimoine de l’antique ville romaine Emona, le vieux centre-ville et le château médiéval qui surplombe la ville, ainsi que les riches frontons des demeures baroques, les portails ornementés et les toits inégaux de la vieille ville. Les ponts pittoresques qui enjambent la rivière Ljubljanica et le vaste Parc Tivoli qui s’étend jusqu’au centre de la ville ne font qu’ajouter au charme désormais indéniable de cette capitale qu’il est obligatoire d’admirer au moins une fois de ses propres yeux!